Skier à Sun Peaks

Le retour vers le Canada fut un succès. Nous avons même récupéré le soir de notre arrivée nos colis gentiment envoyés par mon frère avec une partie de notre équipement de ski…! Nous sommes donc épuisés mais complètement satisfaits de se retrouver dans notre condo au cœur du village de Sun Peaks. Les enfants sont heureux de constater qu’ils auront un lit à eux seul pour les prochaines semaines. Il y a même quatre salles de bain propre dans le condo…! Personne ne semble se plaindre du changement radical du mode de vie. D’ailleurs, lorsque je cuisine, je me sens maintenant comme une grande chef de haute gastronomie. Je pense que les enfants se sont vraiment ennuyés de la nourriture de maman!

Par contre, pas de temps pour relaxer… Il y a des choses qui ne changent pas! Nous disposons d’à peine 24 heures avant que les cours de ski des enfants ne débutent. Comme le village de Sun Peaks est à 1 heure de route de la ville, nous devons tout trouver dans la même journée… Ski, habits de neige, tuques, casques, lunettes, vêtements chauds… et méga épicerie! Mission accomplie… Les enfants sont presque prêts pour affronter les pentes enneigées.

Du côté des adultes : Moi, je vais passer 2 jours à essayer des nouveaux skis avant de choisir mon modèle. Je ne peux pas dire que je sens beaucoup de différence après 10 ans de chasse-neige avec un enfant entre les jambes pour l’initier. Par contre, je découvre le plaisir du carving ainsi que l’amour pour la poudreuse. Mon frère et mon homme font donc consensus pour me choisir un bon ski polyvalent, mes filles approuvent l’esthétique pendant que ma mère paye la facture… C’est un travail d’équipe qui me convient bien!

Pour Martin, c’est évidemment plus compliqué… Il passe beaucoup de temps à analyser les différents scénarios. Comme dirait mon frère, il est redevenu un ado qui trippe dans la neige. Il doit trouver la meilleure option. Un des choix est de poursuivre avec son « snowboard » tout l’hiver mais il ne se sent pas à l’aise dans la poudreuse et les sous-bois. Il pourrait se racheter un équipement de télémark pour les sous-bois mais après une journée d’essai, il est déçu de ne pas vraiment « carver ». Alors, il essaye aussi des skis alpins mais ne trippe pas autant qu’avec son snow… En attendant de bien murir sa réflexion, il doit endurer son snow et prendre de multiples débarques très élégantes dans les sous-bois… Nous sommes patients et l’attendons pendant qu’il se transforme en bonhomme de neige dans la poupou! En conclusion… la réflexion fut tellement longue qu’il a eut le temps de développer ses aptitudes dans la forêt et d’apprécier au maximum son snow… Il semble pouvoir rêver de surf en effectuant ses virages sur la neige… En attendant sa planche à voile et son vent!

Nous avons donc une belle petite routine qui commence à prendre forme. Le matin les enfants travaillent sur leur matière scolaire et l’après-midi nous partons tous en ski… C’est un beau programme sport-étude!

Martin : commence à prendre forme ? hey oh ça de va pas la perception?! La maîtresse d’école a commencé le premier matin que nous sommes arrivés et n’a pas pris un jour de congé depuis!

Les cours de ski du samedi se passent très bien. Médrick est enfin dans un défi à la hauteur de ses talents. Il doit skier à toute allure pour suivre le rythme du groupe. Ça fait changement de la patience qu’il déploie lorsque nous skions en famille… Il y a toujours une Kaïlane à relever dans la neige, une Loïkim qui doit réajuster son équipement ou un Martin qui embrasse un arbre! Pour les deux filles, Maëlie et Loïkim sont dans le même groupe avec un professeur privé. Alors elles travaillent leur anglais autant que leur ski! Pour Kaïlane, le défi est surtout au niveau de se séparer de sa mère. C’est un bon défi nécessaire autant pour elle que pour moi… Pour son ski, c’est vraiment magnifique de voir un bout de 4 ans avec ses petits bâtons sous les bras pour faire du « downhill » et rattraper la gang. Elle est championne pour tourner en parallèle et trippe dans la grosse neige dans la forêt parfois plus creux que ses genoux.

Il semble que notre Kaïlane ait une bonne estime de ses compétences de skieuse. Elle nous a fait bien rire un matin. Comme nous préférons dîner à la cafétéria de la montagne, Martin transporte à tous les jours un petit sac avec nos sandwichs du midi sur son dos. Après avoir observé quelques débarques de son père, Kaïlane lui propose sérieusement de transporter le sac de sandwichs. Elle nous informe que de cette façon nous pourrons manger un lunch moins écrapouti. Merci Kaïlane!

