Le début de notre dernière étape dans l’ouest

C’est finalement le grand départ après le grand ménage. Évidemment, nous avons tellement hâte de commencer nos aventures que nous ne prenons même pas le temps d’organiser notre roulotte. C’est à peu près propre mais complètement le chaos au niveau de notre équipement. Il y a du stock partout… Ce n’est pas grand une roulotte après nos semaines en condo et nous avons vraiment plus de matériel à gérer que nos 12 sacs à dos en Asie…! C’est un autre beau défi de Tétris pour tout faire rentrer.

La première nuit, nous devons prendre refuge dans un motel. Nous sommes encore trop dans le nord du continent et les températures de nuit sont en dessous du point de congélation. Nous ne voulons pas prendre le risque de se réveiller avec 4 petits bonhommes de glace dans leur lit.

La deuxième nuit est presqu’aussi glaciale. Nous arrivons tout de même à convaincre Martin que nous sommes assez endurcis pour affronter le froid. Les enfants ont trop hâte d’essayer leur nouvelle couverture (remplacée gracieusement dû aux cadeaux de nos amis les rats). Alors habillé pour partir en ski, nous nous glissons sous nos couvertures. C’est un succès! Tout le monde se réveille sans engelure… Ouf déjà deux longues journées de route de complétées pour arriver à la chaleur.

Troisième journée, nous décidons de faire un petit arrêt historique au centre d’interprétation de la route de l’Orégon. La visite a inspiré Médrick à composer une aventure se déroulant à l’époque des pionniers :


Médrick…

Il y a 200 ans…

Boston, New York et quelques autres villes étaient habitées par des pauvres qui souhaitaient avoir une meilleure vie. Un jour, quelques familles entendirent parler de l’Orégon. Il paraissait qu’il y avait de l’or et des terres fertiles. Alors, ils se sont mis au travail. Les bergers et les fermiers regroupaient des moutons et des chèvres pour manger et des chevaux, des vaches et des bœufs pour tirer les chariots. Les roues étaient faites en bois avec un anneau en métal pour la protéger. Quand tout fut près, des femmes, des hommes et des enfants partirent sous le chant d’applaudissement de la foule qui s’était réuni pour le départ. Direction, l’Orégon!

La route était très longue, elle durait plus de six mois. Après avoir arrêté pour manger, la route continua. Tout à coup, au loin, ils virent de la poussière s’élever. Des Indiens attaquaient, les hommes, tous les fusils dehors du chariot se mirent à tirer sur tous les indiens qu’ils voyaient. Les Indiens, quant à eux, tiraient des flèches un peu partout. Quand ils finirent par partir, les pertes étaient grandes : une trentaine d’hommes, de femmes et d’enfants, puis une dizaine d’animaux. Tous les américains étaient en deuil. Chaque famille avait perdu quelqu’un. Quand la route recommençait, seul le bruit des sabots des chevaux sur le sol venait briser le silence.

Les jours passaient comme une routine : très tôt le matin, les hommes allaient chasser et la route recommençait. Après plusieurs semaines, ils arrivèrent enfin à une rivière. Tout le monde allère s’abreuver. Pour traverser la rivière, ils avaient trois choix : revenir au point de départ, payer un bateau pour traverser ou bien boucher tous les trous et les craques du chariot pour traverser. Alors, ils choisirent le bateau car c’est le moins dangereux. Lorsque tous les chariots et les animaux furent mis sur les bateaux, les conducteurs se mirent à le pousser avec des longs morceaux de bois. Le bateau tanguait beaucoup mais à part buter contre des roches, il réussi à traverser sans problème. Tout le monde donna un montant d’argent aux conducteurs et la route pue recommencer.

Après que trois personnes furent mortes de faim, le chef prit une décision, ils prendraient la chance d’aller voir les Indiens pour tenter de faire du troc. Deux jours plus tard, ils arrivèrent enfin dans un camp Indien. Quatre petites huttes étaient placées de manière à faire un cercle et un feu brulait au milieu. Quand les Indiens les virent, ils paniquèrent un peu mais n’attaquèrent tout de même pas. Le chef des américains leur expliqua leur problème et ils acceptèrent avec plaisir. Le chef leur proposa : 10 pointes de flèches, 5 hameçons et une trentaine de chandails contre une vingtaine de saumons et 10 kilo de bacon. La chance leur avait souri. Mais quelqu’un fut encore plus chanceux lorsqu’il trébucha sur un morceau d’or. Une once d’or égalait à 2000 dollars.

