La Thaïlande I – Les plages du sud

Dernière destination sur le continent asiatique! Après notre coup de foudre pour le Vietnam, la Thaïlande saura-t-elle nous surprendre et nous charmer?

L’île de Koh Tao : plage, apnée, moto et bonne bouffe!

Comme à chaque transition, les nombreuses heures, les transports et les attentes entre le Vietnam et notre première île est toujours une aventure exigeante et épuisante. Nous commençons par un réveil très tôt pour prendre le taxi qui nous conduit à l’aéroport de Hanoi au Vietnam. Ensuite, deux heures de vol pour atterrir à Bangkok en Thaïlande… Pas si mal! On ajoute un taxi de plus d’une heure dans le trafic pour arriver à la station d’autobus. Un après-midi à attendre dans la ville en dégustant les insectes locaux puis une irrigation à 33 degré Celsius au troisième étage de la station de bus. Une nuit de transport dans un méga autobus voyageur. Aussi confortable que puisse être la position assise. Arrivé à 4 heures du matin au port… Attente de 2 heures en compagnie des moustiques du levé du soleil. Ensuite, embarquement pour deux heures de mal de mer sur le bateau qui nous conduira presqu’à notre prochaine destination à découvrir. Finalement, un dernier taxi-pickup vers notre hôtel de Koh Tao… Après près de 30 heures de transport. Ouffffff! Les enfants se sont vraiment adaptés à ce mode de vie et ne semblent même pas ressentir les courbatures des transports. Vive la jeunesse!

Dès notre arrivée, pour s’assurer de ne pas perdre une minute… (L’Inde n’est pas arrivé à nous rendre zen…), nous rencontrons le moniteur de plongée sous-marine qui donnera les cours à nos deux grands pour les 4 prochains jours. Mini baignade de rafraîchissement dans la piscine et l’océan avant de débuter la théorie. Nous avons un léger stresse lorsque nous devons remplir les formulaires de déclaration médicale. Évidemment, Maëlie présente une condition nécessitant davantage de vérification. Après les 4 heures de théorie qui se termine vers 20h00, nous passerons voir le médecin spécialiste de plongée du village… En deux minutes, le verdict est rassurant et il signe les papiers qui attestent que notre puce est apte à plonger. Quel soulagement, nous profitons même de l’occasion pour faire son prélèvement sanguin mensuel dans le même deux minutes incluant l’attente pour la somme de 5$. De retour à l’hôtel, nous envoyons tout de même un petit courriel à notre médecin pour nous rassurer. Bon dodo très mérité après les devoirs qui finissent tard en soirée!

Le lendemain, les deux grands partent fièrement à leur cours théorique. Médrick revient en nous informant que Maëlie ne pourra suivre le cours à cause de sa condition. Martin discute pendant plus d’une heure avec le moniteur. Je retourne voir le médecin, j’arrive à parler au spécialiste de Ste-Justine même s’il est en plein milieu de la nuit pour eux. Rien à faire, il demande un papier officiel de nos médecins qui certifient qu’il n’y a aucun risque possible. Nos médecins extraordinaires ne peuvent pas s’avancer sur des risques qu’ils ne connaissent pas. Nous devrons donc accepter que nous allions visiter la Thaïlande sans découvrir les océans en profondeur. Nous sommes déçus mais ce n’est pas le premier changement au programme. Nous trouverons d’autres belles façons de d’explorer ce pays exotique. Les enfants sont matures et même Médrick choisi de ne pas participer au cours sans sa sœur. Nous sommes certains que d’autres écoles de plongée moins méticuleuses accepteraient d’offrir le cours mais nous optons pour la sécurité…

Après la déception passée, nous passons rapidement au mode relaxe. Piscine, plage et apnée à travers les poissons tropicaux et les coraux aux couleurs vives. Avec bière et chips! Nous faisons aussi d’agréable découverte de saveur avec la cuisine Thaï… Le curie vert, rouge et jaune avec noix de coco ou ananas est un plaisir qui s’apprivoise au niveau des papilles. Les enfants sont d’abord septiques puis leur ouverture leur permet d’apprécier les différents menus!

Évidemment, on se fait à croire que nous sommes relaxes mais cet état d’esprit n’est pas vraiment dans nos compétences. Entre la baignade, c’est la course à finir les photos, l’écriture et le blogue. Nous devons trouver des romans pour les enfants qui lisent plus vite que ce que nous arrivons à télécharger, payer les factures, le budget, la planification… et tout et tout…! La liste s’allonge plus vite que ce que nous arrivons à accomplir. Ce qui est certain c’est que nous n’avons pas le temps de s’ennuyer. Les journées passent trop vite!

Kaïlane et son chien… Une obsession qui la réveille tôt à tous les matins! En Asie, il y a souvent des animaux domestiques qui se promènent sur nos sites d’hébergement. Ici, sur l’île de Kho Tao, un horrible petit chien noir occupe chaque temps libre de notre puce. C’est sa poupée patiente qui subit ses balades et ses jeux depuis déjà quelques jours.

Aujourd’hui, après 2 journées de presque relaxe, nous décidons de partir à l’aventure. Nous louons deux motocyclettes pour explorer l’île. Pas des petits scooters automatiques comme au Vietnam, deux grosses machines lourdes de trail avec une clutch et des vitesses. Martin jubile car il a passé sa jeunesse sur son cross, c’est comme un retour en arrière. Pas vraiment d’expérience de mon côté. Moi qui maîtrise à peine les vitesses et peine à supporter mon simple poids, je stresse un peu de partir avec deux marmailles comme responsabilité. L’aventure commence bien. A part Maëlie qui panique encore plus que moi et qui fait ses prières à haute voix en espérant arriver à destination avec tous ses morceaux. Il est vrai que les montées et les descentes dans les sentiers sablonneux, entre les chiens, les poules et les autres véhicules n’est pas très rassurant!

Avec grand bonheur et des crampes aux poignets, je suis fière d’arriver à notre première destination. Une magnifique plage avec apnée en famille parmi les bancs de poissons tropicaux colorés. Tout le monde apprécie le spectacle malgré quelques gorgées d’eau salée. Nous profitons d’un magnifique restau sur la plage pour apprécier la bonne bouffe Thaï dans un décor paradisiaque. Une journée presque parfaite…!

La perfection se gâche lors de notre retour. Je ne suis pas très à l’aise pour changer les vitesses rapidement dans les montées très abruptes. Je demande à Martin si je devrais rester en première ou deuxième. Sa suggestion de deuxième était valable pour la première petite montée en considérant son bolide plus puissant et son expérience. De mon côté, je réalise trop tard que la moto n’arrivera pas à monter et qu’il est déjà impossible de revenir en première vitesse. Je suis dans une fâcheuse position de reculer plutôt que d’avancer. Le frein avant ne suffit pas à nous arrêter et je ne peux utiliser le frein arrière en maintenant la moto droite avec les trois passagers. Tout se passe très vite! Je descends de plus en plus rapidement jusqu’à arriver à la hauteur de Martin qui réalise mon pétrin. Il tente de m’aider à retenir mon engin mais toute la ferraille lourde vient à bout de nos forces. Toute la famille se retrouve coincée sous le poids des motos sur le bord du fossé. Nous arrivons finalement à tous se dégager. Nous sommes sous le choc et évaluons les dommages humains et matériels. La plus amochée est Loïkim qui a la jambe grafignée suivi de Maëlie qui s’est légèrement tordu la cheville. Du côté matériel, on devrait s’en sortir autour de 150$ pour réparer la poignée de la clutch brisée. Donc plus de peur que de mal…! Le pire c’est qu’il reste encore plusieurs côtes à affronter avant d’arriver sur la grande route. Je suis un peu inquiète mais je tente de rassurer les enfants. Le retour se passe beaucoup mieux même si les enfants choisissent de monter certaines côtes à pied et que Kaïlane s’est accroché deux fois sur mon bouton pour éteindre ma moto…!

Tout le monde à repris confiance et nous pouvons même poursuivre la balade vers une autre belle plage. L’expérience augmente sûrement puisque nous avons fait l’aller en plus d’une heure et le retour en 15 minutes. Bon progrès!

Martin décide de repartir en fin de balade avec les deux grands. À leur retour, tous semblent avoir trippé dans les côtes encore plus impressionnantes. Il semble que Maëlie se soit adaptée et n’ait plus besoin de prier en route…!

On couronne la belle journée d’aventure avec un souper directement sur la plage… Bières, chips et brochettes…!

Au menu de la journée le lendemain… Spécial veille de Noël! La consigne est : On se gâte et on achète toutes les demandes raisonnables! Après un dîner de frites et rondelles d’oignons, un dessert de crème glacée et une « sluch » aux fruits… On se prépare pour l’activité en famille! Nous avons une session de détente pour les pieds dans un aquarium géant. Le but étant de se faire sucer la peau morte de nos pieds. C’est plus chatouillant que relaxant mais rigolo en famille. Seuls les poissons de Martin ont souffert d’une indigestion après un surplus de nourritures. Les filles profitent encore de mon élan de coquetterie pour se choisir chacune une petite robe pour la soirée.

Noël par Loïkim : Noël en Thaïlande c’est amusant! Devinez pourquoi? Pour dîner, on mange juste des frites! Après, le cadeau est le nettoyage fait par des poissons. En premier, on met les pieds dans le bocal à poissons. Après, ils viennent manger la peau morte sur tes pieds… Ça chatouille!


Pour la fiesta du soir, excellent souper les pieds dans l’océan avec musique, feu d’artifices et spectacles… Les enfants ont particulièrement apprécié le Père Noël généreux en bonbon. Tant qu’à Martin, il semblait davantage fasciné par la mère Noël version tropicale!

Pendant la nuit de Noël, le Père Noël est arrêté déposer un petit présent aux enfants au grand soulagement de ma gang… Il avait même pensé apporter un pot de Nutella pour changer de la routine du curry!

Martin nous organise une journée mémorable… avec un début des plus explosifs! Nous avons loué deux scooters pour aller faire du snorkeling à la plage. Malheureusement, un des deux est dangereux puisque le pneu du devant est dégonflé. Martin est légèrement pompé qu’une négligence de leur par puisse mettre la vie de sa famille en danger. Comme un lion menacé, Martin retourne les motos en exigeant un remboursement immédiat. Malheureusement, la tenancière de la business sur le bord de la rue ne partage pas son opinion et semble être très insultée qu’on dénigre ses motos. Comme elle commence par ignorer Martin, ce dernier lève le ton pour se faire respecter… Évidemment, l’escalade augmente avec menace d’aller chercher la police d’un côté et refus catégorique de l’autre. Le conflit dégénère un peu car tout le monde reste sur ses positions. La dame frappe même Martin à quelques reprises pour exprimer sa colère pendant que mon homme refuse de la laisser tranquille tant que nous ne sommes pas remboursés. Il promet de la suivre et de la harceler toute la journée pour récupérer son « gros » 6$ de location…! Martin m’explique que le pneu est maintenant gonflé mais qu’elle ne veut plus nous louer… Je ne veux pas me donner le beau rôle dans l’histoire mais… j’ai tout de même dit à Martin de me laisser gérer la situation. Après 1 minute je revenais avec les clés pour finalement commencer notre balade. On s’excuse de s’être emporté pour la sécurité de nos enfants mais maintenant que vous avez gentiment accepté de corriger la situation, je vous remercie de me redonner les clés! Et voilà! Une belle journée de plage et de snorkeling agréable pour tous!

L’histoire n’est pas terminée, il reste toujours à retourner les motos et récupérer les passeports. J’attends patiemment avec les enfants que Martin arrive mais… la situation semble encore s’éterniser. Je décide d’encore m’en mêler en entrant dans le commerce. Lorsque j’arrive, Martin est en grande discussion avec sa nouvelle amie qui le frappait ce matin. Il semble que la journée calme les ardeurs. Après les excuses de Martin, la femme s’est aussi confondue en excuses pour son manque de vigilance pour la sécurité de ses motos… Quel beau roman! Les enfants ont appris que chaque culture a sa façon de gérer les conflits. Les Thaï ne lèvent jamais le ton mais ils ignorent le conflit. Par chez nous, on s’exprime, on discute fort et on trouve des solutions dans l’argumentation… L’important c’est d’apprendre et de reconnaître! Joyeux Noël… La dame est finalement devenue notre amie qui nous raconte toutes les embûches de sa vie loin de ses enfants et de notre côté, nous retournons chaque matin lui louer des motos. Est-ce donc touchant des belles réconciliations… un vrai téléroman « soap »…!

Le lendemain, nous retournons évidemment voir notre amie pour louer d’autres grosses motos de trail. On prévoit aller à la plage sur l’autre côté de l’île. Pour s’y rendre, nous devons conduire dans des sentiers vraiment escarpés et non-asphaltés. Il faut rappeler que j’ai maintenant une seule journée d’expérience et une débarque dans mon cv de conductrice de moto cross! Martin a eu la bonne idée de m’en louer une encore plus puissante pour m’assurer de monter les côtes. Encore faut-il avoir le courage de peser sur le gaz pour gravir la pente qui me paraît irréaliste. Comme nous avons commencé par descendre, je n’ai pas vraiment le choix de remonter… Je prends parfois la sage décision de monter à pied ou de laisser descendre les enfants pour leur éviter mes débarques peu glorieuses à très basse vitesse. Le plus intéressant, c’est que nous ne sommes jamais arrivés à la plage au bout de la route après plusieurs heures… Nous avons seulement trouvé du plaisir et de l’aventure. Nous avons finalement plongé à quelques pas de notre hôtel, ce qui nécessitait qu’à peine un scooter! Les jardins de coraux aquatiques sont agréables à observer à la nage.

Nous terminons la soirée encore par notre souper de brochettes Bar B Q sur la plage. Depuis déjà six mois, c’est comme la première fois que nous avons presque le temps de développer une routine et des petites habitudes puisque nous sommes au même endroit plus de 3 journées consécutives. Nous sommes en vrai vacances de Noël nous aussi! La routine : balade en moto, dîner de curry Thaï, exploration des fonds marins terminé par un souper sur la plage! Nous sommes loin de la définition de la misère. Je pense que je pourrais endurer cette routine encore quelques jours pour satisfaire Martin qui a fait la grève de nous trouver une autre île paradisiaque avec hôtel et activités à proximité!

Ce matin, on change la routine. Au menu… cours de cuisine Thaïlandaise en famille! Wow et wow… Devinez ce que vous mangerez à votre prochaine visite chez nous? Nous avons pratiqué : Le riz frit ananas et légumes, le Pad Thaï, un sweet and sour et finalement, le coup de cœur de Martin, le curry Massaman. Nous avons parti des ingrédients de base. Nous avons adoré préparer notre pâte de curry. Les deux hommes ont travaillé fort à écraser tous les ingrédients pour nous donner une saveur parfaite. De mon côté, j’ai adoré préparer la purée de tamarin frais pour le pad thaï pendant que tous les enfants ont coupé, haché, broyé, râpé et cuisiné toutes les recettes. Tout le monde a vraiment mis la main à la pâte. Nous aurons besoin de nouveaux ingrédients de base dans ma cuisine comme les piments séchés, le tamarin, le lait de coco, le sucre de la canne à sucre et même de l’huile d’huître…! Bon appétit… Un seul problème…c’est que nous avons trop cuisiné. Après s’être rempli la panse comme des ogres sur le dîner pour ingurgiter le maximum de notre délice, il en restait encore autant. La cuisinière en chef nous a proposé de venir souper au restaurant de son ami avec nos restants… Quelle bonne idée! Alors souper de restants, avec le soleil couchant, sur l’océan!

