Rio Vista… Région de San Francisco

Après plus de trois belles semaines parfaites de planche à voile (24 journées) sur le bord du lac Isabella… quoi rêver de mieux? Trois autres semaines encore plus parfaites (25 journées) de planche à voile à Sherman Island près de San Francisco! Pourquoi c’est encore plus génial? Le site offre beaucoup de diversités autant pour les activités aquatiques que les activités terrestres.

À notre grande surprise, l’eau était agréablement chaude pour la baignade. Le niveau de compétence en planche de chacun s’étant amélioré, nous étions plus habiles pour gérer les marées, le courant, les vagues et évidemment le vent! Nous avons tout particulièrement apprécié la petite plage de bambou qui nous protégeait du vent tout en profitant du spectacle des planchistes avancés.

En planche à voile, Martin reste évidemment le King de la famille! Tant qu’à Médrick et moi, nous alimentons la rivalité qui stimule nos apprentissages. Ma maturité me permet de garder une avance dans certaines habiletés comme les water start et l’utilisation du harnais. J’ai même sortie une journée de presque tempête avec une petite voile 3.3. J’ai vécu plus d’émotions que mon cœur ne peut supporter. Par contre, sa jeunesse et sa témérité lui permet de pratiquer des figures trop intrépides pour moi comme les clews-first. Il a une bonne endurance et adore la vitesse. Médrick pratique presque tous les jours et cumule parfois près de 6 heures sur l’eau dans sa journée. Tant qu’aux filles, elles préfèrent encore la baignade mais acceptent de pratiquer quelques allers-retours. Maëlie performe lorsqu’il y a des spectateurs pour l’encourager. Loïkim est stimulée lorsque Martin l’accompagne en faisant des singeries pour la faire rire. Tant qu’à Kaïlane, elle accepte le défi en retour d’une récompense sucrée… À chacun sa motivation!

Pour faire différent et tenter l’aventure, Médrick et moi avons fait une descente de rivière en planche à voile une après-midi que le courant était dans la même direction que le vent. Nous avons descendu quelques km pour se faire repêcher par Martin qui nous suivait en pickup. Le stress était d’abord très élevé de se retrouver au centre de la rivière près des barges et des cargos. Après quelques virages, nous avons été en mesure d’apprécier le se laisser planer en descendant le vent à toute allure!

Lors de la journée de la fête des pères, nous avons inscrits les enfants à un cours de planche à l’occasion d’un festival pour les enfants. Cadeau idéal pour mon homme! Toute sa marmaille sur l’eau autour de lui pour célébrer le vent et les papas heureux de la Californie… Les mamans ne se plaignaient pas en observant le beau et célèbre Jason Voss qui partageait sa passion aux jeunes.

Chaque instant des journées est bien occupé. Martin, se lève tôt pour profiter des fortes brises du matin. À son retour, déjeuner et étude pour les enfants. En après-midi, plaisir de planche et de plage pour revenir parfois tard… Mais jamais trop pour permettre à mon homme de retourner se gâter en soirée sur un splendide couché de soleil. Toujours le premier sur l’eau le matin et le dernier à sortir… C’est ça l’urgence de profiter du moment présent!

Finalement, 25 journées presque consécutives de planche… Pas de pause à cause du vent sauf une seule journée… où il était déchainé! Tellement intense que nous avons passé notre journée à secourir une famille qui avait fait naufrage la nuit précédente lors de la tempête. Pour une fois que ce n’est pas nous les téméraires dans le trouble… En fait, la veille, nous avons vu un voilier s’ancrer près de la berge pour profiter d’un après-midi ensoleillé. La petite famille semblait paisible jusqu’en soirée où le vent s’est mis à souffler de façon exceptionnelle. Les prévisions météo annonçaient des vents de 60-80 km/heure. Vers 11 heures du soir, Martin était inquiet pour le voiler mais ne voulait pas trop se mêler des affaires des autres. Malheureusement, le lendemain matin, nous avons appris que le voilier s’était échoué. En offrant notre aide aux équipiers du naufrage sur la plage, nous avons su que les propriétaires du voilier étaient une famille avec un enfant de 3 ans, Jakob. Le père est allemand (Timo) et la mère marocaine (Najlae) enceinte de 7 mois. Avec leur ami Gaël, un montréalais et leur ami Louis, un tunisien, nous collaborions à vider tous les effets personnels du voilier. Nous avons appris que les occupants ont été secourus en pleine nuit. De plus, ils venaient de perdre leur maison puisqu’ils vivaient à bord. La situation étant tellement triste que nous avons décidé rapidement de s’impliquer activement pour les aider. La mère et l’enfant ont passé la journée dans la roulotte pendant que les hommes s’occupaient des travaux sur le voilier. Najlae m’a impressionné par son calme et son positivisme. Mes enfants ont été essoufflés par les besoins moteurs d’un petit garçon de trois ans. Mais nous avons tous été émus de partager les repas de la journée en compagnie de différentes cultures avec des gens chaleureux et très agréables. Nous avons eu le plaisir de les revoir quelques jours plus tard et qu’ils ont des solutions devant eux.

