Rio Vista… Région de San Francisco

Après plus de trois belles semaines parfaites de planche à voile (24 journées) sur le bord du lac Isabella… quoi rêver de mieux? Trois autres semaines encore plus parfaites (25 journées) de planche à voile à Sherman Island près de San Francisco! Pourquoi c’est encore plus génial? Le site offre beaucoup de diversités autant pour les activités aquatiques que les activités terrestres.

À notre grande surprise, l’eau était agréablement chaude pour la baignade. Le niveau de compétence en planche de chacun s’étant amélioré, nous étions plus habiles pour gérer les marées, le courant, les vagues et évidemment le vent! Nous avons tout particulièrement apprécié la petite plage de bambou qui nous protégeait du vent tout en profitant du spectacle des planchistes avancés.

En planche à voile, Martin reste évidemment le King de la famille! Tant qu’à Médrick et moi, nous alimentons la rivalité qui stimule nos apprentissages. Ma maturité me permet de garder une avance dans certaines habiletés comme les water start et l’utilisation du harnais. J’ai même sortie une journée de presque tempête avec une petite voile 3.3. J’ai vécu plus d’émotions que mon cœur ne peut supporter. Par contre, sa jeunesse et sa témérité lui permet de pratiquer des figures trop intrépides pour moi comme les clews-first. Il a une bonne endurance et adore la vitesse. Médrick pratique presque tous les jours et cumule parfois près de 6 heures sur l’eau dans sa journée. Tant qu’aux filles, elles préfèrent encore la baignade mais acceptent de pratiquer quelques allers-retours. Maëlie performe lorsqu’il y a des spectateurs pour l’encourager. Loïkim est stimulée lorsque Martin l’accompagne en faisant des singeries pour la faire rire. Tant qu’à Kaïlane, elle accepte le défi en retour d’une récompense sucrée… À chacun sa motivation!

Pour faire différent et tenter l’aventure, Médrick et moi avons fait une descente de rivière en planche à voile une après-midi que le courant était dans la même direction que le vent. Nous avons descendu quelques km pour se faire repêcher par Martin qui nous suivait en pickup. Le stress était d’abord très élevé de se retrouver au centre de la rivière près des barges et des cargos. Après quelques virages, nous avons été en mesure d’apprécier le se laisser planer en descendant le vent à toute allure!

Lors de la journée de la fête des pères, nous avons inscrits les enfants à un cours de planche à l’occasion d’un festival pour les enfants. Cadeau idéal pour mon homme! Toute sa marmaille sur l’eau autour de lui pour célébrer le vent et les papas heureux de la Californie… Les mamans ne se plaignaient pas en observant le beau et célèbre Jason Voss qui partageait sa passion aux jeunes.

Chaque instant des journées est bien occupé. Martin, se lève tôt pour profiter des fortes brises du matin. À son retour, déjeuner et étude pour les enfants. En après-midi, plaisir de planche et de plage pour revenir parfois tard… Mais jamais trop pour permettre à mon homme de retourner se gâter en soirée sur un splendide couché de soleil. Toujours le premier sur l’eau le matin et le dernier à sortir… C’est ça l’urgence de profiter du moment présent!

Finalement, 25 journées presque consécutives de planche… Pas de pause à cause du vent sauf une seule journée… où il était déchainé! Tellement intense que nous avons passé notre journée à secourir une famille qui avait fait naufrage la nuit précédente lors de la tempête. Pour une fois que ce n’est pas nous les téméraires dans le trouble… En fait, la veille, nous avons vu un voilier s’ancrer près de la berge pour profiter d’un après-midi ensoleillé. La petite famille semblait paisible jusqu’en soirée où le vent s’est mis à souffler de façon exceptionnelle. Les prévisions météo annonçaient des vents de 60-80 km/heure. Vers 11 heures du soir, Martin était inquiet pour le voiler mais ne voulait pas trop se mêler des affaires des autres. Malheureusement, le lendemain matin, nous avons appris que le voilier s’était échoué. En offrant notre aide aux équipiers du naufrage sur la plage, nous avons su que les propriétaires du voilier étaient une famille avec un enfant de 3 ans, Jakob. Le père est allemand (Timo) et la mère marocaine (Najlae) enceinte de 7 mois. Avec leur ami Gaël, un montréalais et leur ami Louis, un tunisien, nous collaborions à vider tous les effets personnels du voilier. Nous avons appris que les occupants ont été secourus en pleine nuit. De plus, ils venaient de perdre leur maison puisqu’ils vivaient à bord. La situation étant tellement triste que nous avons décidé rapidement de s’impliquer activement pour les aider. La mère et l’enfant ont passé la journée dans la roulotte pendant que les hommes s’occupaient des travaux sur le voilier. Najlae m’a impressionné par son calme et son positivisme. Mes enfants ont été essoufflés par les besoins moteurs d’un petit garçon de trois ans. Mais nous avons tous été émus de partager les repas de la journée en compagnie de différentes cultures avec des gens chaleureux et très agréables. Nous avons eu le plaisir de les revoir quelques jours plus tard et qu’ils ont des solutions devant eux.

Leur famille est saine et sauve mais la tempête à aussi fait d’autres naufrages que nous n’avons pas été en mesure d’aider. Parmi nos huit petits lézards chassés fièrement au Lac Isabella, nous avons dû faire le malheureux constat que plus de la moitié avaient disparus pendant la nuit de la tempête. Bien que nous offrions beaucoup de nourriture et d’attention à nos colocataires, nous avons aussi fait la triste découverte que les chats du parc se faisaient un plaisir de sauter dans le bac en soirée pour s’amuser avec nos précieux reptiles. En conséquence, il ne nous reste qu’un seul petit spécimen ainsi qu’un gros…! Nous sommes maintenant très vigilants et espérons assurer la survie de nos amis du désert. Les enfants continuent la chasse aux mouches et aux araignées dans les toilettes. Notre dernier espoir c’est que les trois œufs que nous avons eu le plaisir d’observer lors de la ponte pourront éclore en captivité. Nous avons d’ailleurs tous été fascinés par ce spectacle d’accouchement pendant que Martin ne pouvait pas croire qu’on observe avec autant d’intérêt un œuf sortir d’un lézard pendant qu’un vent parfait nous attendait à la plage…

Évidemment, la planche à voile occupe une grande place dans notre horaire mais il reste plusieurs autres plaisir surtout pour les enfants. Le site est très grand alors ils partent tous les jours à l’exploration en construisant de nouveaux sentiers ou de nouvelles cabanes. Ils font des sauts à la perche avec les bambous ou se font des combats d’épées. Ils sautent à la corde à danser, font de la trottinette, du vélo et du patin à roue alignée. Martin installe aussi la slackline sur le terrain. Toutes les activités se passent à l’extérieur…!

Ce qui est différent sur ce site, c’est la proximité entre les roulottes qui entraine un phénomène de communauté et de socialisation. Nous avons créé des liens quotidiens avec de nombreux planchistes. Bob et sa femme sont des hôtes travaillants et accueillants. Évidemment, nos nouveaux amis sont tous des retraités mais comme nous leur disions souvent, nous sommes en pratique de notre retraite… Les enfants aussi les apprécient car ils ont presque tous un chien aussi vieux qu’eux-mêmes donc très calmes. Ces chiens ont tous des rhumatismes, sont lents ou aveugles. Ce ne sont pas des bêtes impressionnantes. Les enfants pratiquent leur anglais en faisant chaque jour leur tournée de « Can I pet your dog ? ». Les fins de semaine, une clientèle de jeunes familles envahit la plage. Les enfants socialisent et se donne des rendez-vous pour la fin de semaine suivante. Les samedis soirs, c’est presque le party dans l’unique rue du terrain de camping!

À quelques jours de notre départ pour rejoindre mon frère en Oregon, nous n’étions pas encore rassasiés de nos aventures sur le site. Grâce à la flexibilité et l’ouverture de mon frère, nous l’avons convaincu de venir nous rejoindre pour quelques jours…

Francis, le héro de la montagne, le sportif intrépide qui n’a peur de rien avait toujours promis de nous épater en quelques heures sur une planche…! L’heure était enfin arrivée de faire ses preuves et d’affronter le vent.

Le premier matin, un petit vent doux accueille mon frère pour lui permettre de découvrir l’humilité, la persévérance et l’autodérision. C’est toujours agréable de voir les premières étapes frustrantes de la planche qui nous amène à faire des culbutes et des vols planés peu glorieux. Mon frère ne manque pas de prof pour lui prodiguer des conseils. Tout à son honneur, il ne manque pas de détermination pour enchainer les débarques. Malgré les faibles résultats sur l’eau, Francis garde le moral et y retourne en après-midi. Alimenté par une confiance de débutant, il part affronter la rivière en sous estimant l’effet du courant. Plus il tente de revenir à la plage, plus il s’en éloigne. Pendant que nous préparons notre équipement pour l’aider, nous envoyons Médrick l’encourager. Après quelques minutes d’observation incrédule, je constate que mon fils ramène glorieusement son parrain accroché derrière sa planche pour lui éviter la marche de la honte…! Comment passer de héro à zéro…? Après quelques journées de pratique, mon frère doit admettre que c’est un sport très technique et difficile. Malheureusement, il n’a pas encore atteint le minimum pour ressentir de l’adrénaline… De mon côté, je dois admettre qu’il a été très déterminé dans ses pratiques et que j’ai eu beaucoup de plaisir à photographier ses pirouettes.

Profitant de la présence de mon frère, nous avons décidé de tenter une aventure de kayak tel que recommandée par des fidèles adeptes de la place. Ce dernier nous prête même l’équipement nécessaire pour partir découvrir les merveilles de l’autre côté de la rivière. Médrick et Maëlie décident de nous accompagner. Nous devons donc affronter le contre-courant, le vent et les vagues pendant près de deux heures avant d’arriver au petit cocotier. Les inventions de kayak sont inefficaces et le paddling (SUP) vraiment impossible à pratiquer. C’est avec les mélodieuses paroles d’encouragement : « Chess… Bras…! » que nous arrivons finalement à destination. La balade de 15 minutes fut jolie mais pas nécessairement à couper la souffle tel que recommandé par notre ami Chuck. Disons que Martin était à quelques minutes de contacter la garde côtière pour organiser un sauvetage après notre quatre heures de ramage qui devait en prendre seulement deux…! Vive l’aventure!

Notre dernière activité dans la région de San Francisco fut la visite de la prison d’Alcatraz avec mon frère et mon fils. Pendant ce temps, Martin découvrait le musée des sciences avec les trois filles. La croisière pour se rendre sur l’île ainsi que la visite de la prison a été stimulante et intéressante. En fait, la description en français dans les écouteurs rend la visite réelle et concrète. Petite soirée agréable dans la ville!

L’étape de planche à voile se termine à Sherman Island mais l’aventure en gang avec mon frère se poursuit dans la région de Bend, OR. C’est pratique d’avoir un éclaireur qui part avant nous pour vérifier le terrain et nous indiquer un camping nature au cœur de la forêt et surtout au centre de multiples sentiers de vélo de montagne. Après avoir installé notre grosse roulotte dans la forêt, il restait à expliquer aux enfants comment utiliser une pelle pour ainsi faire nos besoins de façon hygiénique dans la vraie nature. À notre grande surprise, les deux jeunes avaient mal compris les explications… Elles sont donc revenues avec le tas dans un sac… Selon leur logique, la pelle devait servir à ramasser la crotte après son expulsion pour la ramener au campement… comme les chiens…!

La première soirée commence bien puisque c’est la fête de la St-Jean-Baptiste… Un gros feu, des guimauves et de la musique québécoise… un peu de danse et c’est le party après quelques rigodons…!

Le lendemain, c’est la fête de Maëlie! On fête en grande en parcourant de nombreux sentiers de vélo de montagne. En fait, nous sommes sur un terrain de jeux pour grands enfants sur deux roues. C’est le festival des jumps, des rampes, des bascules et des pump tracks. En soirée, on déguste un bon repas sur le feu de camp et on fait un ravage au gâteau de fête. Une belle fête originale!

Ensuite, on passe quelques journées à explorer la forêt en vélo :

Premier constat, Kaïlane est très motivée à devenir une sportive à part entière. Elle ne veut plus se faire tirer par la girafe. Elle nous impressionne par ses habiletés à gérer les roches, les racines et les virages en tête d’épingle. Ses cuisses de béton l’aide à gravir plusieurs côtes.

Deuxième constat, nous apprenons une nouvelle variante du vélo de montagne. Après le cross-country, souvent très physique et cardio, et la descente trop extrême et coûteuse pour les remontées mécaniques… Il y a le Free Ride, un compromis entre les deux premiers : le plaisir de descendre la montagne sans les efforts pour la monter! Le même plaisir de sauter des rampes sans vider son portefeuille pour acheter des billets. Un seul inconvénient, il faut deux voitures ou le sacrifice d’une personne qui fait la navette pour déposer les sportifs en haut de la montagne et les reprendre en bas…! Avec mon frère, nous avons tous adoré cette nouvelle alternative qui permet aux filles de physiquement suivre et les plus intrépides de « pupper du stock » plus extrêmes.

