2012 – École St-Albert-le-Grand – Réponses pour l’Inde

Dans la classe, en équipes de 2, nous avons chacun couvert une thématique sur l’Inde.  Chaque équipe a 1 ou 2 questions sur sa thématique:

Les dieux:
– Avez-vous vu des représentations du dieu éléphant Ganesh?

Oui, à plusieurs endroits. Il y a des statues et des illustrations un peu partout… Nous avons même pensé à vous en voyant une belle illustration sur un mur dans un restaurant… Avec un peu de patience… disons vers la St-Valentin, vous comprendrez en recevant un petit coli par la poste pour récompenser vos efforts!

La vie des enfants:
– Avez-vous vu des enfants travailler pour gagner leur vie?

Oui, plein… Ils quêtent dans la rue, ils cirent les chaussures, ils vendent des trucs sur la rue, ils travaillent dans les champs… C’est triste de les voir aussi démunis.

– Avez-vous vu des enfants aller à l’école?

Oui, à Delhi, à tous les matins on observait les autobus passer devant notre hôtel. Le chauffeur pédalait très fort pour transporter 8 ou 10 enfants à la fois. À Pushkar, nous avons aussi observé une école lors de notre balade en chameau.

Les animaux:
– Avez-vous touché à des singes?  Sont-ils doux?

C’était l’activité préférée des enfants. Les visages rouges étaient agressifs mais les visages noirs étaient plus dociles. Il fallait tout de même être très prudent car ce sont des animaux sauvages. Il y en avait presque toujours dans les villages que nous avons visités.

Nourriture:
– Que mangez-vous?

Au début, nous avons tenté de manger la nourriture de l’Inde mais c’était vraiment extrêmement épicé. Notre estomac était incapable de la digérer. Nous avons tous été malade. Nous avons donc ensuite mangé du spaguetti, de la pizza ou du riz mais ce n’était pas vraiment bon.

– Est-ce que c’est bon?

Nous avons tous trouvé très difficile de se nourrir. La seule bonne chose fut le pain naan que nous avons mangé à tous les jours.

Temples:
– Avez-vous vu des éléphants à l’entrée des temples?  Est-ce que l’on doit leur donner une pièce en entrant?

Nous avons vu des éléphants devant plusieurs temples mais nous n’avons pas donné de pièce. Par contre, les enfants ont monté un temple sur le dos d’un vrai éléphant. Ils ont adoré l’expérience.
– Avez-vous vu le Taj Mahal?

Oui, c’est une expérience émouvante et impressionnante. C’est un temple majestueux qui nous couple le souffle par sa grandeur et sa beauté.

Musique:
– Avez-vous vu un tabla?  Avait-il un micro?

Nous en avons vu dans la rue qui était à vendre mais il n’y avait pas de micro.
– Avez-vous vu un tempura?  A-t-il 4 cordes?
Nous avons cherché mais nous n’en avons pas vu. En fait, nous n’avons pas beaucoup entendu de musique en Inde. Nous étions déçus.

Travail:
– Comment les gens s’approvisionnent-ils en eau?

Dans la ville, il utilise les robinets mais l’eau n’est pas très potable pour nous. Eux, ils semblent adaptés et arrivent à boire n’importe où sans être malade.

Dans les campagnes, nous avons vu des femmes aller chercher de l’eau à une source en la transportant sur leur tête.

Gandhi:
– Les gens parlent-ils encore de Gandhi?

Nous ne savons pas… Par contre, nous avons expliqué à nos enfants l’histoire de Gandhi car c’est important pour l’Inde.

Femmes:
– Les femmes portent-elles des saris?  De quelles couleurs sont-ils?  Jolène, as-tu porté un sari?

Toutes les femmes portent des saris. Elles sont magnifiques et très colorées. Ma fille Loïkim adorait les observer. Par contre, je n’en ai pas porté un pendant mon voyage.
– Comment sont les femmes?  Sont-elles renfermées et gênées ou exubérantes?

Avec nous, les femmes étaient plutôt exubérantes. Elles s’approchaient beaucoup de mes enfants pour les toucher et les caresser. Elles semblaient à l’aise de venir nous voir… Évidemment, les femmes gênées ne sont pas venues vers nous…!

Gange:
– Avez-vous vu des gens se baigner dans le Gange?

Oui, plusieurs personnes. Mes enfants trouvaient la situation un peu dégoutante même s’il comprenait la signification religieuse car c’était vraiment très sale.
– L’eau du Gange est-elle polluée?

Vraiment beaucoup…!

Arts:
– Avez-vous vu des kolams à l’entrée des maisons?

Merci pour votre question. Nous avons mieux observé ensuite et nous en avons admiré en pensant à vous.

– Avez-vous vu des gens danser?

Une fois et c’était très beau. Nous aurions aimé en voir plus…!

Merci de répondre à nos questions!!!! On a très hâte de vous lire.

Merci pour vos questions stimulantes et intéressantes. Nous avons aussi appris et découvert grâce à vos recherches sur l’Inde.

La classe 41
et Catherine
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École Saint-Albert-le-Grand

Commission Scolaire de Montréal

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2012 – L’Inde en 16 jours…

Eh oui… Nous nous sommes décidés. Nous irons brièvement visiter l’Inde!

Premières impressions des enfants sur l’Inde :

Maëlie :

En Inde, c’est très pauvre. Les enfants font des spectacles dans la rue pour ramasser des sous. Ici, ce sont des roupies à la place des dollars. 250 roupies = 5 $.

Médrick :

L’Inde est 10 fois pire que la Chine. Il y a des déchets partout : dans les rues, dans les maisons, sur les toits, c’est vraiment dégueulasse. En plus, l’air est nauséabond. Tous les itinérants sont dans la rue ou sur le trottoir. Les maisons sont des anciens bâtiments effondrés mais il y a aussi plein de chiens. Des itinérants font des spectacles entre les autos pour gagner de l’argent.