Trop content d’être devenu riche, il recommença le chemin le sourire aux lèvres. La journée était calme, mais le ciel gris n’annonçait rien de bon. Lorsqu’un éclair vint zébrer le ciel, la pluie se mis à tomber. Tout le monde allère remplir les gourdes et ils se mirent à l’abri. Deux semaines plus tard, ils arrivèrent enfin à destination. Tout le monde sauta de joie en voyant les terrains verts à perte de vue. Aussitôt arrivés, ils se mirent tous au travail. Les chevaux et les bœufs transportèrent les lourds chargements tandis que les hommes et les femmes apportèrent les restants de nourritures et les enfants allèrent explorer leur nouveau terrain de jeu. Pendant quelques semaines, ils travaillèrent avec acharnement pour profiter de la nouvelle vie plus rapidement. Lorsque les champs furent labourés, les graines plantées et le tout arrosé, là, ils se donnèrent le droit d’avoir un peu de repos. Alors la vie redevint normale mais à l’autre bout du pays!

 

Nous arrivons en fin de journée à notre première destination. Nous passons deux journées dans le Parc national de Capitol Reef au centre sud du Utah. Je retrouve immédiatement mon coup de foudre pour ce décor qui me charme à chaque fois. Tant de grandeur et de beauté qui nous entourent. Je sens que je vais recommencer à manquer d’adjectifs pour qualifier ce que mes yeux tentent de capter, mon cerveau graver et mon cœur conserver. C’est comme une dose de paisible qui serait injecté dans tout mon être. Comment la nature peut-elle offrir un aussi beau spectacle. J’ai une seule pensée sombre… Je vais devoir recommencer à classer des quantités énormes de photos!

Les deux journées se passent dans des sentiers sur le sommet des rochers aux couleurs de feu ou dans le creux de son canyon. D’en haut ou d’en bas, le décor est aussi beau. Les enfants sont excités d’observer des lièvres, des antilopes et un mini colibri. Ils sont moins enthousiastes lorsqu’ils se retrouvent en face d’un serpent à sonnette! La marmaille ne semble pas s’ennuyer. Ils semblent à la recherche de nombreuses pierres précieuses qui se cachent dans les géodes… Ils seront peut-être riches à notre retour!


Nous continuons notre aventure à travers des routes magnifiques et des campings nature impressionnant. Petrified Forest capte particulièrement notre attention à cause de ses formations rocheuses exceptionnelles et géographiquement intéressante. Il faut surveiller les enfants qui rapporteraient bien des échantillons de roches disproportionnellement trop gros!


Maëlie…

Les arbres pétrifiés sont des arbres transformés en roche. Il y a des millions d’années, des arbres se sont faits inondé par l’océan. Tous les minéraux de l’eau se sont infiltrés dans l’arbre. Quand l’eau s’est retirée après l’ère glacière, la partie liquide s’est évaporée mais les minéraux ont restés dans les arbres. Ils avaient plusieurs couleurs grâce aux différents minéraux : jaune, orange, gris, noir, mauve et turquoise!

Ensuite, nous espérions aller visiter Bryce Canyon qui avait été mon coup de cœur 2008. Malheureusement, à ce moment de l’année, la météo est incertaine et nous arrivons pendant une grosse tempête de neige. Tout est magnifiquement blanc, au lieu du orangé habituel. Martin ne trouve pas la situation très rassurante. Il n’apprécie pas conduire la roulotte sur les routes glissantes. Heureusement, tout se passe bien.


Enfin, nous faisons un arrêt de quelques jours à St-George dans le parc d’état (Snow Canyon). Il n’y a pas de neige mais les températures ne sont pas aussi chaudes que prévue. Nous profitons de ce que la nature nous offre en faisant quelques journées d’escalade et de vélo de montagne. C’est une première pour nous de pédaler dans le désert vallonné à travers les lézards et les cactus. Loïkim devra apprendre à rester dans les sentiers pour éviter à son père de passer une soirée à réparer 12 crevaisons dans ses pneus remplis d’épines de cactus…!



Parmi les bons moments, les enfants développent leur anglais en socialisant avec des amis dans le parc. Nous passons aussi une belle soirée avec le ranger du parc qui nous informe sur les mystérieuses créatures que sont les scorpions.


 

 

Médrick…

Un mythe dit que les scorpions sont mortels. C’est complètement faux, ils ne font pas plus mal qu’une piqûre d’abeille. À moins d’être allergique à son venin, il ne peut te faire du mal.

