2012 – L’Inde en 16 jours…

Eh oui… Nous nous sommes décidés. Nous irons brièvement visiter l’Inde!

Premières impressions des enfants sur l’Inde :

Maëlie :

En Inde, c’est très pauvre. Les enfants font des spectacles dans la rue pour ramasser des sous. Ici, ce sont des roupies à la place des dollars. 250 roupies = 5 $.

Médrick :

L’Inde est 10 fois pire que la Chine. Il y a des déchets partout : dans les rues, dans les maisons, sur les toits, c’est vraiment dégueulasse. En plus, l’air est nauséabond. Tous les itinérants sont dans la rue ou sur le trottoir. Les maisons sont des anciens bâtiments effondrés mais il y a aussi plein de chiens. Des itinérants font des spectacles entre les autos pour gagner de l’argent.

Dimanche 7 octobre (jour1, Delhi)


Après une courte nuit dans l’avion, nous arrivons finalement au cœur de mon rêve. Martin nous a trouvé un hôtel propre dans un quartier miteux (sinon j’avais le choix  d’un hôtel minable dans un quartier moyen). Tout un choix!
Lorsque nous arrivons pendant la nuit, moi qui n’a pas l’habitude d’être chochotte, je sens que je ne veux pas trainer dans la rue… J’affronterai le choc culturel demain.
Le lendemain matin, comme nous avons peu de temps disponible pour découvrir cet immense pays, nous décidons de plonger directement dans les découvertes en prenant un chauffeur qui nous amènera faire un tour de ville pour admirer les principaux attraits de la ville.

Nous débutons l’aventure dès que nous sommes entrés dans la voiture. Il y a des personnes partout. La ville déborde de monde, de chiens errants, d’animaux de tout genre, de déchets, d’itinérants et de tout ce que nous ne pouvons imaginer dans une rue. La Chine était propre et paisible comparativement à ce que nous voyons. Les enfants ont les yeux grands ouverts et regardent partout.

Nous arrivons finalement sur notre premier site à visiter. Le tombeau de Humayun… C’est grandiose à observer. De plus, les femmes portent des vêtements extrêmement colorés c’est un vrai plaisir pour les yeux. Les enfants posent des questions et ils sont curieux de tout explorer. Ils insistent même pour pénétrer dans un petit trou sous le monument. C’est noir et sûrement pas un lieu de visite. J’accepte de les accompagner muni du simple éclairage du flash de ma caméra. Nous sommes nerveux mais excités de marcher dans cet endroit interdit. Ça ressemble à un site d’archéologie sous-terrain. Les enfants ont trouvé des morceaux de poterie ancienne. Médrick décide de s’aventurer plus loin dans l’obscurité. Il revient à la course puisqu’il a entendu des sons étranges. Nous repartons avec lui pour entendre encore de petits bruits aigus. Sous la faible lumière, nous avons le grand plaisir de découvrir 7 petits chiots qui pleurent. C’est une façon originale de visiter un tombeau que les enfants se souviendront longtemps…

Finalement, et non le moindre, nous partons visiter le Fort Rouge. C’est l’expérience de loin la plus culturellement éprouvante que j’ai eu l’occasion de vivre. Martin était satisfait qu’on puisse enfin atteindre ma limite. Nous avons d’abord dû transférer dans deux petits rickshaws conduits par des personnes très âgées, pauvres et à la propreté très discutable. Je n’étais pas certaine qu’ils allaient parvenir à transporter mon homme jusqu’à destination. Le pire, c’était de passer à travers un dépotoir rempli d’itinérants, de vendeurs de rue, d’une pauvreté extrême… c’était horrible. Ce fut pire que tout ce que nous avons vécu dans tous les pays que nous avons visités. Les enfants avaient les yeux exorbités. Tout le monde était sous le choc. Nous arrivons finalement à visiter le fort et à retourner à notre hôtel… Nous nous enfermons dans notre chambre en commandant un petit pain « naan » avant d’essayer d’aller dormir en pensant à toute cette misère humaine!

Nous faisons une petite pause dans un restaurant Indien. Nous nous transformons en dragon puisque le feu nous sort par la bouche. Nos papilles gustatives sont brûlées pour le reste du voyage!

Maëlie : (tombeau Humayun)

Avant, un maharaja se faisait poursuivre par des ennemis. Un jour, il a vu une grotte et il a décidé de s’y cacher. Une araignée a tissé une toile devant l’entrée de la grotte. Quand les ennemis ont vu la toile, ils se sont dit qu’il ne pouvait pas être caché là car il y avait une toile d’araignée et ils se disaient que ça faisait longtemps que personne n’y était entré. Donc l’araignée a sauvé sa vie. Les fenêtres du tombeau sont donc fabriqué en forme de toile d’araignée en souvenir de cet évènement.

Ensuite, on se dirige vers un temple avec une tour rempli de couleurs dans une ambiance très agréable. Session de photos autant pour nous que pour les indiens qui continuent, tout comme les chinois, de nous prendre pour des attractions touristiques. Le pire c’est lorsqu’ils flattent la figure des enfants… surtout Kaïlane!

Médrick : (Qutb Minar)

Nous sommes allés visiter une tour……. Après une guerre entre deux peuples, les gagnants ont fait construire le fort pour symboliser leur victoire. Celui qui l’a fait construire est comme le chef Indien. Il se nomme « Maharaja ». Après avoir terminé le premier étage du fort, le Maharaja meurt. Ses serviteurs continuent quand même à le faire. Quand ils l’ont fini, ils ont installé une grosse boule au sommet du fort. Par la suite, un tremblement de terre a fait tomber la boule et le peuple n’a pas voulu en mettre une autre. Quelques années plus tard, le nouveau Maharaja a vu la tour et il a dit : « Pouah! Cette tour est toute petite, je vais en faire construire une deux fois plus haute. Mais le premier étage n’a même pas été fini et le Maharaja mourra à son tour et nul ne voulu continuer le projet!

Lundi 8 octobre (jour 2, Delhi-Ajmer-Pushkar)
Nous avons décidé de faire une petite boucle au sud de Delhi. C’est un itinéraire populaire en Inde qu’ils nomment le triangle d’or. Nous prenons donc le train vers Ajmer pour ensuite se rendre dans le désert de Pushkar. Le choc se poursuit dans le train. Nous avons heureusement une enclave pour six. Nous ne pensions pas possible de voir autant de crasse… C’est un défi très intense d’occuper les enfants pendant 8 heures en leur demandant de ne toucher à rien. Je vous passe la description de la toilette qui se résume à un trou nauséabond où tous les besoins atterrissent directement sur le rail. Martin et moi on se regarde en se demandant qu’est- ce que nous faisons ici avec quatre enfants dont une très fragile au niveau médical. C’est presque la panique…!

