Squamish

Après l’escalade de Red Rock, l’apprentissage de la planche au Lac Isabella, la planche à son meilleur à Rio Vista, la découverte des sentiers de Free Ride à Bend… Comment espérer trouver mieux dans l’ouest? Passer deux semaines à Squamish! Elle offre un terrain de jeu de rêve pour des amoureux de la nature qui recherche planche, vélo et escalade en même temps…! Une destination sur mesure pour notre famille.

D’abord, petit arrêt à Vancouver au Children hospital avec les spécialistes en urologie. Ils nous confirment que le rein de notre Maëlie se dégrade et nécessitera d’autres opérations mais semble vouloir se maintenir pour attendre notre retour à Montréal.

Comme nous sommes à Vancouver, on en profite pour aller saluer mon frère et visiter sa chambre qu’il occupera pour l’été durant son contrat de recherche avec l’université. Nous lui faisons donc perdre son premier lundi après-midi de travail… qui sera précurseur de tous les lundis suivants! Il aura ainsi fait l’école buissonnière pour profiter de notre présence et/ou du terrain de jeu naturel de Squamish!

Depuis plusieurs mois, on se questionne et on réfléchit pour s’assurer que toute notre marmaille est en équilibre dans nos choix d’activités ou de projets. Nous observons donc que les deux grands profitent grandement des journées et même Kaïlane qui se fait dorloter par tout le monde. Tant qu’à Loïkim, elle passe beaucoup de temps à créer et inventer des activités mais nous observons une réelle obsession pour les animaux. Après de nombreux débats, j’arrive à convaincre mon homme que la présence d’un hamster dans la roulotte serait un énorme intérêt pour notre fille versus les désagréments qu’il pourrait occasionner. De plus, la roulotte à déjà fait ses preuves de maison d’accueil de rongeurs! Nous amenons donc Loïkim fêter son anniversaire dans une animalerie. Elle est très émue de repartir avec son nouvel ami qu’elle nommera Kim. La bête est parfaite car elle se laisse agréablement cajoler toute la journée. Elle nous accompagne dans tous les sports. En fait, je pense que nous sommes en train de transformer un animal nocturne en animal diurne…! À l’exception de quelques mouvements la nuit qui réveille mon homme en sursaut. Lorsque les enfants pleurent, Martin peut ronfler tranquille mais le mouvement d’un rongeur éveil son esprit de chasseur… C’est l’appel de la trappe à rat…!

Maintenant que toute la famille est en équilibre affectif, nous passons nos semaines à s’amuser et développer nos talents dans différentes activités :

Martin se gâte à quelque reprise en partant faire de la planche à voile. Nous ne l’accompagnons pas puisque l’eau est trop froide pour nous… De notre côté, nous préférons barboter dans la piscine chauffée du centre communautaire et y passer de nombreuses heures jusqu’à ce que nos mains ratatines. D’ailleurs, la baignade est une activité idéale pour baisser la fièvre de notre Kaïlane qui collectionne les amygdalites depuis cet hiver.

Nous avons passé une belle journée dans le parc de Porto Cove. Dans notre souvenir qui date de 15 ans, nous avions vu un requin en plongée sous marine et des phoques en apnée. Nous espérions avoir la chance de partager cette expérience avec notre marmaille. Je pars d’abord seule avec mon kayak car les enfants ont surtout retenu la partie requin de notre aventure. Lorsque je reviens à la rive en m’excitant d’avoir observé deux phoques, je deviens nettement plus populaire pour ma balade en kayak. À tour de rôle, nous avons passé une belle journée en observant ces gros mammifères marins qui nous regardent avec leurs gros yeux ronds et curieux.

Depuis longtemps, nous avons observé une variante de l’escalade qui se pratique sans corde. Il s’agit d’escalader des blocs de roche de différentes tailles en s’assurant simplement avec un matelas au sol. Nous avons expérimenté une première journée sans tapis pour tester le potentiel. L’expérience fut suffisante pour nous convaincre de louer un livre et un matelas pour s’amuser à basse altitude. Nous avons tous apprécié faire du bouldering. Nous avons moins d’équipement à transporter, la mise en place est vraiment plus rapide et plusieurs personnes peuvent essayer en même temps. Les petites ont adoré la sensation de se lancer et atterir sur le gros coussin. Pour les grands, nous avons réalisé que la peur des hauteurs est autant présente puisque certains blocs sont quand même hauts. De plus, certaines grimpes commencent même assis par terre tout en maintenant l’effort physique jusqu’en haut. C’est donc très technique et exigeant physiquement. Belle découverte!

Ce qui occupera la majorité de notre temps est le vélo de montagne. Des balades incroyables entre les racines et les roches au cœur de la forêt luxuriante. On comprend pourquoi le film Twilight fut tourné dans ce décor enchanteur. Après notre quatrième séjour dans cette ville depuis la dernière année, nous commençons à s’y sentir chez nous. Nous avons maintenant nos préférences pour nos sentiers préférés comme la « Jack » et la « Wonderland » qui porte bien son nom. Ici, on peut débuter chaque journée avec une petite « ride » pour garder la forme et se remplir les poumons d’air frais… Évidemment, il nous faut une navette à quatre roues pour nous apporter au début de notre route mais Martin ne semble pas se plaindre de son nouveau rôle de Shuttle bitch… En échange, il peut admirer mes cuisses et mes fesses qui maintiennent la fermeté bien que je sois déjà rendue une vieille dans la quarantaine. Sa patience est de doute façon récompensée car je lui laisse généralement les sentiers nécessitant davantage de couilles en fin de journée!

Les enfants ont aussi expérimenté une nouvelle facette du vélo. Derrière notre terrain de camping, il y a un parc de planche à roulette ainsi qu’un parcours de BMX. Les enfants s’amusent dessus presque tous les soirs. Pour augmenter leur défi, nous les avons inscrits à une pratique officielle sur le parcours de BMX mais avec leur vélo de montagne. Ils devaient courser avec d’autres jeunes et surtout se tenir en équilibre sur la ligne de départ jusqu’au moment où la barrière s’ouvrait. Nous avons été surpris de leur persévérance qui s’est maintenu tout au long de la soirée. De mon côté, j’avoue ne pas vraiment apprécier le spectacle qui me donne trop d’émotions et de cheveux blancs. Allant de Médrick qui saute les jumps entre les autres jeunes à Kaïlane qui dévale la pente sans nécessairement être en contrôle, mon cœur de mère arrête!