Cuisine par Maëlie : Pendant mon cours de cuisine, j’ai appris à faire du Pad Thaï. Pour faire ce plat, il faut pétrir du tamarin pour former la sauce pour appliquer sur les pâtes. Il faut aussi rajouter quelques épices dont le sucre de canne à sucre.

J’ai aussi appris à faire du curry massaman. Il existe aussi du curry vert, rouge et jaune. Le curry massaman est fait à base de piment rouge que nous broyons avec quelques épices. Nous devons les écraser pendant 20 minutes. Ce qui donne le curry qu’on mélange avec du lait de coco. Pour terminer, tu dégustes avec du riz. J’ai adoré apprendre deux nouvelles recettes Thaïlandaises!


Devinez comment se déroule l’après-midi… La misère se poursuit! Pendant que Martin part se payer la traite en moto cross, moi… Je quête mon barman pour qu’il m’avance une petite bière et chips sur le bord de la plage pendant que les enfants se font mariner entre l’eau chlorée et l’eau salée… Je dois aussi faire quelques petites pauses rafraichissement dans l’océan avec les enfants. De mon côté, je passe plus de temps à admirer mes poissons qui plongent dans l’océan que les vrais poissons… C’est un spectacle encore plus incroyable pour une mère!

La moto par Médrick : Connaissez-vous un moyen de transport dangereux mais efficace? En tout cas, moi oui. C’est la moto!

Pourquoi c’est dangereux? Les rues de Thaïlande sont très à pic. Elles peuvent atteindre un angle de 35 degrés. Que les motos peuvent y aller et même les motos, quelques unes finissent par tomber dont la notre. C’est aussi dangereux car la route est trouée et il y a des bosses un peu partout, mais tous ces dangers ne mènent pas à rien, au bout, il y a toujours quelque chose.

On arrive presque toujours à une magnifique plage avec du sable doux et des coquillages de toutes sortes. L’eau est turquoise et brillante mais le plus beau se cache dans la mer. Il suffit d’avoir un masque et un tuba pour que tu puisses voir toutes les beautés du l’océan : coraux multicolores, poissons de toutes les grosseurs et anémones dansant au gré des vagues et abritant des poissons clown.

Mais pour arriver à ce quelque chose, il faut une moto assez puissante pour passer tous ces obstacles. Un petit scooter n’est pas assez puissant pour monter des grosses côtes. Nous, nous avions une moto mais elle n’était pas assez puissante alors nous nous sommes mis à reculer et nous avons fini par tomber. Nous avons eu quelques petites égratignures mais rien de grave.

Une avant dernière journée sur l’île de Koh Tao. Nous partons à l’exploration avec un nouveau moyen de transport. Nous visiterons deux baies à partir d’un bateau. Notre capitaine du bateau, ou plutôt notre barque, est complètement impressionné de voir Kaïlane sauter à l’eau avec son masque et son tuba. De notre côté, nous sommes plutôt impressionnés par les fonds marins. C’est comme un jardin aquatique rempli de couleurs, de poissons et de coraux. Nous pouvons même nourrir de gros bancs de poissons qui nous envahissent pour le grand bonheur des enfants. Encore une belle journée qui se termine avec un souper sur la plage…! Kaïlane est la vedette du resort… Tous les gens qui y travaillent viennent la chercher le matin pour la coiffer, lui faire un tour de moto et lui offrir des collations. Elle ne semble pas se plaindre de ses nouveaux amis. Nous entendons toujours Hello « Thaïlane »… c’est son nouveau nom! En soirée, Martin ressent des douleurs au ventre… Il semble reconnaître le même malaise qu’il y a 6 ans lorsqu’il avait eu une pierre au rein. Quelques positions de yoga lui permettent de faire passer la douleur!

Dernière journée à Koh Tao… Sniff, sniff! Martin se lève avec les mêmes douleurs. Nous allons à la clinique au coin de la rue. Le médecin et une analyse d’urine semblent confirmer nos hypothèses. Il lui prescrit des médicaments et recommande d’aller dans une plus grosse ville muni d’un système hospitalier capable de gérer la situation. Toute la journée se déroule tout de même bien. Nous sommes tranquilles à relaxer sur le bord de la piscine et l’océan. Tout porte à croire que tout ira bien…

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La Thaïlande II – L’hôpital

En soirée, c’est le grand départ pour une nuit sur le traversier… Ouff! Nous sommes généralement acclimatés au niveau de vie très différent en Asie. Par contre, il y a des moments où c’est plus intense à supporter. Dormir en rang d’oignons avec une distance de seulement un pied entre chaque individu dans la cale d’un bateau entre la chaleur, les coquerelles, les rats et le mal de mer… C’est toute une expérience. Surtout que dans le but d’économiser 15$, nous n’avons pas réservé de place pour Kaïlane. Si nous faisons le calcul, nous disposons donc de 5 pieds de large par 6 pieds de long pour coucher toute notre famille avec nos bagages et Martin qui excède à lui seul les limites d’espace d’une personne. Les enfants qui sont généralement flexibles dans les transports ont eux même atteint leur limite. Le pire reste tout de même à venir… Surtout pour Martin… À 1h00 de matin, les douleurs aigües au ventre reviennent dans ces circonstances déjà extrêmes! Il décide de s’étendre sur le pont accompagné par la pluie, ses crampes et ses vomissements. J’oserais comparer la situation au « Boat people » du Vietnam! Lorsque nous arrivons sur la terre ferme à 5h00 du matin, nous partons directement vers l’urgence de l’hôpital. Les douleurs sont intenses, très intenses. Les médicaments n’arrivent pas à les contrôler. C’est seulement après quelques heures de torture et une dose de morphine que Martin arrive à s’assoupir.

Au matin, une échographie confirme la présence de pierres au rein. Le médecin recommande une hospitalisation pour contrôler la douleur et d’autres tests qui pourront confirmer la grosseur des pierres et les traitements souhaitables. Nous nous installons donc toute la famille dans une petite chambre d’hôpital pour soutenir Martin ou plutôt le tenir occupé car il n’a plus de douleur. S’enfermer à 6 dans une petite pièce pendant plusieurs jours, c’est sûrement la plus grande épreuve de patience et de tolérance que nous aurons à vivre.

Notre livre de voyage nous indique que la ville de notre hôpital est dépourvue de tout attrait touristique… Moi qui souhaitais occuper les enfants pendant la journée. Il reste la possibilité de faire des devoirs le matin dans un corridor sans table avec une grande circulation de gens. Idéal pour la concentration! Ensuite, les enfants apprécient leur sortie au dépanneur du coin (Seven Eleven), pour acheter eux même leur déjeuner et leur dîner. Généralement, il respecte les recommandations du guide alimentaire soit gâteau pour déjeuner et nouilles Gatuzo pour dîner… Avec petit spécial bonbon! Ils sont fiers de gérer leur budget en gang et de se débrouiller seuls pour leur commission. Finalement, il reste la possibilité d’écouter des films ou de lire. Martin est presqu’exaspéré par nos achats sans fin chez Renaud-Bray. Nous devrions acheter des parts dans la compagnie! J’ai même réussi à lire un roman en entier dans une seule journée… La même chose pour les grands!

Il semble que notre organisateur de voyage a visé haut pour nous offrir une belle fin d’année 2012 inoubliable…

De plus, tant qu’à être dans l’ambiance des pilules et de la douleur, j’ai réalisé que depuis trois jours j’endurais une plaie sous mon pied qui me faisait souffrir. C’est une infirmière qui a remarqué que je boitais de plus en plus et qui m’a suggéré d’aller consulter. Je ne voulais pas faire compétition avec mon homme qui doit avaler une vingtaine de pilules par jour mais je dois toute de même gérer une infection avancée sous mon pied. Je dois prendre des antibiotiques pour éviter la chirurgie. C’est un souvenir d’une coupure de coraux mal nettoyée qui était sous mon pied.

Finalement, nous avons plusieurs épreuves à surmonter depuis quelques jours. D’abord les pierres au rein de Martin engendrent de nouvelles inquiétudes puisque son rein était le premier sur la liste pour la future greffe de Maëlie. Notre médecin de Ste-Justine, toujours aussi géniale et efficace, nous confirme que Martin ne sera malheureusement plus un donneur potentiel. Ensuite, occuper les enfants dans un environnement aussi restreint et contraignant… en gardant la patience et la créativité est vraiment exigeant… Mais nous gardons toujours le moral! Finalement, la communication est un réel obstacle. Presque personne dans l’hôpital n’arrive à parler en anglais. Les médecins expriment quelques mots mais sont très limités pour comprendre et répondre à nos questions. C’est parfois frustrant! Je vous laisse deviner ce que les enfants miment lorsque nous avons besoin de papier de toilette. Les gens sont tous très gentils et compréhensifs… considérant notre étrange situation. Il n’y a pas de touristes dans la ville. Martin vient de s’initier à un logiciel de traduction pour facilité nos échanges…

Petite anecdote de « La petite vie » : Steak, brocoli, patate! Le repas d’hôpital que Martin vient de manger semble plaire aux enfants (Le poulet servi avec brocoli et frites) … Alors comme la veille avec le bon riz frit, nous demandons encore une fois d’avoir quatre assiettes de surplus pour nourrir mes petits mousses! Les infirmières nous sourient et passent la commande. Lorsque les assiettes arrivent, les enfants constatent qu’elles contiennent uniquement le poulet… Alors ils le mangent pendant que je retourne demander d’avoir la même assiette que mon conjoint (« same-same »), avec tous les légumes brocoli et patates. Une demi-heure plus tard, les infirmières sont heureuses de nous apporter une grande assiette de brocoli. C’est super mais les enfants rêvaient plutôt des patates. Alors ils mangent pendant que je retourne pour demander les patates… comme mon conjoint avait! Tout le monde se sourit. Après une autre demi-heure arrive le troisième item de l’assiette tant attendu… les enfants savourent une grande assiette rempli de… tomates! Nouvelle recette : poulet, brocoli, tomates (au lieu de patates). Les enfants ont bien ri et je n’ai pas osé retourner une quatrième fois de peur de ce que j’allais recevoir pour manger. Vive les échanges culturels sans se comprendre!

Les conditions médicales ne sont pas inquiétantes mais nous pouvons toute de même ressentir que nous sommes loin de chez nous… Surtout lorsqu’un chien pénètre librement dans l’hôpital et accède à notre quatrième étage sans aucune restriction… Les enfants ne s’en plaignaient pas mais Martin refuse de partager sa chambre avec ce canin errant!

Nous sommes déjà dans notre cinquième journée enfermés dans une chambre d’hôpital. Martin devait être transféré aujourd’hui pour son opération dans un hôpital à 3 km… Mais nos assurances que nous avons contactées dès le début viennent de réaliser qu’un peu de support médical pourrait nous être utile considérant le défi que représente notre situation. Ils ont osé affirmer qu’ils ne pouvaient pas deviner que nous étions inquiets… Je me retiens pour ne pas exprimer ma colère en leur précisant que nous ne sommes pas de nature très stressée et que présentement, nous sommes plutôt frustrés de leur absence. J’aimerais bien la voir sur mon traversier avec coquerelles, enfants et douleurs pour nous dire d’un ton condescendant que nous sommes stressés. Le problème, ce n’est pas mon stresse, c’est l’absence d’opinion médical occidental depuis une semaine. Ce qui est certain c’est que le médecin de Maëlie a su répondre à nos questionnements en moins de quelques heures pendant ses vacances du nouvel an. Nous ne pouvons pas en dire autant de nos assurances… Les 4 premiers jours, ils nous demandaient seulement dans combien de temps que nous allions sortir…

À une heure de l’opération de Martin, les assurances décident finalement de nous organiser un transfert à Bangkok car ils disent que le service et la langue sera mieux pour nous. Un gros merci de votre implication aussi rapide. Ils font alors affaire avec une compagnie d’assurance Thailandaise pour gérer le transfert. Ils nous ont demandé d’être patient car la vitesse des Thaï n’est peut-être pas la même qu’au Québec… Martin a répondu avec sarcasme que ce n’est pas clair lequel des deux cultures qui est moins rapide! Surtout que les Thaï ont prit soin de toute notre famille depuis une semaine, avec respect et compréhension. Je suis peut-être un peu pompée… mais c’est thérapeutique de l’écrire! D’ailleurs, en parlant de thérapie pour soulager le stress et les douleurs dans une chambre d’hôpital en famille, nous ne manquons pas d’imagination. Même à 2h00 du matin, sur le plancher, entre les fourmis et surtout en se synchronisant entre les visites des infirmières pour les petites pilules et la pression de mon homme. Moi aussi je peux faire baisser sa pression! Vlan dans les dents, les assurances! Visiter l’Asie, ça développe de la tolérance à la proximité peu importe la nature de l’être vivant : humains, enfants, insectes, rongeurs et la capacité de s’adapter à toutes les situations pour savoir saisir et profiter de chaque instant.

En tout cas, Martin n’a plus de douleur et nous attendons le transfert… Et nous allons attendre longtemps… Depuis 9h00 le matin ils nous disent que leur contact en Asie devrait s’occuper de tout d’ici une heure et nous rejoindre… A chaque heure, c’est le même disque qui tourne… C’est le temps des fêtes alors l’organisation semble plus compliquée. Nous tentons d’être patients. Nous sommes tellement le genre à apprécier se faire organiser!

Sur l’heure du dîner, nous commençons à douter que les solutions vont arriver avant la soirée alors nous les informons de notre « caprice » qui nécessitera une toilette pour le traitement de Maëlie en soirée. Puis, comme Martin doute que leur solution soit viable pour notre famille, il vérifie et constate que ce n’est pas 5 heures de route mais plutôt 12 heures de route avec les enfants pour se rendre à Bangkok donc arriver tard dans la nuit. Ouff! L’option avion devient donc une nécessité. On continue d’attendre leur super solution… Ils ne trouvent pas de place pour nous tous dans le même avion. Nous devrons nous séparer. C’est vraiment génial. Je suppose que je devrai partir une heure ou deux plus tard. Et bien devinez… Il y a de la place dans 3 jours! Sinon, je peux rouler 5 heures pour prendre un avion le lendemain matin à partir d’une autre ville. Quelle joie! Je trouve leur solution complètement aberrante considérant la situation déjà extrême que nous vivons depuis 6 jours. Mais je capitule car je ne veux pas retarder le départ et l’opération qui a déjà assez attendue. Je suis donc dans un état plus stressé d’envisager que Martin doit partir avec Maëlie et Loïkim dans un avion ambulance pendant que moi je dois quitter en taxi avec les deux autres à 21h00. Je stresse sur mes capacités de contacter Martin avec un wi-fi dans l’hôtel et lui à l’hôpital. Je ne suis pas doué pour la techno, ce n’est pas un secret!