Cette panique augmente d’un niveau (déjà que je croyais être à mon maximum) lorsque nous débarquons du train à Ajmer. Nous sommes accueillis par l’odeur de nombreuses années de toilettes ouvertes des trains. Les enfants et nous même sommes un peu… beaucoup horrifiés de voir et de sentir autant d’excréments d’humains et d’animaux sur la voie ferrée ainsi que partout sur notre passage. Heureusement, nous avions eu la brillante idée de prévoir un chauffeur à notre arrivée. Quel soulagement de lire sur une petite pancarte, au bout d’un long chemin remplis de mendiants, les simples lettres « Heppell ». Ouff! Notre sauveur est là, il nous attend! Les nombreux itinérants ne veulent que toucher les enfants. Je prends rapidement Kaïlane dans mes bras. L’envahissement se poursuit tout de même. Elle doit se cacher la tête et ses mains dans mon cou. Lorsque nous arrivons à la voiture, je sens mon cœur recommencer à battre. Cette épreuve fut très intense. Nos yeux ne sont pas assez grands pour analyser toutes les scènes de détresse humaine qui se déroulent autour de nous. Ce qui arrive à détendre l’atmosphère ce sont tous les animaux de la ferme qui circulent dans ce décor irréel. Les chèvres, les cochons, les paons, les chameaux, les chiens, les chats… et évidemment les vaches! C’est comme un safari sous le thème de la ferme à travers les mendiants et les ordures à perte de vue.

Comment se détendre dans un tel scénario? Il faut simplement ajouter dans un virage de la route, l’accueil d’une vingtaine de singes en liberté. Je m’empresse de demander au chauffeur d’arrêter. C’est une pause agréable en compagnie de nos semblables primates!

Nous arrivons donc finalement à notre hôtel à Pushkar. Notre chauffeur navigue dans un labyrinthe de petites ruelles en terre battue avec toujours le même environnement disons… très différent. Lorsque la voiture s’arrête finalement, nous sommes presque devant… un palais. Comment ces deux mondes peuvent-ils coexister (la misère et la richesse). Je ne me pose pas plus de questions car nous sommes tous épuisés et très heureux de prendre une petite pause dans un environnement qui semble presque salubre. Il y a même une piscine pour se rafraichir. Ouf, encore une nuit remplie d’images stressantes. Comment assurer la santé des enfants dans un environnement aussi infecte? Il faudrait qu’ils puissent voler sans toucher à rien!

Mardi 9 octobre (jour 3, Pushkar)

Il semble qu’à chaque matin je me lève prête à affronter et apprécier le choc culturel. Cette énergie diminue au fur et à mesure que la journée avance. C’est une surveillance de haut niveau pour s’assurer de faire profiter les enfants de cette aventure dans des conditions si difficiles. Oui je me répète, mais c’est ainsi!

Aujourd’hui, on se lève tôt pour notre aventure dans le désert à dos de chameaux (plus exactement de dromadaires). Nos trois équipes : Médrick avec Maëlie, Loïkim avec Martin ainsi que Kaïlane avec moi-même sommes excités de rencontrer ces énormes bêtes si hautes sur pattes. Nous déambulons dans la ville comme des rois. L’expérience est évidemment trippante. Je pense que nous avons rempli les deux cartes mémoires de photos! En terminant la balade, nous sommes passés devant un autre groupe d’une cinquantaine de singes. Nous sommes descendus des chameaux pour les nourrir. C’est parfois épeurant de les voir nous grimper dessus pour nous arracher les biscuits. Ils montraient leurs dents en grognant. Lorsque Martin leur a démontré qu’il était le mâle alpha du groupe, nous avons eu un peu de respect pour quelques minutes. Ce qui est certain, c’est que les enfants ont tellement trippé sur cette expérience que nous y sommes retournés acheter d’autres biscuits pour prolonger le plaisir. Nous avons encore dû remplir plusieurs cartes mémoire de photos. Le retour à pied dans la ruelle est une aventure tout aussi exaltante entre le troupeau de chèvres, les vaches, les cochons et le slalom entre les inévitables excréments. Nous n’aurons pas besoin de faire un safari puisqu’il se déroule à chaque jour en sortant de notre hôtel en Inde!

C’est l’environnement et non les personnes qui habitent l’inde qui est préoccupant. Les gens sont tous sympathiques et très serviables. C’est la sécurité hygiénique qui est un réel danger pour visiter surtout en présence d’enfants. Certains restaurants affichent : « Nourriture hygiénique »… Inutile de se poser la question concernant la majorité des restaurants qui n’ont pas d’affiches. Disons qu’on suit le guide et ses recommandations pour la première fois que nous voyageons.

Je sens comme un décompte où je cherche à profiter de chaque journée incroyable en espérant qu’on se rendre jusqu’à la fin avec la santé. Chaque journée est vraiment un mélange d’amour et de haine, d’incroyable dans les deux extrêmes du mot.

Loïkim :

Aujourd’hui, on a fait un tour de chameau, ça brassait la tomate. Le notre à mon père et moi avait 3 ans, celui de Maëlie et Médrick avait 7 ans et celui de ma mère et Kaïlane avait 9 ans. Ensuite, on a vu des singes qui étaient en liberté et on pouvait les nourrir. Il nous restait de la nourriture alors ils venaient en prendre dans nos mains… C’était « cool »!

Maëlie :

Aujourd’hui, nous sommes allés faire une tour de chameau. Le chameau à Médrick et moi était celui qui écoutait le moins. Nous avons foncé dans un cactus. En revenant de la promenade, nous sommes allés voir des singes en liberté. Nous avions des biscuits et nous leur en avons donnés. Ils nous sautaient dessus pour en avoir. Il y avait un bébé qui me tenait la main et avec son autre main, il mangeait la nourriture.




Mercredi 10 octobre (jour 4, Jaipur)

Aujourd’hui, nous partons pour visiter un fort qui siège au sommet d’une colline. Les enfants sont contents car ils utilisent un nouveau moyen de transport. Un immense éléphant va leur permettre d’admirer la vue de la ville et d’éviter de marcher pendant 30 minutes au soleil pour accéder au sommet. Martin et moi (dans l’objectif d’économiser quelques dollars) avons vécu l’ascension à pied. Le grand défi était donc d’éviter les énormes bouses sur le sol ainsi que les chutes Niagara urinaires des éléphants.