Entre nos semaines bien remplies, il y a les longues fins de semaine de trois jours qui débordent d’activités en compagnie de mon frère qui ne peut plus se passer de notre présence… et nous de la sienne!

D’abord une petite randonnée pour monter le Chief (montagne symbolisant Squamish). Pour des bons marcheurs, il faut prévoir environ 2-3 heures… Mon frère expérimente l’agréable sensation de profiter deux fois plus de la montagne grâce à la présence de nos enfants qui ralentissent le rythme. Il apprend les précieux trucs essentiels pour motiver des jeunes à persévérer à monter : Chanter, se transformer en animaux imaginaires et manger…! De notre côté, nous apprécions observer les paysages à travers tous les commentaires d’un géologue passionné de la montagne. Un bon pique-nique au sommet est une belle récompense devant un paysage qui valait vraiment tous les efforts.

Pas le temps de niaiser, il faut aussi profiter du reste de l’après-midi pour découvrir de nouveaux sentiers de vélo de montagne. Les pistes sont souvent trop expertes pour mon niveau technique et pas assez intense pour mon frère… Juste parfaite pour Médrick! Il peut ainsi se pratiquer à « popper » du stock avec sa nouvelle acquisition : Des clips pour ses pédales. C’est toujours agréable de tomber dans la roche, les deux pieds attaché sur le vélo. Il semble pourtant aimer la possibilité de jumper plus haut ainsi solidaire à son bolide. Pour moi, je dois souvent marcher pour suivre mes hommes, j’apprécie la balade en forêt. Mes hommes sont patients et semblent apprécier d’avoir une photographe à leur disponibilité.

Le lendemain, journée avec cinq navettes dans différentes pistes pour combler l’ensemble de notre équipage. D’abord une agréable balade pour tous où même les deux plus jeunes arrivent à s’amuser et rouler sur les racines. Ensuite, légère descente pour les deux autres girls, Maëlie et moi. Puis, l’aventure se poursuit avec mon frère et mon fils où j’arrive à suivre sur mon vélo la moitié du temps… considérant qu’ils doivent m’attendre souvent. Finalement, j’envoie mon chum avec les deux autres mâles pour libérer une bonne dose de testostérone… Mon fils revient avec une augmentation significative de son nombre d’éraflures mais tous les membres aux bons endroits. Mon homme revient avec les yeux brillants et une nouvelle passion qui semble à l’aube de vouloir naître. Tandis que mon frère s’est bien amusé mais il espère une dernière vraie descente pour satisfaire son adrénaline. Je m’occupe donc de déposer une dernière fois les deux crinqués qui vont s’en payer une dernière…! Pendant que la femme en moi va retourner à sa vraie nature et préparer un bon repas pour sa tribu.

Pas assez de deux jours avec nous, mon frère décide de vivre une nouvelle aventure en tête à tête avec Martin. Les deux hommes partent tôt pour affronter encore une fois le Chief mais cette fois en escalade. Il s’agit de monter 8 longueurs de corde une à la suite de l’autre pour arriver au sommet. C’est un bon défi technique pour placer tous les ancrages de protection, un défi de vertige à cause de la hauteur ainsi qu’un défi de confiance pour faire équipe avec son partenaire. Martin réalise que ca fait déjà 20 ans la dernière dois qu’il a fait cette ascension avec sa sœur Nathalie! Il se rappelle qu’il y avait beaucoup de passage sans protection et qu’une chute ne pouvait être envisagée…

Finalement, il avait encore assez de testostérone pour surmonter ce défi. Dès leur retour de l’ascension en coopération, la compétition reprend le relais sur la balance. Les deux hommes adorent comparer leur tour de taille et leur poids depuis des années. La compétition est féroce! Généralement, mon frère domine avec quelques livres d’avance. Dernièrement, notre rythme de vie avait permis à mon homme de se rattraper. Ce qui est certain, c’est que le vice du bon vin pour l’un et le vice du chocolat pour l’autre est plus important que de gagner le concours de monsieur univers!

Le week-end suivant, à force de patience, de détermination et d’excitation, mon frère a fini par nous transmettre sa passion de la descente en vélo. Nous sommes tellement motivés que nous décidons d’aller à Whistler pour affronter la vraie montagne. Nous partageons la journée entre Martin et moi qui alternons un billet ainsi que Médrick et Maëlie. Les deux petites n’ont pas le temps de s’ennuyer dans tous les parcours de BMX et de « skate park ». Il reste mon frère qui est inépuisable même s’il descend deux fois plus que nous et qu’il doit manger dans les remontés mécaniques pour ne pas perdre de temps. Le héros de la montagne impressionne mes hommes qui tentent de le suivre à toute allure et jumper toutes les « drops » qu’ils croisent. Il y a même ma grande fille qui arrive à me dépasser. Je me console en me disant que je suis surement la plus lente de la montagne mais aussi la plus vieille et la plus heureuse à suivre sa gang. Je me console en sachant qu’il y a seulement une fille pour 20 gars qui pratiquent la descente.

Le dimanche, on tente de prendre la journée plus relaxe mais nous ne sommes pas très compétents dans ce domaine. Un peu de mécanique pour remettre les vélos en état et c’est reparti pour d’autres aventures dans les sentiers de Squamish…

Lundi…Nous sommes maintenant contaminés par la passion de la descente de mon frère, nous l’informons donc que nous irons encore à Whistler…! Il tente de résister à la tentation mais… se laisse séduire par notre proposition « in descente »! Nous repartons tous affronter les « burm and turn », les « drops », les « step on », les « table top », les « brake bump », les « gaps » et surtout les VRAAATTT dans le magnifique univers de la descente. Je ne suis pas encore certaine si je dois remercier mon frère pour nous avoir convertis à sa passion. Mon homme est maintenant convaincu qu’il lui faut un nouveau vélo vraiment dispendieux et mon fils rêve juste de sauter du stock plus haut, plus vite et plus loin… Je tente de voir le bon côté des choses… Nous avons partagé des journées incroyables et inoubliables avec mon frère. C’est une occasion unique que nous avons eu la chance de coordonner pour passer près de 5 semaines ensembles.