Le summum du ridicule arrive lorsque les assurances nous informent qu’ils ont même organisé l’opération dès l’arrivée de Martin. Je n’en crois pas mes oreilles. Bravo et rebravo! C’est maintenant qu’ils se décident à être efficace. Martin sur la table d’opération pendant que je suis à quelque part dans le sud de la Thaïlande avec l’impossibilité de communiquer en cas de pépin… Avec évidemment deux enfants qui attendent leur papa gentiment dans la chambre pendant que ce dernier est sous anesthésie. Quelle ingéniosité! Lorsque j’explose de colère, ils tentent de me rassurer en me certifiant que je pourrais les rejoindre pour avoir des nouvelles… C’est sûr que ça me tente de rejoindre mes amies assurances pas efficaces avec idées si géniales… dans le taxi ou dans l’avion? Ce n’est pas clair votre solution ridicule. Il est hors de question que mon homme se fasse opérer avant que je sois arrivée à l’hôpital pour gérer les décisions et m’occuper de mes enfants. Déjà être séparée pendant 15 heures, je ne trouvais pas fort, mais là c’est complètement exagéré!

Heureusement que dans leur super avion il y avait un médecin et une infirmière pour veiller sur Martin qui n’a plus de douleur depuis deux jours. Loïkim a bien apprécié le confort de la civière dans l’ambulance… Ils auraient dû prévoir aussi une gardienne thaï si les douleurs revenaient subitement… C’est super d’investir autant d’argent pour transporter une seule moitié de la famille. S’il y avait eu moins de personnel médical inutile, nous aurions tous pu embarquer! Martin a apprécié faire la visite du super hôpital de luxe à 2h00 du matin avec les filles endormies et refaire tous les tests RX, prise de sang, pipi et autres car les informations de l’autre hôpital n’ont pas suivi… Bonne nuit!

Pendant ce temps, je roulais avec mes deux amours vers le sud en direction d’Hat Yai. Médrick, cartésien comme son père, cherchait à comprendre la logique de notre itinéraire… Pourquoi perdre 5 heures vers le sud si on doit aller 12 heures au nord…? Par contre, Médrick a réfléchi moins longtemps à la logique de pénétrer dans notre premier hôtel avec étoiles. Je pense que le hall devait être plus spacieux qu’un terrain de football. Médrick a mieux digéré sa déception de ne pas voyager dans l’avion ambulance en s’endormant seul dans le lit king…!

De mon côté, j’avais la première préoccupation d’arriver à contacter Martin… Après quelques essais, j’arrive à envoyer un courriel… En attendant sa réponse, je peux prendre du temps pour ma deuxième préoccupation. Depuis que je prends des antibiotiques pour mon infection au pied, je ressens une douleur et un brûlement de plus en plus aigu entre mes jambes. Je n’ai pas pris le temps de gérer cette situation qui empire depuis trois jours. Je suis rendue avec un foyer d’incendie dans mon intimité. J’ose regarder l’état de la situation dans un miroir… Je vous exempte la description d’horreur qui m’a donné des cauchemars toute la nuit.

Entre temps, mon homme arrive à me rejoindre… Il semble lui aussi en feu… mais de colère… contre notre compagnie d’assurance. C’est à son tour de se sentir insulté. Ils ont envoyé un message pour résumer la situation avec un ton presque condescendant, évidemment sans aucune empathie. Ils nous informent donc que je devrai me trouver un hôtel de mon choix pour y habiter avec les enfants pendant l’hospitalisation et assumer les frais de taxi pour les aller et retour puisque nous sommes un type de voyageur non couvert… Nous sommes seulement des « back packer »… Donc comme nous voyageons sans réservation ils n’ont pas à couvrir nos frais. On croirait entendre une comparaison avec des sans abris… C’est mignon…! Martin est hors de lui et les informe que de toute façon nous allons tous dormir dans la chambre d’hôpital qui est plus grande que tous les hôtels que nous avons l’habitude de dormir…Les Thaïlandais sont accueillants, empathiques et chaleureux dans leurs hôpitaux… De toute façon, mes enfants adorent dormir avec les fourmis sur le plancher!

Petite nuit pour tous et on se retrouve finalement réuni en famille le lendemain vers 11h00. Bref bonjour et résumé des derniers développements car je dois courir aux urgences pour confirmer que mes antibio ont déséquilibré mon « P.H. » … Alors autre antibio et petite crème pour guérir les effets secondaires de mes premiers antibio… Bon plan!

Ensuite, la journée passe vite entre les derniers tests médicaux pour Martin et son opération pour finalement faire éclater ses deux pierres à l’aide d’ondes de choc. C’est un succès. Martin revient en fin de soirée un peu amorti sous l’effet des anesthésiants mais nous sommes enfin soulagé que l’heure de notre sortie approche. Nous fêtons l’événement avec un gâteau au chocolat!

Nous avons finalement notre congé de l’hôpital après une semaine complète de vacance tout inclus et organisé dans deux hôpitaux de la Thaïlande. Martin doit reprendre le contrôle de la planification du voyage. Au programme, chercher un moyen de transport, un hôtel et des activités intéressantes pour notre dernière étape vers le nord du pays. Au bilan, nous repartons avec en tout 14 pilules par jour à ingurgiter dans notre famille… Deux pour Maëlie, cinq pour moi et sept pour Martin. Nous faisons vivre l’industrie pharmaceutique pour les prochains jours. On croirait des petits vieux qui gèrent leurs petites pilules quotidiennes. Martin gardera tout de même un beau souvenir des nombreuses infirmières Thaï autour de lui pour l’aider à se déshabiller et le soutenir à la toilette… De mon côté, c’est surtout un souvenir de l’apparition de nombreux cheveux blancs que je conserverai… Les enfants nous on informé qu’ils retenaient l’importance de ne pas être chochotte dans la vie pour s’adapter en acceptant la présence régulière d’individus dans notre bulle… Autant celle de notre famille que celle des étrangers ou celle animalière… C’est ça visiter l’Asie!

La Thaïlande III – Le Nord

Pour bien débuter notre dernière étape… Martin nous a planifié un transport pour des vrais back packer endurcis… Un petit 17 heures de train pour apaiser nos courbatures de l’hôpital… Bon programme mon homme! Heureusement, au fil des heures qui passent, le paysage se transforme pour nous faire découvrir une nouvelle Thaïlande plus campagne et reculée de la civilisation… Comme j’aime tant.

Ouf et reouf! Dire que parfois j’étais inquiète de partir à 3 heures de route de la maison avec les enfants… Nous arrivons finalement dans la chaleureuse ville de Chiang Mai… Pour bien nous rappeler que nous sommes en Asie et qu’il n’y a jamais rien d’acquis, après 30 minutes de taxi pour arriver à notre hôtel, nous réalisons que celui-ci est fermé… Évidemment le taxi est déjà reparti. Nous sommes donc au milieu de la rue avec 4 enfants épuisés, 12 valises aussi épuisés ainsi que des parents avec aucun plan B… OK on reste calme… On se trouve un coin avec petit chat pour occuper les enfants. Mon homme recherche sur internet pendant que je pars à la recherche avec mes jambes. Le premier qui trouve gagne un lit, une piscine et quelques minutes de détente… J’ai gagné! On peut imaginer une petite après midi tranquille pour organiser la suite… Martin décide qu’il ne veut plus se faire gérer d’ici la fin du voyage alors il prend la décision intrépide de nous louer un véhicule. Je ne suis pas du tout rassuré de conduire dans les routes imprévisibles de la Thaïlande avec leur absence de panneaux de signalisation. En plus de la conduite dans le sens inverse… Mais je n’ose pas m’objecter à son idée. En soirée, on se change les idées en déambulant dans le fameux marché du dimanche. C’est coloré, odorant et animé! Les enfants adorent découvrir des nouvelles saveurs dans la rue et dépenser de l’argent pour des souvenirs!

Dès le lendemain matin, je suis déjà reconnaissante envers Martin de son idée de véhicule. On profite de l’autonomie et la flexibilité de rouler à notre rythme. Imaginez, la compagnie d’assurance serait fière de nous classer dans la catégorie encore plus inférieure : Dès « back packer » qui partent sur un « no where »! Nous roulons en direction du nord… Sans objectif précis! Nous prévoyons seulement faire une boucle de 700km dans le nord en visitant les campagnes et les différents petits villages.

D’abord, nous nous arrêtons pour visiter un jardin de culture d’orchidées. C’est un héritage de mes parents que je transmets peu à peu à ma gang! Je suis tellement emballée et émotive lorsque je partage mes connaissances que je pense avoir un intérêt contagieux! Les enfants ont décidé de tenter l’expérience de cultiver des orchidées eux-mêmes. Nous revenons avec deux bouteilles de spécimens. Espérons qu’elles apprécieront la route autant que leur nouvelle famille d’adoption. Nous avons donc la nouvelle responsabilité de 5 Catleyas et 4 Vandas.

Après notre expérience florale, nous continuons avec une aventure animale. Nous passons l’après-midi en compagnie d’énormes pachydermes. Les éléphants sont assurément des bêtes fascinantes par leur force, leur douceur, leur obéissance et leur émotion… L’homme parfait quoi! Les enfants ne se lassent pas de les nourrir et de les observer. Nous avons même le plaisir d’assister à un spectacle avec une vingtaine d’entre eux. Ils nous captivent avec leurs habiletés sportive, musicale, de force mais surtout… artistique. Les éléphants arrivent à peindre des toiles vraiment belles. J’oserais même admettre qu’ils sont plus talentueux que moi! Mais le plus impressionnant, c’est assurément leur grosseur avec tout ce que cela comprend. Juste la trompe doit être 3 fois plus grosse que Kaïlane. Sans oublier leur bouse aussi grosse qu’un ballon, les chute Niagara d’urine, les pets qui sonnent comme un tonnerre et lorsqu’ils se couchent dans l’eau on croirait observer un tsunami… Tout est monstrueux!

Finalement, nous partons en direction de Pai. Notre grand intérêt pour les éléphants nous a encouragés à réserver une nuit dans un camp d’éléphants pour le lendemain. Nous devons donc affronter 3 heures de route exceptionnellement sinueuse en montagne. Martin a calculé une moyenne de 4 secondes entre chaque virage pour effectuer les 800 courbes de la route! Heureusement que j’ai toujours des Gravols dans une de mes nouvelles sacoches. C’est tellement intense que sur les rares panneaux routiers que nous croisons, il est affiché les haltes routières disponibles pour vomir… Avec petit logo visuel pour les touristes. Bonhomme allumette au dessus d’une toilette!

Malgré la couleur verte à notre arrivée, nous sommes excités de dormir à côté des éléphants dans notre petite hutte de paille. Notre enthousiasme nous a même fait accepter de dormir dans une petite chambre avec seulement deux lits simples. J’imagine que le mal des transports avait embrouillé ma capacité à évaluer la dimension des lits. De toute façon, nous commençons à être habitués de se coller. Nous y serons plus au chaud la nuit!

Les enfants passent la soirée à étudier les commandes de base pour être en mesure de diriger leur grosse bête le lendemain. Pourquoi arrivent-ils à retenir les mots complexes alors que leurs tables de multiplication ou leurs mots de dictée n’arrivent pas à entrer dans leur tête?

C’est le grand jour qui est arrivé. C’est encore leur plus belle journée de notre aventure. Les enfants courent rejoindre les éléphants pour tenter de mettre en pratique leur leçon. Il n’y a pas de mots pour exprimer l’émerveillement des enfants quand l’énorme trompe vient les enlacer au son de leur commande « god » qui signifie, câlin… C’est la commande préférée de Maëlie. Tant qu’à Médrick, il préfère « Song » pour se faire soulever par la trompe. Pour les petites, vraiment minuscules à côté de ces monstres, elles retiennent surtout « how » qui signifie arrête. C’est utile dans leur moment de stresse. Du côté de Martin, comme il n’a pas fait ses devoirs, l’animal ne lui obéit pas… Comme avec sa femme…! Heureusement qu’il sera avec Médrick pour se faire guider.

Après les leçons de base, nous partons à l’aventure sur notre monture dans la montagne. Tout le monde est vraiment en extase… mais Martin trouve que son entre jambe supporte mal la position d’écartement extrême. C’est ça vieillir… On perd de la flexibilité. D’autant plus qu’après le dîner, il fera l’école buissonnière pour participer à la collecte de la canne à sucre pour nourrir les éléphants. Il est trop épuisé et il a mal aux jambes… J’ai hâte de le voir en ski la semaine prochaine!

Le moment préféré de tous est incontestablement nos deux baignades dans la rivière avec nos nouveaux amis de 3 tonnes et demi. Ce n’est pas une simple balade avec les pieds dans l’eau… C’est vraiment un moment de jeu où l’on se tiraille et développe une complicité avec notre animal. C’est rigolo lorsqu’on crie « bône » et qu’on se fait asperger d’eau avec la trompe. Mais pour être vraiment mouillé, c’est lorsque l’animal décide de se coucher dans l’eau et même de plonger sa tête… Il ne reste que son tuba (sa trompe) hors de l’eau. C’est tout un exercice d’équilibre de rester dessus. Les guides adorent donner des commandes pour s’assurer que l’éléphant nous catapulte dans l’eau. Dans ce jeu de rodéo aquatique, nous n’arrivons pas à maintenir plus de quelques secondes avant de plonger et surtout de rire. On voudrait que ça ne se termine jamais même si l’eau est très froide et que parfois… nous observons de grosses boulettes brunes flotter autour de nous! Une autre journée inoubliable, riche en émotions et en apprentissage vient de se terminer… Snif! Snif!

L’éléphant par Médrick : Moi et ma famille avons vécu une expérience inoubliable, nous avons fait un tour à dos d’éléphant.

Les éléphants mangent des bananes et de la canne à sucre. Ils mangent autour de 200 kg par jour. Leur poids est impressionnant, ils peuvent peser jusqu’à 3 tonnes. Sa trompe est environ 2 mètres de long et peut soulever 300 kg. Il est haut de 3 mètres, long de 3 mètres et large de 2 mètres. Il peut tirer plus d’une tonne et peut vivre 100 ans. L’éléphant est 2 ans enceinte parce que le bébé devient très gros avant de naître. Il fait tout le temps 5 ou 6 grosses bouzes comme une tête et son pipi a un jet large comme un poignet et coule pendant 30 secondes.