Ensuite, on voit un temple sur un lac (le palais d’été du Maharaja), on visite un magasin de pierres précieuses. Après dîner, nous partons visiter le City Palace. Je suis toujours surprise de l’intérêt des enfants pour tous ces sites touristiques. Ils aiment se faire raconter l’histoire ou la politique de chaque pays. Loïkim demande pourquoi on ne visite pas le Québec de la même façon pour tout apprendre. Les enfants prennent conscience des différents systèmes politiques. Comme en Chine, les chefs d’états se nommaient des empereurs, maintenant en Inde, ce sont des Maharajas. Ils comparent avec les rois, les ministres, les présidents… et les différentes politiques gouvernementales comme démocratique ou communiste. Je ne suis pas certaine de ce qu’ils vont réellement retenir mais leur motivation est présente et stimulante comme parent.

Nous terminons la journée en se promenant simplement dans la rue. Je pense que c’est le meilleur endroit pour s’imprégner de leur culture et de leur quotidien. D’abord, on doit comprendre leur cohabitation constante avec les animaux. Les humains et les animaux déambulent aux mêmes endroits constamment. Chacun semble s’accommoder de la présence des autres. Évidemment, pour nos enfants c’est comme de visiter une ferme ou un zoo à tous les jours (vaches, cochons, chèvres, moutons, poules, paons, chats, chien, chameau, chevaux… et singes!). Ils ne sont pas rares et dispersés dans la ville, ils sont partout et aussi nombreux que les humains. L’inconvénient majeur à ce monde de vie est évidemment les excréments qui remplissent la ville. L’avantage, c’est qu’ils se nourrissent des derniers nutriments restants dans les amoncellements d’ordures. Tout est toujours directement lancé par terre!!

Nous avons aussi croisé des marchants de céréales sur le bord de la route. Nous avons ensuite compris qu’elles étaient utilisées pour nourrir les pigeons qui sont un symbole de chance. Les enfants devraient donc être très chanceux cette année.

Ensuite, nous faisons quelques achats de souvenirs. Médrick est devenu notre expert négociateur. Il est même parvenu à revenir avec un bibelot éléphant gratuit avec un autre bonus pour sa petite sœur! Le monsieur le trouvait trop cute de négocier en compagnie de ses sœurs. Il a refusé qu’on le paye! C’est un deal qui sera difficile à battre. Il dit que son prochain objectif est de se faire payer pour avoir de la marchandise. Comme il a de l’ambition!

Les animaux, le marchandage c’est rigolo mais les images de pauvreté et de misère sont aussi difficiles à supporter autour de nous. Des mères avec leur bébé dans des conditions lamentables. Les enfants s’étaient gardés les bananes du matin pour donner aux singes. Lorsque je coupais des petits morceaux pour que les enfants nourrissent les singes, plusieurs enfants sont venus me quêter les bananes. Mes enfants ont vite compris que j’étais incapable de nourrir les singes devant les autres enfants aux ventres vides. Nous leur avons évidemment partagé les fruits. Ce moment a amené une belle réflexion avec les enfants lors du souper. Ils ont pris la décision de partager un bout de leur repas pour l’offrir aux enfants à l’extérieur.

Jeudi 11 octobre (jour 5, Agra)

C’est la première fois que nous voyageons avec des chauffeurs privés qui nous amène d’un endroit à l’autre. Je pense qu’en Inde, la majorité des voyageurs fonctionnent de cette façon, surtout avec les enfants. Nous devons nous habituer à se faire gérer, d’autant plus qu’ils nous comprennent pas toujours. Sa réponse est toujours « no problem » même lorsque nous leur posons une question!

Alors nous débutons la journée avec 5 heures de route à faire pour se rendre à Agra. Nous passons donc plusieurs heures à visiter l’une des 7 merveilles du monde, le Taj Mahal. Malgré la quantité énorme de visiteurs, j’arrive à être ému devant cette splendeur d’une envergure démentielle. Cette beauté de marbre arrive même à charmer les enfants qui sont impressionnés et posent des questions pertinentes pour bien comprendre.

Une autre journée épuisante qui se termine à l’hôtel. Les enfants ne s’habituent pas facilement à la nourriture épicée aux saveurs et aux textures si différentes. Heureusement qu’il y a du pain naan à chaque repas. Les hôtels ne sont pas dans les mêmes budgets qu’en Amérique du Sud, mais je pense que l’investissement est nécessaire pour avoir un mini moment paisible en soirée tout en assurant de l’hygiène et la santé des enfants.

Médrick :

En 1631, la femme du Maharaja meurt. Ce dernier l’aimait tellement qu’il a décidé de faire construire le Taj Mahal pour elle. Le Taj Mahal est la tombe de sa femme. 20 000 ouvriers ont été engagés. C’était les meilleurs artisans du monde. Il en a fait venir d’Europe et d’Asie.

La cours du Taj Mahal a trois entrées. Une à l’Ouest, une à l’Est et une au Sud. Chaque entrée signifiait une de ses femmes. Celle du sud est en face du Taj Mahal c’est celle de sa dernière femme. Devant la porte du Sud, il y a un autre bâtiment. En haut du bâtiment, il y a 22 petits chapeaux, c’est pour signifier les 22 années que ça a pris pour construire le Taj Mahal. En face de ce bâtiment, il y a le Taj Mahal. Il est entièrement fait de pur marbre blanc et de pierres précieuses. En haut de chaque porte pour entrer dans le Taj Mahal, il y a une fleur de lotus. C’était la préférée de sa femme.

Autour du Taj Mahal, il y a quatre tours. Elles ont été construites avec un angle vers l’extérieur. Si un tremblement de terre survenait, les tours ne s’effondreraient pas sur le Taj Mahal. Ce dernier est construit parfaitement symétrique et il est en forme octogonale.

À sa mort, un de ses fils a voulu faire un autre Taj Mahal noir en face du blanc mais un autre de ses fils l’a arrêté parce que celui qui a fait faire le Taj Mahal a voulu qu’il n’y en ait jamais d’autres. Il n’y a que la fondation qui a été construite. Tellement qu’il ne voulait pas qu’il y ait un autre Taj Mahal, il a menacé ses artisans de leur couper les mains s’ils voulaient en construire un autre.