Après notre première semaine, nous sommes contents de nos belles journées de ski en famille. Tout est agréable… Par contre, Martin et moi ressentons une légère déception pour la montagne. Il n’y a pas eu de nouvelle neige depuis 2 semaines. Nous espérions d’avantage de poudreuse et de sous-bois pour combler nos attentes avec les images de l’ouest Canadien.

Pour changer un peu la routine, nous offrons aux enfants la possibilité de faire aussi du snowboard à l’occasion. Loïkim a maintenant son équipement et les grands peuvent alterner en se partageant le même équipement. Les enfants adorent le nouveau défi. J’ai seulement l’impression de retourner 10 ans en arrière. Nous allons à la vitesse tortue sur les pentes débutantes pour pratiquer nos débutants. Kaïlane est comme devenue Miss Rapide qui doit attendre les autres. Nous optons finalement pour séparer la gang en deux ou trois groupes selon les forces, les vitesses et les intérêts. On se retrouve pour dîner… Les grands sont maintenant assez autonomes pour skier ensemble et nous retrouver au condo. En fin de journée, les trois grands adorent faire la piste de « snowpark ». En fait, Médrick passerait ses journées dedans mais mon cœur de mère commence à avoir de la difficulté à la regarder filer à toute allure et jumper… J’aime mieux faire l’autruche et ne pas voir les possibles catastrophes!

Après notre deuxième semaine de ski, nous avons découverts les trésors cachés de la montagne. Nos attentes de sous-bois et de « poupou » sont comblées. Il fallait seulement découvrir ses portes secrètes qui donnent accès à de multitude pistes incroyables moins achalandées. C’est surtout les enfants, après leur cours de ski, qui nous partageaient leur nouvelle découverte. Nous sommes maintenant emballés de partir à la découverte de nouvelle piste et région à chaque matin… La montagne est grosse et gagne à être découverte!

Un samedi matin, lors des cours de ski des enfants, nous avons décidé Martin et moi de partir encore plus loin à l’aventure. Les habitués de la place nous suggéraient de monter à pied sur un autre versant de la montagne pour avoir accès à du backcountry vraiment incroyable et vierge. Comment résister à une telle proposition. Pendant que les enfants sont en cours de ski, qu’un gros soleil se pointe avec un ciel bleu intense, nous marchons pendant 45 minutes dans un décor surréaliste digne des plus beaux paysages canadiens d’hiver. Nous sommes seuls entre les sapins enneigés. Nous trippons vraiment et nous n’avons même pas encore commencé à descendre. La sensation de flotter dans la vraie poudreuse à chaque virage est comme un rêve. Martin me trouve toujours cucu quand je mets trop d’adjectifs mais là c’était vraiment inoubliable. L’expérience fut trop brève mais nous devions retourner chercher notre marmaille qui terminait déjà leur cours… Wow!

Après notre troisième semaine de ski, nous sommes un peu trop connus de l’équipe des patrouilleurs de ski de la montagne…

D’abord, lors d’un après-midi que j’avais hérité de la gang la plus lente en snowboard, Martin avait le plaisir de partager tout son temps exclusivement avec notre adorable Kaïlane. Il a vécu la panique de sa vie. Pendant que Martin était penché pour attacher son snowboard, Kaïlane a décidé de commencer à avancer pour se préparer dans la piste. Malheureusement, Martin n’a pas prit la même piste qu’elle. Lorsqu’elle a entendu Martin l’appeler, elle a décidé de traverser dans la forêt pour le rejoindre. Martin a continué de l’appeler en croyant qu’elle était descendue plus bas. La communication fut alors impossible. En arrivant en bas de la longue piste sans son bébé de 4 ans, Martin a demandé aux patrouilleurs de l’aider à retrouver sa fille. Tout le monde s’est rapidement organisé pour chercher notre puce. Martin a descendu et remonté 3 fois les pistes pendant 45 minutes en hurlant et pleurant pour retrouver sa fille… C’était le drame total car il savait qu’elle était sûrement dans la forêt puisque dans les pistes nous l’aurions déjà retrouvée. Comme Martin a déjà lu sur comment mourir sur les montagnes de l’ouest, les enfants savent que le plus risqué est de passer près des sapins qui forment un parapluie de neige et un trou très dangereux dessous… Dans le stress, Martin n’a pas vu le message en bas de la remontée mécanique qui indiquait la bonne nouvelle alors imaginez son émotion lorsqu’il a aperçu Kaïlane saine et sauve dans les bras de la patrouilleuse en haut de la chaise.
Il n’y avait pas des mots qui pouvaient sortir de leur bouche, seulement des larmes et le plus gros câlin du monde… Kaïlane nous a ensuite expliqué qu’elle entendait les patrouilleurs crier son nom lorsqu’elle était coincée sous le sapin mais… elle était trop gênée pour répondre! Se sont finalement ses pleurs qui ont averti de sa présence! Quelle soulagement de retrouver notre petit trésor.