Les éléphants sont dressés avec des mots Thaïlandais sauf un qui est en langage éléphant « how » qui veut dire « arrêter ». Les autres commandes sont :

Pai : avancer

Quoi : à droite

Saay : à gauche

Houm : soulever par la trompe

God : gros câlin

Yah : ne fais pas ça

Bone : se faire arroser avec la trompe

Song : monter sur le dos de l’éléphant

J’ai vraiment aimé faire un tour d’éléphant parce que c’est haut et ça bouge beaucoup. Mais le plus le fun c’est le rodéo dans l’eau. L’éléphant bouge tellement qu’il nous propulse dans l’eau.

Le lendemain, nous sommes très relaxes et prenons notre temps pour saluer les éléphants avant notre départ. Nous choisissons d’abord de faire un premier arrêt pour marcher dans un canyon. C’est vraiment plus beau que nous pouvions nous imaginer. On se croirait au cœur de l’ouest américain mais avec aucun frais d’accès et très peu de visiteurs. Nous sommes seuls pour explorer cette contrée éloignée avec… aucune règle de sécurité sauf notre bon jugement! Heureusement que notre expérience en escalade nous rend plus à l’aise avec les hauteurs… Il ne manquait que la corde! Wow… Vraiment à recommander!

Ensuite, on s’arrête dîner selon notre intuition… Bon choix… Suivi d’une petite crème glacée. Les enfants sont rendus des experts pour reconnaître le logo en forme de cœur qui nous indique qu’un congélateur est présent dans le petit commerce sur le bord de la rue… Ce n’est pas cette semaine que nous allons maigrir!

Après quelques heures de route à se demander si nous sommes sur le bon chemin, nous arrivons finalement dans le petit village de Soppong. Pour s’assurer de vraiment être retiré de la civilisation, nous roulons encore 20 minutes pour arriver à un petit paradis en plein cœur de la jungle, sur le bord d’une rivière. Nous passerons deux nuits dans ce bungalow à deux étages mais sans eau chaude ni chaleur. Il faut se coller la nuit pour ne pas se transformer en glaçon. C’est certain que du béton pour fabriquer une hutte n’est pas un matériau de construction très isolant!

La première soirée, nous partons à l’aventure à la marche pour observer les hirondelles qui entre par millier se réfugier dans la caverne pour la nuit. C’est un spectacle fascinant. Tous nos sens sont mis à contribution. Nos yeux sont émerveillés, nos oreilles jouissent des cris des oiseaux. Tandis que notre nez, il est moins comblé par l’odeur des excréments. Il reste notre sens du toucher qui ne sera pas mis de côté grâce aux enfants et leur esprit de sauveur. Ils ont observé une hirondelle qui a fait une chute dans la rivière. Médrick est parvenu à la sortir du courant pour la prendre dans ses mains. Tout le monde a apprécié jouer aux gardes malades avec l’oiseau après notre marche mystérieuse dans la forêt obscure de près de 45 minutes. L’histoire se termine bien puisque l’oiseau est reparti en soirée grâce aux bons soins de ma gang.

Ce qui est aussi un grand atout sur le site, c’est la grande quantité de chiens qui ont adopté les enfants. Martin n’apprécie évidemment pas leur présence à l’intérieur mais la majorité l’emporte… Du moins avant l’heure du dodo. D’ailleurs un des chiots a tellement adopté Kaïlane qu’il a volé son soulier pendant la nuit pour s’endormir avec son odeur… Nous avons dû jouer à la chasse aux souliers le lendemain matin! Si le chiot avait dormi à l’intérieur, nous n’aurions pas entendu pleurer à la porte toute la nuit et Martin aurait peut-être été débarrassé des grosses araignées qui partageaient son lit… C’est dure l’harmonie avec la vie animal mon homme!

Au programme aujourd’hui… Rien! Les petites sont ravis de jouer tranquille avec les canins et les grands dévorent leur roman… Bon programme. En fin d’après-midi, je repars avec les enfants pour explorer l’intérieur de la caverne avec un radeau. Nous pouvons nourrir les grosses barbottes et visiter les différentes chambres. La visite valait bien le détour. Pauvre Martin qui avait dû retourner en ville pour chercher de l’argent!

Le lendemain, nous poursuivons notre aventure dans les campagnes. On s’arrête dans un petit village de minorité ethnique. C’est comme le meilleur qu’un voyage puisse m’apporter. Être près des gens, observer comment ils vivent, partager un beau moment… Évidemment, surtout si j’accepte d’acheter leur gugus mais bon… c’est vraiment génial! Par contre, après à peine 5 minutes de marche, les enfants rouspètent que c’est long et plate… C’est sûr que Martin donne le bon exemple pour les motiver en jouant sur son iPad en m’attendant à la voiture. Il semble que ma passion humaine ne soit pas de taille avec la technologie de mon homme. Je fais un petit sermon sur les valeurs humaines et j’arrive à culpabiliser suffisamment les filles qui acceptent finalement de m’accompagner. Kaïlane surtout car elle ne veut pas s’éloigner de sa mère, Maëlie ne voudrait surtout pas me décevoir et Loïkim apprécie l’idée de pouvoir prendre des photos. Alors ma super balade de 15 minutes chez l’habitant fut très apprécié… Par moi-même!

En après-midi, après un bon repas et une crème glacée… Nous partons visiter une chute. C’est relaxe et les enfants apprécient nourrir les poissons.

Pour dormir à Mae Hong Son, nous poursuivons notre découverte de huttes de paille vraiment situées sur des sites incroyables. Toujours au cœur de la jungle et des orchidées. Nous sommes seuls dans notre petit paradis. Évidemment, il n’y a pas d’eau chaude, on gèle la nuit et nous cohabitons avec les insectes… C’est parfait! Soirée avec balade dans les ruelles piétonnières et achats de petites babioles. Maëlie est fidèle à son riz frit, moi à mon pad Thaï et les hommes leur curry… Les petites préfères piger dans nos assiettes.

Nous avons longtemps hésité avant de se décider d’aller visiter un village des femmes aux « longs coups ». Nous ne voulions pas participer à un zoo humain. Nous avons choisi de se former notre propre idée après avoir vécu notre expérience dans le village. Notre opinion : Nous avons apprécié notre visite. Le village ressemblait à tous les nombreux autres petits village que nous avons eu la possibilité de parcourir. Les femmes vendent leur artisanat aux touristes dans une atmosphère agréable. Comme nous devons payer un frais d’accès au village, les femmes s’attendent à être photographiées et on ne se sent pas voyeur de le faire. De toute façon, ils apprécient autant prendre des photos de nos quatre enfants. Les femmes plus âgées semblent plus indisposées par la lourdeur et la hauteur des colliers. Par contre, les femmes plus jeunes ne semblent pas en porter autant. La plupart sont même jolies avec leur collier. Nous avons pu expérimenter le poids de ces derniers en les essayant. Au moins, toute la famille a apprécié la visite de ce village particulier!

Nous dormons dans la ville de Mae Sariang. C’est toujours agréable de rencontrer d’autres familles qui voyagent avec leurs enfants et d’échanger sur leurs expériences. Surtout autour du meilleur Pad Thaï de la ville pour seulement 7$ pour nourrir toute la famille avec bière inclus!

Dernière journée avec le véhicule pour terminer notre boucle dans les villages des campagnes. Le matin, nous visitons un temple bouddhiste d’origine Birmane, puisque nous sommes tout près de la frontière de ce pays. On en profite pour partager une discussion culturelle avec les enfants.

Ensuite, beaucoup de route à travers des paysages magnifiques. Nous sentons tous que nous partageons nos dernières journées en Asie. Nous sommes nostalgiques que la fin approche et les enfants nous parlent déjà de leur prochain voyage qu’ils souhaitent faire!? Pour s’imprégner de la culture, je propose d’arrêter dans un village non touristique pour dîner dans le marché typique. Martin me regarde avec dégout mais accepte d’aller voir… Les enfants ne sont pas rassurés en voyant toutes les mouches et l’odeur de poissons qui y règne. Mon enthousiasme parvient à les convaincre jusqu’à ce qu’ils voient des crapauds gluants dans les assiettes. Il se forme donc un bloc contre moi pour sortir du marché et se trouver un restaurant acceptable pour dîner. Je dois me plier à la majorité. Martin aperçoit alors sur la route une affiche indiquant nourriture propre. Le restau est bien situé près de la rivière. Nous commandons nos classiques de la Thaïlande… et… c’est vraiment horrible. Nous mangeons à peine. Seule la bière et les toilettes valaient vraiment la peine. En conclusion, Martin préfère la nourriture propre mais dégueux au goût alors que je préfère les marchés dégueux avec de la nourriture bonne au goût… Nous avons bien ri. Heureusement qu’il y a notre affiche avec petit cœur rouge pour nous remplir avec une bonne crème glacée!

En soirée, nous revenons passer nos 3 dernières nuits à Chiang Mai. Nous arrivons juste à temps pour le marcher du dimanche. Là, tout le monde accepte de manger et c’est excellent avec une ambiance festive…!

Nous avions réservé les deux dernières journées pour du magasinage utile avant notre retour au Canada. Tout le monde nous recommande cette ville aux prix compétitifs. Nous recherchons principalement des vêtements North Face pour les enfants en ski. Nous louons deux mobylettes pour parcourir plus facilement les rues de la ville.

Dans le premier magasin, les prix sont élevés, il y a peu de choix et ce n’est pas très beau. Dans le deuxième magasin, les prix sont très élevés et pas vraiment rien d’intéressant. Après un arrêt pour dîner, nous sommes confiants de dénicher des trésors dans le plus grand marché réputé de la ville. Ouf! Dans ce troisième marché, j’ai plutôt l’impression de circuler dans un musée d’antiquité vestimentaire de ma grand-mère. C’est vraiment trop laid… C’est presque ridicule d’utiliser autant d’espace dans une ville pour exposer et vendre autant de cochonneries. Seul le breuvage de slush sucrée sauve notre après-midi auprès des enfants. Martin garde espoir en sillonnant différents artères de la ville pour trouver le bon endroit caché. Malheureusement, nous revenons bredouilles. Autant de laideur m’a peut-être guérit de la crise de la quarantaine et mon besoin de dépenser!

Je fête ma guérison de la dépense en faisant un grand sacrifice pour la famille. Je suis la cobaye qui va tenter l’expérience d’un massage Thaï… Conclusion… Je me sens encore coupable de ne pas être présente pour ma gang pendant une heure mais… C’est vraiment agréable de payer pour se faire dorloter.

Dernière journée d’activités dans ce beau pays! On décide de compléter la liste des incontournables du guide de voyage. D’abord, journée de mobylettes mais vraiment au maximum… Même sur l’autoroute à 60 km à l’heure entre les voitures, les trous dans la rue et nos casques trop grands qui volent au vent!

L’aventure débute avec la visite du royaume des tigres. Les enfants ont choisi de s’offrir un vrai luxe avec leur argent de poche. Un temps privilégié en compagnie de ces félins impressionnants. Évidemment, à leur âge, ils ne sont admis qu’avec les bébés tigres car les adultes, bien que domptés, pourraient les confondre avec une proie. Nos 10 minutes passent trop vite mais l’émotion vaut vraiment le détour. Je ne sais pas ce qui était le plus intéressant à observer. Mes enfants avec le sourire naïf qui caressent les tigres ou mieux encore… Les mâles alpha de la race humaine, en moto et tatou qui arrive avec leur nénette et qui semblent perdre toute leur confiance devant les félins et marchent en soumis avec la queue entre les pattes! Deux beaux spectacles à observer…

Les tigres par Maëlie : Pendant notre dernière journée en Asie, nous sommes allés voir des tigres. Les plus gros tigres faisaient peur, les enfants n’avaient pas le droit de rentrer mais nous avions le droit de rentrer avec les bébés. Dans la cage, nous pouvions donner à boire aux tigres, coucher notre tête sur eux et les flatter. La patte du tigre était aussi grosse que la face à Kaïlane. C’était une très belle dernière journée d’Asie.

Ensuite, les enfants continuent de s’offrir du vrai tourisme. Ils embarquent dans une boule géante gonflée d’air pour courir à l’intérieur comme des hamsters. Le plus rigolo, c’est qu’ils sont sur un petit lac donc aucun danger pour se faire mal et ils peuvent observer les poissons en même temps. Je ne suis pas certaine qui a le plus de plaisir… Les enfants ou les spectateurs!

On continue la liste… On doit évidemment s’arrêter pour notre rendez-vous crème glacée. Les enfants salivent comme le chien de Pavlov chaque fois qu’ils voient le petit cœur rouge et blanc annonçant les friandises gelées. De toute façon, ce n’est pas d’une grande rareté puisqu’il y a un Seven Eleven à chaque coin de rue!

On termine l’après-midi par… un massage Thaï en gang! Notre famille remplie la salle au complet et ils téléphonent à des masseuses en urgence pour nous offrir un service rapide. On doit d’abord tous se déguiser avec des vêtements adaptés pour la détente… Mais pas adaptés pour la taille des enfants. C’est très rigolo de se retrouver tous à moitié nu et à moitié vêtu d’un genre de tunique rouge et blanc… On ressemble à des Pères Noël. Lorsque toutes les mains se mettent à pétrir nos six corps allongés par terre… Il y a comme des fous de rire qui remplacent la petite musique zen… Je pense que même les masseuses avaient du plaisir et rigolaient de la situation. Tout le monde jasait et prenait des photos. De toute façon, c’est difficile de se détendre en même temps que se faire piétiner, étirer, craquer, twister… Pas le temps de s’endormir… Elles en ont de la force et de la vigueur ces masseuses… Je ne crois pas que se sont les mêmes qui offrent le service du soir aux hommes… Du moins j’espère qu’elles utilisent des techniques plus en douceur. Moi qui avais peur que les enfants s’ennuient… Il n’y avait rien de monotone pendant cette agréable heure en gang. Un heureux mélange de plaisir, de décoincement et de fou de rire…!

Le massage par Loïkim : Le massage Thaï fait beaucoup craquer les orteils et les doigts. Mais par exemple, ça fait du bien. Ça fait craquer tout le corps et c’est drôle et ça chatouille!

Pour couronner la soirée, il manquait simplement un riz frit, un Pad Thaï, un riz aux cachous et un curry… Avec une bonne bière Chiang ou Singha! C’est avec beaucoup d’émotions que nous allons tous nous endormir… C’est toujours triste la fin d’un grand rêve! Je suis déjà sur le projet de convaincre mon homme de repartir… Comme il me répondrait : « Tu aimes vraiment ça visiter tes petits villages de pauvre qui ont l’air heureux! ».