Dimanche 7 octobre (jour1, Delhi)


Après une courte nuit dans l’avion, nous arrivons finalement au cœur de mon rêve. Martin nous a trouvé un hôtel propre dans un quartier miteux (sinon j’avais le choix  d’un hôtel minable dans un quartier moyen). Tout un choix!
Lorsque nous arrivons pendant la nuit, moi qui n’a pas l’habitude d’être chochotte, je sens que je ne veux pas trainer dans la rue… J’affronterai le choc culturel demain.
Le lendemain matin, comme nous avons peu de temps disponible pour découvrir cet immense pays, nous décidons de plonger directement dans les découvertes en prenant un chauffeur qui nous amènera faire un tour de ville pour admirer les principaux attraits de la ville.

Nous débutons l’aventure dès que nous sommes entrés dans la voiture. Il y a des personnes partout. La ville déborde de monde, de chiens errants, d’animaux de tout genre, de déchets, d’itinérants et de tout ce que nous ne pouvons imaginer dans une rue. La Chine était propre et paisible comparativement à ce que nous voyons. Les enfants ont les yeux grands ouverts et regardent partout.

Nous arrivons finalement sur notre premier site à visiter. Le tombeau de Humayun… C’est grandiose à observer. De plus, les femmes portent des vêtements extrêmement colorés c’est un vrai plaisir pour les yeux. Les enfants posent des questions et ils sont curieux de tout explorer. Ils insistent même pour pénétrer dans un petit trou sous le monument. C’est noir et sûrement pas un lieu de visite. J’accepte de les accompagner muni du simple éclairage du flash de ma caméra. Nous sommes nerveux mais excités de marcher dans cet endroit interdit. Ça ressemble à un site d’archéologie sous-terrain. Les enfants ont trouvé des morceaux de poterie ancienne. Médrick décide de s’aventurer plus loin dans l’obscurité. Il revient à la course puisqu’il a entendu des sons étranges. Nous repartons avec lui pour entendre encore de petits bruits aigus. Sous la faible lumière, nous avons le grand plaisir de découvrir 7 petits chiots qui pleurent. C’est une façon originale de visiter un tombeau que les enfants se souviendront longtemps…

Finalement, et non le moindre, nous partons visiter le Fort Rouge. C’est l’expérience de loin la plus culturellement éprouvante que j’ai eu l’occasion de vivre. Martin était satisfait qu’on puisse enfin atteindre ma limite. Nous avons d’abord dû transférer dans deux petits rickshaws conduits par des personnes très âgées, pauvres et à la propreté très discutable. Je n’étais pas certaine qu’ils allaient parvenir à transporter mon homme jusqu’à destination. Le pire, c’était de passer à travers un dépotoir rempli d’itinérants, de vendeurs de rue, d’une pauvreté extrême… c’était horrible. Ce fut pire que tout ce que nous avons vécu dans tous les pays que nous avons visités. Les enfants avaient les yeux exorbités. Tout le monde était sous le choc. Nous arrivons finalement à visiter le fort et à retourner à notre hôtel… Nous nous enfermons dans notre chambre en commandant un petit pain « naan » avant d’essayer d’aller dormir en pensant à toute cette misère humaine!

Nous faisons une petite pause dans un restaurant Indien. Nous nous transformons en dragon puisque le feu nous sort par la bouche. Nos papilles gustatives sont brûlées pour le reste du voyage!

Maëlie : (tombeau Humayun)

Avant, un maharaja se faisait poursuivre par des ennemis. Un jour, il a vu une grotte et il a décidé de s’y cacher. Une araignée a tissé une toile devant l’entrée de la grotte. Quand les ennemis ont vu la toile, ils se sont dit qu’il ne pouvait pas être caché là car il y avait une toile d’araignée et ils se disaient que ça faisait longtemps que personne n’y était entré. Donc l’araignée a sauvé sa vie. Les fenêtres du tombeau sont donc fabriqué en forme de toile d’araignée en souvenir de cet évènement.

Ensuite, on se dirige vers un temple avec une tour rempli de couleurs dans une ambiance très agréable. Session de photos autant pour nous que pour les indiens qui continuent, tout comme les chinois, de nous prendre pour des attractions touristiques. Le pire c’est lorsqu’ils flattent la figure des enfants… surtout Kaïlane!

Médrick : (Qutb Minar)

Nous sommes allés visiter une tour……. Après une guerre entre deux peuples, les gagnants ont fait construire le fort pour symboliser leur victoire. Celui qui l’a fait construire est comme le chef Indien. Il se nomme « Maharaja ». Après avoir terminé le premier étage du fort, le Maharaja meurt. Ses serviteurs continuent quand même à le faire. Quand ils l’ont fini, ils ont installé une grosse boule au sommet du fort. Par la suite, un tremblement de terre a fait tomber la boule et le peuple n’a pas voulu en mettre une autre. Quelques années plus tard, le nouveau Maharaja a vu la tour et il a dit : « Pouah! Cette tour est toute petite, je vais en faire construire une deux fois plus haute. Mais le premier étage n’a même pas été fini et le Maharaja mourra à son tour et nul ne voulu continuer le projet!

Lundi 8 octobre (jour 2, Delhi-Ajmer-Pushkar)
Nous avons décidé de faire une petite boucle au sud de Delhi. C’est un itinéraire populaire en Inde qu’ils nomment le triangle d’or. Nous prenons donc le train vers Ajmer pour ensuite se rendre dans le désert de Pushkar. Le choc se poursuit dans le train. Nous avons heureusement une enclave pour six. Nous ne pensions pas possible de voir autant de crasse… C’est un défi très intense d’occuper les enfants pendant 8 heures en leur demandant de ne toucher à rien. Je vous passe la description de la toilette qui se résume à un trou nauséabond où tous les besoins atterrissent directement sur le rail. Martin et moi on se regarde en se demandant qu’est- ce que nous faisons ici avec quatre enfants dont une très fragile au niveau médical. C’est presque la panique…!