Leur famille est saine et sauve mais la tempête à aussi fait d’autres naufrages que nous n’avons pas été en mesure d’aider. Parmi nos huit petits lézards chassés fièrement au Lac Isabella, nous avons dû faire le malheureux constat que plus de la moitié avaient disparus pendant la nuit de la tempête. Bien que nous offrions beaucoup de nourriture et d’attention à nos colocataires, nous avons aussi fait la triste découverte que les chats du parc se faisaient un plaisir de sauter dans le bac en soirée pour s’amuser avec nos précieux reptiles. En conséquence, il ne nous reste qu’un seul petit spécimen ainsi qu’un gros…! Nous sommes maintenant très vigilants et espérons assurer la survie de nos amis du désert. Les enfants continuent la chasse aux mouches et aux araignées dans les toilettes. Notre dernier espoir c’est que les trois œufs que nous avons eu le plaisir d’observer lors de la ponte pourront éclore en captivité. Nous avons d’ailleurs tous été fascinés par ce spectacle d’accouchement pendant que Martin ne pouvait pas croire qu’on observe avec autant d’intérêt un œuf sortir d’un lézard pendant qu’un vent parfait nous attendait à la plage…

Évidemment, la planche à voile occupe une grande place dans notre horaire mais il reste plusieurs autres plaisir surtout pour les enfants. Le site est très grand alors ils partent tous les jours à l’exploration en construisant de nouveaux sentiers ou de nouvelles cabanes. Ils font des sauts à la perche avec les bambous ou se font des combats d’épées. Ils sautent à la corde à danser, font de la trottinette, du vélo et du patin à roue alignée. Martin installe aussi la slackline sur le terrain. Toutes les activités se passent à l’extérieur…!

Ce qui est différent sur ce site, c’est la proximité entre les roulottes qui entraine un phénomène de communauté et de socialisation. Nous avons créé des liens quotidiens avec de nombreux planchistes. Bob et sa femme sont des hôtes travaillants et accueillants. Évidemment, nos nouveaux amis sont tous des retraités mais comme nous leur disions souvent, nous sommes en pratique de notre retraite… Les enfants aussi les apprécient car ils ont presque tous un chien aussi vieux qu’eux-mêmes donc très calmes. Ces chiens ont tous des rhumatismes, sont lents ou aveugles. Ce ne sont pas des bêtes impressionnantes. Les enfants pratiquent leur anglais en faisant chaque jour leur tournée de « Can I pet your dog ? ». Les fins de semaine, une clientèle de jeunes familles envahit la plage. Les enfants socialisent et se donne des rendez-vous pour la fin de semaine suivante. Les samedis soirs, c’est presque le party dans l’unique rue du terrain de camping!

À quelques jours de notre départ pour rejoindre mon frère en Oregon, nous n’étions pas encore rassasiés de nos aventures sur le site. Grâce à la flexibilité et l’ouverture de mon frère, nous l’avons convaincu de venir nous rejoindre pour quelques jours…

Francis, le héro de la montagne, le sportif intrépide qui n’a peur de rien avait toujours promis de nous épater en quelques heures sur une planche…! L’heure était enfin arrivée de faire ses preuves et d’affronter le vent.