Eh oui… Pendant que moi je trippe sur l’humain, mon homme continue de me fasciner avec son désir d’apprendre au rythme de nos aventures. Lorsque nous trippions kayak, il lisait des récits sur comment les gens sont morts en kayak. Ensuite, il a fait la lecture des récits extrêmes pour connaître les mêmes accidents tragiques dans tous nos sports : escalade, vélo, planche et même slack line. Martin est connu pour ses passions, ses dadas… Mais sa dernière lecture… Vraiment instructive avec les enfants… C’est l’histoire des peuples qui ont voulu dominer avec leur race qu’ils pensaient supérieurs en exterminant les impures. Comme l’ont fait les Allemands mais aussi les Japonais et les Italiens. L’histoire est vraiment pertinente sauf… Lorsqu’il explique aux enfants, pendant le petit déjeuner, les meilleurs moyens utilisés dans le passé pour exterminer le plus de gens en même temps sans créer la panique. Comment les techniques furent « améliorées » pour ne pas trop traumatiser les bourreaux. Merci Martin pour ta participation à la culture de nos enfants. Il est temps que le ski commence pour changer tes lectures. Comment mourir dans une avalanche de neige à suivre bientôt!

Heureusement, certaines passions de mon homme sont moins extrêmes dans leur technique pour apprendre à tuer son adversaire. C’est une belle passion qu’il transmet présentement à Médrick mais je pense qu’il va arrêter car l’élève commence à dépasser son maître… aux échecs!

Finalement, il ne reste que le retour dans notre cher pays natal… et non le moindre! Nous aurons besoin de 33 heures pour arriver jusqu’à Vancouver et ensuite une douzaine d’heures pour arriver à notre destination. Nous espérons arriver à notre condo de ski de Sun Peaks près de Kamloops avant la nuit. Nous partons donc le 16 janvier à 6 heures du matin et arriverons le 17 janvier à 8 heures du matin avec un décalage horaire de 9 heures plus tard plus la route vers notre condo… Ouffff! En résumé nous devions prendre un taxi à Chiang Mai, un avion vers Bangkok, un taxi, arrêt à l’hôpital, un taxi, un avion vers Shanghai en Chine, un taxi pour dormir en Chine, un taxi, un avion vers Vancouver, un taxi vers notre camion à Squamish et rouler 4.5 heures pour espérons arriver en fin de journée le 17 à notre condo! Il manquera surement quelques bout de nuit avec un casse-tête pour les traitements de Maëlie mais les enfants sont rendus les champions de l’adaptation.

Martin a fait une planification parfaite jusqu’à la fin… Tout roule… ou vole très bien… Sauf qu’il avait oubliée un léger détail de météo. En arrivant à Shanghai, il faisait près de zéro! C’est un peu frisquet en gougoune et camisole! Heureusement que moi, « Miss plein de bagages » avait les tuques et les vestes pas trop loin! Finalement, la Chine aura été notre porte d’entrée ainsi que notre porte de sortie pour notre 4 mois d’aventure en Asie. Elle restera toujours aussi charmante mais aussi frustrante principalement à cause de la barrière de la langue. Attendre jusqu’à minuit dans un aéroport et ne pas réussir à commander des bouteilles d’eau pour l’irrigation de Maëlie déjà en plein milieu de la nuit alimente nos frustrations! Mais il faut rester ZEN… C’est un détail dans l’immensité des satisfactions de notre aventure familiale.

Nous serons sur le décalage horaire pendant quelques jours et un manque de sommeil chronique mais très satisfait de notre nouvelle étape qui débutera dans la neige et le sport d’hiver!

Conclusion des enfants :

Les meilleurs moments dans chaque pays :

Chine : Les pandas (Kaïlane, Loïkim), la muraille de Chine car la longueur est impressionnante (Maëlie), jouer avec les Australiens (Médrick).

Inde : Juste les chameaux car tout le reste ça pu, il y a des cochoneries, du bruit et je suis squeezée (Kaïlane). Jouer avec les singes dans la rue (Loïkim), Visiter le Taj Mahal, un énorme temple en marbre (Maëlie). Manger de la pizza à tous les soirs (Médrick). La beauté des saris.

Australie : Les kangourous (Kaïlane et Loïkim), nager à la barrière de coraux et voir plein de sortes de poissons (Maëlie), visiter toutes les belles îles (Médrick).

Vietnam : Faire de la poterie et me promener en moto (Kaïlane), Dormir chez l’habitant (Loïkim), conduire un quatre roues (Maëlie), Dormir chez l’habitant (Médrick). Les beaux pics rocheux de la Baie D’Along.

Thaïlande : Les poissons qui mangeaient mes pieds (Kaïlane), me baigner (Loïkim), faire de l’apnée et visiter les belles plages (Maële), visiter l’île de Koh Tao en moto (Médrick). Manger le curry Massaman

Conclusion :

Ce n’est pas une tâche facile d’exprimer une conclusion pour cette étape de rêve que je viens de réaliser et d’accomplir. À l’intérieur de chacun de nous sommeille des rêves et des espoirs que nous souhaitons voir un jour prendre forme sur le parcours de notre vie. Naître dans une bonne famille, être entouré de bons amis, trouver une profession passionnante, rencontrer l’amour de notre vie… C’était déjà un bon départ! Maintenant on pouvait bâtir des rêves à deux. Traverser l’Amérique, construire un nid d’amour et bien le remplir… Quoi rêver de plus…! Parcourir le monde en compagnie de ma marmaille pour s’ouvrir et s’émerveiller ensemble sur les gens qui nous entourent. J’aurais évidemment souhaité que le temps s’arrête en Asie pour le faire durer à l’infini… Mais je dois me résigner et accepter la fin pour apprécier la suite et avoir le bonheur de construire d’autres rêves avec ma gang… car nous ne manquons pas d’imagination. Comme me diraient les enfants quand je les taquine en leur interdisant de voyager sans moi plus tard car je vais trop m’inquiéter et m’ennuyer : « Maman, ce n’est pas la fin de ton rêve que tu nous as fait vivre mais le début du nôtre… Nous voulons l’explorer aussi ta passion de voyager pour découvrir les gens! »

Alors comment résumer autant de défis, d’apprentissage, de grands moments de joie mais aussi de grands moments d’incertitudes…

Il y a une belle phrase qui affirme qu’avoir des enfants n’est pas un bon moyen pour rapprocher un couple mais il faut d’abord un couple solide pour éduquer ses enfants… Je poursuivrais dans le même sens. Un voyage n’est sûrement pas un bon moyen pour rapprocher une famille car ce genre de voyage met régulièrement les membres de la famille en déséquilibre. C’est une expérience sans pause, ni recule qui se vit 24 heures sur 24 dans une proximité et une intimité exceptionnelles. C’est donc un rêve qui nécessite investissement, collaboration et implication constante pour chacun. Comme parent, on doit souvent se rappeler que c’est d’abord notre rêve et adapter nos attentes aux exigences que nous demandons aux enfants. Il peut sembler surprenant, le temps de couple est très limité bien que nous soyons constamment ensemble. C’est un paradoxe qui s’explique par la quantité de tâches et de responsabilités qui découlent de l’organisation d’un tel projet. Heureusement que nous avions un peu d’expérience de voyage ensemble dans ce genre de pays pour mieux se connaître, se partager les rôles et se garder quelques moments de complicité.

Pour les enfants, chacun à vécu le défi avec leur personnalité. Évidemment, leur seul point de repère était nous même. Aucun lieu, horaire, langue, nourriture, transport ne pouvait fonder une routine ou une stabilité.

Les enfants ont dû découvrir et apprendre sur les politiques et les cultures de chaque pays qui pouvaient avoir des répercussions sur notre quotidien. Par exemple pourquoi en Chine les gens les touchaient autant? Ils ne peuvent avoir qu’un seul enfant! Pourquoi qu’en Chine notre blogue ne pouvait être mise à jour? À cause de la censure exercée par l’État. Pourquoi au Vietnam le peuple est courageux suite à la guerre? Pourquoi en Inde les vaches se promènent dans la rue? etc…

Les enfants ont dû s’adapter à dormir dans différents endroits. Les lits de confort très variable mais aussi avec qui partager leur lit… Frère, sœurs ou fourmis et coquerelles sur le plancher. C’était le tirage au sort à tous les soirs. Parfois 2, 3, 4 ou même six dans un même lit. Quand nous avions un lit… C’était parfois un train, un bus, un bateau ou un avion…! Il faut être flexible pour s’endormir dans tous ces endroits. En ajoutant les ronflements, la musique ou les coqs qui chantent à quatre heures du matin. Parfois les nuits sont aussi très courtes à cause des horaires des transports très variables.

L’adaptation est aussi nécessaire pour s’ajuster aux toilettes. Dans le confort de notre maison, les enfants ne pouvaient imaginer autant de variabilité dans le confort des bols. Mais aussi toutes les différentes façons d’aller se soulager dans les différents pays. Allant du simple trou à un trou avec une place élevée pour se mettre les pieds, à une bol sans siège, à un bol tellement dégueux qu’on souhaiterait finalement un trou… À 4 ans, ce n’est pas génial de s’écarter les jambes de chaque côté d’un trou quand nos pantalons sont descendus aux genoux. Puis Maëlie a démontré une ouverture remarquable en ne se plaignant jamais malgré l’heure quotidienne qu’elle devait passer dans ces endroits rarement accueillants.

L’autre défi fut assurément au niveau des transports. Parmi tous les moyens utilisés, chacun comportait ses avantages et ses inconvénients. Ce qui est certain, c’est qu’un temps considérable dans les semaines doit obligatoirement se dérouler dans les transports pour se déplacer et explorer les différents pays. Les enfants ont rapidement compris et développer des façons intéressantes de s’occuper pour passer les longues heures. Voyager la nuit passe plus vite mais le sommeil n’est pas idéal. Voyager le jour exige patience et tolérance de chacun mais certains paysages sont incroyables. Le plus apprécié de tous fut la motocyclette mais un défi de conduite pour la sécurité. L’avion est rapide mais dispendieuse et restreinte en espace tout comme l’autobus et le taxi mais qui sont moins rapides. Le train de nuit n’est pas si mal mais souvent un peu, beaucoup dégoutant. Le bateau donne la nausée. Il reste le métro qui est bien mais assez rare et seulement urbain. Le vélo est une course à obstacle dans les rues. La marche est indispensable en tout temps!

La propreté est une réalité qui nous envahit énormément au début de l’aventure. Avec le temps, nos critères de référence s’adaptent et nos exigences diminuent. Après 4 mois, un hôtel avec fourmis, crasse sur les murs et draps moyens est acceptable. Il reste qu’en Thaïlande, tout le monde est extrêmement soucieux d’enlever ses chaussures avant d’entrer… Même si certains ne portent pas de soulier à l’extérieur. C’est étrange leur soucis de propreté pour les planchers mais l’absence total de papier de toilette pour s’essuyer… Chacun ses priorités!

Dans le même ordre d’idées, les enfants ne s’attendent plus de voir de l’eau chaude sortir des robinets lorsqu’ils prennent leur douche. Se laver les cheveux dans l’eau froide est comme la normalité. Par contre, nous avons dû répéter régulièrement l’importance de ne pas avaler d’eau au moment de leur douche ni lorsqu’ils se brossent les dents. C’est une routine à développer d’exclusivement boire dans les bouteilles. Lorsque nous avons commencé à leur offrir une petite rémunération pour l’eau qu’ils nous aidaient à filtrer avec notre lumière UV, ils ont compris la valeur de l’eau.

La vie de nomade toujours dans les valises est aussi exigeante. Les enfants doivent apprendre à limiter leur souvenir et la quantité de gugus à collectionner surtout pour Loïkim notre ramasseuse nationale.

Martin : moi qui croyais que c’était Jolène qui détenait ce titre. Surtout quand je la vois sortir de nos bagages les 6 pièces de poterie hyper lourdes que les enfants ont créés!

Je dois confesser que plusieurs fois par semaine, je devais jeter en cachette toutes ses « cochonneries » pour nous éviter une surcharge de bagages. Pour ma part, la gestion de nos 12 valises fut un grand défi de Tétris à recommencer à chaque semaine. Dans le même sens, il faut lâcher prise sur la qualité du lavage du linge. Nos bobettes et chandails blancs sont pour la plus part devenus roses en présence de lavage de linge rouge dans la même brassée. L’objectif n’est pas des vêtements propres, sans tâche qui sentent bons mais simplement du linge qui ne sent… rien!

Malgré que nous visitions des pays en voie de développement, notre technologie occupait une place importante dans notre organisation. Comme nous avions généralement accès à peu de prises de courant, il fallait une bonne gestion pour charger en ordre prioritaire tout notre matériel. D’abord le iPad pour notre accès internet indispensable pour toute la planification. Ensuite, le iPod pour la lecture de Maëlie et parfois les jeux des petites. Le Kobo et le Kindle pour la lecture. En plus de l’ordinateur pour la gestion du blogue et des photos. Il faut aussi recharger notre lumière UV qui purifie notre eau… Sans oublier nos indispensables caméras qui doivent toujours être prêtes à capturer les beaux moments. Vive la techno!

Plusieurs plaisirs sont évidemment associés à cette aventure. D’abord, malgré le défi de communication, les enfants ont adoré apprendre les différentes langues. D’ailleurs, ils ont une meilleure mémoire que nous et deviennent même aidant dans certaines situations. Ils sont maintenant capables de compter jusqu’à 10 et connaissent les formulations de politesse de tous les pays que nous avons visités.

La nourriture est aussi un grand plaisir. Il faut oser sortir de notre zone de confort mais les enfants ont expérimenté de nouvelles textures et de nouvelles saveurs. Leurs cours font partis de leur coup de cœur de nos activités en Asie. Évidemment, parfois les découvertes culinaires étaient moins agréables en bouche mais tout le monde trouvait la situation très drôle. La visite des marchées et des vendeurs de nourriture dans les rues était toujours redemandé à chaque jour… sauf par Martin qui a moins le goût de ce genre d’expérience exotique. Malgré les belles trouvailles alimentaires, les enfants étaient parfois tannés de la répétition des menus. Ils rêvent tous d’un bon pâté « chinois » très québécois!

Évidemment la rencontre de gens, de paysages et d’expériences culturelles aussi diversifiée qu’enrichissante est déjà au cœur de nos souvenirs. Les enfants adorent raconter, comparer et discuter de leurs aventures uniques. Tous ces moments, autant agréables qu’exigeants, forment une complicité et un lien d’attache que nous souhaitons pourront les suivre pour les années à venir.

Je suis donc triste de la fin d’un rêve mais heureuse que tout se soit passé à la hauteur de mes attentes… Il nous reste aussi une autre moitié d’aventure à vivre, moins culturelle mais aussi intense en famille!

Le Vietnam – I – Sud

Nous sommes millionaires

C’est avec beaucoup d’émotions et d’excitation que nous prenons l’avion en direction du Vietnam. C’est un peuple avec une histoire touchante dans un continent qui me fascine. Notre premier constat en transférant notre argent dans la devise vietnamienne : Nous sommes millionnaires! Les enfants aiment compter nos milliers et nos millions de Dong que nous avons en notre possession. (1$=20500 Dong).