Vendredi 12 octobre (jour 6, Agra… Delhi)

Les enfants ne se plaignent pas du tout de visiter les villes mais nous pensons que tout le monde bénéficierait d’un petit détour dans un parc naturel avant de retourner dans la jungle de Delhi. Le parc Kaledeo est principalement une réserve d’oiseaux évidemment située sur un magnifique site. Nous partons donc à la conquête du parc avec deux wallah-rickshaws (tricycle à pédale conduit par un homme) et notre guide à bicyclette. Nous avons le plaisir d’observer de nombreux oiseaux. Nous voyons aussi des antilopes, des iguanes, des poissons qui sautent ainsi qu’une sorte de grosses espèces de cigognes colorées qui remplissaient la cime des arbres. Le clou de la journée est lorsque le guide cueille pour les enfants des petits fruits en forme de haricots. On se préparait à interdire les enfants d’y gouter même s’il nous demandait de l’eau pour les rincer… Lorsque tout à coup les petits haricots se mettent à éclater dans les mains des enfants au contact de l’eau. C’était tellement rigolo qu’au moment du retour vers le stationnement, les enfants ont préféré courir devant le rickshaw pour en ramasser au maximum et renouveler l’expérience. Pendant ce temps, je pédalais en conduisant mon homme sur le rickshaw à vive allure. C’est bon de faire un peu d’exercice.

Après la balade, Loïkim filait moyen, Maëlie avait mal à la tête, Martin a vomi au restaurant. Alors il faut imaginer le retour de 5 heures dans le trafic et la conduite disons intrépide du chauffeur. Heureusement qu’il y a comme un film qui se déroule sous nos yeux en permanence pour se divertir. Je pense que les enfants et moi avons occupé deux heures à compter les animaux sur la route ainsi que discuter de toutes nos observations sur l’environnement fort différent. (ex : les femmes transportent d’énormes marchandises sur leur tête, les vélos transportent souvent beaucoup de branches, les véhicules débordent de gens et la conduite est… extrêmement paniquante…!). Entre le tintamarre des klaxons et le slalom entre tous les véhicules, on arrive parfois à oublier qu’ils conduisent à gauche puisqu’ils sont de toute façon aussi souvent à droite.

Nous arrivons finalement à la chambre d’hôtel vers 21 heures avec le traitement de Maëlie à faire, les malaises de tout le monde commencent à se faire sentir… La toilette devient le centre d’intérêt premier pendant la nuit. Je ne sais pas s’il est préférable de tous être malades en même temps pour ensuite poursuivre l’aventure ou chacun une journée… Dans cette dernière option, nous passerons le reste du voyage à soigner des diarrhées mais avec toujours quelqu’un disponible pour ramasser les dégâts.

Samedi 12 octobre (jour7, Delhi)

Évidemment tout ne guérit pas en une seule nuit. C’est un peu le chaos dans la chambre car présentement le malaise de chacun est proportionnel à sa grandeur. Donc les adultes sont hors service, les plus vieux sont faibles mais les plus jeunes débordent d’énergie avec personne de vraiment disponible pour les animer. Nous passons donc la journée dans la chambre. À un moment, Martin s’occupait des dégâts de Maëlie pendant que je cherchais une solution pour évaluer la gravité de l’irruption cutanée partout sur le corps de Médrick. Lorsque nous sommes parents, même nos bobos doivent attendre. Nous gérons tout le monde avec du repos, de l’eau et un repas le moins épicé possible et peut-être plus facilement digérable… De la pizza Domini… Livraison rapide en deux heures et demi. Nous envoyons courir les deux petites dans les marches de l’hôtel pour se dégourdir un peu. Pendant la journée, j’oscille entre le découragement et le fou rire de la situation. En appliquant la pensée positive, j’ai expliqué aux enfants que surmonter des épreuves en famille pouvait tisser des liens serrés… Je ne pense pas les avoir convaincu. Ce soir, tout le monde est fragile mais stable, espérons que le pire est derrière nous!

Dimanche 13 octobre (jour 8, Delhi)

Une autre journée enfermée dans la chambre d’hôtel. Tout le monde va mieux mais Maëlie a une diarrhée tenace.

D’abord, on en profite pour faire des devoirs et discuter avec les enfants sur les différents taux de pauvreté dans le monde. À l’aide d’une carte sur internet on apprend sur les différents niveaux de vie en fonction des pays. Nous ne sommes donc pas surpris de constater le très faible rang de l’Inde qui est confirmé par nos crampes à l’estomac depuis deux jours.

Ensuite, nous organisons aussi notre dernière semaine si notre cocotte se stabilise rapidement. On stabilise aussi notre estomac en continuant nos repas santés. Hier la pizza… Aujourd’hui du McDo! On est loin du bon petit bouillon de légumes mais on doit offrir ce qui est à notre disponibilité. Les enfants ne se plaignent pas.

De plus, on se demande si nous arriverons à mémoriser la fonction de chacun des interrupteurs électrique dans la chambre. Nous avons compté 37. Tous plus inutiles les uns que les autres. Chaque lumière est contrôlée par un interrupteur et souvent même en « tri way » dans une minuscule chambre!? Cette extravagance électrique reste un mystère pour nous! Ils ne fournissent pas le papier de toilette pour s’essuyer mais ils fournissent 37 façons d’ouvrir les lumières dans une pièce!

Finalement, nous profitons aussi de la journée pour faire le point sur notre année. Martin philosophe en exprimant nos rôles à chacun dans cette aventure : Martin construit nos rêves, les enfants les vivent avec nous et je m’occupe des immortaliser en images et en mots.

Lundi 14 octobre (jour 9, Delhi)

Médrick se lève encore avec ses irruptions cutanées et Maëlie ne semble pas passer à travers ses crampes et sa diarrhée. Alors au programme, visite du système médical de l’Inde. Je pars d’abord à la recherche d’une pharmacie pour acheter quelque chose qui pourrait nous aider à se rendre à l’hôpital sans trop laisser notre trace dans le taxi. Je découvre alors un petit comptoir style pharmacie très poussiéreuse au milieu des ordures. J’étais au bon endroit. D’ailleurs, j’ai profité pour pénétrer dans un genre d’immeuble désaffecté écrit clinique au dessus. Comme je ne pourrais imaginer mes enfants s’asseoir dans la salle d’attente sans être contaminé, je repars vers l’hôtel.

