Le Vietnam – I – Sud

Nous sommes millionaires

C’est avec beaucoup d’émotions et d’excitation que nous prenons l’avion en direction du Vietnam. C’est un peuple avec une histoire touchante dans un continent qui me fascine. Notre premier constat en transférant notre argent dans la devise vietnamienne : Nous sommes millionnaires! Les enfants aiment compter nos milliers et nos millions de Dong que nous avons en notre possession. (1$=20500 Dong).

Rencontre sociale

Malgré que nous arrivons tard à notre hôtel, nous sommes vraiment contents de revoir nos amis Australiens qui nous y attendaient. Les échangent sont toujours enrichissants et amusants. Le lendemain matin, c’est à notre tour de braver nos heures de sommeil pour un dernier au revoir avant leur départ en avion. Catherine, mon amie de voyage écrit présentement un livre sur « les voyages avec des enfants ». Elle souhaite ma collaboration alors je suis contente d’avoir l’occasion de se recontacter pour échanger. Ce fut deux brefs moments qui nous rappellent combien c’est agréable d’entretenir des liens sociaux.

Le médical

Notre première journée entière au Vietnam est consacré au médical. C’est une bonne façon de visiter un pays et d’en évaluer sa salubrité. Résultat : Loïkim trouve que les dentistes sont gentils et ne font pas mal pour réparer un plombage tombé. Maëlie trouve que l’hôpital est aussi propre que Ste-Justine pour sa prise de sang mensuelle, Martin et moi constatons que le coût des soins est très abordable. Notre médecin nous annonce avec joie que la condition de Maëlie continue d’être stable. Internet nous informe que la perte de cheveux de Kaïlane n’a rien de grave… Surtout s’il y a de grands changements dans la vie de l’enfant pour justifier un surplus de stress… Finalement, depuis que Médrick a reçu son appareil dentaire par la poste, ses dents se sont réadaptées malgré le long délai. Donc, que des bonnes nouvelles pour débuter l’exploration du pays. Les déplacements sont relativement rapides et simples. On se fait presque comprendre. Je pense que nous allons adorer! Martin a même réussit à faire réparer deux paires de sandales sur le coin d’une rue en quelques minutes!

La crise de la quarantaine?

En après-midi, nous partons explorer un marcher typique dans la ville de Ho Chi Minh. Je dois me confesser… Je commence à développer un intérêt pour le magasinage. Je me fais peur! Je ne sais pas si c’est la crise de la quarantaine ou les prix ridiculement bas qui me transforment mais je ne me reconnais plus. Je pense déco maison et coquetterie féminine! Je porte maintenant une chaine, un bracelet et… une chaine à la cheville… avec des grelots, sans oublier des sacoches! Mais le comble de la dépense, ce sont mes 5 bikinis… Comment j’ai pu porter le même pendant 15 ans et maintenant ressentir un besoin d’en acheter… 5 dans la même heure! J’ai même envisagé de me faire faire une manucure sur place. Les enfants rigolent, Martin me regarde amusé et moi… Je capote d’avoir dépensé un million de dong (moins de 50$)!

Au retour des emplettes, nous observons un nouveau jeu dans un parc. C’est un genre de aki avec un ressort et des plumes. Nous tentons de développer nos talents lorsque les pros arrivent et nous dégagent de la place pour nous offrir une démonstration impressionnante. Nous devenons des spectateurs captivés en compagnie d’une commentatrice sportive, muette et sourde (trace de la guerre). Qui nous mime ses explications sur la ville et ses habitants. J’aime toujours partager des moments avec les locaux, surtout quand la langue n’est même plus un obstacle!

L’histoire de la guerre

En ville, nous passons maintenant aux choses sérieuses. Nous amenons les enfants pour visiter le musée de la guerre du Vietnam. Plusieurs personnes nous recommandent de ne pas amener les enfants pour éviter la dureté des images. Nous choisissons de bien les préparer et leur expliquer la réalité. Ils pourront chacun observer selon leur capacité. Ils ont évidemment trouvé certaines pièces horribles et parfois souhaiter attendre à l’extérieur mais il semble que les images ont vraiment aidé à leur compréhension. Leurs questions étaient nombreuses mais très pertinentes. C’est une journée riche en histoire!