Malheureusement, ce n’était que le début de nos aventures avec les patrouilleurs de la montagne. Le pire restait à venir. Quelques jours plus tard, suite à notre incroyable aventure dans le backcountry de la montagne, nous avons désiré partager ce plaisir avec notre gang. Alors par un beau matin ensoleillé, nous décidons d’explorer un nouveau versant de la montagne. Nous profitons que nous sommes la fin de semaine pour utiliser le T-bar qui monte encore plus haut vers l’arrière de la montagne. Évidemment, une pancarte indique que la station n’est pas responsable des individus qui choisissent de franchir la corde. Nous lisons d’autres pancartes indiquant que les risques d’avalanche sont considérables et que les secours de la montagne ne couvrent pas cette zone. De plus, tout « rescue » engendre des frais minimum de 500$. C’est donc en toute connaissance de la situation que nous invitons les enfants à nous suivre dans un paradis de poudreuse. Dès les premiers mètres, tout le monde apprécie de flotter sur la neige. Une sensation nouvelle et unique. On entend des cris d’excitation et de plaisir de tout le monde. Martin nous filme en disant voici la famille perdue à l’arrière de la montagne, seul au monde… On ne croyait pas que ses paroles allaient se révéler aussi réelle.

Après une trentaine de minutes à se balader entre les sapins, nous commençons à espérer croiser la piste qui va nous ramener sur la montagne. Nous tentons de garder la gauche pour se rapprocher de notre objectif. Nous arrivons à une section plus abrupte et dense en végétation. Nous observons que nous franchirions un point de non retour si nous poursuivons. La piste que nous espérions croiser n’est pas là. Le terrain devient plutôt vraiment abrupte et semble conduire au creux d’une vallée entre deux montagnes. Nous arrêtons notre descente pour réfléchir aux décisions importantes que nous devons prendre qui auront une importance majeure sur la sécurité de tous. Nous avons le choix de poursuivre en espérant que le creux de la vallée mène à quelque chose de sécuritaire en sachant que le retour en arrière sera pratiquement impossible ou revenir maintenant sur nos pas en sachant que les enfants n’arriveront pas à parcourir toute la distance sans aide avant la nuit…

Il y a comme une petite panique qui s’installe à l’intérieur de moi. Les enfants, en particulier Maëlie qui est sensible à mes états d’âme devine que la situation est critique et pleure. Martin me regarde pour m’obliger à retrouver mon calme. Martin propose d’aller voir plus loin pour évaluer la situation. Je refuse qu’il fasse un pas de plus et le supplie de revenir sur nos pas pour aller chercher du secours avant qu’il soit trop tard et que notre balade se termine en catastrophe.

Martin accepte de faire marche arrière mais le climat et le moral de la famille est proche de la panique. Martin abandonne son snowboard après 10 minutes d’efforts à monter une côté qui l’enfonce jusqu’à la taille à chaque pas. Nous arrivons rapidement à la conclusion que la seule solution possible pour espérer ne pas passer la nuit dans la forêt est de se séparer et de laisser Martin partir seul chercher du secours.

Je me retrouve donc seule pour supporter moralement et physiquement les enfants dans cette situation critique. Pendant ce temps, Martin doit ramper pour arriver à remonter la pente qui a une quantité de poudreuse énorme. Son adrénaline est au maximum et il sait que le temps est un enjeu primordial dans cette situation hivernale.

Après moi-même avoir fait quelques pas dans la neige avec les enfants, nous devons abandonner aussi nos skis pour espérer s’en sortir. Ayant repris mon sang froid, je réfléchis à la situation. J’explique aux enfants que la seule solution possible pour espérer que la situation se termine bien c’est de garder notre calme, travailler en équipe et conserver notre chaleur. Pour ne pas se refroidir, nous devrons constamment être en mouvement jusqu’à la nuit. Nous marcherons aussi en direction des secours. S’il arrivait quelque chose à papa ou que les secours n’était pas en mesure de venir à cause de la tempête de neige qui commence à s’intensifier, nous devons espérer arriver ensemble, même si nous devrons marcher 2 ou 3 jours.