Le premier matin, un petit vent doux accueille mon frère pour lui permettre de découvrir l’humilité, la persévérance et l’autodérision. C’est toujours agréable de voir les premières étapes frustrantes de la planche qui nous amène à faire des culbutes et des vols planés peu glorieux. Mon frère ne manque pas de prof pour lui prodiguer des conseils. Tout à son honneur, il ne manque pas de détermination pour enchainer les débarques. Malgré les faibles résultats sur l’eau, Francis garde le moral et y retourne en après-midi. Alimenté par une confiance de débutant, il part affronter la rivière en sous estimant l’effet du courant. Plus il tente de revenir à la plage, plus il s’en éloigne. Pendant que nous préparons notre équipement pour l’aider, nous envoyons Médrick l’encourager. Après quelques minutes d’observation incrédule, je constate que mon fils ramène glorieusement son parrain accroché derrière sa planche pour lui éviter la marche de la honte…! Comment passer de héro à zéro…? Après quelques journées de pratique, mon frère doit admettre que c’est un sport très technique et difficile. Malheureusement, il n’a pas encore atteint le minimum pour ressentir de l’adrénaline… De mon côté, je dois admettre qu’il a été très déterminé dans ses pratiques et que j’ai eu beaucoup de plaisir à photographier ses pirouettes.

Profitant de la présence de mon frère, nous avons décidé de tenter une aventure de kayak tel que recommandée par des fidèles adeptes de la place. Ce dernier nous prête même l’équipement nécessaire pour partir découvrir les merveilles de l’autre côté de la rivière. Médrick et Maëlie décident de nous accompagner. Nous devons donc affronter le contre-courant, le vent et les vagues pendant près de deux heures avant d’arriver au petit cocotier. Les inventions de kayak sont inefficaces et le paddling (SUP) vraiment impossible à pratiquer. C’est avec les mélodieuses paroles d’encouragement : « Chess… Bras…! » que nous arrivons finalement à destination. La balade de 15 minutes fut jolie mais pas nécessairement à couper la souffle tel que recommandé par notre ami Chuck. Disons que Martin était à quelques minutes de contacter la garde côtière pour organiser un sauvetage après notre quatre heures de ramage qui devait en prendre seulement deux…! Vive l’aventure!

Notre dernière activité dans la région de San Francisco fut la visite de la prison d’Alcatraz avec mon frère et mon fils. Pendant ce temps, Martin découvrait le musée des sciences avec les trois filles. La croisière pour se rendre sur l’île ainsi que la visite de la prison a été stimulante et intéressante. En fait, la description en français dans les écouteurs rend la visite réelle et concrète. Petite soirée agréable dans la ville!

L’étape de planche à voile se termine à Sherman Island mais l’aventure en gang avec mon frère se poursuit dans la région de Bend, OR. C’est pratique d’avoir un éclaireur qui part avant nous pour vérifier le terrain et nous indiquer un camping nature au cœur de la forêt et surtout au centre de multiples sentiers de vélo de montagne. Après avoir installé notre grosse roulotte dans la forêt, il restait à expliquer aux enfants comment utiliser une pelle pour ainsi faire nos besoins de façon hygiénique dans la vraie nature. À notre grande surprise, les deux jeunes avaient mal compris les explications… Elles sont donc revenues avec le tas dans un sac… Selon leur logique, la pelle devait servir à ramasser la crotte après son expulsion pour la ramener au campement… comme les chiens…!

La première soirée commence bien puisque c’est la fête de la St-Jean-Baptiste… Un gros feu, des guimauves et de la musique québécoise… un peu de danse et c’est le party après quelques rigodons…!

Le lendemain, c’est la fête de Maëlie! On fête en grande en parcourant de nombreux sentiers de vélo de montagne. En fait, nous sommes sur un terrain de jeux pour grands enfants sur deux roues. C’est le festival des jumps, des rampes, des bascules et des pump tracks. En soirée, on déguste un bon repas sur le feu de camp et on fait un ravage au gâteau de fête. Une belle fête originale!

Ensuite, on passe quelques journées à explorer la forêt en vélo :

Premier constat, Kaïlane est très motivée à devenir une sportive à part entière. Elle ne veut plus se faire tirer par la girafe. Elle nous impressionne par ses habiletés à gérer les roches, les racines et les virages en tête d’épingle. Ses cuisses de béton l’aide à gravir plusieurs côtes.