Le lendemain, nous avons poursuivi le cours d’histoire en allant visiter les tunnels de Cu Chi. La visite était encore plus concrète. Elle permettait d’observer les différents pièges utilisé par les Vietnamiens ainsi que les tunnels où ils vivaient et se cachaient des Américains pendant de nombreuses années. Les enfants ont réalisé l’ingéniosité des Vietnamiens et leur détermination. La visite aidait à se mettre dans leur peau. Dans les tunnels, on expérimentait la chaleur, la proximité, l’exigence physique, le bruit et même une parcelle des émotions qu’ils pouvaient ressentir. Les adultes pouvaient même tirer avec les carabines ce qui augmentait l’ambiance sonore.

La guerre racontée par les enfants

Kailane : La guerre, c’est quand les méchants et les gentils ne trouvent pas des bonnes solutions pour régler leur chicane.

Loïkim : Au Vietnam, ils ont fait une guerre parce qu’il y a une partie qui voulait mettre l’argent qu’ils ramassent dans un gros plat (communiste) et les autres ils voulaient le contraire. Alors une partie du Vietnam a fait des tunnels sous terrain pour se cacher.

Maëlie : Aujourd’hui, je suis allée voir le musée de la guerre du Vietnam. La guerre est à cause des américains. Une partie des vietnamiens sont communistes et les américains ne le sont pas. Les américains voulaient acheter leur tungstène. Ce sont des matériaux qui valent chers. Mais les vietnamiens ne voulaient pas leur vendre. Donc les américains ont fait la guerre. Mais ce n’est pas juste pour ca. Les américains voulaient que toute la terre soit démocratique. Les américains croyaient gagner la guerre en un mois et ce serait fini mais après 11 ans ils ont abandonné.

Les américains avaient plein d’armes, de gros hélicoptères et des avions de guerre. Les vietnamiens ont tout de même gagné car ils connaissaient bien leur territoire. Ils ont fait des pièges et des cachettes sous terraines pour mieux se cacher des américains. Les américains ne savaient pas où lancer les bombes parce que les vietnamiens étaient tous dispersés dans la jungle. Les vietnamiens se camouflaient très bien.

Puisque les américains n’étaient pas capables de gagner la guerre, ils ont décidé de faire des mélanges chimiques et inonder le Vietnam de produit toxique. En conséquence, les gens mourraient ou brulaient. Ceux qui ont respiré le produit toxique et qui sont encore vivants, leurs enfants auront une malformation. Soit ils manqueront un bras ou une jambe, soit ils sont aveugles ou ont une grosse bosse dans le dos. Malgré tout, les américains ont tout de même perdus la guerre.

Médrick : Au Vietnam, il y avait eu une guerre entre le Vietnam du sud et celui du nord. La guerre avait eu lieu parce que leurs manières de gouverner étaient différentes. Le Vietnam du sud démocratique et le Vietnam du nord communiste. Les États-Unis ont apporté par bateaux plein d’armes, d’hélicoptères, d’avions et de tanks au Vietnam du sud et la Russie a apporté des armes mais beaucoup moins au Vietnam du nord. Par exemple, malgré leur manque d’armes, ils étaient très intelligents. Ils ont mis plein de pièges et ils se cachaient très bien. Le Vietnam était dans la jungle. Le camouflage était leur spécialité. Ils creusaient des trous, s’y cachaient et les gros avions ne les voyaient pas alors il suffisait de sortir un gros bazouka et l’avion explosait. Quand le Vietnam du sud a vu qu’il allait perdre, alors les américains ont inventé une sorte de peinture orange qu’ils lâchaient en avion. Tous ceux qui respiraient cette peinture (agent orange) mouraient ou bien leurs enfants devenaient déformés. Malgré la peinture, après 12 ans de guerre, les américains qui soutenaient le Vietnam du sud a fini par abandonner. Le Vietnam du sud et du nord avait placé des mines dans le sol et elles n’ont pas toutes explosées alors il y a encore des gens qui meurent.

Les tunnels dans la ville de Cu Chi sont un réseau de 450 km. Il y a trois étages de profondeur. Le premier étage est pour les soins, la cuisine, pour dormir, donc c’est là qu’ils vivaient. Le deuxième étage était pour se protéger quand il y avait des bombardements. Puis la troisième était très petite pour avancer, il fallait ramper. Cet étage est à dix mètres de profondeur. A chaque mètre environ, il y a un virage parce que si quelqu’un les poursuivait, il fallait pouvoir vite prendre un chemin puis un autre tandis que s’il n’y avait pas beaucoup de virages, l’ennemi avait le temps de tirer la personne qu’il poursuivait et il avait le temps de voir quel virage il prenait. Il y a aussi plusieurs pièges dans les tunnels. Tous les tunnels étaient au Vietnam du sud mais ceux qui étaient à l’intérieur étaient des Vietnamiens du nord (Viet Cong). Toute la nourriture venait d’un chemin secret dans la forêt qui partait du nord.