Cette panique augmente d’un niveau (déjà que je croyais être à mon maximum) lorsque nous débarquons du train à Ajmer. Nous sommes accueillis par l’odeur de nombreuses années de toilettes ouvertes des trains. Les enfants et nous même sommes un peu… beaucoup horrifiés de voir et de sentir autant d’excréments d’humains et d’animaux sur la voie ferrée ainsi que partout sur notre passage. Heureusement, nous avions eu la brillante idée de prévoir un chauffeur à notre arrivée. Quel soulagement de lire sur une petite pancarte, au bout d’un long chemin remplis de mendiants, les simples lettres « Heppell ». Ouff! Notre sauveur est là, il nous attend! Les nombreux itinérants ne veulent que toucher les enfants. Je prends rapidement Kaïlane dans mes bras. L’envahissement se poursuit tout de même. Elle doit se cacher la tête et ses mains dans mon cou. Lorsque nous arrivons à la voiture, je sens mon cœur recommencer à battre. Cette épreuve fut très intense. Nos yeux ne sont pas assez grands pour analyser toutes les scènes de détresse humaine qui se déroulent autour de nous. Ce qui arrive à détendre l’atmosphère ce sont tous les animaux de la ferme qui circulent dans ce décor irréel. Les chèvres, les cochons, les paons, les chameaux, les chiens, les chats… et évidemment les vaches! C’est comme un safari sous le thème de la ferme à travers les mendiants et les ordures à perte de vue.

Comment se détendre dans un tel scénario? Il faut simplement ajouter dans un virage de la route, l’accueil d’une vingtaine de singes en liberté. Je m’empresse de demander au chauffeur d’arrêter. C’est une pause agréable en compagnie de nos semblables primates!

Nous arrivons donc finalement à notre hôtel à Pushkar. Notre chauffeur navigue dans un labyrinthe de petites ruelles en terre battue avec toujours le même environnement disons… très différent. Lorsque la voiture s’arrête finalement, nous sommes presque devant… un palais. Comment ces deux mondes peuvent-ils coexister (la misère et la richesse). Je ne me pose pas plus de questions car nous sommes tous épuisés et très heureux de prendre une petite pause dans un environnement qui semble presque salubre. Il y a même une piscine pour se rafraichir. Ouf, encore une nuit remplie d’images stressantes. Comment assurer la santé des enfants dans un environnement aussi infecte? Il faudrait qu’ils puissent voler sans toucher à rien!

Mardi 9 octobre (jour 3, Pushkar)

Il semble qu’à chaque matin je me lève prête à affronter et apprécier le choc culturel. Cette énergie diminue au fur et à mesure que la journée avance. C’est une surveillance de haut niveau pour s’assurer de faire profiter les enfants de cette aventure dans des conditions si difficiles. Oui je me répète, mais c’est ainsi!

Aujourd’hui, on se lève tôt pour notre aventure dans le désert à dos de chameaux (plus exactement de dromadaires). Nos trois équipes : Médrick avec Maëlie, Loïkim avec Martin ainsi que Kaïlane avec moi-même sommes excités de rencontrer ces énormes bêtes si hautes sur pattes. Nous déambulons dans la ville comme des rois. L’expérience est évidemment trippante. Je pense que nous avons rempli les deux cartes mémoires de photos! En terminant la balade, nous sommes passés devant un autre groupe d’une cinquantaine de singes. Nous sommes descendus des chameaux pour les nourrir. C’est parfois épeurant de les voir nous grimper dessus pour nous arracher les biscuits. Ils montraient leurs dents en grognant. Lorsque Martin leur a démontré qu’il était le mâle alpha du groupe, nous avons eu un peu de respect pour quelques minutes. Ce qui est certain, c’est que les enfants ont tellement trippé sur cette expérience que nous y sommes retournés acheter d’autres biscuits pour prolonger le plaisir. Nous avons encore dû remplir plusieurs cartes mémoire de photos. Le retour à pied dans la ruelle est une aventure tout aussi exaltante entre le troupeau de chèvres, les vaches, les cochons et le slalom entre les inévitables excréments. Nous n’aurons pas besoin de faire un safari puisqu’il se déroule à chaque jour en sortant de notre hôtel en Inde!

C’est l’environnement et non les personnes qui habitent l’inde qui est préoccupant. Les gens sont tous sympathiques et très serviables. C’est la sécurité hygiénique qui est un réel danger pour visiter surtout en présence d’enfants. Certains restaurants affichent : « Nourriture hygiénique »… Inutile de se poser la question concernant la majorité des restaurants qui n’ont pas d’affiches. Disons qu’on suit le guide et ses recommandations pour la première fois que nous voyageons.

Je sens comme un décompte où je cherche à profiter de chaque journée incroyable en espérant qu’on se rendre jusqu’à la fin avec la santé. Chaque journée est vraiment un mélange d’amour et de haine, d’incroyable dans les deux extrêmes du mot.

Loïkim :

Aujourd’hui, on a fait un tour de chameau, ça brassait la tomate. Le notre à mon père et moi avait 3 ans, celui de Maëlie et Médrick avait 7 ans et celui de ma mère et Kaïlane avait 9 ans. Ensuite, on a vu des singes qui étaient en liberté et on pouvait les nourrir. Il nous restait de la nourriture alors ils venaient en prendre dans nos mains… C’était « cool »!

Maëlie :

Aujourd’hui, nous sommes allés faire une tour de chameau. Le chameau à Médrick et moi était celui qui écoutait le moins. Nous avons foncé dans un cactus. En revenant de la promenade, nous sommes allés voir des singes en liberté. Nous avions des biscuits et nous leur en avons donnés. Ils nous sautaient dessus pour en avoir. Il y avait un bébé qui me tenait la main et avec son autre main, il mangeait la nourriture.




Mercredi 10 octobre (jour 4, Jaipur)

Aujourd’hui, nous partons pour visiter un fort qui siège au sommet d’une colline. Les enfants sont contents car ils utilisent un nouveau moyen de transport. Un immense éléphant va leur permettre d’admirer la vue de la ville et d’éviter de marcher pendant 30 minutes au soleil pour accéder au sommet. Martin et moi (dans l’objectif d’économiser quelques dollars) avons vécu l’ascension à pied. Le grand défi était donc d’éviter les énormes bouses sur le sol ainsi que les chutes Niagara urinaires des éléphants.