Martin a trouvé un super hôpital sur internet qui est recommandé par notre assurance. Lorsque nous demandons aux employés de l’hôtel de prévenir le chauffeur de notre destination, il nous informe que c’est beaucoup trop loin et que nous devrions nous rendre à un super hôpital pour touriste plus près. Lorsque nous arrivons, nous avons l’impression d’avoir été téléporté dans le temps. Son super hôpital de touristes ne correspond pas à nos standards. Les infirmières avec les bonnets blancs et les meubles dignes d’un musé de Marguerite Bourgeois. Maëlie nous regarde un peu inquiète. Surtout que les murs semblent s’effriter et la poussière s’accumuler depuis longtemps. Nous voyons tout de même un médecin après une longue attente de… 30 secondes (même pas le temps de s’enfuir!). Il semble tout de même plus compétent que son décor laisse présager. Après les explications et les documents de Ste-Justine clarifiant la situation, nous partons pour les prélèvements. Les grosses aiguilles antiques semblent stériles. Elles sont tous transportées dans le même contenant en bois avec le sang qui continue de couler mais bon… Ensuite, Maëlie doit faire des échantillons urinaires et de ses selles. Ils m’assurent qu’il ne pas nécessaire de nettoyer la région avant de procéder. J’imagine qu’à Montréal nous faisons du zèle avec l’aseptisation.

Maëlie est faible alors elle se repose un peu à la chambre d’hôpital avant de repartir à l’hôtel pour attendre les résultats. Médrick fait seulement une allergie qui peut être soulagé au Bénadryl.

Lorsque nous parlons au médecin pour comprendre les résultats, tout n’est pas très clair. Maëlie fait possiblement une infection dans son urine. Par contre, son rein ne semble pas dans un pire état que dernièrement. Il suggère de prendre des antibiotiques. Il semble soulagé de constater que nous avons déjà une réserve prescrit par notre médecin de Ste-Justine.

Évidemment, nous ne sommes pas tout à fait rassurés. Nous envoyons les résultats de laboratoire à notre médecin extraordinaire. Alors, toujours aussi efficace et précieuse, en moins de 15 minutes, j’arrive à discuter personnellement avec elle de nos inquiétudes. Elle nous rassure. Comment pourrons-nous lui témoigner la grandeur du respect et de la reconnaissance que nous lui vouons? C’est une perle rare qui partage à distance notre aventure! Il fallait voir le sourire de Maëlie lorsque Dr. Phan lui confirmait qu’elle allait bien…

Maëlie :

L’hôpital était situé dans un trou noir d’une ruelle. En entrant, tout était crado et minuscule. À ma prise de sang, c’était une petite salle. La seringue était grosse et différente de Ste-Justine. Ma mère a demandé si elle était stérile. Ensuite, l’infirmière a remis l’aiguille dans la boîte de bois sans mettre le capuchon. Elle l’a même échappée deux fois par terre. C’était vraiment bizarre.

Mardi 16 octobre (jour 10, Delhi)

Nous voyons de l’espoir au bout du tunnel. Maëlie semble moins faible ce matin. Nous réalisons que nous avons eu vraiment peur que le médical dérape dans un contexte peu rassurant à l’étranger. Nous réalisons qu’une diarrhée du voyageur reste bénigne pour la plupart des gens. Pour notre puce, la situation prend des proportions plus inquiétantes à cause de son rein qui devient à risque mais aussi de son système digestif différent qui l’oblige à passer presque 3 jours sur la toilette à se tordre de douleur. Quel enfant courageuse! Aujourd’hui, elle est rayonnante et prête à affronter l’Inde à nouveau.

Nous passons tout de même le matin à faire des devoirs. Principalement orienté sur la connaissance de l’Inde et ses différences culturelles. Nous parlons de Gandhi et de la grande diversité dans le pays. Nous souhaitions leur en faire découvrir davantage mais nous devons nous satisfaire d’avoir au moins su piquer leur curiosité d’apprendre sur cette grande nation fascinante et ses différentes facettes.

Après les devoirs et un autre dîner McDo (Eh oui, les enfants n’arrivent toujours pas à avaler autre chose à cause de l’intensité des épices… Même Martin est saturé!), nous partons entre filles faire du magasinage. Martin me laisse, peu rassuré, quitter en rickshaw pour déambuler seule avec les puces, dans un marché du vieux Delhi. L’aventure fut très agréable. Pour une fois que je ne stresse pas avec les prix. Les filles hésitent entre un collier à 10 ou 20 cents… Elles jubilent lorsque je leur propose de prendre les deux. C’est comme la caverne d’Ali Baba. À notre retour, les mâles sont presque jaloux de nos découvertes. Par contre, j’avoue qu’après deux heures comme unique touriste en terrain étranger, j’étais soulagée de retrouver notre hôtel. L’adrénaline devait être presqu’aussi intense qu’un saut en bungee! Entre temps, Martin me raconte qu’il a lui aussi paniqué car il avait perdu Médrick… Les deux ont pleuré de soulagement aux retrouvailles… dans la toilette de notre chambre! Médrick s’y était précipité sans avertir Martin et avait barré la porte de la chambre!

Mercredi 17 octobre (jour 11, Delhi- Haridward-Rishikesh)

Aujourd’hui tout le monde est presqu’assez en forme pour voyager. Kaïlane a des crampes, les autres avons la diarrhée du voyageur c’est donc une bonne moyenne pour visiter l’Inde. De toute façon, un groupe de voyageurs, composé de 6 personnes, ne peut statistiquement pas visiter l’Inde tout le monde en forme en même temps. Alors, aussitôt que Maëlie est stable, les autres, on doit endurer nos crampes et nous partons à la découverte de ce pays si mystique.

Comme nous sommes aucunement d’avance pour réserver le train, tout est complet et devons se payer un chauffeur pour se rendre à Rishikesh… C’est tout de même plus économique que l’avion et c’est peut-être une bonne excuse pour éviter les gares et les toilettes des trains. Nous avons donc 6 heures de route à affronter. Nous espérons arriver à Haridwar pour observer les pèlerins faire la prière sur le bord du Gange. Évidemment, il y a toujours des imprévus qui peuvent survenir. Nous apprenons donc que nous sommes dans la période du Carême hindou qui oblige notre chauffeur à s’alimenter qu’une fois par jour. C’est toujours agréable de coordonner les besoins de quatre enfants à celui des fêtes religieuses hindous. Ça permet tout de même une belle réflexion sur la flexibilité et l’ouverture à la différence. De plus, pendant que les enfants s’obstinent sur qui utilisera le iPad, le iPod ou l’ordi dans l’auto, nous observons les enfants travailler dans les champs ou pédaler avec d’énormes charges sur leur vélo pour aller au marché. Il semble que la discussion fut efficace, du moins pour quelques instants. Les dernières heures de route se passent dans l’harmonie, sans technologie à observer et commenter les villages que nous croisons.

Il semble avoir un écart entre mon désir de vivre près des gens et mon rôle de mère. C’est complexe d’offrir un environnement sécuritaire au niveau de la santé et stimulant pour les enfants tout en étant assez près de leur habitude de vie. Sans oublier que nous avons peu de temps et avons déjà passé quatre jours à se guérir. Ma première leçon est sûrement d’apprécier ce que je peux m’imprégner de l’Inde sans toujours en vouloir d’avantage.