Il fallait que le Vietnam du nord soit très intelligent et stratégique pour pouvoir battre toutes les armes des américains. Par exemple, les géants missiles de 10 000kg qui n’explosaient pas étaient ouverts par les vietnamiens du nord. Avec tous les produits qu’ils y a dedans, ils pouvaient au moins faire mille mines gratuitement.

La vie sur le Delta du Mékong

Nous passons maintenant aux visites plus culturelles. Nous passons deux journées dans le Delta du Mékong. Sur le chemin, nous en profitons pour visiter une usine qui emploie des ouvriers qui ont été victime de l’agent chimique orange pendant la guerre. Les œuvres sont magnifiques, on se laisse donc tenter!

Sur le Mékong, nous apprécions d’observer la vie très active qui se déroule sur le delta. C’est une autoroute aquatique entre les habitations et les commerces.

Deux journées très remplies qui alternent entre promenade en bateau à moteur ou petit bateau à rame. Nous visitons et dégustons des produits locaux à base à miel ainsi que le vin de riz avec marinade de cobra. Il y a aussi visite et dégustation de bonbons à la noix de coco ainsi que des fruits et de la musique locale. Nous observons également une usine de transformation du riz et celle des nouilles à base de lait de riz. J’ai adoré visiter l’école dans l’un des petits villages. Beaucoup d’informations sur les meurs et coutumes du pays nous sont transmises.

Le moment le plus attendu est la promenade autour des marchés flottants. Chaque bateau portant son drapeau de fruits ou de légumes pour indiquer ce qu’il vend. Nous profitons des lieux pour déguster de savoureuse brochette d’ananas vraiment très fraîche.

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Entre les deux journées, nous profitons d’une soirée et d’une nuit chez l’habitant. C’est une expérience que j’adore et que je voulais faire connaître aux enfants. L’ambiance était parfaite avec notre petite hutte en paille sur le bord du delta. Moment pour faire des contines avec les enfants de la famille et déguster un petit alcool fort entre touriste de chaque coin de la planète.

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Ces journées organisées sont toujours des occasions inoubliables de découvrir un pays tout en rencontrant d’autres touristes passionnés d’aventure. Nous avons donc socialisé entre autre avec un couple de franco ontarien, un suisse et une française. Une belle brochette de langue française autour du monde. Les enfants adorent ces contacts. Kaïlane les appellent ses amis. Elle a même repoussé les limites de sa gêne en passant presque 5 heures de bus avec ses nouveauxamis pour le retour.

Par Médrick : Durant notre voyage au Vietnam, nous avons visité de nombreuses régions dont le Delta du Mékong qui se situe complètement au Sud ouest du pays.

Au Delta du Mékong, nous sommes allés dormir chez l’habitant. Cela signifie dormir dans la maison d’un habitant de la campagne. Quand on dort chez quelqu’un, il y a toujours 4 ou 5 assiettes lors des repas et nous pigeons dedans. Il y a souvent une assiette avec un poisson entier, un autre avec des légumes, une avec de la viande comme du porc, du bœuf ou du poulet et il y a toujours, toujours, toujours un gros plat rempli de riz. De temps en temps, il y a des patates ou des rouleaux de printemps, c’est le choix du cuisinier.

Il y avait aussi une petite rivière qui nous avons descendue dans une petite barque. Cette petite rivière se jetait dans une beaucoup plus grande où il y avait des poissons éléphants, des dauphins d’eaux douces et des raies. Mais nous ne les avons pas vu…