 

 

 

 

Ensuite, on continue de partager nos sports en compagnie de mon frère. Il faut croire que notre compagnie est endurable et que mes repas sont mangeables… De notre côté, on commence à apprécier son odeur de café le matin et son odeur de sueur en fin de journée. Nous allons donc passer une journée dans la mecque de l’escalade à Smith Rock. Il fait extrêmement chaud mais nous avons la chance que la grimpe la plus fabuleuse du site est libre pour nous, la « five gallon bucket ». Mon frère monte en premier de cordée une difficile 5.9. C’est toujours pratique d’avoir un téméraire-orgueilleux dans notre groupe. Malgré sa première vraie chute, il parvient à installer nos ancrages au sommet pour nous permettre de tous profiter de son audace ou son manque de jugement. Après autant de sueur, la rivière fraîche nous invite à une petite saucette… en bobette!

Nous poursuivons la route pour notre dernier arrêt en gang dans la région du Gorge, le paradis de la planche à voile. C’est le festival du vent pour le week-end alors nous profitons de cours ainsi que d’équipement en démonstration. Tant qu’aux enfants, ils s’amusent dans l’eau et sur des structures qui permettent de faire des sauts périlleux. Ils se font des amis et apprécient leur journée…

Par contre, mon frère risque de devenir fou… Nous campons sur le même site que l’été dernier où nous avions appris à cohabiter avec humour sur le son mélodieux du train qui sifflait aux… 20 minutes, même la nuit! Après deux nuits de désespoir, mon frère part les yeux cernés pour nous dénicher un autre terrain de camping, gratuit au cœur de la nature. Le chemin est intrépide avec la roulotte mais l’emplacement en vaut le déplacement. Du même coup, nous profitons de notre nouveau dada du free ride en montagne. Deux autres belles journées de descentes en vélo en s’alternant le rôle de « shuttle bitch » (la personne qui doit se sacrifier).

En bonus, il y a même un réservoir en haut pour se rafraîchir et se baigner… entre les tritons. Les enfants ne se plaignent pas et adorent leur nouvelle chasse aux invertébrés mous, lents et gluants. D’ailleurs, depuis que nous explorons les plaisirs de camper dans la forêt, les enfants ont développé une nouvelle stratégie pour chasser les insectes servant à nourrir nos lézards. Ils ont commencé à faire leur besoin au même endroit mais ne prennent pas la peine de recouvrir leur matière. De cette façon, ils reviennent quelques heures plus tard avec un filet rempli de mouches… Sauf Loïkim qui est moins habile et revient avec les sandales beurrées… Vive les plaisirs de la nature.

Deux semaines efficaces avec les deux meilleurs sites de planche, de vélo et d’escalade et une agréable compagnie!

Nous poursuivons ensuite quelques journées de planche et une journée de fiesta et de feu d’artifice pour la fête des Américains.

Nous allons aussi visiter et apprendre sur le spectaculaire Mont St-Helen. Ce fut une journée instructive et très agréable avant de revenir au Canada pour s’assurer de la stabilité du rein de Maëlie. Les nouvelles sont bonnes puisque son rein reste stable malgré sa dégradation. Les médecins sont confiants qu’une opération pourra sûrement attendre notre retour à Montréal.

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Le lac Isabella en Californie

Plus de trois belles semaines viennent déjà de s’écouler en bordure du lac Isabella dans le sud est de la Californie. Un beau mois de mai qui se termine. Pourquoi aussi longtemps dans le même endroit? C’est simple, pourquoi changer une recette gagnante quand tout le monde est heureux. Du vent presque tous les jours pour la planche à voile avec un camping gratuit à quelques pas du lac… C’est donc la première fois que les dépenses hebdomadaires sont moins élevées que les revenus!!! Ho yeah! Du bon temps en famille et pas de lunch à préparer avant de partir en activité pour la journée puisque l’aventure est à notre porte à chaque matin!

Pour la planche, c’est l’endroit idéal pour les débutants. Puisque c’est un lac, il n’y a pas de courant, pas de marée, pas de grosses vagues, pas de paquebots, pas de méduses et pas de requins. Nous pouvons donc pratiquer en toute sécurité. Pour motiver les enfants, nous avons participé à un concours de vitesse, organisé sur le site, pendant une semaine. Il s’agit de plancher avec un GPS qui enregistre nos records de vitesse et espérer s’améliorer à chaque jour. Évidemment que la testostérone, créée par la compétition, a gonflé mes hommes à bloc. Médrick a battu des records de vitesse et des records de temps de pratique sur l’eau. C’est comme une boucle, puisque plus tu t’améliores et plus tu as du plaisir… Enfin, Martin s’est trouvé un partenaire motivé dans la famille. Les filles aussi nous avons participé mais l’eau froide à quelque peu modéré nos ardeurs. Le tout, s’est terminé autour d’un feu de camp en compagnie principalement de tous les retraités de la région ainsi que le dixième champion du monde en vitesse qui nous partageait ses conseils. Médrick est revenu avec un prix pour la relève s’étant le plus démarqué et les autres avec de nombreux prix de présence. Nous avons donc observé de nombreux progrès pour tout le monde autant en vitesse qu’en technique!

Martin a surement plusieurs sessions inoubliables et des progrès majeurs notés précieusement dans son cahier de planchiste. Il a été sur l’eau au moins 18 journées et souvent plusieurs heures par jour. Du côté de Médrick, les sessions sont de plus en plus longues, fréquentes, au sec, rapides et même avec de grandes distances. Il revient maintenant avec des étoiles dans les yeux et souvent les jambes molles à cause de la vitesse qu’il atteint. Pour les filles, les progrès sont intéressants car elles arrivent maintenant à revenir à leur point de départ mais la température les ont souvent démotivées à affronter les défis de ce sport si exigeant. Pour ma part, j’ai dépassé ce que je croyais possible de surmonter comme défi. J’arrive maintenant à planner en contrôle avec mon harnais et les pieds dans les footstraps. Je réussis tous mes beach start et la majorité de mes tacks pour tourner. Il m’arrive même de faire des water-start et je débute la pratique de mes jibes… Ouff!

Ce qui restera dans les meilleurs souvenirs, sera mon après-midi en compagnie de mon fils à se croiser sur l’eau pendant que Martin fier de ses élèves capture les sourires en image. Sans oublier notre longue après-midi qui s’est terminée en fin de soirée pour Martin en moi sur l’eau. Ce fut une première de plancher avec mon homme avec le soleil rougissant pour imprégner le moment d’une lumière unique. Le plus spectaculaire, c’est que Médrick s’est occupé de garder les filles avec succès pendant que Maëlie nous préparait le souper. Quel bel avant goût de la retraite.

Pendant que nous sommes un ou deux sur l’eau en fonction du vent, de la température, des motivations et des astres… Nous avons utilisé toute notre imagination pour occuper la marmaille jour après jour!

D’abord, l’école à chaque matin. Pour nous, c’est du 7 jours sur 7 pour ne pas perdre la routine. De toute façon, nous ne savons jamais quelle journée de la semaine nous sommes. Nous sentons définitivement les progrès et les objectifs de l’année qui avancent. Les plus belles réussites se remarquent en français lecture et écriture.

En lecture, nous venons de réaliser que Médrick a déjà dévoré plus de 80 romans en 10 mois tandis que Maëlie plus d’une quarantaine. Tant qu’à Loïkim, elle a développé le plaisir de lire et passe de nombreuses heures à lire des histoires à Kaïlane. Nous avons été d’abord inquiets de ce constat en se questionnant sur raison que nos enfants puissent avoir autant de temps pour la lecture. Nous avons finalement réalisé que c’est leur unique passe-temps individuel considérant qu’ils n’ont pas accès à la télévision ni à des consoles de jeux.

En écriture, je peux remarquer la différence lorsque je compare avec les premiers textes écrits l’été dernier. Le texte est mieux structuré, les phrases sont plus riches et l’orthographe a progressé. Le plus significatif, c’est que les enfants ne rouspètent plus pendant deux jours pour se mettre à la tâche de rédaction. Ils commencent même à exprimer leur plaisir à écrire. Il reste encore plusieurs étapes à franchir mais le sentiment de progresser est satisfaisant.

Une des astuces mis en place pour les motiver, c’est de lire leur composition à la famille et d’offrir des commentaires. Cette simple reconnaissance de leurs efforts fut fort appréciée et stimulante! Le défi pour moi, c’est de trouver toujours des sujets pour les structurer dans leurs écritures. D’abord beaucoup de textes informatifs sur tout ce que nous visitions. Ensuite, des textes d’opinions et d’argumentations, des poèmes, des lettres, des invitations, des bandes dessinées, un sondage et des récits d’aventures… Je manque parfois de sujets. Dernièrement, les enfants avaient le défi de piger trois mots au hasard dans un pot de vocabulaire pour les dictées… L’objectif semblait ambitieux mais je vous partage le résultat de leur travail :

Loïkim, écrire un texte comportant les mots : fantôme, fleur et fromage

La légende de la forêt

Il était une fois un garçon et une fille qui s’appelaient Lilas et Cheez. Ils se promenaient dans la forêt pour cueillir des petits fruits. Sa mère lui avait toujours dit que dans la forêt, il existait un fantôme qui s’appelait Flame.

Lilas et Cheez entendent hooouuu! Ils lâchent tout de suite les plats de fruits et se cachent derrière un arbre.

Derrière l’arbre, ils se serrent la main très, très fort. Ils remarquent que Lilas lance des fleurs et Cheez lance du fromage.

Ensuite, ils entendent encore hooouuu! Ils se retournent rapidement et Flame est là devant eux. Cheez lui lance du fromage gluant. Flame est maintenant pris. Pendant ce temps, Lilas lui lance des fleurs. Comme il est allergique, il s’étouffe et gonfle… Flame explose!

Lorsque Flame explose, Lilas et Cheez découvre qu’il était rempli de bons petits fruits. Ils remplissent leur panier. Ils retournent voir leur parent et ils sont contents.

 

Maëlie, écrire un texte comportant les mots : danse, macaron et liqueur

Le spectacle

Aujourd’hui est le grand jour. Je vais aller danser en public avec mon groupe de danse. Tout est prêt. Je mets ma robe et « hop » parti pour le spectacle.

Rendu là-bas, oh non, j’ai oublié mon macaron à la maison, pas le temps de retourner, ça commence dans 20 minutes. Toutes les filles ont leur macaron pour s’identifier. Puisque je ne l’ai pas, je ne pourrai pas rentrer pour le spectacle.

Ah oui, bien sûre, je vais entrer par la porte arrière comme ça personne ne pourra me voir. Rendu à l’autre porte, je vois un gros chier qui bloque l’accès avec ses gros crocs et sa bave. Je ne pourrai pas passer. Tout à coup, quand je m’en allais retourner à l’avant de la bâtisse, le gros chien me déchiqueta un bout de ma robe.

Rendu à l’avant, puisqu’il ne me reste que 10 minutes, je me dis que je pourrais passer par la fenêtre. En essayant de pénétrer, je me suis assommée sur le bord de l’œil avec un objet qui dépassait de la fenêtre. Malgré la douleur de mon œil au beurre noir, je réussis à rejoindre ma troupe de danse.

Tout de suite quand les autres m’ont vue, elles se sont déchirées un bout de robe et mis plein de bleu sur un œil pour imiter mon linge et mon visage. Puisque je suis la chef de la bande, elles ont cru que mon habillement et mon maquillage étaient prévus. Puis, très nerveuses, nous sommes allées sur scène. De gros cris se firent entendre dans la foule de spectateurs. « Vive cette nouvelle mode! »… Notre nouveau nom de groupe est maintenant les « blue eyes »!

Finalement, le soir venu, mon groupe et moi sommes allées célébrer notre nouvelle mode en sirotant une liqueur. Je leur ai aussi raconté toutes mes mésaventures…!

 

Médrick, écrire un texte comportant les mots : quatorze, pont et verre

Les quatorze symphonies du dimanche

Aujourd’hui c’est dimanche, le jour des quatorze symphonies. Dans les rues, tout le monde est excité à l’idée d’entendre de nouvelles musiques.

Ma mère, Marlène, m’a habillé pour que je sois présentable. Arrivé à la cathédrale, tous les instruments étaient déjà prêts et les musiciens étaient vêtus de noir et de blanc. Après cinq symphonies, un léger tremblement vint secouer la cathédrale. Malgré cela, les musiciens continuèrent à jouer. Lorsque la sixième prit fin, un nouveau tremblement de terre vint secouer la bâtisse mais beaucoup plus fort que le premier cette fois. Tous les instruments tombèrent à terre et se brisèrent. Tout était gâché. Dieu allait entrer en colère contre eux, ils avaient échoué. Quelqu’un demanda s’il pouvait jouer sur le pont. Un dernier espoir apparu!