Les enfants collaborent mais la marche s’avère extrêmement exigeante et pénible pour effectuer chaque pas. De plus, la visibilité est de plus en plus réduite à cause de la tempête et les enfants commencent à avoir faim. Je propose donc un petit arrêt pour manger et prendre quelques forces. Rapidement, les enfants se refroidissent et grelottent. Nous repartons donc la marche. Kaïlane arrive à peine à mettre un pied devant l’autre. Je dois la relever à chaque pas et moi m’enfoncer dans la neige jusqu’au hanche à chaque coup. Kaïlane pleure d’épuisement, de peur ou de froid…? Je la serre dans mes bras pour nous réconforter. Je demande à ma gang du soutien.

C’est à ce moment que Médrick et Maëlie décalent leur pas dans la neige pour former un chemin pour Kaïlane et que les habiletés créatrices et verbaux moteurs de Loïkim arrivent à changer les idées de notre bébé. Le groupe affronte maintenant la tempête et la forêt avec complicité et détermination. Les enfants inventent des étapes et des points de repaires pour nous motiver. Les trois grands qui ouvrent le chemin devant inscrivent des messages sur la neige pour motiver Kaïlane à avancer. Tout le monde raconte comment nous allons construire notre abri pour la nuit avec les branches de sapin. Les enfants s’amusent aussi à inventer des histoires farfelues sur comment nous allons survivre dans la forêt comme Ayla (héroïne inspirée des 5 romans lu par Médrick, Les enfants de la terre). Nous marchons ainsi pendant plus de trois heures, parfois avec un bon rythme mais parfois avec difficulté mais jamais nous arrêtons.

À un moment, les enfants croient entendre le bruit d’une sirène, ils sont alors certain que les secours arrivent. Je leur explique que c’est sûrement un mirage! Pourtant, une quinzaine de minutes plus tard, alors que nous étions rendus à l’étape de porter Kaïlane sur mon dos, un humain apparaît devant nous. Les enfants sont fous de joie ainsi que moi-même qui ressent un soulagement inimaginable. Par contre, je pense que c’est le patrouilleur qui fut le plus surpris. Lui qui s’attendait à secourir une mère avec ses quatre enfants gelés en état de choc à plus d’un kilomètre de distance, il est devant une famille qui chante et sourit à moins de 100m du point d’arrivée. Il s’assure tout de même que personne n’est blessé ou gelé et m’informe que les secours devraient arriver bientôt.

Comme les motoneiges sont incapables d’avancer dans ces conditions, nous devons attendre l’immense dameuse à chenille. Lorsque dans le brouillard, nous apercevons les deux fars de l’immense engin et que je croise le regarde de mon homme… Enfin, le réel soulagement m’envahit.

De leur côté, les enfants sont excités de faire une balade aussi exceptionnelle. Surtout qu’ensuite, il y a trois motoneiges qui nous attendent pour nous conduire au chalet. Pendant ce temps, Martin tentera de récupérer notre équipement avec la dameuse et le patrouilleur. Malheureusement, ils ont dû abandonner ce sauvetage à cause de la distance et du terrain… Nous verrons à cela demain. L’important c’est que tout le monde va bien… à part mon sentiment de compétence maternelle.

Évidemment, le directeur de la montagne et celui de la patrouille sont très gentils avec les enfants en leur offrant chocolat chaud et biscuit… Par contre, leur regard accusateur et leur colère sont dirigés contre les parents. Lorsque nous sommes tous réunis, nous avons droit à un sermon dans les règles de l’art. Je pense que nous le méritons vraiment… Je réagis avec un grand sentiment de culpabilité tandis que Martin réagit plutôt avec un besoin de se justifier. Les deux responsables ne sont pas ouverts à la discussion et menace de nous retirer notre passe de saison. Je tente d’adoucir les conséquences… Nous repartons donc avec une amende qui arrivera par la poste pour les frais encouru par les secouristes (500$).

Ouff, ouff et ouff… Nous arrivons finalement au condo! Nous avons une bonne discussion avec les enfants et rediscutons de la situation une partie de la soirée pour analyser nos erreurs mais possiblement aussi nos bonnes décisions. Je passe une très mauvaise nuit à repasser tout cela dans ma tête mais je me réveille tout de même plus en paix avec moi-même. Je comprends parfaitement la position des responsables de nous juger mais comme j’ai l’habitude de grandir en focussant sur le positif et que la nuit porte conseil j’en arrive à une conclusion moins horrible pour mieux me comprendre et me justifier dans cette situation.