Rencontre sociale

Malgré que nous arrivons tard à notre hôtel, nous sommes vraiment contents de revoir nos amis Australiens qui nous y attendaient. Les échangent sont toujours enrichissants et amusants. Le lendemain matin, c’est à notre tour de braver nos heures de sommeil pour un dernier au revoir avant leur départ en avion. Catherine, mon amie de voyage écrit présentement un livre sur « les voyages avec des enfants ». Elle souhaite ma collaboration alors je suis contente d’avoir l’occasion de se recontacter pour échanger. Ce fut deux brefs moments qui nous rappellent combien c’est agréable d’entretenir des liens sociaux.

Le médical

Notre première journée entière au Vietnam est consacré au médical. C’est une bonne façon de visiter un pays et d’en évaluer sa salubrité. Résultat : Loïkim trouve que les dentistes sont gentils et ne font pas mal pour réparer un plombage tombé. Maëlie trouve que l’hôpital est aussi propre que Ste-Justine pour sa prise de sang mensuelle, Martin et moi constatons que le coût des soins est très abordable. Notre médecin nous annonce avec joie que la condition de Maëlie continue d’être stable. Internet nous informe que la perte de cheveux de Kaïlane n’a rien de grave… Surtout s’il y a de grands changements dans la vie de l’enfant pour justifier un surplus de stress… Finalement, depuis que Médrick a reçu son appareil dentaire par la poste, ses dents se sont réadaptées malgré le long délai. Donc, que des bonnes nouvelles pour débuter l’exploration du pays. Les déplacements sont relativement rapides et simples. On se fait presque comprendre. Je pense que nous allons adorer! Martin a même réussit à faire réparer deux paires de sandales sur le coin d’une rue en quelques minutes!

La crise de la quarantaine?

En après-midi, nous partons explorer un marcher typique dans la ville de Ho Chi Minh. Je dois me confesser… Je commence à développer un intérêt pour le magasinage. Je me fais peur! Je ne sais pas si c’est la crise de la quarantaine ou les prix ridiculement bas qui me transforment mais je ne me reconnais plus. Je pense déco maison et coquetterie féminine! Je porte maintenant une chaine, un bracelet et… une chaine à la cheville… avec des grelots, sans oublier des sacoches! Mais le comble de la dépense, ce sont mes 5 bikinis… Comment j’ai pu porter le même pendant 15 ans et maintenant ressentir un besoin d’en acheter… 5 dans la même heure! J’ai même envisagé de me faire faire une manucure sur place. Les enfants rigolent, Martin me regarde amusé et moi… Je capote d’avoir dépensé un million de dong (moins de 50$)!

Au retour des emplettes, nous observons un nouveau jeu dans un parc. C’est un genre de aki avec un ressort et des plumes. Nous tentons de développer nos talents lorsque les pros arrivent et nous dégagent de la place pour nous offrir une démonstration impressionnante. Nous devenons des spectateurs captivés en compagnie d’une commentatrice sportive, muette et sourde (trace de la guerre). Qui nous mime ses explications sur la ville et ses habitants. J’aime toujours partager des moments avec les locaux, surtout quand la langue n’est même plus un obstacle!

L’histoire de la guerre

En ville, nous passons maintenant aux choses sérieuses. Nous amenons les enfants pour visiter le musée de la guerre du Vietnam. Plusieurs personnes nous recommandent de ne pas amener les enfants pour éviter la dureté des images. Nous choisissons de bien les préparer et leur expliquer la réalité. Ils pourront chacun observer selon leur capacité. Ils ont évidemment trouvé certaines pièces horribles et parfois souhaiter attendre à l’extérieur mais il semble que les images ont vraiment aidé à leur compréhension. Leurs questions étaient nombreuses mais très pertinentes. C’est une journée riche en histoire!

Le lendemain, nous avons poursuivi le cours d’histoire en allant visiter les tunnels de Cu Chi. La visite était encore plus concrète. Elle permettait d’observer les différents pièges utilisé par les Vietnamiens ainsi que les tunnels où ils vivaient et se cachaient des Américains pendant de nombreuses années. Les enfants ont réalisé l’ingéniosité des Vietnamiens et leur détermination. La visite aidait à se mettre dans leur peau. Dans les tunnels, on expérimentait la chaleur, la proximité, l’exigence physique, le bruit et même une parcelle des émotions qu’ils pouvaient ressentir. Les adultes pouvaient même tirer avec les carabines ce qui augmentait l’ambiance sonore.

La guerre racontée par les enfants

Kailane : La guerre, c’est quand les méchants et les gentils ne trouvent pas des bonnes solutions pour régler leur chicane.

Loïkim : Au Vietnam, ils ont fait une guerre parce qu’il y a une partie qui voulait mettre l’argent qu’ils ramassent dans un gros plat (communiste) et les autres ils voulaient le contraire. Alors une partie du Vietnam a fait des tunnels sous terrain pour se cacher.

Maëlie : Aujourd’hui, je suis allée voir le musée de la guerre du Vietnam. La guerre est à cause des américains. Une partie des vietnamiens sont communistes et les américains ne le sont pas. Les américains voulaient acheter leur tungstène. Ce sont des matériaux qui valent chers. Mais les vietnamiens ne voulaient pas leur vendre. Donc les américains ont fait la guerre. Mais ce n’est pas juste pour ca. Les américains voulaient que toute la terre soit démocratique. Les américains croyaient gagner la guerre en un mois et ce serait fini mais après 11 ans ils ont abandonné.

Les américains avaient plein d’armes, de gros hélicoptères et des avions de guerre. Les vietnamiens ont tout de même gagné car ils connaissaient bien leur territoire. Ils ont fait des pièges et des cachettes sous terraines pour mieux se cacher des américains. Les américains ne savaient pas où lancer les bombes parce que les vietnamiens étaient tous dispersés dans la jungle. Les vietnamiens se camouflaient très bien.

Puisque les américains n’étaient pas capables de gagner la guerre, ils ont décidé de faire des mélanges chimiques et inonder le Vietnam de produit toxique. En conséquence, les gens mourraient ou brulaient. Ceux qui ont respiré le produit toxique et qui sont encore vivants, leurs enfants auront une malformation. Soit ils manqueront un bras ou une jambe, soit ils sont aveugles ou ont une grosse bosse dans le dos. Malgré tout, les américains ont tout de même perdus la guerre.

Médrick : Au Vietnam, il y avait eu une guerre entre le Vietnam du sud et celui du nord. La guerre avait eu lieu parce que leurs manières de gouverner étaient différentes. Le Vietnam du sud démocratique et le Vietnam du nord communiste. Les États-Unis ont apporté par bateaux plein d’armes, d’hélicoptères, d’avions et de tanks au Vietnam du sud et la Russie a apporté des armes mais beaucoup moins au Vietnam du nord. Par exemple, malgré leur manque d’armes, ils étaient très intelligents. Ils ont mis plein de pièges et ils se cachaient très bien. Le Vietnam était dans la jungle. Le camouflage était leur spécialité. Ils creusaient des trous, s’y cachaient et les gros avions ne les voyaient pas alors il suffisait de sortir un gros bazouka et l’avion explosait. Quand le Vietnam du sud a vu qu’il allait perdre, alors les américains ont inventé une sorte de peinture orange qu’ils lâchaient en avion. Tous ceux qui respiraient cette peinture (agent orange) mouraient ou bien leurs enfants devenaient déformés. Malgré la peinture, après 12 ans de guerre, les américains qui soutenaient le Vietnam du sud a fini par abandonner. Le Vietnam du sud et du nord avait placé des mines dans le sol et elles n’ont pas toutes explosées alors il y a encore des gens qui meurent.

Les tunnels dans la ville de Cu Chi sont un réseau de 450 km. Il y a trois étages de profondeur. Le premier étage est pour les soins, la cuisine, pour dormir, donc c’est là qu’ils vivaient. Le deuxième étage était pour se protéger quand il y avait des bombardements. Puis la troisième était très petite pour avancer, il fallait ramper. Cet étage est à dix mètres de profondeur. A chaque mètre environ, il y a un virage parce que si quelqu’un les poursuivait, il fallait pouvoir vite prendre un chemin puis un autre tandis que s’il n’y avait pas beaucoup de virages, l’ennemi avait le temps de tirer la personne qu’il poursuivait et il avait le temps de voir quel virage il prenait. Il y a aussi plusieurs pièges dans les tunnels. Tous les tunnels étaient au Vietnam du sud mais ceux qui étaient à l’intérieur étaient des Vietnamiens du nord (Viet Cong). Toute la nourriture venait d’un chemin secret dans la forêt qui partait du nord.

Il fallait que le Vietnam du nord soit très intelligent et stratégique pour pouvoir battre toutes les armes des américains. Par exemple, les géants missiles de 10 000kg qui n’explosaient pas étaient ouverts par les vietnamiens du nord. Avec tous les produits qu’ils y a dedans, ils pouvaient au moins faire mille mines gratuitement.

La vie sur le Delta du Mékong

Nous passons maintenant aux visites plus culturelles. Nous passons deux journées dans le Delta du Mékong. Sur le chemin, nous en profitons pour visiter une usine qui emploie des ouvriers qui ont été victime de l’agent chimique orange pendant la guerre. Les œuvres sont magnifiques, on se laisse donc tenter!

Sur le Mékong, nous apprécions d’observer la vie très active qui se déroule sur le delta. C’est une autoroute aquatique entre les habitations et les commerces.

Deux journées très remplies qui alternent entre promenade en bateau à moteur ou petit bateau à rame. Nous visitons et dégustons des produits locaux à base à miel ainsi que le vin de riz avec marinade de cobra. Il y a aussi visite et dégustation de bonbons à la noix de coco ainsi que des fruits et de la musique locale. Nous observons également une usine de transformation du riz et celle des nouilles à base de lait de riz. J’ai adoré visiter l’école dans l’un des petits villages. Beaucoup d’informations sur les meurs et coutumes du pays nous sont transmises.

Le moment le plus attendu est la promenade autour des marchés flottants. Chaque bateau portant son drapeau de fruits ou de légumes pour indiquer ce qu’il vend. Nous profitons des lieux pour déguster de savoureuse brochette d’ananas vraiment très fraîche.

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Entre les deux journées, nous profitons d’une soirée et d’une nuit chez l’habitant. C’est une expérience que j’adore et que je voulais faire connaître aux enfants. L’ambiance était parfaite avec notre petite hutte en paille sur le bord du delta. Moment pour faire des contines avec les enfants de la famille et déguster un petit alcool fort entre touriste de chaque coin de la planète.

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Ces journées organisées sont toujours des occasions inoubliables de découvrir un pays tout en rencontrant d’autres touristes passionnés d’aventure. Nous avons donc socialisé entre autre avec un couple de franco ontarien, un suisse et une française. Une belle brochette de langue française autour du monde. Les enfants adorent ces contacts. Kaïlane les appellent ses amis. Elle a même repoussé les limites de sa gêne en passant presque 5 heures de bus avec ses nouveauxamis pour le retour.

Par Médrick : Durant notre voyage au Vietnam, nous avons visité de nombreuses régions dont le Delta du Mékong qui se situe complètement au Sud ouest du pays.

Au Delta du Mékong, nous sommes allés dormir chez l’habitant. Cela signifie dormir dans la maison d’un habitant de la campagne. Quand on dort chez quelqu’un, il y a toujours 4 ou 5 assiettes lors des repas et nous pigeons dedans. Il y a souvent une assiette avec un poisson entier, un autre avec des légumes, une avec de la viande comme du porc, du bœuf ou du poulet et il y a toujours, toujours, toujours un gros plat rempli de riz. De temps en temps, il y a des patates ou des rouleaux de printemps, c’est le choix du cuisinier.

Il y avait aussi une petite rivière qui nous avons descendue dans une petite barque. Cette petite rivière se jetait dans une beaucoup plus grande où il y avait des poissons éléphants, des dauphins d’eaux douces et des raies. Mais nous ne les avons pas vu…


Nous avons fait plusieurs arrêts : Une où il y avait une dégustation de fruits avec de la musique vietnamienne. Nous avons gouté le fruit de la passion, l’œil du dragon et quelques fruits étranges. Un autre arrêt a été un endroit où du monde fabriquaient des nouilles de riz. Pendant que nous allions à une autre place, nous avons croisé des marchés flottants où nous avons mangé un ananas fraichement épluché. L’endroit suivant, il y avait presque juste de la noix de coco. La maison était en bois d’arbre de noix de cocos. Les objets étaient en noix de cocos mais cet endroit était surtout réputé pour ses délicieux bonbons à la noix de coco emballé dans un papier de riz. Le dernier arrêt a été « l’hôpital » de riz. Ils ne réparent pas les grains de riz coupés… mais enlèvent la coquille qu’il y a sur le riz. Il y avait à peu près six sortes de riz. Le Vietnam est le plus grand producteur de riz au monde. En faite, c’est la ville de Sapa, dans le nord ouest qui fait le plus de riz. Il pousse dans les rizières en forme d’escaliers. Le Vietnam produit du riz pour toute l’Asie et dans quelques autres pays. Le Vietnam a autant de riz parce qu’il réussit à faire trois récoltes par année.

Le Vietnam – II – Plages

Planche à voile et belles rencontres à Mui Ne

Après de nombreuses heures de route dans un étrange bus à deux étages et une engueulade avec le chauffeur qui refuse de nous débarquer au bon endroit tel que convenu, ainsi que quelques heures à trouver le bon hôtel, au bon prix, au bon endroit, nous arrivons finalement au paradis de Martin. Ouf…! Pas toujours facile les transitions!

Comment espérer plus parfait qu’un hôtel sur le bord de l’océan avec du vent au cœur du Vietnam. Tous les ingrédients sont réunis au même endroit pour plaire à tout le monde. Du vent doux le matin pour les enfants, ensuite la mère… peu habile dans les vagues qui part s’échouer plus loin et finalement le pro qui plane dans un décor de rêve. Pendant que je dévore un bon roman et que les enfants trippent dans les vagues et le sable.

Les premières soirées se terminent en agréable compagnie avec une famille de québécois qui vivent en Afrique (Guinée). Les enfants s’amusent et socialisent depuis deux jours avec leurs garçons! Ensuite, nous rencontrons une autre famille de québécois qui semble avoir un parcours similaire à nous et qui parcours l’Asie avec leurs deux filles. C’est génial de remplir un resto de francophone avec huit marmailles qui jouent à la tague entre les tables!

C’est tellement agréable d’être en bonne compagnie que nous passons une journée avec une des familles à sillonner les villages autour de Mui Ne en scooter. Quelques arrêts pour observer les pêcheurs ou marcher dans les canyons rouges.

Ou balade originale…

L’aventure devient encore plus exotique en évitant les troupeaux de vaches dans les rues pour se rendre dans les dunes. Sans oublier les débarques dans le sable mou et la panne d’essence de Martin!

Le clou de la journée est sans contre dit les courses de quatre roues dans les dunes de sable blanc. Les deux grands ont vraiment adoré l’expérience de la conduite autant à deux roues qu’à quatre roues. Par contre, le défi fut de conduire la moto avec une Kaïlane qui somnolait au vrombissement du moteur! Merci à Médrick qui soutenait sa petite sœur endormie.