Ensuite, on voit un temple sur un lac (le palais d’été du Maharaja), on visite un magasin de pierres précieuses. Après dîner, nous partons visiter le City Palace. Je suis toujours surprise de l’intérêt des enfants pour tous ces sites touristiques. Ils aiment se faire raconter l’histoire ou la politique de chaque pays. Loïkim demande pourquoi on ne visite pas le Québec de la même façon pour tout apprendre. Les enfants prennent conscience des différents systèmes politiques. Comme en Chine, les chefs d’états se nommaient des empereurs, maintenant en Inde, ce sont des Maharajas. Ils comparent avec les rois, les ministres, les présidents… et les différentes politiques gouvernementales comme démocratique ou communiste. Je ne suis pas certaine de ce qu’ils vont réellement retenir mais leur motivation est présente et stimulante comme parent.

Nous terminons la journée en se promenant simplement dans la rue. Je pense que c’est le meilleur endroit pour s’imprégner de leur culture et de leur quotidien. D’abord, on doit comprendre leur cohabitation constante avec les animaux. Les humains et les animaux déambulent aux mêmes endroits constamment. Chacun semble s’accommoder de la présence des autres. Évidemment, pour nos enfants c’est comme de visiter une ferme ou un zoo à tous les jours (vaches, cochons, chèvres, moutons, poules, paons, chats, chien, chameau, chevaux… et singes!). Ils ne sont pas rares et dispersés dans la ville, ils sont partout et aussi nombreux que les humains. L’inconvénient majeur à ce monde de vie est évidemment les excréments qui remplissent la ville. L’avantage, c’est qu’ils se nourrissent des derniers nutriments restants dans les amoncellements d’ordures. Tout est toujours directement lancé par terre!!

Nous avons aussi croisé des marchants de céréales sur le bord de la route. Nous avons ensuite compris qu’elles étaient utilisées pour nourrir les pigeons qui sont un symbole de chance. Les enfants devraient donc être très chanceux cette année.

Ensuite, nous faisons quelques achats de souvenirs. Médrick est devenu notre expert négociateur. Il est même parvenu à revenir avec un bibelot éléphant gratuit avec un autre bonus pour sa petite sœur! Le monsieur le trouvait trop cute de négocier en compagnie de ses sœurs. Il a refusé qu’on le paye! C’est un deal qui sera difficile à battre. Il dit que son prochain objectif est de se faire payer pour avoir de la marchandise. Comme il a de l’ambition!

Les animaux, le marchandage c’est rigolo mais les images de pauvreté et de misère sont aussi difficiles à supporter autour de nous. Des mères avec leur bébé dans des conditions lamentables. Les enfants s’étaient gardés les bananes du matin pour donner aux singes. Lorsque je coupais des petits morceaux pour que les enfants nourrissent les singes, plusieurs enfants sont venus me quêter les bananes. Mes enfants ont vite compris que j’étais incapable de nourrir les singes devant les autres enfants aux ventres vides. Nous leur avons évidemment partagé les fruits. Ce moment a amené une belle réflexion avec les enfants lors du souper. Ils ont pris la décision de partager un bout de leur repas pour l’offrir aux enfants à l’extérieur.

Jeudi 11 octobre (jour 5, Agra)

C’est la première fois que nous voyageons avec des chauffeurs privés qui nous amène d’un endroit à l’autre. Je pense qu’en Inde, la majorité des voyageurs fonctionnent de cette façon, surtout avec les enfants. Nous devons nous habituer à se faire gérer, d’autant plus qu’ils nous comprennent pas toujours. Sa réponse est toujours « no problem » même lorsque nous leur posons une question!

Alors nous débutons la journée avec 5 heures de route à faire pour se rendre à Agra. Nous passons donc plusieurs heures à visiter l’une des 7 merveilles du monde, le Taj Mahal. Malgré la quantité énorme de visiteurs, j’arrive à être ému devant cette splendeur d’une envergure démentielle. Cette beauté de marbre arrive même à charmer les enfants qui sont impressionnés et posent des questions pertinentes pour bien comprendre.

Une autre journée épuisante qui se termine à l’hôtel. Les enfants ne s’habituent pas facilement à la nourriture épicée aux saveurs et aux textures si différentes. Heureusement qu’il y a du pain naan à chaque repas. Les hôtels ne sont pas dans les mêmes budgets qu’en Amérique du Sud, mais je pense que l’investissement est nécessaire pour avoir un mini moment paisible en soirée tout en assurant de l’hygiène et la santé des enfants.

Médrick :

En 1631, la femme du Maharaja meurt. Ce dernier l’aimait tellement qu’il a décidé de faire construire le Taj Mahal pour elle. Le Taj Mahal est la tombe de sa femme. 20 000 ouvriers ont été engagés. C’était les meilleurs artisans du monde. Il en a fait venir d’Europe et d’Asie.

La cours du Taj Mahal a trois entrées. Une à l’Ouest, une à l’Est et une au Sud. Chaque entrée signifiait une de ses femmes. Celle du sud est en face du Taj Mahal c’est celle de sa dernière femme. Devant la porte du Sud, il y a un autre bâtiment. En haut du bâtiment, il y a 22 petits chapeaux, c’est pour signifier les 22 années que ça a pris pour construire le Taj Mahal. En face de ce bâtiment, il y a le Taj Mahal. Il est entièrement fait de pur marbre blanc et de pierres précieuses. En haut de chaque porte pour entrer dans le Taj Mahal, il y a une fleur de lotus. C’était la préférée de sa femme.

Autour du Taj Mahal, il y a quatre tours. Elles ont été construites avec un angle vers l’extérieur. Si un tremblement de terre survenait, les tours ne s’effondreraient pas sur le Taj Mahal. Ce dernier est construit parfaitement symétrique et il est en forme octogonale.

À sa mort, un de ses fils a voulu faire un autre Taj Mahal noir en face du blanc mais un autre de ses fils l’a arrêté parce que celui qui a fait faire le Taj Mahal a voulu qu’il n’y en ait jamais d’autres. Il n’y a que la fondation qui a été construite. Tellement qu’il ne voulait pas qu’il y ait un autre Taj Mahal, il a menacé ses artisans de leur couper les mains s’ils voulaient en construire un autre.