Il y a autour de 2000 sortes de scorpions dans le monde. Sur ceux-ci, qui 25 sortes sont mortelles. Le scorpion est divisé en douze parties. Ce que l’on appelle la queue du scorpion n’en est pas une, c’est simplement une partie de son corps. Ils deviennent adultes à l’âge de 3 ans. À cet âge, ils ne sont pas plus longs que 2 cm. Mais ils pourront continuer de grandir jusqu’à leur mort à l’âge de 6 ans en atteignant 5 cm. Inversement, lorsqu’ils sont bébés, ils ne mesurent que quelques mm. Ils sont dans la famille des araignées.

Ils mangent principalement des insectes mais les races plus grosses peuvent aussi manger de petits lézards. Les scorpions se font manger par des oiseaux, des serpents, des rats et d’autres scorpions les mangent, en fait, ils peuvent donc être cannibales.

Les scorpions sont nocturnes, si tu veux les voir, tu as besoin d’une lumière mauve spéciale (rayon ultra violet) parce qu’avec une lumière normale, tu ne peux pas les voir car ils sont beiges comme le sable et ils se camouflent. Avec la lumière mauve, quand tu passes dessus, ils deviennent vert flash et sont plus faciles à repérer. Les scorpions ne vivent pas juste dans le désert, ils peuvent vivre dans des forêts ou des forêts tropicales et même quelques uns ont été vu dans la neige. Ils vivent n’importe où.

Dorénavant, avec le texte que je viens de vous fournir, je crois que vous n’aurez plus pleur des scorpions. Du moins, pas plus que des abeilles!

Comme nous avons expliqué aux enfants, nous vivons présentement la partie de notre voyage dans la catégorie camping-nature… Mais… nous avons dû affronter tout de même un choc culturel avec la réalité des communautés très républicaines du Utah, voir Red Neck. Leur rigidité et leur fermeture fut un irritant pour nous mais de toute évidence encore plus pénible à vivre pour les responsables du parc. Ils ont rarement eu des gens aussi problématiques que nous à gérer. Martin s’est vidé le cœur pour mieux digérer la situation!

Martin     Au pays des Red necks…

On arrive dans un super beau parc d’état (State Park) du nom de Snow Canyon. Le camping affiche quasi-complet car peu de sites ont suffisamment d’espace pour notre combo pickup+grosse berta. La femme à l’accueil nous propose de prendre un petit site et de stationner notre pickup à l’entrée. Super! Elle nous explique en long et en large tous les règlements du camping. Du genre, ne pas grimper sur les roches, surveiller ses enfants, pas d’alcool… Je mentionne à Jolène l’importance de respecter ces exigences car nous sommes probablement dans l’état le plus « stiff » des USA. La première nuit, je mets le pickup en infraction sur le terrain voisin car il est vacant et c’est plus pratique pour loader-déloader le stock d’escalade et les vélos. Le lendemain, un bénévole nous suggère de mettre le pickup devant les toilettes. Il s’occupera de l’approbation auprès du tout-puissant Ranger. Vers midi, il y a un avertissement dans le pare-brise…

En allant renouveler pour 2 autres nuits, la femme à l’accueil me sermonne de ne pas avoir respecté son exigence de stationner à l’accueil. Comme il n’y a pas l’ombre d’espace à discuter, je demande pardon et repars. Le lendemain : pas d’histoire car je stationne au seul endroit légal. Le lendemain, un gentil voisin ayant seulement une tente sur un terrain 5x plus grand que le notre, m’offre de stationner mon pickup sur son terrain. Merci l’ami!

Le lendemain, en voulant renouveler, je suis convoqué au bureau du Ranger. Le ciel me tombe sur la tête. Il me mentionne qu’ils ont que des problèmes depuis notre arrivée. Nous sommes des vrais casse-pieds et pour cette raison, il ne veut plus nous avoir dans son terrain de camping…wow qu’est-ce que c’est ça?Je lui demande : A-t-il eu une plainte de quelqu’un? Aucune évidemment! Il est là le choc culturel! Pour eux, il ne peut y avoir aucune interprétation/assouplissement des règles, même si cela pouvait faire du sens. Ils sont aux antipodes de notre Québec national! Nous qui apprenons aux enfants à baser leur jugement sur ce qu’ils font en se demandant si leur action ne dérange personne, que si elle ne brise/altère rien, alors c’est sûrement ok de le faire!!!