Pour conclure ces journées dignes des images du canal Découverte, nous passons un dernier avant-midi en compagnie de nos compagnons de voyage. Nous participons à des cours de cuisine Vietnamienne. Au menu : soupe Pho au bœuf, crêpes aux crevettes, rouleau printanier au césam ainsi que salade de fruits de mer. Les deux mères observaient les apprentis cuistots avec grande fierté pour leur ouverture aux nouvelles saveurs ainsi que leur travail d’équipe : Loïkim avec Anne-Sophie, Maëlie avec Gabrielle et notre unique mâle Médrick avec Kaïlane… Pendant que nos hommes…? Relaxaient paisiblement…! Ce fut un vrai plaisir pour tous nos sens…!

Seulement deux petits inconvénients : Premièrement, Martin sous estime l’effet du sable qui frotte à l’intérieur de son maillot et qui irrite son principal cerveau. Pour bien le protéger la deuxième journée, il doit enfiler mon vieux bikini pour mieux retenir son équipement… Tout un mâle qui se cache sous son maillot!!! Deuxièmement, nous avons droit à professeur Hitler en personne qui cherche à nous aider en nous faisant la leçon chaque fois que nous ressortons de l’eau en planche à voile. Je pense qu’il a besoin de dominer et de crier ses ordres pour s’assurer que nous avons bien compris que nous sommes vraiment des nuls et que nous devons lui obéir pour réussir. Je ne pense pas que nous ayons suivi le même cours sur la motivation et le plaisir d’apprendre! Avec un brin d’humour, nous avons fini par le trouver distrayant… mais pas Médrick qui le regarde avec son air méfiant!

Transition… le grand défi après la vie paisible…

Comme toute bonne chose doit avoir une fin pour se diriger vers un autre plaisir, nous devons quitter Mui Ne que nous avons tant adoré. Avant de se rendre à notre prochaine destination, nous devons affronter les transports en commun. C’est toujours aussi agréable de parcourir 200 km en 6 heures avec 4 enfants qui s’ennuient ou vomissent à cause des caprices de la route ou des chauffeurs…! Nous coupons donc notre destination finale avec une pause de 24 heures à Nha Trang avant de poursuivre en direction de Hoi An. Nous profitons tout de même de cette pause pour explorer la belle plage avec ses énormes vagues…

Hoi An : Les artisans me replonge dans la crise

Nous avons seulement deux journées pour explorer cette ville aux nombreux artisans alors nous enfilons des « mopettes » et partons à la découverte. Ce n’est pas une nuit avec 13 heures de route, coincé dans un autobus, à rêver de carambolages qui va nous empêcher de profiter pleinement de chaque minute!

On débute avec la visite d’un atelier de confection de lanternes. Les enfants peuvent s’impliquer dans la confection créative et rapporter leur œuvre à la maison.

Ensuite, nous poursuivons avec la recherche d’un bon atelier de couturières pour faire ajuster mes maillots de bain sur mesure. Je me permets un peu de coquetterie pour faire découvrir le métier aux enfants. De toute façon, les filles ne sont jamais malheureuses lorsque je magasine et qu’elles en profitent pour découvrir de nouveaux styles vestimentaires.

Finalement, nous visitons un petit village de fabricants de poterie… Là aussi, les enfants ont le plaisir de « mettre la main à la pâte »! On se croirait dans le célèbre film « Fantôme d’amour ».

C’est une journée artistique de manipulation qui a comblé tout le monde mais vraiment captivé notre Loïkim… « C’était une journée parfaite » comme elle dit! Petit souper romantique en gang sur le bord de la rivière aux mille lanternes colorées accompagnés par les mille vendeurs de bébelles dans la rue!

Le lendemain, nous poursuivons la tourné des artistes. Nous poussons l’audace en partant sur une île absolument pas touristique pour observer des menuisiers au travail. Les bibelots autant que les meubles sont faits à la main. L’ampleur des détails et du temps investit est captivant. Nous avons vu une sculpture comportant mille dragons gravés qui avait reçu un prix!

Nous profitons de cette escapade pour circuler dans les étroits sentiers de campagne en espérant retrouver notre chemin du retour. Les grands ont particulièrement apprécié qu’on leur permettre de conduire seul la moto après quelques petits cours de base. Médrick s’est même transformé en taxi avec un passager qui lui demandait de le reconduire à la ville car il était blessé. Un choc culturel comme je les adore en vivant au cœur de la réalité Vietnamien des campagnes.

De retour à la ville, c’est l’autre choc culturel qui se poursuit… Ma crise atteint son apogée en magasinant des jupes sur mesure. Qu’est-ce que je vais devenir?

Par Loïkim : À Hoi An, on a fait 4 choses. LA première est les sculptures en bois. C’est très joli. J’ai même essayé. La deuxième est la lampe chinoise. On en a même fabriqué et la mienne est jaune. La troisième est la poterie. C’est comme de la pâte molle qui tourne sur une planche de bois. Elle tourne avec le pied de la madame. La quatrième est la couture. J’ai fait fabriquer des pantalons éléphants. J’ai aimé visiter Hoi An en moto!

Réflexions et observations culturelles

Nous prenons un petit vol intérieur entre Danang et Hanoi pour s’éviter trop de transport pénible de suite. Pour la journée je suis principalement occupé à réduire nos bagages de moitié pour être plus léger pour prendre le train. Pendant ce temps, Martin doit gérer LA SITUATION du train. Il est enragé! Nous venons d’apprendre que la dame de l’hôtel qui voulait absolument s’occuper de nos billets à eu la brillante idée de nous réserver des billets en classe bétail sur des planche de bois mais en nous chargeant le prix du luxe… Son profit pourra sûrement la faire vivre pour quelques mois!

Pour oublier la situation, qui a même énervé les enfants, nous partons explorer la ville. Nous profitons de ce temps peu structuré pour leur faire réaliser que la grande majorité des gens sont accueillants, chaleureux, aidant et très agréables.

Ensuite, nous discutons des moyens de transport. D’abord, pour la marche à pied, nous commençons à devenir habiles. Nous prenons exemple sur les guerriers romains avec leur formation de tortue. Il faut traverser sans hésiter et avoir des yeux tous le tour de la tête pour éviter les motos et les véhicules qui arrivent dans tous les sens. Ensuite, nous avons évidemment une préférence pour l’avion qui est rapide et généralement luxueuse. Le taxi est pratique mais l’autobus plus économique pour les longues distances si nous aimons se faire brasser. Il reste le train qui pourrait être agréable pour dormir à condition de ne pas se faire gérer par une arnaqueuse. Notre coup de cœur est sans aucune hésitation la moto pour le plaisir et l’avantage de sa simplicité pour se déplacer en ville. Nous prenons conscience que le sens du mot routine cette année est comme inexistant. Parfois on se lève à 5 heures pour prendre l’avion et dans la même journée nous partons à 21 heures pour une nuit de train avec des taxis et des bus entre temps. Nous arrivons parfois à 4 heures du matin en ville pour des transferts… Les enfants nous surprennent en suivant le rythme comme si tout était normal. Vive la capacité d’adaptation.

Finalement, nous philosophons sur la nourriture. Nous apprécions généralement les mets vietnamiens essentiellement composés de riz ou de nouilles. La soupe Pho est au centre de leur alimentation. Les enfants commandent parfois des spaghettis ou des hamburgers mais ils sont inévitablement déçus. Ce n’est vraiment pas leur spécialité. Tant qu’à Martin, il panique à chaque fois que j’insiste pour que nous mangions sur le bord de la rue ou dans les marchés avec les gens locaux. Pourtant c’est toujours bon au goût et excellent au portefeuille.

Martin : j’ai l’air dédaigneux hein? Je vous mets au défi d’aller manger dans ces endroits. Nous avons vu des cuisiniers pas de dents goûter la soupe dans le bol avec la même cuillère avant de la remettre au client. Sans oublier que l’expression « arrête de te fouiller dans le nez » peut être pris directement au sens littéraire par les gens qui manipulent notre nourriture. On peu aussi ajouter la femme qui enlève les poux de son homme au dessus des chaudrons pendant la cuisson. Soupe aux crottes de nez aux petits poux au menu chaque soir…

Bref, il ne faut pas trop y penser. On observe évidemment la faune à travers les mets préparés. On s’habitue aux lézards sur les murs, les chats, les chiens et les poules font partis de la norme sous nos pieds. Par contre, je ne suis pas convaincue d’apprécier le rat qui déambule entre les étagères et les chaudrons de la cuisine… Bonne appétit! Nous ne sommes pas malade alors il faut croire que l’inde nous a fourni de bons anticorps…

Après toutes ces réflexions, j’étais prête à profiter de ma crise de coquetterie pour dépenser dans les rues. Comme Martin n’avait pas encore digéré ses surplus de dépense pour le train, il a choisi une magnifique rue pour éteindre mon goût du shopping. Les artisans… de pierre tombale m’ont aidé pour résister à la tentation!

Après la gestion des traitements de Maëlie à l’hôtel (parce que c’est nettement plus acceptable que dans une gare). Nous partons affronter notre nuit dans notre train économique… dispendieux! Nous étions tellement épuisés que nous avons oublié la crasse et la dureté du lit.

Le Vietnam – III – Montagnes et mer

Sapa : Petit choc météo

Nous utilisons pour la première fois notre grosse valise avec nos vêtements chauds (souliers, polars, manteaux, tuques et mitaines…). Pour affronter le brouillard et le froid des plateaux montagneux des rizières, nous sommes très heureux d’être bien emmitouflés. Dès notre arrivée, nous sommes sous le charme des minorités ethniques très colorées qui sont accueillants et magnifiques. Déambuler dans la ville et à travers le marché dans la bruine et le brouillard donne une ambiance mystérieuse et surréelle. La nuit, le feu du foyer et le grille pain (genre de grosse fan de lumière chaude) comme dirait Loïkim sont très utiles pour se réchauffer.

Martin a découvert une école pour décrocheur dans le village. L’école a pour mission de permettre aux minorités de s’insérer dans la société en leur offrant une dernière chance de scolarisation. Nous sommes très contents de participer en offrant une après-midi de bénévolat pour aider les jeunes à développer leurs habiletés en lecture d’anglais. Nos enfants ont aussi la chance de participer et d’observer la détermination des élèves à apprendre malgré que certains de leurs parents ne soient même pas en accord avec leur choix. C’est comme un désir personnel de vouloir s’offrir un avenir meilleur. Notre contribution à l’école fut modeste pour les élèves mais l’expérience fut riche pour nos enfants. Je me questionne même sur la possibilité de créer une alliance avec l’université de Montréal pour faire des stages dans cette école. Je pense que j’aimerais l’expérience de m’impliquer encore davantage… C’est à développer!

Pour la suite de notre aventure à Sapa, nous avons décidé de faire confiance à une dame dans la rue qui vient des villages des minorités ethniques, les H’mongs. Elle nous propose deux journées dans les villages et une nuit chez elle avec sa famille. Les détails de notre excursion ne sont pas trop clairs mais nous décidons de lâcher prise et de lui faire confiance.

Après une première heure de marche nous commençons à douter de notre choix. Les enfants sont déjà épuisés et Kaïlane a un rythme vraiment lent. Nous pensions faire la visite avec des motocyclettes mais il semble que le chemin sera encore très long. En fait, nous comprenons que nous aurons 10km de marche ardu à travers les montagnes, la bouette et le chocolat de buffalo. La dame qui se nomme May nous propose de téléphoner à son mari pour qu’il vienne chercher la petite en moto. Martin s’évite ainsi 3 km de marche. Pendant le trajet, nous croisons des enfants de 3 et 4 ans seul qui marche sur le bord de la route plus d’une heure matin et soir pour aller à la garderie. Ces rencontres vont changer ma vision de notre aventure ainsi que celle des enfants. Nous sommes maintenant tous fiers de marcher comme les habitants et de réaliser l’ampleur de leur défi physique quotidien. Nous croisons de nombreux enfants qui transportent des charges énormes pour de très longue distance pour contribuer aux corvées quotidiennes de la famille. Nos enfants sont très ouverts et empathique à tout ce qui se déroule autour de nous. Il semble que la marche nous permet d’être plus près de la réalité des gens. Nous avons presque la sensation de partager un petit bout de leur existence. Les gens sont tous extrêmement souriants et accueillants. Pendant la promenade, nous sommes accompagnés par de nombreuses marcheuses qui font le chemin avec nous et qui agrémente la journée de leur présence. Elles fabriquent des animaux avec des brindilles au grand amusement de nos enfants.

En route, May nous fait découvrir les différentes ressources de sa culture. Nous voyons comment écraser le maïs avec un moulin à eau et le moudre avec la force humaine. Les enfants peuvent en témoigner. Nous voyons aussi comment tisser le chanvre et le teindre en bleu avec les fleurs indigos. May m’offre même quelques graines de son plan de chanvre en me disant qu’elles feront de beaux plans de marijuana. Je ne suis pas certaine que les douaniers seraient du même avis. Nous visitons des écoles et un hôpital.

En marchant, nous avons l’impression de se situer quelque part entre le temps des hommes des cavernes et notre civilisation moderne. Les habitants construisent une route de béton avec leur bébé sur le dos. Les enfants nus qui courent et les chiens ou les cochons qui laissent leur trace sur le béton frais. Chaque maison est aussi fascinante à observer. Sans fenêtre avec une seule pièce chauffée par un feu qui est central pour ainsi cuisiner par terre. Nous sommes plus près d’une étable que d’une maison. Mais ce qui est commun, c’est la chaleur humaine qui s’en dégage et l’esprit d’entraide entre les habitants. J’oscille entre les admirer et souhaiter vivre parmi eux et la pitié de vivre dans des conditions aussi précaires.

Après notre longue journée de marche, il nous reste une dernière montée escarpée pour finalement arriver chez May. En étant plongée au cœur de la campagne dans des conditions préhistorique, avec ma famille… Je réalise un rêve. J’ai l’impression que c’est ma plus belle journée. Martin est bien content pour moi et m’informe qu’il est vraiment au maximum de ce qui lui est possible d’endurer comme condition!

Le plus fantastique c’est de pouvoir vraiment s’immerger dans leur vie l’espace d’une soirée qu’ils nous offrent généreusement. Martin : à condition d’être généreux $ à notre tour 😉


Nous faisons donc la connaissance du mari de May qui est très chaleureux et gentil. Ensuite, les enfants passent une partie de la soirée à construire avec la boue et des morceaux de branches des constructions imaginaires avec leur fils de 7 ans. Tous les animaux de la ferme sont aussi au cœur du plaisir des enfants. Entre la poursuite des poussins, nourrir les cochons, flatter les chats et jouer avec les chiens, ils n’ont pas le temps de s’ennuyer. De mon côté, je tente de m’impliquer dans la cuisine pour aider mais mon offre semble les offenser. Ils souhaitent me recevoir. Par contre, la femme de son grand garçon accepte que je m’occupe de son poupon de 5 mois qui pleurniche pendant qu’elle cuisine. Ma fibre maternelle est comblée avec cette petite poupée magnifique qui semble apaisée à mon contact. Mes filles sont folles de joie de cajoler un bébé. Par la suite, Maëlie se préoccupe de son autre fils quadraplégique qui est seul à l’extérieur. Kaïlane me supplie de sortir dehors pour lui montrer comment jouer avec lui. Alors la famille Heppell se transforme en mini chorale de camp de jour avec geste et rime. Son fils rit aux éclats. Cette famille incroyable qui s’ouvre à nous est émouvante. Ils sont travaillants, accueillants et toujours souriants!