Du pont, la vue était magnifique, la rivière regorgeait de poissons et on pouvait voir toute la ville. Jérôme avait eu une merveilleuse idée, le vent s’occuperait de la musique avec la rivière. Ils leur restaient juste à chanter. Ils devaient se dépêcher car à l’aurore, vers dix heures, le vent allait s’arrêter et tout serait gâché. C’est exactement ce qui arriva, le vent arrêta. Ils leur manquaient seulement quatre symphonies. Ils ne savaient plus quoi faire et à minuit, le temps serait écoulé et la colère de Dieu se déclencherait.

Pour essayer de trouver de nouveaux instruments, ils se séparèrent en deux groupes qui allèrent dans la ville. Un peu découragés, ils s’arrêtèrent sur le bord de la rue prendre un verre d’eau. En signe de découragement, ils mirent leurs doigts sur le rebord du verre et remarquèrent que ça faisait de la musique. Ayant un nouvel espoir, ils coururent chez eux chercher des verres et retournèrent au pont avec leur nouvelle idée. Il était 11 h59 lorsque les quatorze symphonies furent achevées. Tout le monde sauta de joie et organisèrent une grande fête.

Maintenant, à chaque dimanche, au lieu de se faire dans la cathédrale, les quatorze symphonies se font sur le pont, avec des verres…!

Après l’école, à l’extérieur, nous avons finalement découvert l’utilité du gros contenant de sports divers que nous transportons depuis un an sans vraiment en faire usage. Les enfants ont joué au ballon, au trackball, au baseball, à la corde à sauter… Le plus grand « HIT » est sans équivoque la fameuse après-midi de football avec danse et folie rythmées par l’agréable « Compagnie Créole » et même la « danse des canards ». Il faut bien transmettre la culture à la relève! À ces sports s’ajoutent aussi les balades en kayak, la natation et la pêche… sans aucune histoire de poissons à raconter car nous revenons encore bredouille. Il y a aussi le cerf-volant où Médrick devait tenir ses sœurs pour éviter qu’elles partent dans le vent! Puis les châteaux de sable et les différents parcours et chasses aux trésors organisés par chacun ainsi que la populaire planche « skimboard ».

Parfois, les enfants préféraient se cacher à l’intérieur de la roulotte pour éviter le vent omniprésent. C’est pratique car personne ne se doute qu’il peut y avoir d’autres causes que le vent pour « shaker » la roulotte! Il y avait aussi dans la roulotte, un rangement qui renfermait de nombreuses activités pour occuper les enfants pendant de nombreuses heures. Plusieurs jeux de société, des cartes, des bricolages, de la peinture, des constructions, de l’origami… ont su divertir chacun. Les filles ont passé de nombreuses heures à se maquiller, se coiffer, se manucurer et à se changer de vêtement plusieurs fois par jour. Imaginez leur plaisir ressenti lorsque je leur ai permis de me vernir les ongles d’orteils et des doigts. Loïkim m’a fait la remarque que j’étais comme une enfant… (comme c’était la première fois qu’il me voyait ainsi, leur référence c’est que le maquillage c’est un jeu d’enfants?!). Le summum pour les filles fut lorsque je leur ai permis de me couper les cheveux à leur goût… Que du bon temps entre greluches sous le regard amusé de nos hommes.

D’ailleurs, Martin a voulu aussi participé à nos après-midi de transformation extrême de nénette en me demandant de lui faire une épilation intégrale de tout le corps… Nous avons eu beaucoup de plaisir à entendre mon homme hurler de douleur pendant que je procédais à une épilation par étape artistique pour créer des fantaisies sur son torse velu… Les enfants se roulaient de rire pendant qu’ils prenaient des photos des différentes étapes. Tant qu’à Martin, plus les verres de vin s’engloutissaient et moins l’épreuve semblait le torturer…

Selon la personnalité de chacun, nous avons tenté d’alimenter chacun dans leur passion. Pour Médrick, l’activité de planche à voile comportait de nombreux défis pour alimenter et stimuler son besoin de bouger et de se dépasser. Pour Maëlie, je lui ai donné une place importante dans la préparation des repas. Elle développe ses compétences et se sent très motivée par ses nouvelles responsabilités. Pour Loïkim, nous lui permettons d’exprimer son besoin créatif dans l’espace qu’elle nomme sa chambre. C’est fascinant comment elle arrive à aménager à peine quinze pieds carrés avec autant d’esthétisme et de fonctionnalité. Tant qu’à Kaïlane, elle est encore un beau mélange de tous ces intérêts. Elle suit évidemment beaucoup ses sœurs mais reste mon bébé très colleuse qui adore se faire raconter des histoires et qui manifeste de plus en plus un intérêt pour le dessin, l’écriture et la motricité fine. De mon côté, je passe beaucoup de temps à préparer nos livres de voyage. J’aime ce moment de créativité en pensant au souvenir que je construis aux enfants. Tant qu’à Martin, il manque toujours de temps pour lire sur le vent, les techniques et l’équipement de planche à voile… Une réelle passion lorsque je ne le monopolise pas trop pour m’offrir un soutien informatique dans mes projets.

Une dernière activité, et non la moindre, elle occupe la plus grande partie des temps libres… Pour les enfants et moi… C’est la chasse aux lézards. C’est une activité presque quotidienne qui demande des habiletés de coopération, de stratégie et de patience. Il ne faut pas sous estimer leur rapidité et leur capacité à se faufiler dans les espaces étroits entre les rochers. Malgré la taille du défi, nous avons assurément une meilleure moyenne qu’à la pêche. Nous en sommes à notre huitième petite créature. Nous avons aussi capturé un spécimen beaucoup plus gros qui occupe un deuxième gros bac à lui seul. Le plaisir avec les lézards c’est que l’activité ne s’arrête pas seulement à les attraper. Le défi doit se poursuivre à chaque jour pour aussi chasser de la nourriture vivante. Ils doivent ingurgiter quelques mouches, papillons, araignée ou insectes chacun à tous les jours… Alors, c’est une responsabilité communautaire de veiller à les alimenter. C’est toujours fascinant de les voir attaquer une proie… Martin est très heureux d’avoir de nouveaux passagers pour partager le reste de l’aventure…! Heureusement, que la chasse aux crapauds n’a durée que quelques jours… La vie animale prend de la place dans les aventures.

Une journée racontée par Médrick :

Nous avons quitté notre havre de paix une seule fois pour aller explorer les environs… C’était pour aller faire de la trail dans les montagnes. Papa capotait parce que maman allait trop vite et manquait de culbuter (tapette!). Il y avait même des pentes à plus de 25 degrés. Nous avons même aperçu 2 chevreuils qui se promenaient sur le sur le bord de la route. Après un bon dîner sur le bord de la rivière Kern, nous avons tenté de trouver des pépites d’or dans la rivière mais nous nous sommes vite rendus compte que ramasser des canettes de bière vide étaient plus payant.


Nous garderons tous quelques petits bobos en souvenir de nos aventures au lac Isabella. Celle qui gagne le trophée est Kaïlane avec son bout d’orteil arraché sur le bord de la plage. Heureusement qu’elle est entourée d’une famille aux multiples compétences. Maman qui coupe la peau pendante avec précision, papa qui désinfecte avec acharnement, Maëlie qui procure des mots d’encouragement pendant que Loïkim raconte des histoires pour lui changer les idées… Il reste Médrick qui sert de chaise confortable pour réconforter sa sœur avec ses yeux fermés pour éviter de tomber dans les pommes. Ensuite, il y a les bonnes éraflures du fils en souvenir de la planche rugueuse ainsi que les deux orteils mauves des parents pattes gauches dans le vent. Il reste les boutons d’humidité des filles… Sans oublier la nuit blanche de Maëlie et inévitablement des parents pour la soutenir sur la toilette suite à l’échec de son traitement d’irrigation. Toutes ces émotions nous rappellent la chance d’avoir eu notre année sans problème médicaux inquiétants.

Pour ce qui est du site de camping… C’est vraiment la perfection au niveau de sa proximité au lac. Nous sommes tellement près que nous avons dû changer trois fois de place pour éviter de se réveiller avec les pieds dans l’eau avec le niveau qui augmente. Nous avons passé le maximum de temps possible sur notre énorme presqu’île qui est devenue « rikiki » au fil des jours. Nous avons déménagé suite à la frousse de Martin de rester enlisés dans le sable mou. Avec le vent, la roulotte était tombée de ses appuis. Il a eu chaud à minuit en arrivant à faire un sauvetage de justesse et réinstallant la roulotte sur le pick up. Bravo mon « gningnégneur »!

Je ne sais pas ce qui a le plus bouleversé mon homme… le sauvetage de la roulotte ou… les visiteurs qui se promènent encore dans notre demeure. Ce qui est certain, c’est qu’avec nos trois pièges à rats-souris, ces petits rongeurs n’ont pas le temps de visiter les lieux très longtemps avant de voir la fin de leur vie se terminer d’un seul coup.

Le lac Isabella est aussi un lieu de rencontre très populaire pour les locaux qui sont en moyenne peu favorisés. En conséquence, la notion de respect de l’environnement laisse à désirer. Il y a de nombreux déchets partout et les toilettes ainsi que les douches sont vraiment horribles. On pourrait facilement se croire en Inde! Le vent ne vient pas améliorer la situation. Les ordures tout comme de nombreux objets virevoltent au gré du Dieu Éole! Nous avons eu l’audace de rester même pendant la longue fin de semaine du Memorial Day bien que tous les planchistes de la région nous recommandaient de fuir la grande Fiesta. Nous n’avons pas manqué d’observation de comportements humains pendant deux jours. Nous aurions même pu faire un concours de « Qui perd gagne avec nos voisins ». Disons que leur tente ne risquait pas de partir au vent pendant la nuit. Ouff… C’est presque triste de voir les effets de la malnutrition de si près. Ça aide à conscientiser les enfants! Suite à ce week-end, nous avons rebaptisé le lac « Cochonnella »! Le plus drôle à observer, c’est un groupe de chinois qui essayent d’installer une tente dans le vent et de faire un feu pour le souper… Ils ne semblaient pas informés que le lac était reconnu pour son vent. Après plusieurs heures d’essais, ils sont repartis vers minuit, découragés.

De grandes frustrations pour certains mais de grandes satisfactions pour nous autres. Évidemment, au mois de mai, la température de l’air et de l’eau était à quelques degrés de la perfection mais nous avons amplement atteint notre objectif de profiter du moment présent avec les enfants.

Red Rock Canyon… et ses plaisirs…!

Après Las Vegas la ville, nous partons à la découverte de la facette moins lumineuse de Las Vegas mais encore plus attrayant! Red Canyon est un parc national tout près mais tellement différent! Au cœur d’un désert, des formations rocheuses qui offrent un terrain de jeu infini aux amateurs d’escalade.

D’abord un camping qui, à première vue, semble particulièrement banal. Évidemment, un désert offre un paysage assez uniforme. Seuls quelques roches ou cactus viennent briser la monotonie entre chaque campeur. Pourtant, après quelques jours prévus sur le site qui se transforment en une semaine, on peut en reconnaître tous les avantages et les plaisirs. D’abord, le critère préféré des enfants est atteint, nous pouvons y observer de nombreuses espèces animales. Les enfants chassent les lézards et se fabriquent un vivarium qui occupe une grande partie de leur temps libre. De plus, ils doivent chasser des insectes pour nourrir leur nouveau compagnon de route. Il y a aussi de nombreux lièvres à longues oreilles et même des tortues désertiques.

Ensuite, le site offre un emplacement pour nos feux de fin de soirée avec guimauves grillées ainsi qu’un espace couvert pour le BBQ ou les devoirs… Quoi demander de mieux? Martin a même installé une « slackline » . Elle est encore un attrait pour mes acrobates qui ne manquent pas d’imagination pour se donner des défis et se casser la marboulette… Il faut imager mon fils avec le vélo de sa petite sœur sur la sangle tendue… imaginez aussi les conséquences… Dans la catégorie passe-temps à réfléchir aux conséquences, il y a aussi fiston qui adore se pratiquer à lancer des roches avec son slingshot thaï…

Tout est parfait et adapté pour vivre autonome dans le désert. Évidemment, le site n’offre aucun service mais mon homme est toujours aussi fier de nous préparer nos douches-natures avec l’énergie solaire. Il passe aussi de nombreuses heures à modifier son système de panneau solaire pour utiliser cette énergie pour notre frigo plutôt que de polluer avec notre propane. C’est « hot » que le soleil travaille à refroidir notre frigo… Ce qui est moins « cool » c’est que le système n’est pas encore au point et que le soir on doit vivre à la chandelle puisqu’il ne nous reste plus d’énergie…

On profite de tout ce beau temps pour avancer les travaux scolaires le matin. On sent vraiment la progression et la fin qui approche… On en profite aussi pour revoir nos objectifs de voyage avec les enfants et ajuster les derniers mois qui nous restent en famille. Dans l’ensemble, on garde le même cap mais on doit se rappeler de profiter du moment présent. Nous voulons maximiser notre aventure et remplir nos journées d’activités pour tout voir et tout faire. Mais en même temps, nous voulons aussi prendre le temps de simplement être tous ensemble et à l’écoute de chacun. C’est un équilibre fragile à atteindre même avec toutes nos journées qui paraissent libres…!