Vendredi 12 octobre (jour 6, Agra… Delhi)

Les enfants ne se plaignent pas du tout de visiter les villes mais nous pensons que tout le monde bénéficierait d’un petit détour dans un parc naturel avant de retourner dans la jungle de Delhi. Le parc Kaledeo est principalement une réserve d’oiseaux évidemment située sur un magnifique site. Nous partons donc à la conquête du parc avec deux wallah-rickshaws (tricycle à pédale conduit par un homme) et notre guide à bicyclette. Nous avons le plaisir d’observer de nombreux oiseaux. Nous voyons aussi des antilopes, des iguanes, des poissons qui sautent ainsi qu’une sorte de grosses espèces de cigognes colorées qui remplissaient la cime des arbres. Le clou de la journée est lorsque le guide cueille pour les enfants des petits fruits en forme de haricots. On se préparait à interdire les enfants d’y gouter même s’il nous demandait de l’eau pour les rincer… Lorsque tout à coup les petits haricots se mettent à éclater dans les mains des enfants au contact de l’eau. C’était tellement rigolo qu’au moment du retour vers le stationnement, les enfants ont préféré courir devant le rickshaw pour en ramasser au maximum et renouveler l’expérience. Pendant ce temps, je pédalais en conduisant mon homme sur le rickshaw à vive allure. C’est bon de faire un peu d’exercice.

Après la balade, Loïkim filait moyen, Maëlie avait mal à la tête, Martin a vomi au restaurant. Alors il faut imaginer le retour de 5 heures dans le trafic et la conduite disons intrépide du chauffeur. Heureusement qu’il y a comme un film qui se déroule sous nos yeux en permanence pour se divertir. Je pense que les enfants et moi avons occupé deux heures à compter les animaux sur la route ainsi que discuter de toutes nos observations sur l’environnement fort différent. (ex : les femmes transportent d’énormes marchandises sur leur tête, les vélos transportent souvent beaucoup de branches, les véhicules débordent de gens et la conduite est… extrêmement paniquante…!). Entre le tintamarre des klaxons et le slalom entre tous les véhicules, on arrive parfois à oublier qu’ils conduisent à gauche puisqu’ils sont de toute façon aussi souvent à droite.

Nous arrivons finalement à la chambre d’hôtel vers 21 heures avec le traitement de Maëlie à faire, les malaises de tout le monde commencent à se faire sentir… La toilette devient le centre d’intérêt premier pendant la nuit. Je ne sais pas s’il est préférable de tous être malades en même temps pour ensuite poursuivre l’aventure ou chacun une journée… Dans cette dernière option, nous passerons le reste du voyage à soigner des diarrhées mais avec toujours quelqu’un disponible pour ramasser les dégâts.

Samedi 12 octobre (jour7, Delhi)

Évidemment tout ne guérit pas en une seule nuit. C’est un peu le chaos dans la chambre car présentement le malaise de chacun est proportionnel à sa grandeur. Donc les adultes sont hors service, les plus vieux sont faibles mais les plus jeunes débordent d’énergie avec personne de vraiment disponible pour les animer. Nous passons donc la journée dans la chambre. À un moment, Martin s’occupait des dégâts de Maëlie pendant que je cherchais une solution pour évaluer la gravité de l’irruption cutanée partout sur le corps de Médrick. Lorsque nous sommes parents, même nos bobos doivent attendre. Nous gérons tout le monde avec du repos, de l’eau et un repas le moins épicé possible et peut-être plus facilement digérable… De la pizza Domini… Livraison rapide en deux heures et demi. Nous envoyons courir les deux petites dans les marches de l’hôtel pour se dégourdir un peu. Pendant la journée, j’oscille entre le découragement et le fou rire de la situation. En appliquant la pensée positive, j’ai expliqué aux enfants que surmonter des épreuves en famille pouvait tisser des liens serrés… Je ne pense pas les avoir convaincu. Ce soir, tout le monde est fragile mais stable, espérons que le pire est derrière nous!

Dimanche 13 octobre (jour 8, Delhi)

Une autre journée enfermée dans la chambre d’hôtel. Tout le monde va mieux mais Maëlie a une diarrhée tenace.

D’abord, on en profite pour faire des devoirs et discuter avec les enfants sur les différents taux de pauvreté dans le monde. À l’aide d’une carte sur internet on apprend sur les différents niveaux de vie en fonction des pays. Nous ne sommes donc pas surpris de constater le très faible rang de l’Inde qui est confirmé par nos crampes à l’estomac depuis deux jours.

Ensuite, nous organisons aussi notre dernière semaine si notre cocotte se stabilise rapidement. On stabilise aussi notre estomac en continuant nos repas santés. Hier la pizza… Aujourd’hui du McDo! On est loin du bon petit bouillon de légumes mais on doit offrir ce qui est à notre disponibilité. Les enfants ne se plaignent pas.

De plus, on se demande si nous arriverons à mémoriser la fonction de chacun des interrupteurs électrique dans la chambre. Nous avons compté 37. Tous plus inutiles les uns que les autres. Chaque lumière est contrôlée par un interrupteur et souvent même en « tri way » dans une minuscule chambre!? Cette extravagance électrique reste un mystère pour nous! Ils ne fournissent pas le papier de toilette pour s’essuyer mais ils fournissent 37 façons d’ouvrir les lumières dans une pièce!

Finalement, nous profitons aussi de la journée pour faire le point sur notre année. Martin philosophe en exprimant nos rôles à chacun dans cette aventure : Martin construit nos rêves, les enfants les vivent avec nous et je m’occupe des immortaliser en images et en mots.