Les enfants ont élargi leurs vocabulaires très instructifs avec la belle présence de leur oncle. Les pets sauces n’ont plus de secret pour eux. Ils ont appris que la nudité est un état naturel même en plein milieu d’un stationnement. Médrick sait maintenant comment se battre et a appris à parler aux femmes. Martin devra rectifier un peu les apprentissages un peu drus de mon frère. Évidemment, la montagne est maintenant leur amie mais surtout… ils ont découvert et apprécié la tri polarité de mon frère. Selon mon analyse, mon frère possède trois caractéristiques qui sont généralement exclusives les unes des autres. D’abord, mon frère est un être sportif qui a besoin d’adrénaline et de sensation forte. Ensuite, c’est aussi un « party animal » qui est capable de faire la fiesta solide. Finalement, et non le moindre, c’est un intellectuel qui performe dans son domaine scientifique. Donc un nerd, sportif sur le party…! Pas étonnant qu’il soit encore à la recherche de la femme idéale qui saura combler tous ses extrêmes… Surtout qu’il les aime beaucoup les femmes!

De notre côté, nous sentons clairement le début de la fin de notre aventure. Comme dirait mon frère, notre retour à la réalité va sûrement être un choc. Nous sommes déjà en train de planifier les projets pour notre retour. Évidemment, beaucoup de jardinage m’attend pour remettre le terrain à mon goût. Martin prévoit profiter que nous habitions dans la roulotte quelques semaines supplémentaires pour faire des travaux dans la maison comme sabler les planchers, repeindre les murs et refaire les moulures. Les enfants rêvent d’avoir chacun leur chambre personnelle après un an à partager le même petit espace ensemble. Sans oublier, les examens scolaires à reprendre à la fin août, les inscriptions pour les loisirs d’automne, les examens pour le secondaire de Maëlie, le début de la maternelle pour Kaïlane et le secondaire pour Médrick, les entrevues pour une nouvelle job à Martin et Lolo qui ne rêve que d’héberger tous les animaux de la planète…! Comme nous prévoyons arriver la veille de ma première journée de travail, nous aurons un horaire plus que chargé dès notre retour… À l’image de nous-mêmes qui cherchons toujours à tout maximiser.

En fait, un des plus grands défis de notre année sabbatique était la gestion de la liberté, principalement celle de notre temps. Avant le départ, nous pensions bénéficier davantage de temps libre. Dans les faits, notre urgence de profiter de chaque journée pour se remplir de souvenirs en famille et surtout à cause de notre personnalité hyperactive, nous amène à constater que notre année fut une explosion de découvertes mais loin d’être relaxante. La différence avec notre vie à St-Hubert, c’est qu’à la maison, le travail, l’école et les obligations remplissent la majorité de nos semaines. Pendant notre année, nous étions les seuls responsables de notre horaire. C’est une grande liberté qui comporte son lot de défis pour plaire à six individus ayant des personnalités différentes, des goûts, des âges, des talents, des désirs personnels… Aménager chaque journée est une tâche complexe et exigeante qui finalement nécessite des habiletés d’adaptation, de flexibilité et de compromis pour tous. À chaque jour, on doit se questionner sur l’activité mais aussi sur l’itinéraire, le pays ou la région, l’endroit pour manger et dormir… Tout est à redéfinir à tous les jours…! Sans négliger la grande responsabilité de scolariser trois enfants dans différents niveaux académiques.

Réaliser notre rêve d’une aventure familiale comportait évidemment plusieurs épreuves à surmonter. C’est un dépassement de soi mais aussi de couple et de parents. Nos olympiques familiales approchent la fin d’une grande étape. Dans sa globalité, nous ressentons un grand sentiment d’accomplissement. Je souhaiterais parfois pouvoir observer le futur et découvrir ce que les enfants en garderont comme héritage et souvenir. Présentement, Médrick devient un grand garçon responsable. Il a développé son entraide familiale, sa témérité sportive et son plaisir de taquiner ses sœurs. Maëlie devient une grande fille mature. Elle a développé son rôle de grande sœur, son endurance physique et son obsession pour la lecture. Loïkim devient une belle jeune fille rayonnante. Elle a développé une meilleure connaissance sur elle-même, un équilibre avec ses grandes qualités ainsi que ses habiletés sociales et sa place dans la famille. Kaïlane devient une grande fille mais elle reste notre bébé. Elle a développé de suivre la vitesse de la famille avec ses cuisses de béton, sa détermination et son enthousiasme. On ne pourrait se passer de la présence de notre petite colleuse!

Il nous reste uniquement deux semaines de planche à voile à Hood River pour s’assurer de ramener Martin rassasié pour quelque temps ainsi qu’une semaine de route vers le Québec. J’aimerais prolonger le temps pour faire durer notre merveilleuse aventure mais comme j’explique aux enfants, il faut que les rêves se terminent pour laisser la place aux suivants. C’est aussi parce qu’ils se terminent que nous pouvons autant les apprécier. Dans notre année de bohème, toujours sur la route à profiter de chaque minute, il y a deux choses profondes que j’ai hâte de retrouver : ma douche et mes assiettes qui n’ont pas un goût de plastique et de savon mal rincé. Évidemment, tout ceux que j’aime et qui nous ont accompagnés à distance…! Merci.

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Squamish

Après l’escalade de Red Rock, l’apprentissage de la planche au Lac Isabella, la planche à son meilleur à Rio Vista, la découverte des sentiers de Free Ride à Bend… Comment espérer trouver mieux dans l’ouest? Passer deux semaines à Squamish! Elle offre un terrain de jeu de rêve pour des amoureux de la nature qui recherche planche, vélo et escalade en même temps…! Une destination sur mesure pour notre famille.

D’abord, petit arrêt à Vancouver au Children hospital avec les spécialistes en urologie. Ils nous confirment que le rein de notre Maëlie se dégrade et nécessitera d’autres opérations mais semble vouloir se maintenir pour attendre notre retour à Montréal.

Comme nous sommes à Vancouver, on en profite pour aller saluer mon frère et visiter sa chambre qu’il occupera pour l’été durant son contrat de recherche avec l’université. Nous lui faisons donc perdre son premier lundi après-midi de travail… qui sera précurseur de tous les lundis suivants! Il aura ainsi fait l’école buissonnière pour profiter de notre présence et/ou du terrain de jeu naturel de Squamish!