Alors, pour bien remplir nos journées, nous avons exploré de nombreuses parois d’escalade. Au moins 5 journées différentes et stimulantes. Nous en avons eu de toutes les hauteurs, de toutes les formes, de toutes les difficultés et même de toutes les couleurs. Les enfants commencent généralement par faire les grimpes puis ensuite Martin et moi on peut s’offrir une compétition stimulante. La compétition n’est pas toujours juste puisque… c’est le seul sport où je peux me vanter de légèrement dépasser mon homme! Il m’est par contre encore indispensable car je suis définitivement rendu trop peureuse pour installer les ancrages au sommet.

Je dois rendre un petit hommage aux enfants qui nous ont impressionnés à chaque journée d’escalade. Ils doivent passer au moins la moitié de l’après-midi à patienter pendant que nous grimpons ou installons les équipements. On pourrait s’attendre à des conflits ou de l’ennuie pendant ces moments… surtout depuis que nous interdisons aux grands d’apporter leur livre de lecture pour profiter pleinement du moment en famille. Chaque temps d’attente s’est transformé en agréable moment entre fratrie avec leur imagination adapté à l’environnement. Ils ont d’abord découvert et exploré une grotte une journée. Ils se sont ensuite fait des cours d’éducation physique avec des niveaux de difficulté pour sauter entre les petits rochers. Puis, ce fut l’après-midi de chasse aux lézards en coopération pour ramener des amis dans le vivarium. Une autre fois, ils ont utilisé la roche pour dessiner des pétroglyphes sur les parois rocheuses. Enfin, le passe-temps le plus utile, ils ont collectionné et trié les bouts d’éclats de verre par couleur… Bravo les enfants!

Nous avons aussi fait une balade mémorable en vélo dans le désert à travers les cactus. C’est un peu chaud mais tellement exotique. Je pense avoir rempli une carte mémoire sur ma caméra. La photographe passionnée en moi a perdu le contrôle et le sens du raisonnable! Il y a seulement Loïkim qui souhaite faire des balades en vélo qui ne font que descendre. La motivation n’est pas toujours facile… Tout comme Kaïlane qui avait aussi hâte au retour mais pour des raisons différentes. Il fait encore plus chaud lorsqu’on fait de la fièvre dans le désert!

D’ailleurs, dans notre semaine à Red Rock, nous avons dû retourner à Las Vegas pour notre journée visite du système hospitalier. Kaïlane qui nous informe après 3 jours de fièvre qu’elle a aussi mal à la gorge. Pauvre enfant qui se couche en boule sur la roche pendant qu’on grimpe en attendant que sa Tylenole fasse effet. Sa troisième amygdalite en trois mois! Il va peut être falloir gérer ça à notre retour. Ensuite, il y a Loïkim avec son quatrième plombage sur la même dent. Nous pourrons vérifier si celui américain est plus solide que celui canadien, vietnamien ou indien… Ce qui est certain, c’est qu’il est plus dispendieux! Finalement, la prise de sang de Maëlie nous rassure sur la stabilité de son rein… Ouf, toutes nos petites machines vont bien… Évidemment, Médrick détient les records d’ecchymoses et des grafignes sur le corps mais rien de grave.

Alors, toute bonne chose à une fin…! L’électricité et l’eau sont des ressources disponibles. Par contre, il n’y a pas de station sanitaire dans le désert. Lorsque la roulotte est pleine, il est temps de passer à une autre étape si on veut éviter les odeurs ou les dégâts désagréables. Nous avons choisi de faire un petit détour vers Los Angeles pour vider notre roulotte.

Les enfants ont évidemment accepté de rouler quelques heures supplémentaires pour passer une journée à Disneyland. Tout le monde était à un âge idéal pour apprécier les manèges à sensation forte autant que la magie des parades, des spectacles et des personnages. Belle longue journée épuisante!

Le début de notre dernière étape dans l’ouest

C’est finalement le grand départ après le grand ménage. Évidemment, nous avons tellement hâte de commencer nos aventures que nous ne prenons même pas le temps d’organiser notre roulotte. C’est à peu près propre mais complètement le chaos au niveau de notre équipement. Il y a du stock partout… Ce n’est pas grand une roulotte après nos semaines en condo et nous avons vraiment plus de matériel à gérer que nos 12 sacs à dos en Asie…! C’est un autre beau défi de Tétris pour tout faire rentrer.

La première nuit, nous devons prendre refuge dans un motel. Nous sommes encore trop dans le nord du continent et les températures de nuit sont en dessous du point de congélation. Nous ne voulons pas prendre le risque de se réveiller avec 4 petits bonhommes de glace dans leur lit.

La deuxième nuit est presqu’aussi glaciale. Nous arrivons tout de même à convaincre Martin que nous sommes assez endurcis pour affronter le froid. Les enfants ont trop hâte d’essayer leur nouvelle couverture (remplacée gracieusement dû aux cadeaux de nos amis les rats). Alors habillé pour partir en ski, nous nous glissons sous nos couvertures. C’est un succès! Tout le monde se réveille sans engelure… Ouf déjà deux longues journées de route de complétées pour arriver à la chaleur.

Troisième journée, nous décidons de faire un petit arrêt historique au centre d’interprétation de la route de l’Orégon. La visite a inspiré Médrick à composer une aventure se déroulant à l’époque des pionniers :


Médrick…

Il y a 200 ans…

Boston, New York et quelques autres villes étaient habitées par des pauvres qui souhaitaient avoir une meilleure vie. Un jour, quelques familles entendirent parler de l’Orégon. Il paraissait qu’il y avait de l’or et des terres fertiles. Alors, ils se sont mis au travail. Les bergers et les fermiers regroupaient des moutons et des chèvres pour manger et des chevaux, des vaches et des bœufs pour tirer les chariots. Les roues étaient faites en bois avec un anneau en métal pour la protéger. Quand tout fut près, des femmes, des hommes et des enfants partirent sous le chant d’applaudissement de la foule qui s’était réuni pour le départ. Direction, l’Orégon!

La route était très longue, elle durait plus de six mois. Après avoir arrêté pour manger, la route continua. Tout à coup, au loin, ils virent de la poussière s’élever. Des Indiens attaquaient, les hommes, tous les fusils dehors du chariot se mirent à tirer sur tous les indiens qu’ils voyaient. Les Indiens, quant à eux, tiraient des flèches un peu partout. Quand ils finirent par partir, les pertes étaient grandes : une trentaine d’hommes, de femmes et d’enfants, puis une dizaine d’animaux. Tous les américains étaient en deuil. Chaque famille avait perdu quelqu’un. Quand la route recommençait, seul le bruit des sabots des chevaux sur le sol venait briser le silence.

Les jours passaient comme une routine : très tôt le matin, les hommes allaient chasser et la route recommençait. Après plusieurs semaines, ils arrivèrent enfin à une rivière. Tout le monde allère s’abreuver. Pour traverser la rivière, ils avaient trois choix : revenir au point de départ, payer un bateau pour traverser ou bien boucher tous les trous et les craques du chariot pour traverser. Alors, ils choisirent le bateau car c’est le moins dangereux. Lorsque tous les chariots et les animaux furent mis sur les bateaux, les conducteurs se mirent à le pousser avec des longs morceaux de bois. Le bateau tanguait beaucoup mais à part buter contre des roches, il réussi à traverser sans problème. Tout le monde donna un montant d’argent aux conducteurs et la route pue recommencer.

Après que trois personnes furent mortes de faim, le chef prit une décision, ils prendraient la chance d’aller voir les Indiens pour tenter de faire du troc. Deux jours plus tard, ils arrivèrent enfin dans un camp Indien. Quatre petites huttes étaient placées de manière à faire un cercle et un feu brulait au milieu. Quand les Indiens les virent, ils paniquèrent un peu mais n’attaquèrent tout de même pas. Le chef des américains leur expliqua leur problème et ils acceptèrent avec plaisir. Le chef leur proposa : 10 pointes de flèches, 5 hameçons et une trentaine de chandails contre une vingtaine de saumons et 10 kilo de bacon. La chance leur avait souri. Mais quelqu’un fut encore plus chanceux lorsqu’il trébucha sur un morceau d’or. Une once d’or égalait à 2000 dollars.

Trop content d’être devenu riche, il recommença le chemin le sourire aux lèvres. La journée était calme, mais le ciel gris n’annonçait rien de bon. Lorsqu’un éclair vint zébrer le ciel, la pluie se mis à tomber. Tout le monde allère remplir les gourdes et ils se mirent à l’abri. Deux semaines plus tard, ils arrivèrent enfin à destination. Tout le monde sauta de joie en voyant les terrains verts à perte de vue. Aussitôt arrivés, ils se mirent tous au travail. Les chevaux et les bœufs transportèrent les lourds chargements tandis que les hommes et les femmes apportèrent les restants de nourritures et les enfants allèrent explorer leur nouveau terrain de jeu. Pendant quelques semaines, ils travaillèrent avec acharnement pour profiter de la nouvelle vie plus rapidement. Lorsque les champs furent labourés, les graines plantées et le tout arrosé, là, ils se donnèrent le droit d’avoir un peu de repos. Alors la vie redevint normale mais à l’autre bout du pays!

 

Nous arrivons en fin de journée à notre première destination. Nous passons deux journées dans le Parc national de Capitol Reef au centre sud du Utah. Je retrouve immédiatement mon coup de foudre pour ce décor qui me charme à chaque fois. Tant de grandeur et de beauté qui nous entourent. Je sens que je vais recommencer à manquer d’adjectifs pour qualifier ce que mes yeux tentent de capter, mon cerveau graver et mon cœur conserver. C’est comme une dose de paisible qui serait injecté dans tout mon être. Comment la nature peut-elle offrir un aussi beau spectacle. J’ai une seule pensée sombre… Je vais devoir recommencer à classer des quantités énormes de photos!

Les deux journées se passent dans des sentiers sur le sommet des rochers aux couleurs de feu ou dans le creux de son canyon. D’en haut ou d’en bas, le décor est aussi beau. Les enfants sont excités d’observer des lièvres, des antilopes et un mini colibri. Ils sont moins enthousiastes lorsqu’ils se retrouvent en face d’un serpent à sonnette! La marmaille ne semble pas s’ennuyer. Ils semblent à la recherche de nombreuses pierres précieuses qui se cachent dans les géodes… Ils seront peut-être riches à notre retour!


Nous continuons notre aventure à travers des routes magnifiques et des campings nature impressionnant. Petrified Forest capte particulièrement notre attention à cause de ses formations rocheuses exceptionnelles et géographiquement intéressante. Il faut surveiller les enfants qui rapporteraient bien des échantillons de roches disproportionnellement trop gros!


Maëlie…

Les arbres pétrifiés sont des arbres transformés en roche. Il y a des millions d’années, des arbres se sont faits inondé par l’océan. Tous les minéraux de l’eau se sont infiltrés dans l’arbre. Quand l’eau s’est retirée après l’ère glacière, la partie liquide s’est évaporée mais les minéraux ont restés dans les arbres. Ils avaient plusieurs couleurs grâce aux différents minéraux : jaune, orange, gris, noir, mauve et turquoise!

Ensuite, nous espérions aller visiter Bryce Canyon qui avait été mon coup de cœur 2008. Malheureusement, à ce moment de l’année, la météo est incertaine et nous arrivons pendant une grosse tempête de neige. Tout est magnifiquement blanc, au lieu du orangé habituel. Martin ne trouve pas la situation très rassurante. Il n’apprécie pas conduire la roulotte sur les routes glissantes. Heureusement, tout se passe bien.


Enfin, nous faisons un arrêt de quelques jours à St-George dans le parc d’état (Snow Canyon). Il n’y a pas de neige mais les températures ne sont pas aussi chaudes que prévue. Nous profitons de ce que la nature nous offre en faisant quelques journées d’escalade et de vélo de montagne. C’est une première pour nous de pédaler dans le désert vallonné à travers les lézards et les cactus. Loïkim devra apprendre à rester dans les sentiers pour éviter à son père de passer une soirée à réparer 12 crevaisons dans ses pneus remplis d’épines de cactus…!



Parmi les bons moments, les enfants développent leur anglais en socialisant avec des amis dans le parc. Nous passons aussi une belle soirée avec le ranger du parc qui nous informe sur les mystérieuses créatures que sont les scorpions.


 

 

Médrick…

Un mythe dit que les scorpions sont mortels. C’est complètement faux, ils ne font pas plus mal qu’une piqûre d’abeille. À moins d’être allergique à son venin, il ne peut te faire du mal.

