Face cachée d’un rêve

  Cette section est réservée à ceux qui aime entendre des gens heureux se plaindre et critiquer malgrer leur chance immense. Nous tenons d’abord à souligner que nous sommes extrêmement heureux et comblés par la réalisation de notre rêve mais au cas ou quelqu’un voudrait se lancer dans une aventure semblable, nous voudrions vous confier quelques désagréments à tenir compte. Cette section va surement s’agrandir lorsque nous entammerons la deuxième section de notre voyage en Amérique Centrale et du Sud car nous seront loin de notre petite maison roulante ainsi que de la culture américaine…

  1. Nous devons passer des heures et des heures dans les centres touristiques pour choisir notre itinéraire. Prendre de l’information sur les bons endroits pour nos activités physiques (kayak, escalade, plongée, planche à voile, montainering…) pour s’assurer d’être sécuritaire. Heureusement, nous sauvons du temps à chercher des camping et des douche car nous dormons partout et nous lavons… rarement…!
  2. Nous devons nous laver sur le bord de la van avec des positions artistiques pour ne pas que les passant nous accusent d’exébitionniste. De plus, se laver avec une tuque et des mitaines par temps froid n’est pas toujours agréable alors on botch certainnes parties… jusqu’à ce que ça sente trop dans la van.
  3. Nous avons une préoccupation constante d’acheter de la glace pour notre glacière pour ne pas augmenter les odeurs dans la van. Après deux jours, on doit ensuite faire attention aux aliments qui flottent dans la glacière à cause que la glace est fondue. L’eau pénetre dans le pot de Miracle Whip et de Cheeze Whiz…
  4. Ne pas disposer de sa toilette personnelle est parfois embarassant. On développe des trucs pour couvrir les bols publics pour éviter de se contaminer par les germes de tout le monde. Ca c’est lorsque nous avons la chance d’avoir une toilette. Généralement, on s’arrange pour faire nos besoins dans le bois et si c’est compliqué, nous libérons nos prisonniers dans un sac en plastique que nous transprtons dans la van jusqu’à la poubelle la plus proche… en espérant que le sac n’était pas percé.
  5. Le froid est souvent notre ennemi principal la nuit. Dormir avec une tuque, un foulard, des mitainnes et plusieurs épaisseurs de manteaux réduit la possibilité de mouvement dans notre lit déjà très restraint. Sans oublier que les contacts intimes semblent se résumer par un frottement de nez en signe de bonne nuit car tout le reste est caché à l’abris du froid.

Il y a de nombreux autres inconvénients au niveau du confort mais nous croyons qu’ils sont miniment et même humoristiques comparativement à toutes les émotions et réflexions qu’amène un pareil voyage.