Depuis plusieurs mois, on se questionne et on réfléchit pour s’assurer que toute notre marmaille est en équilibre dans nos choix d’activités ou de projets. Nous observons donc que les deux grands profitent grandement des journées et même Kaïlane qui se fait dorloter par tout le monde. Tant qu’à Loïkim, elle passe beaucoup de temps à créer et inventer des activités mais nous observons une réelle obsession pour les animaux. Après de nombreux débats, j’arrive à convaincre mon homme que la présence d’un hamster dans la roulotte serait un énorme intérêt pour notre fille versus les désagréments qu’il pourrait occasionner. De plus, la roulotte à déjà fait ses preuves de maison d’accueil de rongeurs! Nous amenons donc Loïkim fêter son anniversaire dans une animalerie. Elle est très émue de repartir avec son nouvel ami qu’elle nommera Kim. La bête est parfaite car elle se laisse agréablement cajoler toute la journée. Elle nous accompagne dans tous les sports. En fait, je pense que nous sommes en train de transformer un animal nocturne en animal diurne…! À l’exception de quelques mouvements la nuit qui réveille mon homme en sursaut. Lorsque les enfants pleurent, Martin peut ronfler tranquille mais le mouvement d’un rongeur éveil son esprit de chasseur… C’est l’appel de la trappe à rat…!

Maintenant que toute la famille est en équilibre affectif, nous passons nos semaines à s’amuser et développer nos talents dans différentes activités :

Martin se gâte à quelque reprise en partant faire de la planche à voile. Nous ne l’accompagnons pas puisque l’eau est trop froide pour nous… De notre côté, nous préférons barboter dans la piscine chauffée du centre communautaire et y passer de nombreuses heures jusqu’à ce que nos mains ratatines. D’ailleurs, la baignade est une activité idéale pour baisser la fièvre de notre Kaïlane qui collectionne les amygdalites depuis cet hiver.

Nous avons passé une belle journée dans le parc de Porto Cove. Dans notre souvenir qui date de 15 ans, nous avions vu un requin en plongée sous marine et des phoques en apnée. Nous espérions avoir la chance de partager cette expérience avec notre marmaille. Je pars d’abord seule avec mon kayak car les enfants ont surtout retenu la partie requin de notre aventure. Lorsque je reviens à la rive en m’excitant d’avoir observé deux phoques, je deviens nettement plus populaire pour ma balade en kayak. À tour de rôle, nous avons passé une belle journée en observant ces gros mammifères marins qui nous regardent avec leurs gros yeux ronds et curieux.

Depuis longtemps, nous avons observé une variante de l’escalade qui se pratique sans corde. Il s’agit d’escalader des blocs de roche de différentes tailles en s’assurant simplement avec un matelas au sol. Nous avons expérimenté une première journée sans tapis pour tester le potentiel. L’expérience fut suffisante pour nous convaincre de louer un livre et un matelas pour s’amuser à basse altitude. Nous avons tous apprécié faire du bouldering. Nous avons moins d’équipement à transporter, la mise en place est vraiment plus rapide et plusieurs personnes peuvent essayer en même temps. Les petites ont adoré la sensation de se lancer et atterir sur le gros coussin. Pour les grands, nous avons réalisé que la peur des hauteurs est autant présente puisque certains blocs sont quand même hauts. De plus, certaines grimpes commencent même assis par terre tout en maintenant l’effort physique jusqu’en haut. C’est donc très technique et exigeant physiquement. Belle découverte!

Ce qui occupera la majorité de notre temps est le vélo de montagne. Des balades incroyables entre les racines et les roches au cœur de la forêt luxuriante. On comprend pourquoi le film Twilight fut tourné dans ce décor enchanteur. Après notre quatrième séjour dans cette ville depuis la dernière année, nous commençons à s’y sentir chez nous. Nous avons maintenant nos préférences pour nos sentiers préférés comme la « Jack » et la « Wonderland » qui porte bien son nom. Ici, on peut débuter chaque journée avec une petite « ride » pour garder la forme et se remplir les poumons d’air frais… Évidemment, il nous faut une navette à quatre roues pour nous apporter au début de notre route mais Martin ne semble pas se plaindre de son nouveau rôle de Shuttle bitch… En échange, il peut admirer mes cuisses et mes fesses qui maintiennent la fermeté bien que je sois déjà rendue une vieille dans la quarantaine. Sa patience est de doute façon récompensée car je lui laisse généralement les sentiers nécessitant davantage de couilles en fin de journée!

Les enfants ont aussi expérimenté une nouvelle facette du vélo. Derrière notre terrain de camping, il y a un parc de planche à roulette ainsi qu’un parcours de BMX. Les enfants s’amusent dessus presque tous les soirs. Pour augmenter leur défi, nous les avons inscrits à une pratique officielle sur le parcours de BMX mais avec leur vélo de montagne. Ils devaient courser avec d’autres jeunes et surtout se tenir en équilibre sur la ligne de départ jusqu’au moment où la barrière s’ouvrait. Nous avons été surpris de leur persévérance qui s’est maintenu tout au long de la soirée. De mon côté, j’avoue ne pas vraiment apprécier le spectacle qui me donne trop d’émotions et de cheveux blancs. Allant de Médrick qui saute les jumps entre les autres jeunes à Kaïlane qui dévale la pente sans nécessairement être en contrôle, mon cœur de mère arrête!

Entre nos semaines bien remplies, il y a les longues fins de semaine de trois jours qui débordent d’activités en compagnie de mon frère qui ne peut plus se passer de notre présence… et nous de la sienne!

D’abord une petite randonnée pour monter le Chief (montagne symbolisant Squamish). Pour des bons marcheurs, il faut prévoir environ 2-3 heures… Mon frère expérimente l’agréable sensation de profiter deux fois plus de la montagne grâce à la présence de nos enfants qui ralentissent le rythme. Il apprend les précieux trucs essentiels pour motiver des jeunes à persévérer à monter : Chanter, se transformer en animaux imaginaires et manger…! De notre côté, nous apprécions observer les paysages à travers tous les commentaires d’un géologue passionné de la montagne. Un bon pique-nique au sommet est une belle récompense devant un paysage qui valait vraiment tous les efforts.

Pas le temps de niaiser, il faut aussi profiter du reste de l’après-midi pour découvrir de nouveaux sentiers de vélo de montagne. Les pistes sont souvent trop expertes pour mon niveau technique et pas assez intense pour mon frère… Juste parfaite pour Médrick! Il peut ainsi se pratiquer à « popper » du stock avec sa nouvelle acquisition : Des clips pour ses pédales. C’est toujours agréable de tomber dans la roche, les deux pieds attaché sur le vélo. Il semble pourtant aimer la possibilité de jumper plus haut ainsi solidaire à son bolide. Pour moi, je dois souvent marcher pour suivre mes hommes, j’apprécie la balade en forêt. Mes hommes sont patients et semblent apprécier d’avoir une photographe à leur disponibilité.