D’abord, il faut mettre en contexte que nous sommes effectivement des parents téméraires qui aiment prendre des risques calculés mais évidemment sans jamais mettre la vie de nos enfants en danger. Le risque de laisser notre travail, le risque de laisser notre maison, le risque de voyager avec une enfant ayant une condition médicale, sans assurance, le risque d’aller en Asie avec 4 enfants… Toujours dans le but de vivre intensément avec nos enfants et partager des moments ensembles.

Ensuite, les derniers mois ont permis à nos enfants de développer des habiletés à s’adapter à des situations inattendues. Ils ont une certaine pratique de situations exigeantes et intenses où ils doivent coopérer et faire confiance aux décisions de leur parent. Ils nous ont entendus plusieurs fois dans les derniers mois répéter qu’il y a des solutions à tous les problèmes mais qu’il faut persévérer pour l’atteindre. Les enfants nous ont réellement prouvé pendant cette expérience qu’ils s’étaient adaptés à notre mode de vie et pouvait maintenant même contribuer à rendre certaine expérience plus agréable.

Nous avons assurément pris une mauvaise décision d’amener les enfants dans un nouvel environnement. Par contre, je pense que les responsables auraient pu aussi reconnaître les bonnes décisions que nous avons prises en choisissant de revenir sur nos pas. De plus, ils auraient pu considérer le bagage de la famille avant de trop nous juger. Je comprends qu’on ne peut demander à un enfant de courir s’il ne sait pas marcher… Mais on peut demander à ma gang de collaborer dans des moments critiques. De plus, ils étaient physiquement assez en forme pour affronter le défi. Bravo aux enfants qui ont impressionné l’équipe de patrouilleurs…

En conclusion, nous avions hésité à se payer une journée de skidoo avec les enfants puisque c’était trop dispendieux. Nous avons donc bénéficié d’un tour de dameuse en bonus! Soyez rassuré que les enfants sont nullement traumatisé par leur expérience… Les filles étaient fières du tour de skidoo et je pense qu’à quelque part, Médrick était presque déçu de ne pas faire l’expérience d’une nuit en forêt.

Le lendemain, Martin a eut le plaisir d’expérimenter le backcountry avec son ami Paul. C’est celui qui lui avait prêté les télémarks dans la première semaine. Ils sont donc retournés ensemble pour récupérer l’équipement abandonné par notre gang la veille. Martin avait depuis longtemps le désir d’essayer de marcher avec des peaux de phoques sous les skis. Merci à Paul pour la belle compagnie et l’équipement nécessaire.

Nous serons assurément plus conformistes dans les prochaines semaines mais… pas trop! Comme mon frère est guide de montagne et le pro dans le domaine… nous renouvèlerons notre expérience dès son arrivée au mois de mars mais avec les équipements nécessaires et une meilleure préparation… C’est à suivre!

Moi qui avais peur de ressentir la monotonie dans cette partie de notre aventure en famille. Je ne savais pas que le Canada nous offrirait des défis et des émotions plus fortes que l’Asie.


Du côté médical

Martin n’a pas été exact dans son calcul de notre date de retour au Canada en fonction des probabilités de complication médicale de Maëlie. En fait, il a été une semaine en avance. Je pense que le rein de Maëlie était heureux en Asie. Après à peine quelques jours, notre puce souffre déjà et nous devons visiter le système hospitalier de Kamloops. Le pédiatre est très inquiet à la vue de l’écho rénale, il nous envoie en urgence pour une opération à Vancouver. Nous sommes inquiets mais pas autant que lui… Nous contactons l’urologue du Children de Vancouver qui communique avec nos spécialistes de Ste-Justine. Nous sommes encore entourés d’une équipe professionnelle, efficace et gentille. Maëlie a déjà son réseau de contact dans l’ouest. La pédiatrie spécialisée est un petit univers et les spécialistes semblent déjà se connaître. Le rein de Maëlie s’est effectivement détérioré mais il n’y a pas lieu d’intervenir maintenant. Nous sommes maintenant à une fréquence de prise de sang aux semaines ou deux pour monitorer la fonction rénale. On garde un suivi régulier pendant que notre puce se porte bien et continue de bien se développer… sur les pentes de ski!

Tant qu’à Loïkim, il semble qu’un plombage de dent Vietnamien ne soit pas très dispendieux mais pas très efficace non plus… Elle aura besoin d’un suivi dentaire important. Vive le retour au Canada!

 

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