Il y a autour de 2000 sortes de scorpions dans le monde. Sur ceux-ci, qui 25 sortes sont mortelles. Le scorpion est divisé en douze parties. Ce que l’on appelle la queue du scorpion n’en est pas une, c’est simplement une partie de son corps. Ils deviennent adultes à l’âge de 3 ans. À cet âge, ils ne sont pas plus longs que 2 cm. Mais ils pourront continuer de grandir jusqu’à leur mort à l’âge de 6 ans en atteignant 5 cm. Inversement, lorsqu’ils sont bébés, ils ne mesurent que quelques mm. Ils sont dans la famille des araignées.

Ils mangent principalement des insectes mais les races plus grosses peuvent aussi manger de petits lézards. Les scorpions se font manger par des oiseaux, des serpents, des rats et d’autres scorpions les mangent, en fait, ils peuvent donc être cannibales.

Les scorpions sont nocturnes, si tu veux les voir, tu as besoin d’une lumière mauve spéciale (rayon ultra violet) parce qu’avec une lumière normale, tu ne peux pas les voir car ils sont beiges comme le sable et ils se camouflent. Avec la lumière mauve, quand tu passes dessus, ils deviennent vert flash et sont plus faciles à repérer. Les scorpions ne vivent pas juste dans le désert, ils peuvent vivre dans des forêts ou des forêts tropicales et même quelques uns ont été vu dans la neige. Ils vivent n’importe où.

Dorénavant, avec le texte que je viens de vous fournir, je crois que vous n’aurez plus pleur des scorpions. Du moins, pas plus que des abeilles!

Comme nous avons expliqué aux enfants, nous vivons présentement la partie de notre voyage dans la catégorie camping-nature… Mais… nous avons dû affronter tout de même un choc culturel avec la réalité des communautés très républicaines du Utah, voir Red Neck. Leur rigidité et leur fermeture fut un irritant pour nous mais de toute évidence encore plus pénible à vivre pour les responsables du parc. Ils ont rarement eu des gens aussi problématiques que nous à gérer. Martin s’est vidé le cœur pour mieux digérer la situation!

Martin     Au pays des Red necks…

On arrive dans un super beau parc d’état (State Park) du nom de Snow Canyon. Le camping affiche quasi-complet car peu de sites ont suffisamment d’espace pour notre combo pickup+grosse berta. La femme à l’accueil nous propose de prendre un petit site et de stationner notre pickup à l’entrée. Super! Elle nous explique en long et en large tous les règlements du camping. Du genre, ne pas grimper sur les roches, surveiller ses enfants, pas d’alcool… Je mentionne à Jolène l’importance de respecter ces exigences car nous sommes probablement dans l’état le plus « stiff » des USA. La première nuit, je mets le pickup en infraction sur le terrain voisin car il est vacant et c’est plus pratique pour loader-déloader le stock d’escalade et les vélos. Le lendemain, un bénévole nous suggère de mettre le pickup devant les toilettes. Il s’occupera de l’approbation auprès du tout-puissant Ranger. Vers midi, il y a un avertissement dans le pare-brise…

En allant renouveler pour 2 autres nuits, la femme à l’accueil me sermonne de ne pas avoir respecté son exigence de stationner à l’accueil. Comme il n’y a pas l’ombre d’espace à discuter, je demande pardon et repars. Le lendemain : pas d’histoire car je stationne au seul endroit légal. Le lendemain, un gentil voisin ayant seulement une tente sur un terrain 5x plus grand que le notre, m’offre de stationner mon pickup sur son terrain. Merci l’ami!

Le lendemain, en voulant renouveler, je suis convoqué au bureau du Ranger. Le ciel me tombe sur la tête. Il me mentionne qu’ils ont que des problèmes depuis notre arrivée. Nous sommes des vrais casse-pieds et pour cette raison, il ne veut plus nous avoir dans son terrain de camping…wow qu’est-ce que c’est ça?Je lui demande : A-t-il eu une plainte de quelqu’un? Aucune évidemment! Il est là le choc culturel! Pour eux, il ne peut y avoir aucune interprétation/assouplissement des règles, même si cela pouvait faire du sens. Ils sont aux antipodes de notre Québec national! Nous qui apprenons aux enfants à baser leur jugement sur ce qu’ils font en se demandant si leur action ne dérange personne, que si elle ne brise/altère rien, alors c’est sûrement ok de le faire!!!

Cette logique sociétale mène tellement à des absurdités lorsqu’il n’y a pas de balises. Le sens du jugement ne fait plus partie du quotidien. Comme la fois où l’on faisait de l’escalade dans ce superbe canyon et qu’aucun règlement n’interdisait un père à montrer à son fils à shooter du 12 des bouteilles de vitre à 50 mètres de nous tout en y laissant les éclats de surcroit.

Nous avons choisi de quitter pour leur éviter une crise cardiaque avec notre comportement délinquant dans un terrain de camping…!

 

Tant qu’à être dans les chocs culturels, nous avons décidés de poursuivre notre aventure à Las Vegas. Passer de la nature à la ville est aussi un choc où l’on doit s’adapter. D’abord en arrivant au terrain de camping de 900 terrains (exclusivement pour les véhicules récréatifs), nous avons dû interpréter le sens du terme tous les services inclus. Nous sommes généralement autonomes pour notre électricité, nos égouts et notre eau. En ville, le terrain vient aussi avec le câble, le téléphone, la piscine, le spa, internet, le casino et des douches… Ces dernières sont tellement intenses qu’on croirait vider un lac à chaque lavage.

En roulant pour trouver notre espace pour stationner notre roulotte, nous réalisons que c’est le monde à l’envers pour nous. Dans les parcs nationaux, nous sommes entourés de jeunes, en tente qui ont des corps d’athlètes. Ici, nous sommes entourés d’énormes véhicules récréatifs, remplis de gros avec leur pesant en argent pour les casinons. Dans un sens, c’est plus flatteur pour nous!

Nous passons une soirée à admirer des spectacles gratuits dans les hôtels (Caesar Palace et Treasure Island) ainsi que les charmantes fontaines du Bellagio. Les enfants ont apprécié visiter la boutique-musée M&M… Une journée de ville est suffisant… Quoique mes greluches semblent apprécier la vie des gens riches et célèbres!


Ce fut une nouvelle occasion d’apprécier et d’observer les différences et les personnalités qui se développent de plus en plus chez notre progéniture.

Médrick est définitivement un mâle de la nature et du sport… Quoiqu’il a un intérêt pour comprendre le fonctionnement des machines dans les casinos. Ce n’est pas clair si c’est son intérêt scientifique ou son attirance pour l’argent. Ce qui est plus clair c’est qu’il aime surtout visiter les hôtels avec de gros aquarium…!

Maëlie est en transformation pour devenir une jeune femme. Elle est à la recherche de son identité qui se traduit par son affirmation et son désir de s’affirmer en tant qu’être différent. Elle a un désir de coquetterie et une conscience de son image. Les nombreux magasins de modes et de vêtement sont vraiment un attrait pour notre grande fille dans la ville.

Loïkim est évidemment notre farfelue heureuse. Elle rêve de spectacles, d’arts et de design. La ville est une source d’inspiration pour elle. On la sent fébrile et désireuse de tout absorber ce qui se passe dans son environnement. Elle a son style et sa mode qui la rende si charmante et précieuse dans la famille.

Kaïlane est encore trop jeune pour clairement imposer sa personnalité. Elle est un mélange de son grand frère et ses grandes sœurs qu’elle admire et cherche à ressembler. Elle semble devenir un heureux mélange de tous ses modèles. Présentement, elle se démarque par sa volonté d’apprendre. Ce qui ne cesse de nous faire rire. Lors des devoirs, un matin, elle devait inscrire en chiffre le nombre d’objets illustrés sur la page : 1 chat, 3 pommes, 5 chiens,… lorsque nous réalisons qu’elle n’a rien écrit devant l’unique fleur… Elle répond qu’elle sait écrire un=1 mais pas une=? Elle nous a aussi demandé qu’est-ce qui arrive si un cadavre se réveille? Elle nous informe aussi que l’eau ici est vraiment mouillée.

Ce n’est pas ennuyant d’être un parent! Mais c’est parfois intense. Présentement, nous avons tellement poussé pour que les enfants développent le goût de la lecture que notre plus grande source de conflits c’est de leur imposer d’arrêter de lire à certains moments de la journée. Ils nous trouvent sévères d’imposer une activité familiale, généralement sportive, à tous les jours sans possibilité de lire à temps plein! C’est un beau problème comme on dit…

Les dernières aventures à Sun Peaks

Déjà 10 semaines dans le condo à Sun Peaks avec 65 journées de ski…! Un bilan qui se résume par des beaux moments en famille avec du sport, de la bonne bouffe et un bronzage de raton laveur… WOW!

Nous avons développé une forme de routine agréable et stimulante pendant ces belles semaines d’hiver. Pourtant, chaque journée est différente et remarquable.

D’abord, les moments d’études du matin se sont déroulés avec beaucoup plus de sérénité pour tous. La routine aidant, chacun avait sa place tout en connaissant et comprenant les objectifs à atteindre pendant la semaine. Je me sentais de plus en plus confiante dans mes capacités et ma planification pédagogique. Les enfants ont gagné en maturité, en concentration et en confiance dans leur réussite. Une grosse brique de pression sur mes épaules se libère davantage à chaque semaine!

Pour le ski ou la planche à neige, chaque journée comporte son lot de surprises. Chacun choisi son équipement du matin en fonction de ses goûts et de la neige. Nous passons généralement le matin en famille puis parfois on forme des équipes pour satisfaire les plaisirs de chacun en après-midi. Certaines pistes deviennent rapidement les coups de cœur de toute la famille et nous comblent à tous les jours… Par contre, nous passons rarement une journée sans découvrir de nouvelles pistes tellement la montagne est immense.

Nos classiques de la montagne étaient presque toutes dans les sous-bois comme la Granny’s Green, la Three Bear, la Peakaboo et les deux Fir à partir de « SunDance ». Sans oublier la OSV et les burn and turn à partir de « SunBurst ». Le dessous de la chaise « Elevation » était aussi un grand plaisir. Vers la fin, nous avons aussi découvert la Rice Bowl … Nous ne manquions pas de choix pour explorer la forêt et la neige de l’Okanagan.


Lors des journées moins venteuses et ensoleillés, nous apprécions monter dans le haut du bol alpin de « Burfield » pour se gâter dans la poudreuse et les pentes expertes. Back Door ainsi Toilet Bowl nous ont comblés. Sans oublier quelques expertes vers la fin de l’hiver qui nous ont permis de tester nos réelles compétences comme Freddy’s Nigthmare et la Challenger…


Seulement deux pistes sans arbres ont su nous motiver soit la OSV pour descendre en down hill entre les valons ainsi que la belle Ridge qui traversait la montagne.

Évidemment, les enfants ont passé la majorité de leur temps à pratiquer leurs habiletés sur les jumps, les big air et les rampes dans le parc à neige. Tant qu’à moi, je préférais ne pas être l’adulte responsable de les surveiller et ramasser les morceaux. Ils devenaient tous stressant à observer. Médrick arrive maintenant à faire ses 360. Les deux grandes filles sautent de plus en plus haut. Tant qu’à Kaïlane, elle est la vedette et se fait applaudir par ses admirateurs dans les chaises lorsqu’elle descend les rampes assises sur ses fesses… Surtout lorsqu’elle porte sa perruque verte…!



Pour agrémenter les journées, nous avons tous à tour de rôle reçu un cours privé de planche à neige sauf moi en ski… En plus des samedis matins avec les deux heures de groupe pour les enfants. Les leçons ont permis des motiver et d’aller plus loin dans les défis sportifs.

Il reste aussi à se remémorer les belles descentes sur la partie de la montagne hors limite de la patrouille qui offrait une belle neige sans trace lorsqu’on acceptait un 30 minutes de marche pour s’y rendre. Même les enfants ont finalement découvert un intérêt pour les Gils et sa belle poudreuse fraîche…!


Comment ne pas mentionner notre fidèle Rambler qui nous ramenait directement devant notre condo. Longue descente de débutant qui devait se faire en 10 minutes mais qui parvenait à étirer le plaisir pendant 5 fois plus longtemps avec tous ses petits sauts dans la forêt sur les côtés. Un plaisir renouvelable à chaque jour pour les deux petites.

Nous avions cru nécessaire d’organiser d’autres activités à chaque semaine pour éviter la monotonie avec les enfants. Martin a reçu un petit congé de planification puisque nous avons sorti une seule fois sans que personne ne semble souffrir d’ennuis. Notre unique activité fut d’assister à un match de hockey des futurs joueurs de la ligue nationale. Les Blazers de Kamloops contre les WinterHawks de Portland. Les grands ont apprécié le match tandis que Kaïlane a adoré les entractes et les arrêts de jeux animés!