Deuxième constat, nous apprenons une nouvelle variante du vélo de montagne. Après le cross-country, souvent très physique et cardio, et la descente trop extrême et coûteuse pour les remontées mécaniques… Il y a le Free Ride, un compromis entre les deux premiers : le plaisir de descendre la montagne sans les efforts pour la monter! Le même plaisir de sauter des rampes sans vider son portefeuille pour acheter des billets. Un seul inconvénient, il faut deux voitures ou le sacrifice d’une personne qui fait la navette pour déposer les sportifs en haut de la montagne et les reprendre en bas…! Avec mon frère, nous avons tous adoré cette nouvelle alternative qui permet aux filles de physiquement suivre et les plus intrépides de « pupper du stock » plus extrêmes.

 

 

 

 

Ensuite, on continue de partager nos sports en compagnie de mon frère. Il faut croire que notre compagnie est endurable et que mes repas sont mangeables… De notre côté, on commence à apprécier son odeur de café le matin et son odeur de sueur en fin de journée. Nous allons donc passer une journée dans la mecque de l’escalade à Smith Rock. Il fait extrêmement chaud mais nous avons la chance que la grimpe la plus fabuleuse du site est libre pour nous, la « five gallon bucket ». Mon frère monte en premier de cordée une difficile 5.9. C’est toujours pratique d’avoir un téméraire-orgueilleux dans notre groupe. Malgré sa première vraie chute, il parvient à installer nos ancrages au sommet pour nous permettre de tous profiter de son audace ou son manque de jugement. Après autant de sueur, la rivière fraîche nous invite à une petite saucette… en bobette!

Nous poursuivons la route pour notre dernier arrêt en gang dans la région du Gorge, le paradis de la planche à voile. C’est le festival du vent pour le week-end alors nous profitons de cours ainsi que d’équipement en démonstration. Tant qu’aux enfants, ils s’amusent dans l’eau et sur des structures qui permettent de faire des sauts périlleux. Ils se font des amis et apprécient leur journée…

Par contre, mon frère risque de devenir fou… Nous campons sur le même site que l’été dernier où nous avions appris à cohabiter avec humour sur le son mélodieux du train qui sifflait aux… 20 minutes, même la nuit! Après deux nuits de désespoir, mon frère part les yeux cernés pour nous dénicher un autre terrain de camping, gratuit au cœur de la nature. Le chemin est intrépide avec la roulotte mais l’emplacement en vaut le déplacement. Du même coup, nous profitons de notre nouveau dada du free ride en montagne. Deux autres belles journées de descentes en vélo en s’alternant le rôle de « shuttle bitch » (la personne qui doit se sacrifier).

En bonus, il y a même un réservoir en haut pour se rafraîchir et se baigner… entre les tritons. Les enfants ne se plaignent pas et adorent leur nouvelle chasse aux invertébrés mous, lents et gluants. D’ailleurs, depuis que nous explorons les plaisirs de camper dans la forêt, les enfants ont développé une nouvelle stratégie pour chasser les insectes servant à nourrir nos lézards. Ils ont commencé à faire leur besoin au même endroit mais ne prennent pas la peine de recouvrir leur matière. De cette façon, ils reviennent quelques heures plus tard avec un filet rempli de mouches… Sauf Loïkim qui est moins habile et revient avec les sandales beurrées… Vive les plaisirs de la nature.

Deux semaines efficaces avec les deux meilleurs sites de planche, de vélo et d’escalade et une agréable compagnie!

Nous poursuivons ensuite quelques journées de planche et une journée de fiesta et de feu d’artifice pour la fête des Américains.

Nous allons aussi visiter et apprendre sur le spectaculaire Mont St-Helen. Ce fut une journée instructive et très agréable avant de revenir au Canada pour s’assurer de la stabilité du rein de Maëlie. Les nouvelles sont bonnes puisque son rein reste stable malgré sa dégradation. Les médecins sont confiants qu’une opération pourra sûrement attendre notre retour à Montréal.

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2 réponses à “Rio Vista… Région de San Francisco

  1. En voyant vos sauts en vélo ,etc.,je ne doute plus que vous ne serez pas de retour en chair et en os….le souffle me coupe en faisant que regarder,imaginez… Ns voulons vous voir tous avec vos membres…. Mais c’est épatant de vs lire….mais fatiguant à vs suivre… Même kailane s’y met de la partie… Au plaisir et gros bisous.alinexxx

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