  1. On rêve tous de liberté lorsque nous travaillons à temps plein mais lorsque la liberté totale est présente à temps plein pour une grande période de temps ce n’est pas toujours aussi fantastique. On doit faire des choix sur chaque déplacement dans notre journée. Chaque décision doit être faite entièrement par soi. Il arrive que nous envions une routine quotidienne ou l’on ne doit pas se demander constammant si ca répond à notre besoin, si nous avons pris la bonne décision. À cela s’ajoute le conjoint avec qui l’on doit négocier toutes les décisions. Allant de notre prochain arrêt touristique, l’heure des repas, l’endroit ou l’on veut aller à la toilette. Tout devient dictée par soi même. C’est un mode de vie que nous n’avons pas souvent la chance de pratiquer dans la vie accélérée que nous vivons à Montréal. C’est un défi stimulant qui demande de la flexibilité et du respect.
  2. Imaginez vous que le besoin de discuter dans un couple est proportionnel au nombre de temps qu’il passe ensemble dans une journée… Ca vous donne une approximation du nombre d’heures qu’on doit passer à discuter. Heureusement, le contenu est souvent intéressant et nous en sortons souvent grandit mais ce n’est pas naturel à tous les hommes de passer tant d’heures pour comprendre les émotions et batir l’évolution d’un couple… C’est pire quelques jours par mois… Martin commence à s’habiter. Peut-être qu’il espère que ses heures seront mise en banque pour notre retour…
  3. J’ai déjà lu qu’un rêve ne pouvait pas se réaliser. Parfois je comprends cette phrase car le meilleur moment d’un rêve est lorsqu’on le bâtit dans sa tête et son coeur. Le réaliser comporte des déceptions, des angoisses, des frustrations. Dans notre rêve, on oublie d’inclure toute la réalité plus plate (que je tenais à vous informer brièvement). Une fois qu’on comprend et accepte le principe que notre rêve dans notre tête est un pourcentage plus ou moins grand de se qui est réalisable, je crois qu’on peut en apprécier d’avantage chaque moment. Nous jouissons tellement du rêve présent que nous commençons déjà à bâtir nos prochain rêve. Nous vous tiendrons au courant au fur et à mesure.
  4. Surprenamment, même dans un rêve planifié avec beaucoup de temps, nous avons régulièrement la sensation que nous manquons de temps. Il semble que ça soit un handicap nord américain très ancré à l’intérieur de nous. Nous espérons que les pays plus chauds pourront venir à bout de cette angoisse perpétuelle de manquer de temps… de perdre du temps… de vouloir plus de temps… !
  5. Il semble que le plus difficile pendant notre voyage (peut-être plus pour moi) c’est la sensation de ne pas être utile. Je n’ai pas le sentiment d’accomplissement ou de reconnaissance grâce à mon travail auprès des enfants, des parents ou des professeurs. Martin ressent le même besoin d’accomplissement professionnel mais sûrement moins dramatique que moi. La van brise de façon régulière pour s’assurer d’allimenter sa motivation mécanique. Je réalise que les enfants occupent une grande partie de ma vie et contribue à mon bonheur. Pour palier à cette lacune, j’observe tous les enfants qui passent et transfère mon surplus d’affection à tous les chiens et les chats qui croisent mon chemin. De plus, je lis de plus en plus mes livres de psychoéducation et commence à penser sérieusement à bâtir un projet d’aide auprès des enfants d’Amérique du Sud ou d’Amérique Centrale si je ne peux plus attendre plus longtemps.
  6. Une difficulté qu’on a dû faire face pendant le voyage est la sensation de toujours rechercher plus fantastique et plus extraordinaire. Réaliser un rêve nous met dans une situation où l’on s’attend toujours à plus car le quotidien est tellement unique et magique à chaque jour qu’on doit être prudent de ne pas augmenter nos exigences et devenir déçu en vivant certains moments moins extraordinaires. Ca fait parti de nos longues discussions de se rappeler la chance de vivre se que nous avons bâti. Il faut apprendre à garder la folie dans ce rêve déjà peu banal.
  7. Pour compléter la sensation de parfois avoir trop de liberté, j’ajouterais qu’autant de liberté nous confronte à réaliser nos vrais goûts, nos vrais passions, nos vrais besoins. Il est souvent plus facile de faire ce que notre job exige de nous sans vraiment remettre en question si ça répond à notre désir personnel intérieur. Un grand voyage nous oblige à nous regarder le nombril de très près car il n’y aura personne d’autres que soi à blâmer si on ne vit pas ce qu’on aurait souhaité. Ce n’est pas facile à chaque jour de bien se connaître et s’offrir ce qu’il y a de meilleurs!
  8. Écouter nos passions n’est pas une tâche facile mais il ne faudrait pas oublier que nous sommes deux à partager ce rêve. Nous sommes deux passionnés, exigent, contrôlant qui souhaitons arriver à des négaciations qui vont nous satisfaire les deux à 100% plutôt que des compromis qui vont nous rendre heureux à 50%. Ici s’explique les nombreuses heures de discussion…