Lundi 14 octobre (jour 9, Delhi)

Médrick se lève encore avec ses irruptions cutanées et Maëlie ne semble pas passer à travers ses crampes et sa diarrhée. Alors au programme, visite du système médical de l’Inde. Je pars d’abord à la recherche d’une pharmacie pour acheter quelque chose qui pourrait nous aider à se rendre à l’hôpital sans trop laisser notre trace dans le taxi. Je découvre alors un petit comptoir style pharmacie très poussiéreuse au milieu des ordures. J’étais au bon endroit. D’ailleurs, j’ai profité pour pénétrer dans un genre d’immeuble désaffecté écrit clinique au dessus. Comme je ne pourrais imaginer mes enfants s’asseoir dans la salle d’attente sans être contaminé, je repars vers l’hôtel.

Martin a trouvé un super hôpital sur internet qui est recommandé par notre assurance. Lorsque nous demandons aux employés de l’hôtel de prévenir le chauffeur de notre destination, il nous informe que c’est beaucoup trop loin et que nous devrions nous rendre à un super hôpital pour touriste plus près. Lorsque nous arrivons, nous avons l’impression d’avoir été téléporté dans le temps. Son super hôpital de touristes ne correspond pas à nos standards. Les infirmières avec les bonnets blancs et les meubles dignes d’un musé de Marguerite Bourgeois. Maëlie nous regarde un peu inquiète. Surtout que les murs semblent s’effriter et la poussière s’accumuler depuis longtemps. Nous voyons tout de même un médecin après une longue attente de… 30 secondes (même pas le temps de s’enfuir!). Il semble tout de même plus compétent que son décor laisse présager. Après les explications et les documents de Ste-Justine clarifiant la situation, nous partons pour les prélèvements. Les grosses aiguilles antiques semblent stériles. Elles sont tous transportées dans le même contenant en bois avec le sang qui continue de couler mais bon… Ensuite, Maëlie doit faire des échantillons urinaires et de ses selles. Ils m’assurent qu’il ne pas nécessaire de nettoyer la région avant de procéder. J’imagine qu’à Montréal nous faisons du zèle avec l’aseptisation.

Maëlie est faible alors elle se repose un peu à la chambre d’hôpital avant de repartir à l’hôtel pour attendre les résultats. Médrick fait seulement une allergie qui peut être soulagé au Bénadryl.

Lorsque nous parlons au médecin pour comprendre les résultats, tout n’est pas très clair. Maëlie fait possiblement une infection dans son urine. Par contre, son rein ne semble pas dans un pire état que dernièrement. Il suggère de prendre des antibiotiques. Il semble soulagé de constater que nous avons déjà une réserve prescrit par notre médecin de Ste-Justine.

Évidemment, nous ne sommes pas tout à fait rassurés. Nous envoyons les résultats de laboratoire à notre médecin extraordinaire. Alors, toujours aussi efficace et précieuse, en moins de 15 minutes, j’arrive à discuter personnellement avec elle de nos inquiétudes. Elle nous rassure. Comment pourrons-nous lui témoigner la grandeur du respect et de la reconnaissance que nous lui vouons? C’est une perle rare qui partage à distance notre aventure! Il fallait voir le sourire de Maëlie lorsque Dr. Phan lui confirmait qu’elle allait bien…

Maëlie :

L’hôpital était situé dans un trou noir d’une ruelle. En entrant, tout était crado et minuscule. À ma prise de sang, c’était une petite salle. La seringue était grosse et différente de Ste-Justine. Ma mère a demandé si elle était stérile. Ensuite, l’infirmière a remis l’aiguille dans la boîte de bois sans mettre le capuchon. Elle l’a même échappée deux fois par terre. C’était vraiment bizarre.

Mardi 16 octobre (jour 10, Delhi)

Nous voyons de l’espoir au bout du tunnel. Maëlie semble moins faible ce matin. Nous réalisons que nous avons eu vraiment peur que le médical dérape dans un contexte peu rassurant à l’étranger. Nous réalisons qu’une diarrhée du voyageur reste bénigne pour la plupart des gens. Pour notre puce, la situation prend des proportions plus inquiétantes à cause de son rein qui devient à risque mais aussi de son système digestif différent qui l’oblige à passer presque 3 jours sur la toilette à se tordre de douleur. Quel enfant courageuse! Aujourd’hui, elle est rayonnante et prête à affronter l’Inde à nouveau.

Nous passons tout de même le matin à faire des devoirs. Principalement orienté sur la connaissance de l’Inde et ses différences culturelles. Nous parlons de Gandhi et de la grande diversité dans le pays. Nous souhaitions leur en faire découvrir davantage mais nous devons nous satisfaire d’avoir au moins su piquer leur curiosité d’apprendre sur cette grande nation fascinante et ses différentes facettes.

Après les devoirs et un autre dîner McDo (Eh oui, les enfants n’arrivent toujours pas à avaler autre chose à cause de l’intensité des épices… Même Martin est saturé!), nous partons entre filles faire du magasinage. Martin me laisse, peu rassuré, quitter en rickshaw pour déambuler seule avec les puces, dans un marché du vieux Delhi. L’aventure fut très agréable. Pour une fois que je ne stresse pas avec les prix. Les filles hésitent entre un collier à 10 ou 20 cents… Elles jubilent lorsque je leur propose de prendre les deux. C’est comme la caverne d’Ali Baba. À notre retour, les mâles sont presque jaloux de nos découvertes. Par contre, j’avoue qu’après deux heures comme unique touriste en terrain étranger, j’étais soulagée de retrouver notre hôtel. L’adrénaline devait être presqu’aussi intense qu’un saut en bungee! Entre temps, Martin me raconte qu’il a lui aussi paniqué car il avait perdu Médrick… Les deux ont pleuré de soulagement aux retrouvailles… dans la toilette de notre chambre! Médrick s’y était précipité sans avertir Martin et avait barré la porte de la chambre!

Mercredi 17 octobre (jour 11, Delhi- Haridward-Rishikesh)

Aujourd’hui tout le monde est presqu’assez en forme pour voyager. Kaïlane a des crampes, les autres avons la diarrhée du voyageur c’est donc une bonne moyenne pour visiter l’Inde. De toute façon, un groupe de voyageurs, composé de 6 personnes, ne peut statistiquement pas visiter l’Inde tout le monde en forme en même temps. Alors, aussitôt que Maëlie est stable, les autres, on doit endurer nos crampes et nous partons à la découverte de ce pays si mystique.