Le lendemain, journée avec cinq navettes dans différentes pistes pour combler l’ensemble de notre équipage. D’abord une agréable balade pour tous où même les deux plus jeunes arrivent à s’amuser et rouler sur les racines. Ensuite, légère descente pour les deux autres girls, Maëlie et moi. Puis, l’aventure se poursuit avec mon frère et mon fils où j’arrive à suivre sur mon vélo la moitié du temps… considérant qu’ils doivent m’attendre souvent. Finalement, j’envoie mon chum avec les deux autres mâles pour libérer une bonne dose de testostérone… Mon fils revient avec une augmentation significative de son nombre d’éraflures mais tous les membres aux bons endroits. Mon homme revient avec les yeux brillants et une nouvelle passion qui semble à l’aube de vouloir naître. Tandis que mon frère s’est bien amusé mais il espère une dernière vraie descente pour satisfaire son adrénaline. Je m’occupe donc de déposer une dernière fois les deux crinqués qui vont s’en payer une dernière…! Pendant que la femme en moi va retourner à sa vraie nature et préparer un bon repas pour sa tribu.

Pas assez de deux jours avec nous, mon frère décide de vivre une nouvelle aventure en tête à tête avec Martin. Les deux hommes partent tôt pour affronter encore une fois le Chief mais cette fois en escalade. Il s’agit de monter 8 longueurs de corde une à la suite de l’autre pour arriver au sommet. C’est un bon défi technique pour placer tous les ancrages de protection, un défi de vertige à cause de la hauteur ainsi qu’un défi de confiance pour faire équipe avec son partenaire. Martin réalise que ca fait déjà 20 ans la dernière dois qu’il a fait cette ascension avec sa sœur Nathalie! Il se rappelle qu’il y avait beaucoup de passage sans protection et qu’une chute ne pouvait être envisagée…

Finalement, il avait encore assez de testostérone pour surmonter ce défi. Dès leur retour de l’ascension en coopération, la compétition reprend le relais sur la balance. Les deux hommes adorent comparer leur tour de taille et leur poids depuis des années. La compétition est féroce! Généralement, mon frère domine avec quelques livres d’avance. Dernièrement, notre rythme de vie avait permis à mon homme de se rattraper. Ce qui est certain, c’est que le vice du bon vin pour l’un et le vice du chocolat pour l’autre est plus important que de gagner le concours de monsieur univers!

Le week-end suivant, à force de patience, de détermination et d’excitation, mon frère a fini par nous transmettre sa passion de la descente en vélo. Nous sommes tellement motivés que nous décidons d’aller à Whistler pour affronter la vraie montagne. Nous partageons la journée entre Martin et moi qui alternons un billet ainsi que Médrick et Maëlie. Les deux petites n’ont pas le temps de s’ennuyer dans tous les parcours de BMX et de « skate park ». Il reste mon frère qui est inépuisable même s’il descend deux fois plus que nous et qu’il doit manger dans les remontés mécaniques pour ne pas perdre de temps. Le héros de la montagne impressionne mes hommes qui tentent de le suivre à toute allure et jumper toutes les « drops » qu’ils croisent. Il y a même ma grande fille qui arrive à me dépasser. Je me console en me disant que je suis surement la plus lente de la montagne mais aussi la plus vieille et la plus heureuse à suivre sa gang. Je me console en sachant qu’il y a seulement une fille pour 20 gars qui pratiquent la descente.

Le dimanche, on tente de prendre la journée plus relaxe mais nous ne sommes pas très compétents dans ce domaine. Un peu de mécanique pour remettre les vélos en état et c’est reparti pour d’autres aventures dans les sentiers de Squamish…

Lundi…Nous sommes maintenant contaminés par la passion de la descente de mon frère, nous l’informons donc que nous irons encore à Whistler…! Il tente de résister à la tentation mais… se laisse séduire par notre proposition « in descente »! Nous repartons tous affronter les « burm and turn », les « drops », les « step on », les « table top », les « brake bump », les « gaps » et surtout les VRAAATTT dans le magnifique univers de la descente. Je ne suis pas encore certaine si je dois remercier mon frère pour nous avoir convertis à sa passion. Mon homme est maintenant convaincu qu’il lui faut un nouveau vélo vraiment dispendieux et mon fils rêve juste de sauter du stock plus haut, plus vite et plus loin… Je tente de voir le bon côté des choses… Nous avons partagé des journées incroyables et inoubliables avec mon frère. C’est une occasion unique que nous avons eu la chance de coordonner pour passer près de 5 semaines ensembles.

Les enfants ont élargi leurs vocabulaires très instructifs avec la belle présence de leur oncle. Les pets sauces n’ont plus de secret pour eux. Ils ont appris que la nudité est un état naturel même en plein milieu d’un stationnement. Médrick sait maintenant comment se battre et a appris à parler aux femmes. Martin devra rectifier un peu les apprentissages un peu drus de mon frère. Évidemment, la montagne est maintenant leur amie mais surtout… ils ont découvert et apprécié la tri polarité de mon frère. Selon mon analyse, mon frère possède trois caractéristiques qui sont généralement exclusives les unes des autres. D’abord, mon frère est un être sportif qui a besoin d’adrénaline et de sensation forte. Ensuite, c’est aussi un « party animal » qui est capable de faire la fiesta solide. Finalement, et non le moindre, c’est un intellectuel qui performe dans son domaine scientifique. Donc un nerd, sportif sur le party…! Pas étonnant qu’il soit encore à la recherche de la femme idéale qui saura combler tous ses extrêmes… Surtout qu’il les aime beaucoup les femmes!

De notre côté, nous sentons clairement le début de la fin de notre aventure. Comme dirait mon frère, notre retour à la réalité va sûrement être un choc. Nous sommes déjà en train de planifier les projets pour notre retour. Évidemment, beaucoup de jardinage m’attend pour remettre le terrain à mon goût. Martin prévoit profiter que nous habitions dans la roulotte quelques semaines supplémentaires pour faire des travaux dans la maison comme sabler les planchers, repeindre les murs et refaire les moulures. Les enfants rêvent d’avoir chacun leur chambre personnelle après un an à partager le même petit espace ensemble. Sans oublier, les examens scolaires à reprendre à la fin août, les inscriptions pour les loisirs d’automne, les examens pour le secondaire de Maëlie, le début de la maternelle pour Kaïlane et le secondaire pour Médrick, les entrevues pour une nouvelle job à Martin et Lolo qui ne rêve que d’héberger tous les animaux de la planète…! Comme nous prévoyons arriver la veille de ma première journée de travail, nous aurons un horaire plus que chargé dès notre retour… À l’image de nous-mêmes qui cherchons toujours à tout maximiser.