Pour ce qui est du reste du temps au condo, les enfants ne manquaient pas d’imagination. Après leur journée de ski, ils retournaient souvent dehors pour continuer à profiter de la neige. Parfois ils bricolaient ou s’inventaient des histoires farfelues. Évidemment, la lecture a occupé une place importante dans leur soirée. Nous avons aussi tenté d’intégrer une activité familiale en anglais à chaque soirée. Le concept fut agréable mais malheureusement pas très régulier. Ce qui fut vraiment notre nouvelle religion fut la bière et pop corn devant un film le samedi soir…

Du côté de Martin, il a profité de ces quelques heures libres par jour pour travailler et ainsi maintenir son cerveau occupé. Pour ma part, j’ai adoré expérimenter de nouvelles recettes de repas et de dessert. Tout le monde a apprécié mon nouveau passe-temps. En conclusion, nous avons tous développé des cuisses de béton en ski, des genoux démolis après 65 journées de bosses en forêt… et une accumulation de corps adipeux à cause des plaisirs gastronomiques. La belle vie quoi?!

Après 7 semaines de plaisir en famille, comment rehausser l’expérience du ski? La solution est simple, il suffit d’y ajouter des personnes qu’on aime pour partager notre bonheur. La présence de mon frère Francis ainsi que ma mère quelques jours plus tard fut une recette gagnante et marquante pour nous tous!

Il faut d’abord comprendre que la vie de mon frère tourne autour de la montagne, la neige et l’aventure. Il est un réel passionné et possède une expertise approfondie dans ce domaine. Sa présence a même transformé le vocabulaire et la vision d’une montagne chez ma gang. Tout le monde parle maintenant de cliff, de drop, de couloir d’avalanche, de bol, de face shot, de first track, d’arva, pelle, sonde…! Les enfants sont maintenant à la recherche de chaque tronc d’arbres ou roches qui pourraient créer une descente verticale à explorer. Heureusement, l’expérience est entourée de conseil de sécurité et de réflexion avant toute action. Mon frère est le guide à suivre. Tous mes enfants bavent en l’observant dévaler les pentes ainsi qu’en l’écoutant raconter ses nombreuses histoires en montagne.


Par contre, l’admiration et la fierté semblent aller dans les deux sens. Mon frère aussi parait impressionné de voir ma gang relever tous les défis qu’il leur propose sur une montagne de ski. D’abord la petit Kaïlane qui repart après une longue journée de ski à 15h30. Elle est la seule à revenir avec moi et mon frère pour une dernière descente afin de présenter la montagne à son oncle. Après sa surprise de voir sa nièce « carver » dans une bonne pente abrupte mais sans bosse, nous partons dans un sous-bois. Kaïlane suit mon frère à tout prix même lorsqu’il passe entre deux arbres complètement hors piste pour descendre une drop. Il se retourne et constate chaque fois qu’elle est derrière lui, souriante et fière.



Ensuite, arrive ma mère pour venir compléter le bonheur de la famille toute réunie. Ma mère est d’une nature extrêmement facile à vivre. Elle est conciliante, aidante, chaleureuse mais surtout toujours de bonne humeur. Je redécouvre ses qualités que je suis maintenant en mesure d’apprécier et de profiter à chaque jour. Ma mère aime son lit, ma bouffe, la montagne, la vue, les enfants, la vie… Il n’y a jamais de problèmes, elle se laisse guider et organiser par ses deux enfants, son gendre et ses quatre petits enfants.

Depuis l’arrivée de ma mère, mon frère a perdu sa chambre avec sa toilette personnelle. En plus de maintenant devoir s’adapter à la présence de 4 enfants à temps plein, il doit maintenant relever le défi de dormir en leur présence dans la même pièce au sous-sol. Bravo mon frère, tu sembles avoir été à la hauteur de ton stage en immersion intensive. J’espère que tu ne resteras pas traumatisé de ton expérience

À Sun Peaks, il y a les vendredis des courses de vitesse. Après avoir hésité tout l’hiver pour y participer, nous avons décidé que nos enfants devaient être en déséquilibre et sortir de leur zone de confort en affrontant la compétition. Le stress est présent mais les encouragements les aident à traverser l’expérience. La première semaine, Kaïlane revient avec une médaille et Maëlie un prix de participation. La deuxième semaine, mon frère décide de partager l’activité avec mes jeunes en effectuant la course avec ses skis de poudreuse. Après une agréable journée en gang, le tout se termine avec une bière et un bon souper dans le bistro pour récompenser tous les participants. Bravo aux médaillés Kaïlane, Maëlie et Francis ainsi qu’à Loïkim avec son prix de participation. Merci à Médrick qui nous offre un spectacle de sauts 360 sur la montagne pendant que nous levons nos verres…!


Pendant nos deux semaines en grosse gang, nous alternons les plaisirs. Certaines journées avec ma mère qui s’émerveille de la montagne en appréciant les pistes damées, larges, assez douces et sans obstacle. Certaines journées avec mon frère qui sort uniquement lors des grosses tempêtes pour descendre les pistes d’expert dans la forêt. L’avantage, c’est que mon frère a plusieurs journées tranquilles pour travailler sur sa présentation en Autriche pour son colloque des géophysiciens ou planifier sa soutenance de doctorat lors de son retour en avril. Incroyable mais vrai… sous ce sportif-cascadeur-intrépide et passionné de la montagne, aux jambons sur dimensionnés, se cache aussi un gros cerveau…! L’autre avantage, c’est que ma mère peut garder ma puce malade pendant son otite et nous éviter de manquer la tempête de l’hiver. Tout le monde semble gagnant.


Les journées passent donc trop vite en bonne compagnie ainsi que nos soirées bien animées. Entre la dégustation de bons vins, les jeux de société, les sessions de tiraillage, de snappage avec des serviettes ou de massage… le plus divertissant fut assurément le souvenir du Vietnam… Quoi de mieux qu’un bon shooter de vin de cobra pour pimenter une soirée!


Pendant le séjour de mon frère, Médrick et moi avons relevé le défi de l’accompagner dans une vraie montagne… avec couloirs, bols, cliffs, falaises et émotions… Il y a peu d’enfants qui peuvent fréquenter Revelstoke. Évidemment, Médrick est à la hauteur pour s’amuser et moi j’arrive encore à suivre pour prendre en photo les cascades de mes hommes… Après quelques débarques de type Tomawok, nous revenons tous charmés et impressionnés… autant par la montagne que les talents de mon frère. Depuis plusieurs années je l’entends mémérer sur ses exploits en montagne comme un pêcheur de ses poissons… Je peux maintenant témoigner qu’il est à la hauteur de ses récits!


Pour ajouter la cerise sur le sundae, nous organisons un petit voyage en gang afin de découvrir deux autres montagnes fétiches de l’ouest. Nous partons donc vers les stations Kicking Horse et Lake Louise.

En embarquant à 8 dans la gondole nous menant au sommet de Kicking Horse, nous comprenons le sens du mot montagne. Ma mère a des frissons et nous sommes tous émus par le spectacle. Des bols alpins, des caps rocheux et des couloirs en abondance. Mon frère nous propose une première descente vertigineuse. Martin recule en regardant l’angle de la pente et se propose de prendre la piste qui contourne avec ma mère et les jeunes. À notre grande surprise, les 4 enfants veulent accompagner le king de la montagne alors je dois me porter volontaire pour les suivre et possiblement ramasser les morceaux en descendant. Après sueur et angoisse de voir ma gang… dans le ravin… Je peux reprendre ma respiration enfin arriver à la base! Il semble que notre entrainement de l’hiver ne fut pas inutile. On s’adapte tous tranquillement aux nouveaux angles de la montagne et finissons par apprécier l’expérience.


Le lendemain, après de nombreuses hésitations, nous décidons de partir Martin et moi, avec mon frère comme guide, pour vivre une aventure de back country… pendant que ma mère accepte gentiment de garder ma gang et se baigner à la piscine de l’hôtel. Après une heure de marche dans un décor digne des films de ski, nous arrivons finalement au sommet de Kicking Horse, à l’extérieur de la zone patrouillée. Nous sommes prêts à recevoir une formation de base pour récupérer une personne prise dans une avalanche. La survie de mon frère en cas de risque repose sur nos épaules. Je suis d’abord nerveuse sur mes capacités à comprendre la technologie d’un appareil émetteur d’onde, un arva. Mon frère nous donne un cours théorique et pratique pour nous donner confiance à récupérer quelqu’un dans un temps très court avec notre équipement de base « arva-pelle-sonde ». J’apprécie la formation et mes craintes s’apaisent. Mon frère nous apprend aussi le minimum pour réagir dans une avalanche et lire le terrain de façon sécuritaire. Nous descendons un à la fois pour constamment assurer la personne qui descend. Je me sens comme les policiers dans une mission importante. Mon frère nous sécurise et arrive à nous transmettre sa passion pour son terrain de jeux de rêve. Nous ne faisons que deux descentes dans notre journée mais… c’est la qualité qui compte… D’autant plus que même les montées sont grandioses et bonnes pour notre entrainement physique. Lors de notre deuxième descente, nous avons marché encore plus loin pour s’offrir de la vraie neige sans trace. Je comprends maintenant l’obsession de mon frère pour s’offrir des vierges… Quel beau cadeau de s’offrir à 40 ans une journée de passion avec mes deux hommes importants de ma vie et le troisième qui devait sûrement veiller sur nous d’en haut.


Les avalanches… par Médrick :

Cette année, j’ai découvert un sport que vous connaissez tous, le ski. En fait, j’ai découvert ce sport mais en différent. C’est du ski hors des limites de la montagne patrouillée. C’est du hors piste.

Il y a plusieurs moyens de se rendre hors des limites de la montagne. Soit tu mets des peaux de phoque en dessous de tes skis pour monter à ski. Tu peux aussi choisir n’importe quelle montagne et monter en héliski, en catski ou en motoneige. La façon la moins chèr mais la plus forçante est de marcher à pied avec tes skis dans un sac-à-dos.

Quand on va hors piste, il y a beaucoup de neige poudreuse donc beaucoup de possibilité d’avalanche. Si un de tes amis se fait prendre, tu as besoin d’équipements pour tenter de le sortir de la neige. Quand il y a un gros soleil, les rayons reflètent sur la neige et t’aveuglent, donc pour éviter cela, tu as besoin de lunette fumée. Un sac à dos pour mettre nos skis est très utile au lieu de les mettre sur notre épaule. Pour finir, des peaux de phoques pour marcher.

Dans l’équipement de secours : Arva, pelle et sonde. Le Arva a deux modes : émetteur et receveur. Lorsqu’on ski, il est toujours en mode émetteur mais s’il y a une avalanche et que ton ami est emporté, tu dois le mettre en mode capteur pour que ton appareil puisse te signaler où ton ami est ensevelie sous la neige. Quand tu sais à peu près où il est, tu prends ta sonde (longue tige de métal) et tu piques dans la neige à différents endroits jusqu’à ce que tu rencontres une résistance. Si tu touches quelque chose, tu prends ta pelle et tu déneiges ton ami. Tu t’es dépêché à faire tout çà rapidement, car après 15 minutes sous la neige, ses chances de survies ne sont que de 50%.

J’ai adoré aller en hors piste car il y a plus de neige poudreuse que n’importe où sur la montagne. Quand on ski dans la poudreuse, on a l’impression de flotter… Par contre, c’est très forçant de tout monter à pied pour se rendre!

Pour couronner ce petit voyage, nous sommes finalement allés skier au Lake Louise. Le soleil et le paysage digne d’un vieux 20$ était au rendez-vous. Ma mère a eu le courage d’affronter la montagne pour suivre ses enfants et ses petits-enfants au sommet. La dernière partie se faisant sur un pommeau… Même lorsqu’elle prend une débarque, elle continue de m’impressionner avec sa bonne humeur, son positivisme et sa flexibilité à nous suivre même si nous oublions parfois qu’elle n’a plus 20 ans. Tant qu’à mon frère, il complète son entrainement des clifs et des drops avec ma gang… Il nous offre même un magnifique 360 du haut du rocher!


C’est en repensant à ces deux belles semaines de ski, de complicité, d’aventures et de partage que nous devons se dire au revoir dans l’émotion. Je ne sais pas si j’aurai la chance de revivre des moments aussi intenses avec ma famille en compagnie de ma mère et mon frère. C’est un privilège d’être parvenue à se synchroniser pour tous se croiser. J’ai apprécié chaque instant et je suis certaine que les enfants en garde un souvenir très précieux!

Le retour au condo annonce une nouvelle étape qui se prépare… Il nous reste une dernière semaine pour organiser et planifier la suite tout en profitant des dernières journées de ski…!

Les colocataires d’hiver dans la roulotte…!

Pour notre dernière étape de notre année sabbatique, nous avons réfléchi à différentes possibilités. Évidemment, la condition médicale de Maëlie étant notre premier critère de décision. Pendant tout l’hiver à Sun Peaks, elle a été suivi aux deux semaines. Des échographies démontrent une dégradation significative de son rein dans les derniers mois mais sa fonction rénale, monitorée par des prélèvements sanguins, semblent plutôt stable. Nous n’avons donc aucun indice clair pour prendre une décision.