Le moment du repas dépasse nos attentes. Après 3 heures de préparation, le résultat est succulent et vraiment abondant. Tous collés autour d’une mini table dans l’unique pièce, l’ambiance est parfaite.

Le moment plus difficile est évidemment pour les traitements de Maëlie. La toilette extérieure, dans le noir et le froid, est loin d’être ergonomique avec son trou et ses murs de pailles. Notre courageuse grande fille connaissait la situation avant que nous acceptions de partir et elle avait insisté pour vivre l’expérience. Elle est patiente et garde le moral même dans ces conditions très exigeantes. Nous sommes très fiers d’elle.

Le moment le plus cocasse est de loin lors du dodo. Nous devons tous monter en haut de la grange (qui est évidemment leur maison) et se trouver une place entre les poches de riz et les souris. Pour ces dernières, nous sommes sécurisés par les chats qui promettent de monter la garde toute la nuit. Les enfants rouspètent un peu pour se plaindre du manque d’espace. Nous devions nous mettre en position sur le côté pour mieux gérer l’espace exigu. L’avantage c’est que la proximité va nous permettre de combattre le froid pendant la nuit.

Le lendemain, les enfants refusent de partir. Ils se cachent pour gagner quelques minutes supplémentaires dans cette forme différente de paradis terrestre. Après les nombreuses semaines où nous exigeons beaucoup de la part des enfants autant pour s’adapter que pour s’ouvrir à de nouvelles cultures, nous sommes vraiment impressionnés par eux. Trois jeunes filles d’Israel qui partageaient la maison, nous faisaient remarquer que nos enfants étaient autonomes. Ils s’entraidaient et se mêlaient agréablement à la famille avec respect et empathie. Nous avons pris conscience du bout de chemin qu’ils avaient parcouru au fil des semaines.

La marche de retour fut plus facile. Comme si les enfants avaient acceptés cette nouvelle façon de visiter et l’appréciaient davantage. Il y a seulement Kaïlane qui fut bouleversé lorsque May a coupé les pattes de sa précieuse amie la sauterelle qui partageait la route coincé dans sa main. May voulait simplement l’aider en lui évitant que son amie à 6 pattes se sauve. Ma puce au grand cœur n’a pas vu la situation de la même façon. Nous avons tous bien rit. May a des stratégies uniques pour se faire pardonner. Elle a confectionné une magnifique couronne de fougères et de fleurs. Toute la peine est disparue! De plus, elle a porté Kaïlane sur son dos lors d’une longue descente très escarpée et glissante. Évidemment avec ses petites sandales de plastique. L’orgueil de Martin fut atteint!

Nous terminons la journée à bord de moto et offrons des aurevoirs émouvants à une famille que nous ne sommes pas près d’oublier…

Baie d’Along

Pour terminer notre aventure au Vietnam, nous partons en croisière. Nous sillonnons les magnifiques formations karst (falaises qui émergent) pour offrir un paysage incroyable digne de faire partie du patrimoine de l’Unesco. À condition de malheureusement fermer les yeux sur toutes les ordures qui flottent pour nous rappeler les milliers de touristes présents pour visiter cette merveille.

Lors de notre première journée : bonne bouffe, belle visite, bonne compagnie et décor éblouissant!

La grotte gigantesque était vraiment une surprise.

La promenade en kayak était trop brève mais exceptionnelle.

Le coucher du soleil fut un spectacle unique!

La journée se termine avec un dodo à la belle étoile!

La deuxième journée nous amène découvrir l’île des singes. Nous sommes très chanceux car ils sont nombreux à nous accueillir. Je n’oublierai certainement plus jamais qu’il n’est pas recommandé de se placer entre la mère et ses enfants pour prendre une photo. J’ai paniqué un peu quand les deux jeunes ont chargé sur moi en montrant les dents pendant que la mère me sautait dans les cheveux par derrière. Je me sentais moins femme de la nature qu’à mon habitude!

Martin : elle oublie de vous mentionner que c’est la prompte arrivée de son mâle alpha avec son bâton de bambou qui les a fait déguerpir 😉


Ensuite, nous sommes arrivés sur l’île Cat Ba… Sur la partie reculée de la civilisation et des touristes. Quelle plaisir de devoir pédaler 5 km pour accéder à notre bungalow en paillette à travers les villages typiques et la jungle. Nous sommes sur le bord d’un ruisseau rempli de petits poissons qui occuperont notre marmaille pendant notre bref séjour d’une journée et deux nuits. Nous profitons de l’occasion pour mettre le blogue à jour, planifier la Thaïlande, faire des devoirs et admirer la chance que nous avons.


Par Maëlie : Pour terminer notre visite du Vietnam, nous avons visité la Baie d’Halong qui est située complètement au nord-est. Pour se rendre , il a fallu prendre plusieurs bateaux. En entrant dans le bateau, nous avons dîné. C’est bizarre, car il y a plusieurs plats et tous les gens pigent dedans et se le mettent dans leur assiette. Ensuite, nous avons fait une excursion en Kayak. Médrick et moi étions dans le même kayak pour aller se promener entre les roches de la Baie d’Along. Nous avons vu un crabe gros comme une tranche de pain et ses pinces comme un kiwi. Ensuite, nous sommes allés voir une grotte, elle était vraiment énorme. Puis, nous avons eu du plaisir à prendre des photos sur le bord de plage devant le coucher du soleil avant de retourner à notre bateau pour souper.

Le lendemain, nous avons pris un autre bateau avec un guide qui se nommait Zoui. Nous sommes allés visiter une île avec plein de singes. Ensuite, nous avons continué beaucoup plus loin avec le bateau entre les roches pour se rendre sur une île nommée Cat Ba. C’est là que nous dormons. Pour s’y rendre, il a fallu faire 5 km à travers la forêt et les petites maisons faites en caca de vache. Rendu là-bas, nous avons vu qu’il y avait un petit ruisseau rempli de magnifiques poissons. Un des messieurs qui travaillent ici nous a demandé si nous voulions pêcher. C’est ce que nous avons fait pendant 2 jours. Nous en avons attrapé environ une centaine et un crabe. Nous les donnions à manger à la poule. J’ai adoré visiter la Baie d’Along… C’était magnifique!

Déjà la conclusion… snif

Le Vietnam est un véritable coup de cœur. Comment expliquer de tomber en amour avec ce pays. C’est d’abord la découverte de son histoire et de son peuple si courageux qui reste souriant et accueillant. C’est aussi son Delta du Mékong à visiter à la barque pour découvrir toute son animation sur l’eau. C’est ensuite Mui Ne pour du bon temps en social avec ses dunes, ses plages et son vent. C’est Hoi An, la ville des artisans qui nous charment et nous séduisent en nous permettant de mettre la main à la pâte. Sans oublier l’exceptionnel Sapa pour partager des moments inoubliables avec ses habitants des rizières. Finalement, le calme et la détente dans un paysage incroyable pendant la croisière dans la Baie d’Halong! Tous les ingrédients réunis pour sentir les émotions monter dans la gorge lors de nos dernières heures dans ce pays. Le Vietnam a su se faire apprécier et charmer tous les membres de la famille! Un heureux mélange d’histoire, de culture, de paysage, de sport et d’aventure avec des habitants attachants.

Arrêt imprévu à Singapour

C’est avec nostalgie que nous avons quitté le pays des kangourous. Convaincus que nous venions de terminer une étape agréable, paisible et simple à vivre en famille. Par contre, nous étions loin de nous douter que l’aventure et les défis allaient débuter aussi rapidement.

Dans notre premier vol de nuit entre Brisbane et Singapour, tout se passe bien si ce n’est que le peu d’heures de sommeil. Par contre, nous avons une nouvelle très angoissante lorsque nous arrivons pour embarquer dans notre deuxième vol en direction de Ho Chi Minh au Vietnam. On refuse de nous laisser embarquer puisque nous n’avons pas nos visas. Panique, angoisse, questionnement… On doit réfléchir rapidement et tenter de rester calme. Sur internet, nous avions l’information que nous pouvions obtenir nos visas « on arrival ». Il semble que nous n’avons pas compris le bon sens de cette phrase. Que faire… Appeler la compagnie d’aviation pour embarquer sur le prochain avion… Impossible de transférer… Appeler l’ambassade du Vietnam pour avoir nos visas en urgence, possible mais avec 1500$ cash! Cool! Changer l’itinéraire et aller dans un autre pays??? Nos billets d’avion entre le Vietnam et la Thaïlande sont déjà réservés. Annuler l’hôtel au Vietnam… Ce qui est certain c’est que la fatigue disparaît et nous embarquons dans un marathon d’adrénaline pour plusieurs heures. Les enfants semblent avoir deviné l’urgence de la situation… Ils sont grands, autonomes et aidants… Ouff! Heureusement que nous sommes en otage dans le plus bel aéroport du monde. Cinéma, salle de jeux, jardin, papillons, poissons…!

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Évidemment, nous arrivons à trouver des solutions. Moyennant une pénalité, la compagnie d’aviation accepte de nous transférer dans quatre jours. Nous pourrons ainsi faire les visas en semi urgence donc en semi dispendieux. Il reste à trouver un hôtel pour passer quatre jours à Singapour et trouver quelques petits attraits touristiques pour s’occuper et profiter de notre erreur.

Pendant le creux du stress, je demande symboliquement à mon père de m’envoyer du courage pour passer à travers ce moment angoissant. En réponse à mon souhait, Martin m’informe que l’attraction principale de la ville est la visite d’un jardin d’orchidées… Quel hasard! De leur côté, les enfants sont ravis de pouvoir visiter un nouveau pays et de découvrir de nouvelles aventures.

Dès le lendemain, nous organisons la visite du jardin. Nous observons d’abord un lac avec de nombreuses tortues et des poissons à nourrir. Puis, nous suivons un énorme varan (lézard) qui traverse le lac à la nage. Ensuite, nous nous dirigeons vers la partie des orchidées en même temps qu’un énorme orage se prépare. Pendant toute l’heure de notre visite, nous sommes accompagnés par la pluie, les éclairs et le tonnerre. Cette ambiance humide… complètement détrempée rend cette visite inoubliable. Les enfants rient sous les goûtes de pluie en observant le ciel. Ils parlent à leur papi en le saluant et le remerciant de sa présence aussi palpable et tangible. Cher papa, tu as toujours été un passionné des orchidées et de la météo… tu nous as offert la totale aujourd’hui!

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A part le magnifique jardin, l’activité centrale sur l’île est le magasinage. Comme ce n’est pas trop notre dada, nous profitons de nos journées en allant dans un petit parc aquatique pour se rafraîchir, balade à la marina et dans les rues de la petite Inde et la petite Chine.

Singapour est un mélange de différentes cultures asiatiques mais principalement l’Inde et la Chine. Dans les rues et les magasins, les deux cultures se côtoient de très près : les couleurs, les odeurs, les musiques et même les saveurs. Les enfants ont l’impression d’être en visite chez des amis étrangers. Nous réalisons qu’ils ont créé un lien d’appartenance aux pays qu’ils ont visité et qu’ils y sont attachés. Ils sont fiers et contents de retrouver des points de repères connus en marchant dans les rues. C’est un beau moment pour constater tout ce qu’ils ont appris et apprécié même si nous pensions que l’Asie était plus exigeante à visiter pour eux. Par contre, ils ne veulent rien savoir de manger dans les restos indiens!

Finalement, mis à part les frais encouru par cette erreur, ce qui nous a le plus déçu, c’est que nous avions prévus une rencontre au Vietnam avec nos amis Australiens que nous avions connu en Chine. Pour compenser, nous avons rencontré à Singapour, une famille Suisse que nous espérons revoir en Thaïlande… Vive le mélange des cultures… En espérant que cette fois nous aurons les bons visas!

Pendant nos 4-5 journées, nous avons adopté un restaurant près de notre hôtel. Nous avons apprécié déjeuner avec les tratas de toutes les saveurs (genres de crêpes…). Mais notre coup de cœur va au « gobi manchurian » (choux fleurs frits dans une sauce épicée, sucrée, hum!!!). Nous avons même eu l’occasion d’observer le chef cuisiner car il appréciait notre enthousiasme pour son plat à chaque soir.

Par Loïkim : À Singapour, on a été à un parc d’orchidées à la pluie mais c’était vraiment cool. Il y avait des orchidées mauves picotés bourgognes et des oranges, roses et rouges… de toutes les couleurs. Ma mère connaît bien les orchidées et elle nous a expliqué les différences.

Par Maëlie : À Singapour, nous sommes allés dans un jardin botanique. Il y avait un lac avec plein de tortues. Nous les avons nourris. Il y avait une tortue collée sur une roche, elle n’était plus capable de partir, elle était prise. Ma mère a pris un long bâton et a décollé la tortue. Quand nous étions dans le chemin de partir, nous avons vu une grosse chose noire avancer dans l’eau. Nous sommes allés voir ce que c’était et c’était un varan de Santiago. Il était vraiment gigantesque.

Par Médrick : Singapour est l’île la plus éloignée de l’Asie vers le Sud. L’animal qui représente Singapour est l’orang-outan. Singapour est le nom de ce pays mais c’est aussi le nom de l’unique ville sur cette île. On peut traverser ce pays en 40 minutes en voiture.

Il y a beaucoup d’orchidées parce que la température est chaude et humide. Nous sommes même allés voir le plus gros parc d’orchidées. C’est la fleur qui a le plus de variétés. Elles peuvent être de presque toutes les couleurs et toutes les formes. On peut même faire des croisements entre deux sortes d’orchidées. Certaines peuvent gagner des prix et on leur donne des noms. Il existe la plante Mariette et celle Raymond (en l’honneur de ma mamie et mon papi) mais nous avons aussi vu celle nommé Jean Chrétien!

Singapour est aussi un mélange de plusieurs pays d’Asie. Quand on se promène dans les rues, une maison sur deux vend des choses indiennes et l’autre vend des choses chinoises. Ce sont les deux pays les plus représentés.

Presque tous les bateaux passent par cette petite île. Cette île est une plaque tournante. Les bateaux passent par là pour faire le plein de la nourriture et de l’eau. Puisque la Chine est le pays qui produit le plus de bébelles, tous les bateaux de marchandises sont obligés de passer par là pour aller en Europe car il n’y a pas d’autres passages plus rapides que celui-ci.