Cette logique sociétale mène tellement à des absurdités lorsqu’il n’y a pas de balises. Le sens du jugement ne fait plus partie du quotidien. Comme la fois où l’on faisait de l’escalade dans ce superbe canyon et qu’aucun règlement n’interdisait un père à montrer à son fils à shooter du 12 des bouteilles de vitre à 50 mètres de nous tout en y laissant les éclats de surcroit.

Nous avons choisi de quitter pour leur éviter une crise cardiaque avec notre comportement délinquant dans un terrain de camping…!

 

Tant qu’à être dans les chocs culturels, nous avons décidés de poursuivre notre aventure à Las Vegas. Passer de la nature à la ville est aussi un choc où l’on doit s’adapter. D’abord en arrivant au terrain de camping de 900 terrains (exclusivement pour les véhicules récréatifs), nous avons dû interpréter le sens du terme tous les services inclus. Nous sommes généralement autonomes pour notre électricité, nos égouts et notre eau. En ville, le terrain vient aussi avec le câble, le téléphone, la piscine, le spa, internet, le casino et des douches… Ces dernières sont tellement intenses qu’on croirait vider un lac à chaque lavage.

En roulant pour trouver notre espace pour stationner notre roulotte, nous réalisons que c’est le monde à l’envers pour nous. Dans les parcs nationaux, nous sommes entourés de jeunes, en tente qui ont des corps d’athlètes. Ici, nous sommes entourés d’énormes véhicules récréatifs, remplis de gros avec leur pesant en argent pour les casinons. Dans un sens, c’est plus flatteur pour nous!

Nous passons une soirée à admirer des spectacles gratuits dans les hôtels (Caesar Palace et Treasure Island) ainsi que les charmantes fontaines du Bellagio. Les enfants ont apprécié visiter la boutique-musée M&M… Une journée de ville est suffisant… Quoique mes greluches semblent apprécier la vie des gens riches et célèbres!


Ce fut une nouvelle occasion d’apprécier et d’observer les différences et les personnalités qui se développent de plus en plus chez notre progéniture.

Médrick est définitivement un mâle de la nature et du sport… Quoiqu’il a un intérêt pour comprendre le fonctionnement des machines dans les casinos. Ce n’est pas clair si c’est son intérêt scientifique ou son attirance pour l’argent. Ce qui est plus clair c’est qu’il aime surtout visiter les hôtels avec de gros aquarium…!

Maëlie est en transformation pour devenir une jeune femme. Elle est à la recherche de son identité qui se traduit par son affirmation et son désir de s’affirmer en tant qu’être différent. Elle a un désir de coquetterie et une conscience de son image. Les nombreux magasins de modes et de vêtement sont vraiment un attrait pour notre grande fille dans la ville.

Loïkim est évidemment notre farfelue heureuse. Elle rêve de spectacles, d’arts et de design. La ville est une source d’inspiration pour elle. On la sent fébrile et désireuse de tout absorber ce qui se passe dans son environnement. Elle a son style et sa mode qui la rende si charmante et précieuse dans la famille.

Kaïlane est encore trop jeune pour clairement imposer sa personnalité. Elle est un mélange de son grand frère et ses grandes sœurs qu’elle admire et cherche à ressembler. Elle semble devenir un heureux mélange de tous ses modèles. Présentement, elle se démarque par sa volonté d’apprendre. Ce qui ne cesse de nous faire rire. Lors des devoirs, un matin, elle devait inscrire en chiffre le nombre d’objets illustrés sur la page : 1 chat, 3 pommes, 5 chiens,… lorsque nous réalisons qu’elle n’a rien écrit devant l’unique fleur… Elle répond qu’elle sait écrire un=1 mais pas une=? Elle nous a aussi demandé qu’est-ce qui arrive si un cadavre se réveille? Elle nous informe aussi que l’eau ici est vraiment mouillée.

Ce n’est pas ennuyant d’être un parent! Mais c’est parfois intense. Présentement, nous avons tellement poussé pour que les enfants développent le goût de la lecture que notre plus grande source de conflits c’est de leur imposer d’arrêter de lire à certains moments de la journée. Ils nous trouvent sévères d’imposer une activité familiale, généralement sportive, à tous les jours sans possibilité de lire à temps plein! C’est un beau problème comme on dit…

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Une réponse à “Le début de notre dernière étape dans l’ouest

  1. C’est toujours un plaisir de vous lire. Je m’endors à St-Hubert et me réveille grâce à vous dans de beaux parcs nationaux des US . Merci encore et encore de nous faire voyager avec vos belles photos et vos beaux récits. Continuez à nous faire rêver.
    Le bonjour à tous
    Chahneze

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