Le médecin pédiatre, peu habitué de suivre une condition aussi aigüe, semble surpris à chaque semaine de voir Maëlie aussi en forme et s’attend à chaque semaine à une entrée d’urgence à l’hôpital. Considérant cet état critique, nous envisageons d’abord de rester dans la région et d’offrir nos services pour faire du bénévolat dans une ferme. Les enfants semblent apprécier l’idée. Nous envoyons une lettre de motivation à nos différentes connaissances dans la région. Plus le temps avance et moins nous avons de réponses. Martin commence à regarder le prix des billets pour Hawaï. En fait, nous cherchons une solution pour les quelques semaines d’avril qui seront trop froides pour camper dans notre roulotte au Canana. Le coût potentiel d’annulation semble trop élevé car il y a les réservations de maison et de voiture à Hawaï. On décide donc finalement de revenir à notre confort et notre chez nous, dans notre roulotte. Nous descendrons pour quelques semaines vers le sud ouest des États-Unis pour profiter d’un climat chaud. J’aurai ainsi la possibilité de revenir rapidement en avion avec Maëlie et Martin nous rejoindre en quelques heures avec la roulotte et les enfants en cas de nécessité médicale.

Nous sommes tous satisfaits de notre décision et partons en direction de Squamish près de Vancouver pour retrouver notre chère roulotte… Nous savions déjà qu’un petit travail de nettoyage nous attendait car nous avions vu quelques crottes de souris en allant chercher notre pick up en janvier… Mais là, la véritable surprise restait à venir…! Dans la catégorie des surprises qu’on pourrait bien se passer. OUACH!!!

Pendant que je m’occupais des enfants à l’hôtel pour la soirée, Martin part commencer le ménage pour accélérer les travaux. Il revient tard et complètement découragé. Il y a des excréments partout… l’odeur est infecte et tout semble contaminé. Le lendemain matin, nous partons en famille muni de gants et de masques pour venir à bout des cadeaux de nos visiteurs. Après une heure à mettre tous les lits, les vêtements, les jouets et l’ensemble de nos effets personnels à la poubelle, je sors le drapeau rouge. Les enfants pleurent leurs toutous et moi je retiens ma nausée devant des conditions aussi infectes… Nous déclarons forfaits et téléphonons nos assurances pour recevoir du renfort… surtout après la découverte d’un cadavre dans le lit des enfants… Un gros rat! C’est pire que l’Inde…!

Évidemment, tout ne s’organise pas aussi vite que nous le souhaiterions. Les assurances ne considèrent pas notre situation urgente puisqu’il ne s’agit pas de notre résidence principale. Tout le monde est en santé et nous apprécions relever les défis mais la vie dans une chambre d’hôtel ne faisait pas parti de nos premiers choix envisagés pour les prochaines semaines.

Nous devons louer un local pour entreposer nos effets décontaminés et organiser le grand nettoyage du printemps.

En attendant, les devoirs se poursuivent le matin dans la salle de conférence de l’hôtel et c’est la baignade dans l’après-midi. Mes moments préférés ne sont sûrement pas les déjeuners et les dîners par terre dans la chambre de l’hôtel. Mon budget n’apprécie pas tous les soupers au restaurant mais ma grande surprise c’est que les enfants ne sont même plus excités d’aller manger au McDo, mon estomac non plus. En fait, nous commençons à découvrir les saveurs des salades McDo… c’est sûrement un signe de trop grande fréquentation et d’écoeurement au royaume du hamburger. Peut-on être signalé à la DPJ pour excès de fast food?

En fait, le moment favori des filles, en m’excluant, fut le magasinage à Vancouver. Je pense que l’émotion était aussi grande qu’à Disney… Trois gros paniers remplis de vêtements, literies, serviettes et toutous… Toutes les peines ont disparues comme par enchantement. Je ne sais pas de qui retiennent nos greluches? Un vrai Noël des campers au mois de mars.

Finalement, les péripéties auront duré presque deux semaines… Tout est maintenant propre et neuf pour reprendre le départ vers le sud-ouest des Etats-Unis. Au programme : escalade, vélo de montagne et planche à voile tout en visitant les parcs nationaux.

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Skier à Sun Peaks

Le retour vers le Canada fut un succès. Nous avons même récupéré le soir de notre arrivée nos colis gentiment envoyés par mon frère avec une partie de notre équipement de ski…! Nous sommes donc épuisés mais complètement satisfaits de se retrouver dans notre condo au cœur du village de Sun Peaks. Les enfants sont heureux de constater qu’ils auront un lit à eux seul pour les prochaines semaines. Il y a même quatre salles de bain propre dans le condo…! Personne ne semble se plaindre du changement radical du mode de vie. D’ailleurs, lorsque je cuisine, je me sens maintenant comme une grande chef de haute gastronomie. Je pense que les enfants se sont vraiment ennuyés de la nourriture de maman!

Par contre, pas de temps pour relaxer… Il y a des choses qui ne changent pas! Nous disposons d’à peine 24 heures avant que les cours de ski des enfants ne débutent. Comme le village de Sun Peaks est à 1 heure de route de la ville, nous devons tout trouver dans la même journée… Ski, habits de neige, tuques, casques, lunettes, vêtements chauds… et méga épicerie! Mission accomplie… Les enfants sont presque prêts pour affronter les pentes enneigées.

Du côté des adultes : Moi, je vais passer 2 jours à essayer des nouveaux skis avant de choisir mon modèle. Je ne peux pas dire que je sens beaucoup de différence après 10 ans de chasse-neige avec un enfant entre les jambes pour l’initier. Par contre, je découvre le plaisir du carving ainsi que l’amour pour la poudreuse. Mon frère et mon homme font donc consensus pour me choisir un bon ski polyvalent, mes filles approuvent l’esthétique pendant que ma mère paye la facture… C’est un travail d’équipe qui me convient bien!

Pour Martin, c’est évidemment plus compliqué… Il passe beaucoup de temps à analyser les différents scénarios. Comme dirait mon frère, il est redevenu un ado qui trippe dans la neige. Il doit trouver la meilleure option. Un des choix est de poursuivre avec son « snowboard » tout l’hiver mais il ne se sent pas à l’aise dans la poudreuse et les sous-bois. Il pourrait se racheter un équipement de télémark pour les sous-bois mais après une journée d’essai, il est déçu de ne pas vraiment « carver ». Alors, il essaye aussi des skis alpins mais ne trippe pas autant qu’avec son snow… En attendant de bien murir sa réflexion, il doit endurer son snow et prendre de multiples débarques très élégantes dans les sous-bois… Nous sommes patients et l’attendons pendant qu’il se transforme en bonhomme de neige dans la poupou! En conclusion… la réflexion fut tellement longue qu’il a eut le temps de développer ses aptitudes dans la forêt et d’apprécier au maximum son snow… Il semble pouvoir rêver de surf en effectuant ses virages sur la neige… En attendant sa planche à voile et son vent!

Nous avons donc une belle petite routine qui commence à prendre forme. Le matin les enfants travaillent sur leur matière scolaire et l’après-midi nous partons tous en ski… C’est un beau programme sport-étude!

Martin : commence à prendre forme ? hey oh ça de va pas la perception?! La maîtresse d’école a commencé le premier matin que nous sommes arrivés et n’a pas pris un jour de congé depuis!

Les cours de ski du samedi se passent très bien. Médrick est enfin dans un défi à la hauteur de ses talents. Il doit skier à toute allure pour suivre le rythme du groupe. Ça fait changement de la patience qu’il déploie lorsque nous skions en famille… Il y a toujours une Kaïlane à relever dans la neige, une Loïkim qui doit réajuster son équipement ou un Martin qui embrasse un arbre! Pour les deux filles, Maëlie et Loïkim sont dans le même groupe avec un professeur privé. Alors elles travaillent leur anglais autant que leur ski! Pour Kaïlane, le défi est surtout au niveau de se séparer de sa mère. C’est un bon défi nécessaire autant pour elle que pour moi… Pour son ski, c’est vraiment magnifique de voir un bout de 4 ans avec ses petits bâtons sous les bras pour faire du « downhill » et rattraper la gang. Elle est championne pour tourner en parallèle et trippe dans la grosse neige dans la forêt parfois plus creux que ses genoux.

Il semble que notre Kaïlane ait une bonne estime de ses compétences de skieuse. Elle nous a fait bien rire un matin. Comme nous préférons dîner à la cafétéria de la montagne, Martin transporte à tous les jours un petit sac avec nos sandwichs du midi sur son dos. Après avoir observé quelques débarques de son père, Kaïlane lui propose sérieusement de transporter le sac de sandwichs. Elle nous informe que de cette façon nous pourrons manger un lunch moins écrapouti. Merci Kaïlane!

Après notre première semaine, nous sommes contents de nos belles journées de ski en famille. Tout est agréable… Par contre, Martin et moi ressentons une légère déception pour la montagne. Il n’y a pas eu de nouvelle neige depuis 2 semaines. Nous espérions d’avantage de poudreuse et de sous-bois pour combler nos attentes avec les images de l’ouest Canadien.

Pour changer un peu la routine, nous offrons aux enfants la possibilité de faire aussi du snowboard à l’occasion. Loïkim a maintenant son équipement et les grands peuvent alterner en se partageant le même équipement. Les enfants adorent le nouveau défi. J’ai seulement l’impression de retourner 10 ans en arrière. Nous allons à la vitesse tortue sur les pentes débutantes pour pratiquer nos débutants. Kaïlane est comme devenue Miss Rapide qui doit attendre les autres. Nous optons finalement pour séparer la gang en deux ou trois groupes selon les forces, les vitesses et les intérêts. On se retrouve pour dîner… Les grands sont maintenant assez autonomes pour skier ensemble et nous retrouver au condo. En fin de journée, les trois grands adorent faire la piste de « snowpark ». En fait, Médrick passerait ses journées dedans mais mon cœur de mère commence à avoir de la difficulté à la regarder filer à toute allure et jumper… J’aime mieux faire l’autruche et ne pas voir les possibles catastrophes!

Après notre deuxième semaine de ski, nous avons découverts les trésors cachés de la montagne. Nos attentes de sous-bois et de « poupou » sont comblées. Il fallait seulement découvrir ses portes secrètes qui donnent accès à de multitude pistes incroyables moins achalandées. C’est surtout les enfants, après leur cours de ski, qui nous partageaient leur nouvelle découverte. Nous sommes maintenant emballés de partir à la découverte de nouvelle piste et région à chaque matin… La montagne est grosse et gagne à être découverte!

Un samedi matin, lors des cours de ski des enfants, nous avons décidé Martin et moi de partir encore plus loin à l’aventure. Les habitués de la place nous suggéraient de monter à pied sur un autre versant de la montagne pour avoir accès à du backcountry vraiment incroyable et vierge. Comment résister à une telle proposition. Pendant que les enfants sont en cours de ski, qu’un gros soleil se pointe avec un ciel bleu intense, nous marchons pendant 45 minutes dans un décor surréaliste digne des plus beaux paysages canadiens d’hiver. Nous sommes seuls entre les sapins enneigés. Nous trippons vraiment et nous n’avons même pas encore commencé à descendre. La sensation de flotter dans la vraie poudreuse à chaque virage est comme un rêve. Martin me trouve toujours cucu quand je mets trop d’adjectifs mais là c’était vraiment inoubliable. L’expérience fut trop brève mais nous devions retourner chercher notre marmaille qui terminait déjà leur cours… Wow!

Après notre troisième semaine de ski, nous sommes un peu trop connus de l’équipe des patrouilleurs de ski de la montagne…

D’abord, lors d’un après-midi que j’avais hérité de la gang la plus lente en snowboard, Martin avait le plaisir de partager tout son temps exclusivement avec notre adorable Kaïlane. Il a vécu la panique de sa vie. Pendant que Martin était penché pour attacher son snowboard, Kaïlane a décidé de commencer à avancer pour se préparer dans la piste. Malheureusement, Martin n’a pas prit la même piste qu’elle. Lorsqu’elle a entendu Martin l’appeler, elle a décidé de traverser dans la forêt pour le rejoindre. Martin a continué de l’appeler en croyant qu’elle était descendue plus bas. La communication fut alors impossible. En arrivant en bas de la longue piste sans son bébé de 4 ans, Martin a demandé aux patrouilleurs de l’aider à retrouver sa fille. Tout le monde s’est rapidement organisé pour chercher notre puce. Martin a descendu et remonté 3 fois les pistes pendant 45 minutes en hurlant et pleurant pour retrouver sa fille… C’était le drame total car il savait qu’elle était sûrement dans la forêt puisque dans les pistes nous l’aurions déjà retrouvée. Comme Martin a déjà lu sur comment mourir sur les montagnes de l’ouest, les enfants savent que le plus risqué est de passer près des sapins qui forment un parapluie de neige et un trou très dangereux dessous… Dans le stress, Martin n’a pas vu le message en bas de la remontée mécanique qui indiquait la bonne nouvelle alors imaginez son émotion lorsqu’il a aperçu Kaïlane saine et sauve dans les bras de la patrouilleuse en haut de la chaise.
Il n’y avait pas des mots qui pouvaient sortir de leur bouche, seulement des larmes et le plus gros câlin du monde… Kaïlane nous a ensuite expliqué qu’elle entendait les patrouilleurs crier son nom lorsqu’elle était coincée sous le sapin mais… elle était trop gênée pour répondre! Se sont finalement ses pleurs qui ont averti de sa présence! Quelle soulagement de retrouver notre petit trésor.