C’est une réflexion d’une vie qui nous accompagne jusqu’au souper sur le bord du Gange en observant toute cette culture que nous avons la chance de côtoyer et de partager à nos amours.

Jeudi 18 octobre (jour12, Rishikesh)

Comme chaque matin, nous évaluons l’état de santé des troupes pour évaluer la distance que nous pourrons parcourir aujourd’hui. Kaïlane semble la moins en forme suivi de Maëlie qui semble nécessiter la toilette au 15 minutes. Nous tenterons donc de se rendre au pont qui traverse l’autre rive du Gange. Après une heure, nous avons à peine parcouru quelques mètres dans les ruelles toujours aussi encombrées, colorées, odorantes et bruyantes. Par contre, nous avons visité plusieurs toilettes et Kaïlane se promène entre les épaules et les bras de nous tous… Allons-nous y arriver? Eh bien oui! L’Inde nous enseigne la patience qu’on le veuille ou non! Nous traversons finalement ce pont (Lakshman Jhula). Comment l’Inde arrive-t-elle à transformer des décors magnifiques en décors… surprenants… Toujours le même mélange entre beauté rempli d’ordures et d’animaux hétéroclites qui finissent par devenir charmants et attachants.

Arrivé sur l’autre rive, nous pénétrons dans un Ashram (lieu de retraite spirituel) pour s’initier à un cours de yoga. Aussi surprenant que tout le reste, l’ambiance et le professeur arrivent à me faire sentir quelques secondes de calme intérieur. Après la surprise des incantations du début, j’apprécie vraiment l’harmonie des vibrations. Même les enfants participent avec enthousiasme et curiosité. C’est un moment de détente agréable en famille.

Ensuite, nous prenons un dîner sur le bord du Gange. La vue est magnifique, on finit même par apprécier l’enfant qui fait ses gros besoins à quelques pieds de moi pour ensuite se faire laver les fesses dans l’eau du Gange. Sans oublier les singes, les vaches et… les ordures. Les enfants font une petite balade sur le bord du fleuve en explorant les détritus. Ils sont fous de joie de découvrir des retailles de marbre. Ils se sentent riches. Je réalise que nous sommes vraiment en Inde lorsque je les écoute jouer. Ils se construisent un Taj Mahal en marbre blanc sacré car il est purifié par l’eau du Gange…!

De retour à l’hôtel, les enfants profitent de la piscine pour se rafraichir… Eh oui, nous prenons une pause de l’Inde intense pour la soirée!

Loïkim :

Les animaux de l’Inde. Les vaches ne sont pas comme chez nous. Ils ont une grosse bosse sur le dos et elles sont obèses (elles mangent trop de cochonneries). Les singes se promènent comme s’ils étaient des humains mais plus agiles.

Maëlie :

Le Gange est un fleuve sacré où les gens lancent des petits bateaux de fleurs. Les gens se purifient dedans. C’est le fleuve le plus sacré du monde mais en même temps le plus pollué.

Médrick :

Le Gange est un fleuve sacré de l’Inde. Les personnes vont faire des offrandes parce qu’ils pensent qu’ils auront une meilleur vie. Les offrandes sont soit un pot avec des fleurs en feu ou des cendres de personnes mortes.

Ils vont aussi se laver à l’intérieur pour se purifier. Ils se mettent de l’eau dans la bouche puis la recrache pour se purifier. Par exemple, l’eau est vraiment dégueulasse car il y a plein de déchets. C’est sûrement l’eau sacrée la moins pure qui existe…!

Vendredi 19 octobre (jour 13, Rishikesh)

La journée commence avec un petit cours de yoga en privé, seule avec ma prof pendant que la gang dort… C’était correct mais j’ai préféré en compagnie de ma gang la veille. Il faut croire que j’arrive à mieux me détendre lorsque je suis entourée de ma marmaille…!

Ensuite, avant-midi de devoirs pendant que Martin est sur l’organisation de l’Australie. Pas de temps à perdre pour relaxer. Sauf pour une petite saucette dans la piscine avant de partir pour une promenade. Nous allons dîner dans un restaurant très campagne en compagnie de tous nos animaux préférés. Les enfants partent même à la découverte de la région à travers les sentiers de la forêt en compagnie d’un chien, d’une vache, d’un singe et même d’une mangouste. Pas nécessaire de mentionner qu’ils sont très heureux! À leur retour, nous partons explorer en famille. Nous observons différents insectes étranges ainsi que des bébés musaraignes que les enfants flattent. Pour couronner la journée, nous escaladons une petite montagne avec vu magnifique sur la ville, les montagnes et le Gange. Nous sommes un peu tristes de sentir le début de la fin de notre aventure en Inde. Ce fut bref et intense, mais nous avons eu assez de temps pour l’apprécier.

Samedi 20 octobre (jour 14, Rishikesh)

Bilan santé du matin : deux sur six sont au lit… Diagnostique maux de tête et de ventre… Nous attendons les quelques heures requises afin que Médrick et Loïkim se sentent mieux. Nous partons se promener de l’autre côté du Gange. Cette fois, nous le traversons en bateau. Balade, magasinage et observation de notre environnement. Les enfants ne se lassent pas de voir les vaches, les singes et les chiens. Pour ma part, je suis fascinée par la diversité humaine qui se déroule sous mes yeux. En fin d’après-midi, nous soulignons l’anniversaire de Martin de façon très originale. Nous allumons un bouquet de fleurs pour le déposer sur le Gange en lui chantant bonne fête! Meilleur endroit pour faire un souhait!

Dimanche 21 octobre (jour 15, Rishikesh-Delhi)

Dernière journée en Inde. On en profite pour une dernière balade près du pont et dans les marchés. Ensuite, on doit encore affronter de nombreuses heures de route. Avec tout le trafic, nous avons dû parcourir 250 km en 7h00. Heureusement que le paysage est très divertissant. Nous faisons la liste de toutes nos observations hétéroclites que nous observons sur la route. Par exemple: une famille de 5 personnes, dont un bébé, tous sur la même moto sur l’autoroute… sans casque! Des toilettes publics sans porte sur le bord de la route! Des manufacturiers de matériaux de construction à la manière indienne! Évidemment, tous les animaux, les différentes couleurs de saris des femmes, les itinérants et les ascètes… Impossible de s’ennuyer… Le plus grand risque est le face-à-face en roulant!