Comme nous sommes aucunement d’avance pour réserver le train, tout est complet et devons se payer un chauffeur pour se rendre à Rishikesh… C’est tout de même plus économique que l’avion et c’est peut-être une bonne excuse pour éviter les gares et les toilettes des trains. Nous avons donc 6 heures de route à affronter. Nous espérons arriver à Haridwar pour observer les pèlerins faire la prière sur le bord du Gange. Évidemment, il y a toujours des imprévus qui peuvent survenir. Nous apprenons donc que nous sommes dans la période du Carême hindou qui oblige notre chauffeur à s’alimenter qu’une fois par jour. C’est toujours agréable de coordonner les besoins de quatre enfants à celui des fêtes religieuses hindous. Ça permet tout de même une belle réflexion sur la flexibilité et l’ouverture à la différence. De plus, pendant que les enfants s’obstinent sur qui utilisera le iPad, le iPod ou l’ordi dans l’auto, nous observons les enfants travailler dans les champs ou pédaler avec d’énormes charges sur leur vélo pour aller au marché. Il semble que la discussion fut efficace, du moins pour quelques instants. Les dernières heures de route se passent dans l’harmonie, sans technologie à observer et commenter les villages que nous croisons.

Il semble avoir un écart entre mon désir de vivre près des gens et mon rôle de mère. C’est complexe d’offrir un environnement sécuritaire au niveau de la santé et stimulant pour les enfants tout en étant assez près de leur habitude de vie. Sans oublier que nous avons peu de temps et avons déjà passé quatre jours à se guérir. Ma première leçon est sûrement d’apprécier ce que je peux m’imprégner de l’Inde sans toujours en vouloir d’avantage.

C’est une réflexion d’une vie qui nous accompagne jusqu’au souper sur le bord du Gange en observant toute cette culture que nous avons la chance de côtoyer et de partager à nos amours.

Jeudi 18 octobre (jour12, Rishikesh)

Comme chaque matin, nous évaluons l’état de santé des troupes pour évaluer la distance que nous pourrons parcourir aujourd’hui. Kaïlane semble la moins en forme suivi de Maëlie qui semble nécessiter la toilette au 15 minutes. Nous tenterons donc de se rendre au pont qui traverse l’autre rive du Gange. Après une heure, nous avons à peine parcouru quelques mètres dans les ruelles toujours aussi encombrées, colorées, odorantes et bruyantes. Par contre, nous avons visité plusieurs toilettes et Kaïlane se promène entre les épaules et les bras de nous tous… Allons-nous y arriver? Eh bien oui! L’Inde nous enseigne la patience qu’on le veuille ou non! Nous traversons finalement ce pont (Lakshman Jhula). Comment l’Inde arrive-t-elle à transformer des décors magnifiques en décors… surprenants… Toujours le même mélange entre beauté rempli d’ordures et d’animaux hétéroclites qui finissent par devenir charmants et attachants.

Arrivé sur l’autre rive, nous pénétrons dans un Ashram (lieu de retraite spirituel) pour s’initier à un cours de yoga. Aussi surprenant que tout le reste, l’ambiance et le professeur arrivent à me faire sentir quelques secondes de calme intérieur. Après la surprise des incantations du début, j’apprécie vraiment l’harmonie des vibrations. Même les enfants participent avec enthousiasme et curiosité. C’est un moment de détente agréable en famille.

Ensuite, nous prenons un dîner sur le bord du Gange. La vue est magnifique, on finit même par apprécier l’enfant qui fait ses gros besoins à quelques pieds de moi pour ensuite se faire laver les fesses dans l’eau du Gange. Sans oublier les singes, les vaches et… les ordures. Les enfants font une petite balade sur le bord du fleuve en explorant les détritus. Ils sont fous de joie de découvrir des retailles de marbre. Ils se sentent riches. Je réalise que nous sommes vraiment en Inde lorsque je les écoute jouer. Ils se construisent un Taj Mahal en marbre blanc sacré car il est purifié par l’eau du Gange…!

De retour à l’hôtel, les enfants profitent de la piscine pour se rafraichir… Eh oui, nous prenons une pause de l’Inde intense pour la soirée!

Loïkim :

Les animaux de l’Inde. Les vaches ne sont pas comme chez nous. Ils ont une grosse bosse sur le dos et elles sont obèses (elles mangent trop de cochonneries). Les singes se promènent comme s’ils étaient des humains mais plus agiles.

Maëlie :

Le Gange est un fleuve sacré où les gens lancent des petits bateaux de fleurs. Les gens se purifient dedans. C’est le fleuve le plus sacré du monde mais en même temps le plus pollué.

Médrick :

Le Gange est un fleuve sacré de l’Inde. Les personnes vont faire des offrandes parce qu’ils pensent qu’ils auront une meilleur vie. Les offrandes sont soit un pot avec des fleurs en feu ou des cendres de personnes mortes.

Ils vont aussi se laver à l’intérieur pour se purifier. Ils se mettent de l’eau dans la bouche puis la recrache pour se purifier. Par exemple, l’eau est vraiment dégueulasse car il y a plein de déchets. C’est sûrement l’eau sacrée la moins pure qui existe…!

Vendredi 19 octobre (jour 13, Rishikesh)

La journée commence avec un petit cours de yoga en privé, seule avec ma prof pendant que la gang dort… C’était correct mais j’ai préféré en compagnie de ma gang la veille. Il faut croire que j’arrive à mieux me détendre lorsque je suis entourée de ma marmaille…!

Ensuite, avant-midi de devoirs pendant que Martin est sur l’organisation de l’Australie. Pas de temps à perdre pour relaxer. Sauf pour une petite saucette dans la piscine avant de partir pour une promenade. Nous allons dîner dans un restaurant très campagne en compagnie de tous nos animaux préférés. Les enfants partent même à la découverte de la région à travers les sentiers de la forêt en compagnie d’un chien, d’une vache, d’un singe et même d’une mangouste. Pas nécessaire de mentionner qu’ils sont très heureux! À leur retour, nous partons explorer en famille. Nous observons différents insectes étranges ainsi que des bébés musaraignes que les enfants flattent. Pour couronner la journée, nous escaladons une petite montagne avec vu magnifique sur la ville, les montagnes et le Gange. Nous sommes un peu tristes de sentir le début de la fin de notre aventure en Inde. Ce fut bref et intense, mais nous avons eu assez de temps pour l’apprécier.