  9. Il nous arrive aussi de douter de notre choix de rêve. Pourquoi l’amérique? Pourquoi un an? Pourquoi ces sports? Pourquoi etc…? Et même pourquoi faire ce voyage plutôt que de commencer notre famille (bébé…)?
  10. Parfois ce sont nos sports qui nous démotivent. C’est beaucoup d’organisation pour trouver les bons endroits. On doit régulièrement perdre beaucoup de temps pour tout faire sécher (wet de plongé, de kayak et planche à voile…). C’est pénible et difficile de monter les montagnes avec le gros pack sac, il fait froid et j’ai toujours peur de me perdre. J’ai l’impression que nous avonschoisi les sports qui sont inscrits sur les listes des activités les plus à risque. J’ai peur lorsque je suis au sommet d’une montagne accroché sur un bout de corde et un mousqueton…J’ai peur lorsqu’une grosse vague semble vouloir m’avaler en Kayak… J’ai peur des énormes poissons en plongée. Pourtant, ce sont ses émotions que nous recherchons. Il faut mettre tellement de temps pour parvenir à ces merveilleux endroits que parfois nous en perdons la motivation.
  11. Les sports à haute tension comme l’escalade nous confrontent à certaines de nos limites comme la patience, la confiance, la communication, etc… Il n’est pas toujours évident de dire à notre partenaire calmement que nous avons besoins de plus de mou dans la corde immédiatement car sinon nous fesons une chute de 15 pieds. On réagit parfois de facon brusque ce qui augment la longueur de la discussion en soirée…!
  12. Il n’est pas tous les jours faciles de savoir que ton amoureux, ton ami, ton confident, ton amant, ta famille, ton collègue de travail, ton voisin, etc… sont tous la même personne. Ca ne fait pas beaucoup de variété dans ton cercle social. Tu es mieux de bien le supporter avant de partir car ça ne va surement pas s’améliorer avec le temps. Tu es seulement confronté à ses défauts de façon plus intensive.
  13. Briser la routine est ce que l’on cherche à faire lorsqu’on vit tranquillement à Montréal. De notre côté, nos petits routines sont devenus nos moments paisibles et recherchées. Nous sommes parfois nostalgiques de ne vivre aucune stabilité et de ne jamais savoir de quoi sera composé notre lendemain. C’est plus précieux qu’on s’imagine de savoir où l’on va dormir, où l’on va faire ses besoins, où nous allons pouvoir trouver de l’essence, est-ce que l’épicerie sera fermé… Tout est comme un surprise party à chaque jour.
  14. Un point à souligner est notre intimité dans les deux sens. Parfois il serait agréable de se retrouver seul avec soi-même mais c’est difficile dans 5 pieds carrés d’espace dans la van. Chacun à son petit espace et il ne peut bouger. L’autre intimité c’est qu’il n’est pas plus intéressant d’avoir des relations dans un espace aussi restraint en sachant que chaque son et chaque mouvement peuvent être perçus facilement par tous les passants autour de la van… On trouve des trucs… On donnera les détails au plus curieux !
  15. Le budget devrait aussi être une préoccupation constante mais ne semble pas trop nos affecter pour l’instant. La règle de base à respecter c’est on économise le plus possible quand on peut et on profite au maximum du voyage. On semble respecter les prévisions budgetés sans trop de privation. Seul Martin se plaind de ne pas manger assez de chocolat !
  16. Finalement et non le moindre, le plus difficile est d’être loin de tout ceux qu’on aime. La famille, les amis et surtout mes animaux me manquent beaucoup!

        Après avoir lu autant de facettes négatives, vous devez vous demander pourquoi nous appelons ce voyage notre rêve et même si nous sommes vraiment heureux. Surtout ne vous inquiètez pas, les montagnes les plus difficiles à grimper offrent les paysages les plus magnifiques rendu au sommet. De plus, nous n’aurons pas à patienter jusqu’au sommet puisque ce qui rend un rêve merveilleux c’est ce qu’il nous apprend à chaque instant. Nos discussions sont souvent longues mais tellement enrichissantes. Nous prenons les obstacles avec un grain de sel et apprécions l’unicité de chaque étape. Même s’il nous arrive de douter c’est simplement pour mieux nous confirmer que nous avons choisi le bon rêve. Les sports que nous pratiquons sont parfois frustrants mais ils nous donnent une énergie et une satisfaction d’accomplissement irremplaçable. Finalement, il semble qu’une dose intensive de nos défauts n’ai pas été assez forts pour détruire notre désir de grandir, de partager et d’évoluer dans notre couple. Il paraît qu’on doit choisir notre conjoint en fonction de ses défauts acceptables plutôt que sur ses qualités. Il faut croire que nous avons des défauts supportables… ensemble !

 

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