Loïkim :

L’Inde est très bizarre parce que c’est le pays le plus différent des autres. Il y a beaucoup de personnes qui font des choses étranges. 1. Il met ses pieds sur sa tête. 2. Il accroche une brique sur son pénis et deux sur ses testicules. 3. Il reste debout toute sa vie. 4. Il ne veut jamais se nourrir de sa vie. Ces gens se nomment des ascètes. Ils veulent vivre en ignorant tous les besoins de leur corps pour avoir la vie éternelle!

Lundi 22 octobre (jour 16, Delhi- Cairn en Australie…)

Ouf…! Je viens d’apprendre que nous avons pour 22 heures de transport et trois avions pour arriver en Australie. J’étais sous l’impression qu’une petite journée nous attendait puisque l’Inde est près de l’Australie?! Moi et ma géographie…!

Après un réveil aux petites heures du matin, nous avons droit à un chauffeur encore plus endormi que nous pour nous conduire à l’aéroport. Il conduit la fenêtre grande ouverte avec les deux mains sur le volant mais ce n’est pas suffisant pour rester éveillé. Nous devons crier à quelques reprises pour éviter une collision.

Ensuite, nous prenons un premier avion avec une escale à Singapour. Nous avons un autre choc culturel… Après l’Inde sur un extrême, nous arrivons sur l’autre extrême. Tout est tellement propre et grandiose. Il y a même un système de Purel pour nettoyer les bols de toilettes, c’est du jamais vu. Dans l’aéroport, nous pouvons visiter des poissons, une serre remplie de plantes carnivores et de papillons. C’est un arrêt qui pourrait sembler relaxant mais on doit tout de même faire un peu de devoirs et le traitement d’irrigation de Maëlie. Je commence à sentir la fatigue monter. Nous sommes sur l’adrénaline depuis un mois dans des pays intenses où l’on veut profiter de chaque instant. Sans compter les stresses pour la condition médicale et tous les décalages horaires qu’on doit gérer avec les traitements. C’est un beau marathon familial!

Nous arrivons donc le 23 octobre au midi en Australie avec seulement quelques siestes de sommeil dans les avions mais de multiples repas ingurgités…

Conclusion de l’Inde:

Comme nous avons expliqué aux enfants, nous n’avons visité qu’une petite parcelle de l’Inde. C’est un grand pays, avec une grande diversité que nous avons eu la chance de survoler. C’est comme un amusegueule pour nous ouvrir l’appétit. On en ressort grandit de cette expérience riche en ouverture et en différence.

Les enfants ont tous eu de grands défis à relever pendant leur séjour en Inde mais je pense qu’ils ont su apprendre et s’imprégner de leur expérience.

Kaïlane s’est senti envahit constamment par tous les gens qui voulaient la caresser, la toucher dans le visage et même l’embrasser. Elle était toujours sur la défensive et sur ses gardes lorsque quelqu’un l’approchait. De plus, comme elle est petite, elle est souvent à la hauteur des jambes dans une foule et doit régulièrement ressentir l’écrasement de la masse autour d’elle. Elle a développé depuis quelques jours un comportement de « bébé singe ». Elle crie et cherche souvent à me grimper dessus comme moyen de défense. J’imagine qu’elle recherche la sécurité!

Par contre, elle a la chance de vivre entourée et dorlotée par tous les membres de la famille. Elle est comme notre « petit veau » que nous entourons pour la protéger. Elle vit dans une petite bulle d’affection au milieu de nous tous.

À force de vivre`avec les animaux, j’en arrive à comparer mes enfants à leur comportement… bébé singe, petit veau!

Je me souviens de Loïkim, à la même âge que Kaïlane, lorsque nous étions partis 4 mois dans l’Ouest en roulotte. À tous les soirs, elle faisait une petite panique d’angoisse car elle ne savait pas où elle allait dormir. Nous réalisons que parfois Kaïlane n’est pas en mesure de tout comprendre et réaliser tout ce qui se déroule autour d’elle. Elle interprète avec sa capacité de 4 ans et tente de se former une idée de tout ce qu’elle vit. Parfois elle demande en se couchant dans qu’elle pays elle va se réveiller. En avion, elle demande combien de temps nous allons encore rouler? Dans combien de jours on revient à la maison… en parlant de la roulotte et parfois même d’un hôtel que nous sommes restés deux jours! Disons qu’elle vit très peu de routine et de stabilité… C’est notre grande championne!

Kaïlane: « Je n’ai pas aimé que c’était sale et que le monde me touchait toujours. C’était bizarre que le monde se lave dans l’eau très sale du Gange. J’ai aimé nourir les singes mais j’ai pleuré quand il y en a un qui m’a tapé. Les robes des madames sont chics et plein de brillants. C’est spécial les picots dans le front des madames pour dire qu’elles ont embrassé quelqu’un… »

Loïkim a vécu un grand défi dans les nombreux transports en commun. Elle qui a besoin de gigoter, elle devait être patiente et attendre de longues heures. Heureusement qu’il y avait sa petite sœur pour écouter toute ses histoires fantastiques. Même pendant le cours de yoga, elle trouvait le temps long et s’inventait de nouvelles postures plus farfelues pour nous faire rire. Ce qui a capté son attention, c’est évidemment les beautés des temples et les détails artistiques. Elle a aussi été fascinée par les vêtements très colorés des femmes. Elle restera marquée par les couleurs, les saveurs et les odeurs de l’Inde. Notre Loïkim rigolote qui s’émerveille devant tout nous permet de vivre l’Inde à travers des yeux d’enfants et de l’apprécier encore davantage.

Loïkim: Je n’ai pas aimé : Les klaxons dans la rue, les personnes qui nous tripottaient, être malade, avoir la gastro et la nouriture moyenne. J’ai aimé: magasiner, les hôtels, les saris des femmes, les animaux dont les singes, les vaches, les chiens, les chameaux et les éléphants. J’aime écrire…!

Maëlie a évidemment dû affronter les hôpitaux indiens. C’est un grand défi stressant pour elle autant que pour nous. Elle est très courageuse de garder une belle attitude même lorsqu’elle doit passer la moitié de sa journée sur la toilette ou se changer plusieurs fois dans la nuit à cause de son système digestif… en plus des douleurs à endurer. Elle garde le sourire et continue à voyager sans trop se plaindre. J’espère de tout mon cœur lui transmettre à travers cette expérience qu’aucune limite ne pourra l’empêcher de réaliser ses rêves à cause de sa condition médicale. Lorsque je suis épuisée et découragée de préparer l’irrigation sur un bout de chaise dans un aéroport avec Martin qui court filtrer de l’eau pendant que tout le monde chigne, je pense à Maëlie. Ça me redonne des forces de lui démontrer qu’avec un peu de courage et de la volonté, on peut arriver à tout faire… peu importe ce qu’elle voudra vivre! Nous avons plusieurs fois adapté le chemin pour réaliser notre objectif en tenant compte de sa condition mais nous n’avons jamais abandonné notre projet. J’espère qu’elle pourra garder cette détermination en elle autant qu’elle est courageuse présentement.