Nous avons fait plusieurs arrêts : Une où il y avait une dégustation de fruits avec de la musique vietnamienne. Nous avons gouté le fruit de la passion, l’œil du dragon et quelques fruits étranges. Un autre arrêt a été un endroit où du monde fabriquaient des nouilles de riz. Pendant que nous allions à une autre place, nous avons croisé des marchés flottants où nous avons mangé un ananas fraichement épluché. L’endroit suivant, il y avait presque juste de la noix de coco. La maison était en bois d’arbre de noix de cocos. Les objets étaient en noix de cocos mais cet endroit était surtout réputé pour ses délicieux bonbons à la noix de coco emballé dans un papier de riz. Le dernier arrêt a été « l’hôpital » de riz. Ils ne réparent pas les grains de riz coupés… mais enlèvent la coquille qu’il y a sur le riz. Il y avait à peu près six sortes de riz. Le Vietnam est le plus grand producteur de riz au monde. En faite, c’est la ville de Sapa, dans le nord ouest qui fait le plus de riz. Il pousse dans les rizières en forme d’escaliers. Le Vietnam produit du riz pour toute l’Asie et dans quelques autres pays. Le Vietnam a autant de riz parce qu’il réussit à faire trois récoltes par année.

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8 réponses à “Le Vietnam – I – Sud

  1. Nous avons visité le Vietnam, mais c’est autre Vietnam fascinant que je lis plus près de la population, mais des gens toujours aussi attachants, souriants ouvert pour accueillir les visiteurs.
    Nous souhaitons un Joyeux Noêl à toute la famille et continuer à nous décrire votre merveilleux voyage mouvementé et enrichissant, c’est très divertissant à lire. Je fais un sommaire de vos aventures à Gilles à tooute les semaines.

  2. Merci,merci, de nous décrire si bien cette population qui vit si loin de nous, c’est comme si on était avec vous. Van, notre vietnamien physio,je suis persuadée qu’il n’en connait pas autant car il a quitté ce pays très jeune(boat people en 1976) et n’y est retourné qu’une seule fois depuis.Je ne manquerai pas de l’en informer…. Merci Medrick, c’est très détaillé la guerre entre le Nord et le Sud et je me souvenais avoir lu pour les produits chimiques mais de voir les conséquences, c’est horrible. Merci Kailane, Loikim et notre grande Maelie (il me semble que tu grandis toujours, d’après les photos…) et notre coquette Jolène qui se met à dépenser… continue Jolène, ça amuse Martin et il sort ses $$$. J’ai transmis votre blog à Francis Beaulieu car ils s’en vont au Costa Rica en trekking bientôt.Gros bisous et on vous aimexxx AlinexxxP.S.J’aimerais cela manger des ananas moi aussi mais pas de poisson…

  3. Bonjour à vous, les randonneurs
    C’est très intéressant de lire vos expériences et vos contacts avec les locaux ! j’aime beaucoup lire vos commentaires et photos sur la gastronomie ; avez-vous goûté au jus de canne à sucre ?
    Par rapport à la guerre, j’ai bcp apprécié votre témoignage ; j’aimerais ajouter que tous les Américains n’étaient pas favorables à la guerre du Vietnam. En effet, il y a eu un grand mouvement de protestation aux États-Unis et ailleurs dans le monde à la fin des années 60. La plupart étaient des étudiants qui, aujourd’hui, ont l’âge de vos grands-parents ! On les a appelés des hippies, Peace and love, poteux, baby boomers! Aujourd’hui, c’est les carrés rouges, gratteux de guitares et les osties de BS! Plus ça change, plus c’est pareil! La vie, c’est un éternel recommencement. =)
    j’ai bien hâte de vous lire encore, vous écrivez tous si bien!
    Nathalie

  4. Salut Jolène et toute la famille! Vous avez un fameux blogue et vos magnifiques expériences de vie me donnent envie de partir. Je suis heureux pour vous et je trouve que vous êtes une famille formidable: pourriez-vous m’adopter, j’ai seulement 57 ans, je fais toutes mes nuits et je m’appelle Richard.
    P.S.: Pour Jolène: St-Albert-le-Grand se porte bien et moi je viens de commencer un contrat de 3 mois dans la classe de Claude qui est en congé parental. Tout le monde va bien si ce n’est des rhumes, grippes et gastros que nous nous échangeons les uns les autres car on a le sens du partage dans notre école.
    Et comme je suis avare de mots je vous laisserai méditer sur un court poème de Gilles Vigneault:

    L’arbre qui bouge
    Et fait semblant
    Que c’est le vent

    L’homme qui parle
    Et fait semblant
    Que c’est lui-même

    Bisoux, Richard

  5. Bonjour,

    Nous sommes à Phuket, dans la baie de Chalong pour 10 jours avant de recevoir les grands-parents. Et vous, les cours de plongée se passent bien?

    Dites nous ou vous êtes!

    Bonne année 2013

    La petite famille suisse de Singapour!

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