En fait, un des plus grands défis de notre année sabbatique était la gestion de la liberté, principalement celle de notre temps. Avant le départ, nous pensions bénéficier davantage de temps libre. Dans les faits, notre urgence de profiter de chaque journée pour se remplir de souvenirs en famille et surtout à cause de notre personnalité hyperactive, nous amène à constater que notre année fut une explosion de découvertes mais loin d’être relaxante. La différence avec notre vie à St-Hubert, c’est qu’à la maison, le travail, l’école et les obligations remplissent la majorité de nos semaines. Pendant notre année, nous étions les seuls responsables de notre horaire. C’est une grande liberté qui comporte son lot de défis pour plaire à six individus ayant des personnalités différentes, des goûts, des âges, des talents, des désirs personnels… Aménager chaque journée est une tâche complexe et exigeante qui finalement nécessite des habiletés d’adaptation, de flexibilité et de compromis pour tous. À chaque jour, on doit se questionner sur l’activité mais aussi sur l’itinéraire, le pays ou la région, l’endroit pour manger et dormir… Tout est à redéfinir à tous les jours…! Sans négliger la grande responsabilité de scolariser trois enfants dans différents niveaux académiques.

Réaliser notre rêve d’une aventure familiale comportait évidemment plusieurs épreuves à surmonter. C’est un dépassement de soi mais aussi de couple et de parents. Nos olympiques familiales approchent la fin d’une grande étape. Dans sa globalité, nous ressentons un grand sentiment d’accomplissement. Je souhaiterais parfois pouvoir observer le futur et découvrir ce que les enfants en garderont comme héritage et souvenir. Présentement, Médrick devient un grand garçon responsable. Il a développé son entraide familiale, sa témérité sportive et son plaisir de taquiner ses sœurs. Maëlie devient une grande fille mature. Elle a développé son rôle de grande sœur, son endurance physique et son obsession pour la lecture. Loïkim devient une belle jeune fille rayonnante. Elle a développé une meilleure connaissance sur elle-même, un équilibre avec ses grandes qualités ainsi que ses habiletés sociales et sa place dans la famille. Kaïlane devient une grande fille mais elle reste notre bébé. Elle a développé de suivre la vitesse de la famille avec ses cuisses de béton, sa détermination et son enthousiasme. On ne pourrait se passer de la présence de notre petite colleuse!

Il nous reste uniquement deux semaines de planche à voile à Hood River pour s’assurer de ramener Martin rassasié pour quelque temps ainsi qu’une semaine de route vers le Québec. J’aimerais prolonger le temps pour faire durer notre merveilleuse aventure mais comme j’explique aux enfants, il faut que les rêves se terminent pour laisser la place aux suivants. C’est aussi parce qu’ils se terminent que nous pouvons autant les apprécier. Dans notre année de bohème, toujours sur la route à profiter de chaque minute, il y a deux choses profondes que j’ai hâte de retrouver : ma douche et mes assiettes qui n’ont pas un goût de plastique et de savon mal rincé. Évidemment, tout ceux que j’aime et qui nous ont accompagnés à distance…! Merci.

Rio Vista… Région de San Francisco

Après plus de trois belles semaines parfaites de planche à voile (24 journées) sur le bord du lac Isabella… quoi rêver de mieux? Trois autres semaines encore plus parfaites (25 journées) de planche à voile à Sherman Island près de San Francisco! Pourquoi c’est encore plus génial? Le site offre beaucoup de diversités autant pour les activités aquatiques que les activités terrestres.

À notre grande surprise, l’eau était agréablement chaude pour la baignade. Le niveau de compétence en planche de chacun s’étant amélioré, nous étions plus habiles pour gérer les marées, le courant, les vagues et évidemment le vent! Nous avons tout particulièrement apprécié la petite plage de bambou qui nous protégeait du vent tout en profitant du spectacle des planchistes avancés.

En planche à voile, Martin reste évidemment le King de la famille! Tant qu’à Médrick et moi, nous alimentons la rivalité qui stimule nos apprentissages. Ma maturité me permet de garder une avance dans certaines habiletés comme les water start et l’utilisation du harnais. J’ai même sortie une journée de presque tempête avec une petite voile 3.3. J’ai vécu plus d’émotions que mon cœur ne peut supporter. Par contre, sa jeunesse et sa témérité lui permet de pratiquer des figures trop intrépides pour moi comme les clews-first. Il a une bonne endurance et adore la vitesse. Médrick pratique presque tous les jours et cumule parfois près de 6 heures sur l’eau dans sa journée. Tant qu’aux filles, elles préfèrent encore la baignade mais acceptent de pratiquer quelques allers-retours. Maëlie performe lorsqu’il y a des spectateurs pour l’encourager. Loïkim est stimulée lorsque Martin l’accompagne en faisant des singeries pour la faire rire. Tant qu’à Kaïlane, elle accepte le défi en retour d’une récompense sucrée… À chacun sa motivation!

Pour faire différent et tenter l’aventure, Médrick et moi avons fait une descente de rivière en planche à voile une après-midi que le courant était dans la même direction que le vent. Nous avons descendu quelques km pour se faire repêcher par Martin qui nous suivait en pickup. Le stress était d’abord très élevé de se retrouver au centre de la rivière près des barges et des cargos. Après quelques virages, nous avons été en mesure d’apprécier le se laisser planer en descendant le vent à toute allure!

Lors de la journée de la fête des pères, nous avons inscrits les enfants à un cours de planche à l’occasion d’un festival pour les enfants. Cadeau idéal pour mon homme! Toute sa marmaille sur l’eau autour de lui pour célébrer le vent et les papas heureux de la Californie… Les mamans ne se plaignaient pas en observant le beau et célèbre Jason Voss qui partageait sa passion aux jeunes.

Chaque instant des journées est bien occupé. Martin, se lève tôt pour profiter des fortes brises du matin. À son retour, déjeuner et étude pour les enfants. En après-midi, plaisir de planche et de plage pour revenir parfois tard… Mais jamais trop pour permettre à mon homme de retourner se gâter en soirée sur un splendide couché de soleil. Toujours le premier sur l’eau le matin et le dernier à sortir… C’est ça l’urgence de profiter du moment présent!