Maëlie: En Inde, je n’ai pas aimé toute la pollution, tous les gens lancent leurs déchets partout par terre. Tous les gens crachent et font leur besoin dans la rue. Puis, on rasait de se faire frapper à chaque 3 secondes sur la route, soit notre chauffeur était trop fatigué, soit il était dans la lune. Mais il y a des choses que j’aime de l’Inde. Il y a des animaux partout (des singes, des vaches, des chèvres et des chevaux). Aussi, ce que j’aime, c’est qu’il y a plein de monuments spéciaux dont le Taj Mahal et le Fort Rouge…!

Médrick, c’est notre grand de la famille. Il a souvent le défi d’aider davantage, de superviser, de transporter, de négocier… Il a plus de responsabilités que les autres. Il trouve parfois son rôle exigeant. De plus, il doit souvent être patient pour attendre ses trois sœurs qui ont un rythme plus lent. Il doit faire des concessions. Par contre, il est sûrement celui qui absorbe le plus les expériences que nous vivons car il les comprend mieux et peut questionner pour en découvrir toujours plus. Il est conscient de la géographie, de la politique, de la nature, des langues, des devises étrangères, etc… Son raisonnement nuancé et son désir de toujours apprendre rend cette aventure enrichissante pour lui et pour nous tous!

Médrick: Les déchets et la pollution dans l’air sont vraiment dégueulasses. L’Inde est le pays le plus pollué que je n’ai jamais visité. Il y a un avantage à cela. Il y a beaucoup d’animaux comme les vaches, les chèvres, les poules et sourtout, les cochons. Les rues sont ensevelies par les monticules de déchets . Chaque monticule comporte quelques cochons.

J’ai bien aimé les singes un peu partout sur le bord de la route qui nous quêtent de la nourriture. Le tour de chameaux et celui d’éléphants étaitent bien amusants mais le plus impressionnant ce sont les gros monuments ornés de motifs gravés dan la roche et les pierres précieuses comme: Le Taj Mahal, le Fort rouge et la tour.

Je ne recommande à personne d’aller en Inde à part ceux qui aiment avoir des maladies et des hauts-le-coeur à cause des odeurs et de la nourriture. Je crois que moi non plus je n’y retournerai pas. J’ai eu un gros choc culturel…

Donc maman devra se trouver quelqu’un d’autre pour y retourner…!

Advertisements
Cette entrée a été publiée dans Inde. Mettre ce permalien en signet.

3 réponses à “2012 – L’Inde en 16 jours…

  1. Encore une longue session de lecture parsemée de sourire et d’admiration. Bravo, la visite de l’Inde en famille! J’ai eu plusieurs visions de l’Afrique centrale en vous lisant; surtout la pauvreté (notre vision occidentale bien sûr), les bidonvilles et ce partage nécessaire du territoire entre les humains et le reste du règne animal. La grande différence était peut être le nombre élevé de « vrai-fausses » milices et toutes ses armes à feu (mitraillettes)! J’aurais bien aimé vivre quelques-unes de ces expériences avec vous : prendre le relais gastrique, partager le stress et l’émerveillement! J’essai d’imaginer la pression que subit Kaïlane et ouf… ce doit être intense. Bravo à Loïkim pour ta créativité et le divertissement que tu procures à ta famille dans les sessions de détente yoga. Maëlie, tu sembles garder une ouverture d’esprit implacable, c’est génial. Merci Médrick de prendre soin de ta famille, c’est un geste honorable! Vous savez qu’au Québec, nous sommes parmi les plus grands consommateurs au monde. Donc, parmi ceux qui produisent le plus grand nombre de déchet par habitant! La seule différence c’est que nous jouons à l’autruche. Nous enterrons ou brûlons tous nos ordures. La pollution est la même que ce que vous avez vu, mais nous la concentrons à des endroits bien précis! À long terme, le bilan pour la santé de la planète qui nous nourrit est le même. Seule notre vision change! Sur cette note philosophique, je viens de procrastiner tout un avant-midi! Enfin, il semble que les destinations plein-air de Martin soient plus appréciées que les immersions socioculturelles de Jolène… Pas grave la sœur, je prendrai bien le relais un jour et t’accompagnerai (avec mes jouets d’adulte!) dans d’autres destinations aux confins de la nature humaine!

  2. Moi aussi, ce fut une longue mais combien enrichissante cette lecture sur toutes ses péripéties vécues lors de ce séjour en Inde. Je comprends fort bien le dernier commentaire de Medrick qu’il n’y retournerait pas….et que Jolène devra trouver un autre passager si elle désire y retourner…. peut-être avec Francis?????
    Autant de misère humaine et de saleté, cela dans les Grands Explorateurs sur l ‘Inde, on en a vu très peu, et on comprend car personne ne serait intéressée de s’y rendre. Vous êtes tous simplement formidablessssssssssss de pouvoir s’adapter et d’avoir pu visiter ces endroits,malgré la bouffe si épicée et les diarrhées et le reste.
    D’après les photos, vous avez toujours su garder votre sourire avec côté positif de ce que vous voyez. Vous avez toute mon admiration et c’est avec un immense plaisir que nous vous suivons dans votre prochain voyage… Les commentaires de Médrick, Maelie, Loikim et Kailane sont impressionnants car vous fournissez des renseignements des plus intéressants sans oublier naturellement, notre journaliste préférée et le planificateur…..Gros bisous Alinexxxxxxxxxx P.S. Nathalie m’informe qu’elle lira sous peu avec ses commentaires.

  3. Bonjour à tous, vous m’impressionnez tous, je vous trouve courageux. Moi, un simple mal de ventre en voyage c’est la grosse panique. Merci de partager encore et encore avec nous les belles merveilles du monde. Jolène, tes beaux récits bien détaillés ont pris le dessus sur mon livre de chevet.
    Bravo à vous tous
    Chahnèze
    P.s. Pourras-tu dire à Medrick que Neyl voudrai papoter avec lui sur skype ou par courriel. Il pourra lui envoyer les adresses via mon adresse. Merci.

Laisser un commentaire

Entrer les renseignements ci-dessous ou cliquer sur une icône pour ouvrir une session :

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l’aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s