Malheureusement, ce n’était que le début de nos aventures avec les patrouilleurs de la montagne. Le pire restait à venir. Quelques jours plus tard, suite à notre incroyable aventure dans le backcountry de la montagne, nous avons désiré partager ce plaisir avec notre gang. Alors par un beau matin ensoleillé, nous décidons d’explorer un nouveau versant de la montagne. Nous profitons que nous sommes la fin de semaine pour utiliser le T-bar qui monte encore plus haut vers l’arrière de la montagne. Évidemment, une pancarte indique que la station n’est pas responsable des individus qui choisissent de franchir la corde. Nous lisons d’autres pancartes indiquant que les risques d’avalanche sont considérables et que les secours de la montagne ne couvrent pas cette zone. De plus, tout « rescue » engendre des frais minimum de 500$. C’est donc en toute connaissance de la situation que nous invitons les enfants à nous suivre dans un paradis de poudreuse. Dès les premiers mètres, tout le monde apprécie de flotter sur la neige. Une sensation nouvelle et unique. On entend des cris d’excitation et de plaisir de tout le monde. Martin nous filme en disant voici la famille perdue à l’arrière de la montagne, seul au monde… On ne croyait pas que ses paroles allaient se révéler aussi réelle.

Après une trentaine de minutes à se balader entre les sapins, nous commençons à espérer croiser la piste qui va nous ramener sur la montagne. Nous tentons de garder la gauche pour se rapprocher de notre objectif. Nous arrivons à une section plus abrupte et dense en végétation. Nous observons que nous franchirions un point de non retour si nous poursuivons. La piste que nous espérions croiser n’est pas là. Le terrain devient plutôt vraiment abrupte et semble conduire au creux d’une vallée entre deux montagnes. Nous arrêtons notre descente pour réfléchir aux décisions importantes que nous devons prendre qui auront une importance majeure sur la sécurité de tous. Nous avons le choix de poursuivre en espérant que le creux de la vallée mène à quelque chose de sécuritaire en sachant que le retour en arrière sera pratiquement impossible ou revenir maintenant sur nos pas en sachant que les enfants n’arriveront pas à parcourir toute la distance sans aide avant la nuit…

Il y a comme une petite panique qui s’installe à l’intérieur de moi. Les enfants, en particulier Maëlie qui est sensible à mes états d’âme devine que la situation est critique et pleure. Martin me regarde pour m’obliger à retrouver mon calme. Martin propose d’aller voir plus loin pour évaluer la situation. Je refuse qu’il fasse un pas de plus et le supplie de revenir sur nos pas pour aller chercher du secours avant qu’il soit trop tard et que notre balade se termine en catastrophe.

Martin accepte de faire marche arrière mais le climat et le moral de la famille est proche de la panique. Martin abandonne son snowboard après 10 minutes d’efforts à monter une côté qui l’enfonce jusqu’à la taille à chaque pas. Nous arrivons rapidement à la conclusion que la seule solution possible pour espérer ne pas passer la nuit dans la forêt est de se séparer et de laisser Martin partir seul chercher du secours.

Je me retrouve donc seule pour supporter moralement et physiquement les enfants dans cette situation critique. Pendant ce temps, Martin doit ramper pour arriver à remonter la pente qui a une quantité de poudreuse énorme. Son adrénaline est au maximum et il sait que le temps est un enjeu primordial dans cette situation hivernale.

Après moi-même avoir fait quelques pas dans la neige avec les enfants, nous devons abandonner aussi nos skis pour espérer s’en sortir. Ayant repris mon sang froid, je réfléchis à la situation. J’explique aux enfants que la seule solution possible pour espérer que la situation se termine bien c’est de garder notre calme, travailler en équipe et conserver notre chaleur. Pour ne pas se refroidir, nous devrons constamment être en mouvement jusqu’à la nuit. Nous marcherons aussi en direction des secours. S’il arrivait quelque chose à papa ou que les secours n’était pas en mesure de venir à cause de la tempête de neige qui commence à s’intensifier, nous devons espérer arriver ensemble, même si nous devrons marcher 2 ou 3 jours.

Les enfants collaborent mais la marche s’avère extrêmement exigeante et pénible pour effectuer chaque pas. De plus, la visibilité est de plus en plus réduite à cause de la tempête et les enfants commencent à avoir faim. Je propose donc un petit arrêt pour manger et prendre quelques forces. Rapidement, les enfants se refroidissent et grelottent. Nous repartons donc la marche. Kaïlane arrive à peine à mettre un pied devant l’autre. Je dois la relever à chaque pas et moi m’enfoncer dans la neige jusqu’au hanche à chaque coup. Kaïlane pleure d’épuisement, de peur ou de froid…? Je la serre dans mes bras pour nous réconforter. Je demande à ma gang du soutien.

C’est à ce moment que Médrick et Maëlie décalent leur pas dans la neige pour former un chemin pour Kaïlane et que les habiletés créatrices et verbaux moteurs de Loïkim arrivent à changer les idées de notre bébé. Le groupe affronte maintenant la tempête et la forêt avec complicité et détermination. Les enfants inventent des étapes et des points de repaires pour nous motiver. Les trois grands qui ouvrent le chemin devant inscrivent des messages sur la neige pour motiver Kaïlane à avancer. Tout le monde raconte comment nous allons construire notre abri pour la nuit avec les branches de sapin. Les enfants s’amusent aussi à inventer des histoires farfelues sur comment nous allons survivre dans la forêt comme Ayla (héroïne inspirée des 5 romans lu par Médrick, Les enfants de la terre). Nous marchons ainsi pendant plus de trois heures, parfois avec un bon rythme mais parfois avec difficulté mais jamais nous arrêtons.

À un moment, les enfants croient entendre le bruit d’une sirène, ils sont alors certain que les secours arrivent. Je leur explique que c’est sûrement un mirage! Pourtant, une quinzaine de minutes plus tard, alors que nous étions rendus à l’étape de porter Kaïlane sur mon dos, un humain apparaît devant nous. Les enfants sont fous de joie ainsi que moi-même qui ressent un soulagement inimaginable. Par contre, je pense que c’est le patrouilleur qui fut le plus surpris. Lui qui s’attendait à secourir une mère avec ses quatre enfants gelés en état de choc à plus d’un kilomètre de distance, il est devant une famille qui chante et sourit à moins de 100m du point d’arrivée. Il s’assure tout de même que personne n’est blessé ou gelé et m’informe que les secours devraient arriver bientôt.

Comme les motoneiges sont incapables d’avancer dans ces conditions, nous devons attendre l’immense dameuse à chenille. Lorsque dans le brouillard, nous apercevons les deux fars de l’immense engin et que je croise le regarde de mon homme… Enfin, le réel soulagement m’envahit.

De leur côté, les enfants sont excités de faire une balade aussi exceptionnelle. Surtout qu’ensuite, il y a trois motoneiges qui nous attendent pour nous conduire au chalet. Pendant ce temps, Martin tentera de récupérer notre équipement avec la dameuse et le patrouilleur. Malheureusement, ils ont dû abandonner ce sauvetage à cause de la distance et du terrain… Nous verrons à cela demain. L’important c’est que tout le monde va bien… à part mon sentiment de compétence maternelle.

Évidemment, le directeur de la montagne et celui de la patrouille sont très gentils avec les enfants en leur offrant chocolat chaud et biscuit… Par contre, leur regard accusateur et leur colère sont dirigés contre les parents. Lorsque nous sommes tous réunis, nous avons droit à un sermon dans les règles de l’art. Je pense que nous le méritons vraiment… Je réagis avec un grand sentiment de culpabilité tandis que Martin réagit plutôt avec un besoin de se justifier. Les deux responsables ne sont pas ouverts à la discussion et menace de nous retirer notre passe de saison. Je tente d’adoucir les conséquences… Nous repartons donc avec une amende qui arrivera par la poste pour les frais encouru par les secouristes (500$).

Ouff, ouff et ouff… Nous arrivons finalement au condo! Nous avons une bonne discussion avec les enfants et rediscutons de la situation une partie de la soirée pour analyser nos erreurs mais possiblement aussi nos bonnes décisions. Je passe une très mauvaise nuit à repasser tout cela dans ma tête mais je me réveille tout de même plus en paix avec moi-même. Je comprends parfaitement la position des responsables de nous juger mais comme j’ai l’habitude de grandir en focussant sur le positif et que la nuit porte conseil j’en arrive à une conclusion moins horrible pour mieux me comprendre et me justifier dans cette situation.

D’abord, il faut mettre en contexte que nous sommes effectivement des parents téméraires qui aiment prendre des risques calculés mais évidemment sans jamais mettre la vie de nos enfants en danger. Le risque de laisser notre travail, le risque de laisser notre maison, le risque de voyager avec une enfant ayant une condition médicale, sans assurance, le risque d’aller en Asie avec 4 enfants… Toujours dans le but de vivre intensément avec nos enfants et partager des moments ensembles.

Ensuite, les derniers mois ont permis à nos enfants de développer des habiletés à s’adapter à des situations inattendues. Ils ont une certaine pratique de situations exigeantes et intenses où ils doivent coopérer et faire confiance aux décisions de leur parent. Ils nous ont entendus plusieurs fois dans les derniers mois répéter qu’il y a des solutions à tous les problèmes mais qu’il faut persévérer pour l’atteindre. Les enfants nous ont réellement prouvé pendant cette expérience qu’ils s’étaient adaptés à notre mode de vie et pouvait maintenant même contribuer à rendre certaine expérience plus agréable.

Nous avons assurément pris une mauvaise décision d’amener les enfants dans un nouvel environnement. Par contre, je pense que les responsables auraient pu aussi reconnaître les bonnes décisions que nous avons prises en choisissant de revenir sur nos pas. De plus, ils auraient pu considérer le bagage de la famille avant de trop nous juger. Je comprends qu’on ne peut demander à un enfant de courir s’il ne sait pas marcher… Mais on peut demander à ma gang de collaborer dans des moments critiques. De plus, ils étaient physiquement assez en forme pour affronter le défi. Bravo aux enfants qui ont impressionné l’équipe de patrouilleurs…

En conclusion, nous avions hésité à se payer une journée de skidoo avec les enfants puisque c’était trop dispendieux. Nous avons donc bénéficié d’un tour de dameuse en bonus! Soyez rassuré que les enfants sont nullement traumatisé par leur expérience… Les filles étaient fières du tour de skidoo et je pense qu’à quelque part, Médrick était presque déçu de ne pas faire l’expérience d’une nuit en forêt.

Le lendemain, Martin a eut le plaisir d’expérimenter le backcountry avec son ami Paul. C’est celui qui lui avait prêté les télémarks dans la première semaine. Ils sont donc retournés ensemble pour récupérer l’équipement abandonné par notre gang la veille. Martin avait depuis longtemps le désir d’essayer de marcher avec des peaux de phoques sous les skis. Merci à Paul pour la belle compagnie et l’équipement nécessaire.

Nous serons assurément plus conformistes dans les prochaines semaines mais… pas trop! Comme mon frère est guide de montagne et le pro dans le domaine… nous renouvèlerons notre expérience dès son arrivée au mois de mars mais avec les équipements nécessaires et une meilleure préparation… C’est à suivre!

Moi qui avais peur de ressentir la monotonie dans cette partie de notre aventure en famille. Je ne savais pas que le Canada nous offrirait des défis et des émotions plus fortes que l’Asie.


Du côté médical

Martin n’a pas été exact dans son calcul de notre date de retour au Canada en fonction des probabilités de complication médicale de Maëlie. En fait, il a été une semaine en avance. Je pense que le rein de Maëlie était heureux en Asie. Après à peine quelques jours, notre puce souffre déjà et nous devons visiter le système hospitalier de Kamloops. Le pédiatre est très inquiet à la vue de l’écho rénale, il nous envoie en urgence pour une opération à Vancouver. Nous sommes inquiets mais pas autant que lui… Nous contactons l’urologue du Children de Vancouver qui communique avec nos spécialistes de Ste-Justine. Nous sommes encore entourés d’une équipe professionnelle, efficace et gentille. Maëlie a déjà son réseau de contact dans l’ouest. La pédiatrie spécialisée est un petit univers et les spécialistes semblent déjà se connaître. Le rein de Maëlie s’est effectivement détérioré mais il n’y a pas lieu d’intervenir maintenant. Nous sommes maintenant à une fréquence de prise de sang aux semaines ou deux pour monitorer la fonction rénale. On garde un suivi régulier pendant que notre puce se porte bien et continue de bien se développer… sur les pentes de ski!

Tant qu’à Loïkim, il semble qu’un plombage de dent Vietnamien ne soit pas très dispendieux mais pas très efficace non plus… Elle aura besoin d’un suivi dentaire important. Vive le retour au Canada!