Finalement, 25 journées presque consécutives de planche… Pas de pause à cause du vent sauf une seule journée… où il était déchainé! Tellement intense que nous avons passé notre journée à secourir une famille qui avait fait naufrage la nuit précédente lors de la tempête. Pour une fois que ce n’est pas nous les téméraires dans le trouble… En fait, la veille, nous avons vu un voilier s’ancrer près de la berge pour profiter d’un après-midi ensoleillé. La petite famille semblait paisible jusqu’en soirée où le vent s’est mis à souffler de façon exceptionnelle. Les prévisions météo annonçaient des vents de 60-80 km/heure. Vers 11 heures du soir, Martin était inquiet pour le voiler mais ne voulait pas trop se mêler des affaires des autres. Malheureusement, le lendemain matin, nous avons appris que le voilier s’était échoué. En offrant notre aide aux équipiers du naufrage sur la plage, nous avons su que les propriétaires du voilier étaient une famille avec un enfant de 3 ans, Jakob. Le père est allemand (Timo) et la mère marocaine (Najlae) enceinte de 7 mois. Avec leur ami Gaël, un montréalais et leur ami Louis, un tunisien, nous collaborions à vider tous les effets personnels du voilier. Nous avons appris que les occupants ont été secourus en pleine nuit. De plus, ils venaient de perdre leur maison puisqu’ils vivaient à bord. La situation étant tellement triste que nous avons décidé rapidement de s’impliquer activement pour les aider. La mère et l’enfant ont passé la journée dans la roulotte pendant que les hommes s’occupaient des travaux sur le voilier. Najlae m’a impressionné par son calme et son positivisme. Mes enfants ont été essoufflés par les besoins moteurs d’un petit garçon de trois ans. Mais nous avons tous été émus de partager les repas de la journée en compagnie de différentes cultures avec des gens chaleureux et très agréables. Nous avons eu le plaisir de les revoir quelques jours plus tard et qu’ils ont des solutions devant eux.

Leur famille est saine et sauve mais la tempête à aussi fait d’autres naufrages que nous n’avons pas été en mesure d’aider. Parmi nos huit petits lézards chassés fièrement au Lac Isabella, nous avons dû faire le malheureux constat que plus de la moitié avaient disparus pendant la nuit de la tempête. Bien que nous offrions beaucoup de nourriture et d’attention à nos colocataires, nous avons aussi fait la triste découverte que les chats du parc se faisaient un plaisir de sauter dans le bac en soirée pour s’amuser avec nos précieux reptiles. En conséquence, il ne nous reste qu’un seul petit spécimen ainsi qu’un gros…! Nous sommes maintenant très vigilants et espérons assurer la survie de nos amis du désert. Les enfants continuent la chasse aux mouches et aux araignées dans les toilettes. Notre dernier espoir c’est que les trois œufs que nous avons eu le plaisir d’observer lors de la ponte pourront éclore en captivité. Nous avons d’ailleurs tous été fascinés par ce spectacle d’accouchement pendant que Martin ne pouvait pas croire qu’on observe avec autant d’intérêt un œuf sortir d’un lézard pendant qu’un vent parfait nous attendait à la plage…

Évidemment, la planche à voile occupe une grande place dans notre horaire mais il reste plusieurs autres plaisir surtout pour les enfants. Le site est très grand alors ils partent tous les jours à l’exploration en construisant de nouveaux sentiers ou de nouvelles cabanes. Ils font des sauts à la perche avec les bambous ou se font des combats d’épées. Ils sautent à la corde à danser, font de la trottinette, du vélo et du patin à roue alignée. Martin installe aussi la slackline sur le terrain. Toutes les activités se passent à l’extérieur…!

Ce qui est différent sur ce site, c’est la proximité entre les roulottes qui entraine un phénomène de communauté et de socialisation. Nous avons créé des liens quotidiens avec de nombreux planchistes. Bob et sa femme sont des hôtes travaillants et accueillants. Évidemment, nos nouveaux amis sont tous des retraités mais comme nous leur disions souvent, nous sommes en pratique de notre retraite… Les enfants aussi les apprécient car ils ont presque tous un chien aussi vieux qu’eux-mêmes donc très calmes. Ces chiens ont tous des rhumatismes, sont lents ou aveugles. Ce ne sont pas des bêtes impressionnantes. Les enfants pratiquent leur anglais en faisant chaque jour leur tournée de « Can I pet your dog ? ». Les fins de semaine, une clientèle de jeunes familles envahit la plage. Les enfants socialisent et se donne des rendez-vous pour la fin de semaine suivante. Les samedis soirs, c’est presque le party dans l’unique rue du terrain de camping!

À quelques jours de notre départ pour rejoindre mon frère en Oregon, nous n’étions pas encore rassasiés de nos aventures sur le site. Grâce à la flexibilité et l’ouverture de mon frère, nous l’avons convaincu de venir nous rejoindre pour quelques jours…

Francis, le héro de la montagne, le sportif intrépide qui n’a peur de rien avait toujours promis de nous épater en quelques heures sur une planche…! L’heure était enfin arrivée de faire ses preuves et d’affronter le vent.

Le premier matin, un petit vent doux accueille mon frère pour lui permettre de découvrir l’humilité, la persévérance et l’autodérision. C’est toujours agréable de voir les premières étapes frustrantes de la planche qui nous amène à faire des culbutes et des vols planés peu glorieux. Mon frère ne manque pas de prof pour lui prodiguer des conseils. Tout à son honneur, il ne manque pas de détermination pour enchainer les débarques. Malgré les faibles résultats sur l’eau, Francis garde le moral et y retourne en après-midi. Alimenté par une confiance de débutant, il part affronter la rivière en sous estimant l’effet du courant. Plus il tente de revenir à la plage, plus il s’en éloigne. Pendant que nous préparons notre équipement pour l’aider, nous envoyons Médrick l’encourager. Après quelques minutes d’observation incrédule, je constate que mon fils ramène glorieusement son parrain accroché derrière sa planche pour lui éviter la marche de la honte…! Comment passer de héro à zéro…? Après quelques journées de pratique, mon frère doit admettre que c’est un sport très technique et difficile. Malheureusement, il n’a pas encore atteint le minimum pour ressentir de l’adrénaline… De mon côté, je dois admettre qu’il a été très déterminé dans ses pratiques et que j’ai eu beaucoup de plaisir à photographier ses pirouettes.

Profitant de la présence de mon frère, nous avons décidé de tenter une aventure de kayak tel que recommandée par des fidèles adeptes de la place. Ce dernier nous prête même l’équipement nécessaire pour partir découvrir les merveilles de l’autre côté de la rivière. Médrick et Maëlie décident de nous accompagner. Nous devons donc affronter le contre-courant, le vent et les vagues pendant près de deux heures avant d’arriver au petit cocotier. Les inventions de kayak sont inefficaces et le paddling (SUP) vraiment impossible à pratiquer. C’est avec les mélodieuses paroles d’encouragement : « Chess… Bras…! » que nous arrivons finalement à destination. La balade de 15 minutes fut jolie mais pas nécessairement à couper la souffle tel que recommandé par notre ami Chuck. Disons que Martin était à quelques minutes de contacter la garde côtière pour organiser un sauvetage après notre quatre heures de ramage qui devait en prendre seulement deux…! Vive l’aventure!

Notre dernière activité dans la région de San Francisco fut la visite de la prison d’Alcatraz avec mon frère et mon fils. Pendant ce temps, Martin découvrait le musée des sciences avec les trois filles. La croisière pour se rendre sur l’île ainsi que la visite de la prison a été stimulante et intéressante. En fait, la description en français dans les écouteurs rend la visite réelle et concrète. Petite soirée agréable dans la ville!

L’étape de planche à voile se termine à Sherman Island mais l’aventure en gang avec mon frère se poursuit dans la région de Bend, OR. C’est pratique d’avoir un éclaireur qui part avant nous pour vérifier le terrain et nous indiquer un camping nature au cœur de la forêt et surtout au centre de multiples sentiers de vélo de montagne. Après avoir installé notre grosse roulotte dans la forêt, il restait à expliquer aux enfants comment utiliser une pelle pour ainsi faire nos besoins de façon hygiénique dans la vraie nature. À notre grande surprise, les deux jeunes avaient mal compris les explications… Elles sont donc revenues avec le tas dans un sac… Selon leur logique, la pelle devait servir à ramasser la crotte après son expulsion pour la ramener au campement… comme les chiens…!

La première soirée commence bien puisque c’est la fête de la St-Jean-Baptiste… Un gros feu, des guimauves et de la musique québécoise… un peu de danse et c’est le party après quelques rigodons…!

Le lendemain, c’est la fête de Maëlie! On fête en grande en parcourant de nombreux sentiers de vélo de montagne. En fait, nous sommes sur un terrain de jeux pour grands enfants sur deux roues. C’est le festival des jumps, des rampes, des bascules et des pump tracks. En soirée, on déguste un bon repas sur le feu de camp et on fait un ravage au gâteau de fête. Une belle fête originale!

Ensuite, on passe quelques journées à explorer la forêt en vélo :

Premier constat, Kaïlane est très motivée à devenir une sportive à part entière. Elle ne veut plus se faire tirer par la girafe. Elle nous impressionne par ses habiletés à gérer les roches, les racines et les virages en tête d’épingle. Ses cuisses de béton l’aide à gravir plusieurs côtes.

Deuxième constat, nous apprenons une nouvelle variante du vélo de montagne. Après le cross-country, souvent très physique et cardio, et la descente trop extrême et coûteuse pour les remontées mécaniques… Il y a le Free Ride, un compromis entre les deux premiers : le plaisir de descendre la montagne sans les efforts pour la monter! Le même plaisir de sauter des rampes sans vider son portefeuille pour acheter des billets. Un seul inconvénient, il faut deux voitures ou le sacrifice d’une personne qui fait la navette pour déposer les sportifs en haut de la montagne et les reprendre en bas…! Avec mon frère, nous avons tous adoré cette nouvelle alternative qui permet aux filles de physiquement suivre et les plus intrépides de « pupper du stock » plus extrêmes.

 

 

 

 

Ensuite, on continue de partager nos sports en compagnie de mon frère. Il faut croire que notre compagnie est endurable et que mes repas sont mangeables… De notre côté, on commence à apprécier son odeur de café le matin et son odeur de sueur en fin de journée. Nous allons donc passer une journée dans la mecque de l’escalade à Smith Rock. Il fait extrêmement chaud mais nous avons la chance que la grimpe la plus fabuleuse du site est libre pour nous, la « five gallon bucket ». Mon frère monte en premier de cordée une difficile 5.9. C’est toujours pratique d’avoir un téméraire-orgueilleux dans notre groupe. Malgré sa première vraie chute, il parvient à installer nos ancrages au sommet pour nous permettre de tous profiter de son audace ou son manque de jugement. Après autant de sueur, la rivière fraîche nous invite à une petite saucette… en bobette!

Nous poursuivons la route pour notre dernier arrêt en gang dans la région du Gorge, le paradis de la planche à voile. C’est le festival du vent pour le week-end alors nous profitons de cours ainsi que d’équipement en démonstration. Tant qu’aux enfants, ils s’amusent dans l’eau et sur des structures qui permettent de faire des sauts périlleux. Ils se font des amis et apprécient leur journée…

Par contre, mon frère risque de devenir fou… Nous campons sur le même site que l’été dernier où nous avions appris à cohabiter avec humour sur le son mélodieux du train qui sifflait aux… 20 minutes, même la nuit! Après deux nuits de désespoir, mon frère part les yeux cernés pour nous dénicher un autre terrain de camping, gratuit au cœur de la nature. Le chemin est intrépide avec la roulotte mais l’emplacement en vaut le déplacement. Du même coup, nous profitons de notre nouveau dada du free ride en montagne. Deux autres belles journées de descentes en vélo en s’alternant le rôle de « shuttle bitch » (la personne qui doit se sacrifier).

En bonus, il y a même un réservoir en haut pour se rafraîchir et se baigner… entre les tritons. Les enfants ne se plaignent pas et adorent leur nouvelle chasse aux invertébrés mous, lents et gluants. D’ailleurs, depuis que nous explorons les plaisirs de camper dans la forêt, les enfants ont développé une nouvelle stratégie pour chasser les insectes servant à nourrir nos lézards. Ils ont commencé à faire leur besoin au même endroit mais ne prennent pas la peine de recouvrir leur matière. De cette façon, ils reviennent quelques heures plus tard avec un filet rempli de mouches… Sauf Loïkim qui est moins habile et revient avec les sandales beurrées… Vive les plaisirs de la nature.

Deux semaines efficaces avec les deux meilleurs sites de planche, de vélo et d’escalade et une agréable compagnie!

Nous poursuivons ensuite quelques journées de planche et une journée de fiesta et de feu d’artifice pour la fête des Américains.

Nous allons aussi visiter et apprendre sur le spectaculaire Mont St-Helen. Ce fut une journée instructive et très agréable avant de revenir au Canada pour s’assurer de la stabilité du rein de Maëlie. Les nouvelles sont bonnes puisque son rein reste stable malgré sa dégradation. Les médecins sont confiants qu’une opération pourra sûrement attendre notre retour à Montréal.