Samedi 20 octobre (jour 14, Rishikesh)

Bilan santé du matin : deux sur six sont au lit… Diagnostique maux de tête et de ventre… Nous attendons les quelques heures requises afin que Médrick et Loïkim se sentent mieux. Nous partons se promener de l’autre côté du Gange. Cette fois, nous le traversons en bateau. Balade, magasinage et observation de notre environnement. Les enfants ne se lassent pas de voir les vaches, les singes et les chiens. Pour ma part, je suis fascinée par la diversité humaine qui se déroule sous mes yeux. En fin d’après-midi, nous soulignons l’anniversaire de Martin de façon très originale. Nous allumons un bouquet de fleurs pour le déposer sur le Gange en lui chantant bonne fête! Meilleur endroit pour faire un souhait!

Dimanche 21 octobre (jour 15, Rishikesh-Delhi)

Dernière journée en Inde. On en profite pour une dernière balade près du pont et dans les marchés. Ensuite, on doit encore affronter de nombreuses heures de route. Avec tout le trafic, nous avons dû parcourir 250 km en 7h00. Heureusement que le paysage est très divertissant. Nous faisons la liste de toutes nos observations hétéroclites que nous observons sur la route. Par exemple: une famille de 5 personnes, dont un bébé, tous sur la même moto sur l’autoroute… sans casque! Des toilettes publics sans porte sur le bord de la route! Des manufacturiers de matériaux de construction à la manière indienne! Évidemment, tous les animaux, les différentes couleurs de saris des femmes, les itinérants et les ascètes… Impossible de s’ennuyer… Le plus grand risque est le face-à-face en roulant!

Loïkim :

L’Inde est très bizarre parce que c’est le pays le plus différent des autres. Il y a beaucoup de personnes qui font des choses étranges. 1. Il met ses pieds sur sa tête. 2. Il accroche une brique sur son pénis et deux sur ses testicules. 3. Il reste debout toute sa vie. 4. Il ne veut jamais se nourrir de sa vie. Ces gens se nomment des ascètes. Ils veulent vivre en ignorant tous les besoins de leur corps pour avoir la vie éternelle!

Lundi 22 octobre (jour 16, Delhi- Cairn en Australie…)

Ouf…! Je viens d’apprendre que nous avons pour 22 heures de transport et trois avions pour arriver en Australie. J’étais sous l’impression qu’une petite journée nous attendait puisque l’Inde est près de l’Australie?! Moi et ma géographie…!

Après un réveil aux petites heures du matin, nous avons droit à un chauffeur encore plus endormi que nous pour nous conduire à l’aéroport. Il conduit la fenêtre grande ouverte avec les deux mains sur le volant mais ce n’est pas suffisant pour rester éveillé. Nous devons crier à quelques reprises pour éviter une collision.

Ensuite, nous prenons un premier avion avec une escale à Singapour. Nous avons un autre choc culturel… Après l’Inde sur un extrême, nous arrivons sur l’autre extrême. Tout est tellement propre et grandiose. Il y a même un système de Purel pour nettoyer les bols de toilettes, c’est du jamais vu. Dans l’aéroport, nous pouvons visiter des poissons, une serre remplie de plantes carnivores et de papillons. C’est un arrêt qui pourrait sembler relaxant mais on doit tout de même faire un peu de devoirs et le traitement d’irrigation de Maëlie. Je commence à sentir la fatigue monter. Nous sommes sur l’adrénaline depuis un mois dans des pays intenses où l’on veut profiter de chaque instant. Sans compter les stresses pour la condition médicale et tous les décalages horaires qu’on doit gérer avec les traitements. C’est un beau marathon familial!

Nous arrivons donc le 23 octobre au midi en Australie avec seulement quelques siestes de sommeil dans les avions mais de multiples repas ingurgités…

Conclusion de l’Inde:

Comme nous avons expliqué aux enfants, nous n’avons visité qu’une petite parcelle de l’Inde. C’est un grand pays, avec une grande diversité que nous avons eu la chance de survoler. C’est comme un amusegueule pour nous ouvrir l’appétit. On en ressort grandit de cette expérience riche en ouverture et en différence.

Les enfants ont tous eu de grands défis à relever pendant leur séjour en Inde mais je pense qu’ils ont su apprendre et s’imprégner de leur expérience.

Kaïlane s’est senti envahit constamment par tous les gens qui voulaient la caresser, la toucher dans le visage et même l’embrasser. Elle était toujours sur la défensive et sur ses gardes lorsque quelqu’un l’approchait. De plus, comme elle est petite, elle est souvent à la hauteur des jambes dans une foule et doit régulièrement ressentir l’écrasement de la masse autour d’elle. Elle a développé depuis quelques jours un comportement de « bébé singe ». Elle crie et cherche souvent à me grimper dessus comme moyen de défense. J’imagine qu’elle recherche la sécurité!

Par contre, elle a la chance de vivre entourée et dorlotée par tous les membres de la famille. Elle est comme notre « petit veau » que nous entourons pour la protéger. Elle vit dans une petite bulle d’affection au milieu de nous tous.

À force de vivre`avec les animaux, j’en arrive à comparer mes enfants à leur comportement… bébé singe, petit veau!

Je me souviens de Loïkim, à la même âge que Kaïlane, lorsque nous étions partis 4 mois dans l’Ouest en roulotte. À tous les soirs, elle faisait une petite panique d’angoisse car elle ne savait pas où elle allait dormir. Nous réalisons que parfois Kaïlane n’est pas en mesure de tout comprendre et réaliser tout ce qui se déroule autour d’elle. Elle interprète avec sa capacité de 4 ans et tente de se former une idée de tout ce qu’elle vit. Parfois elle demande en se couchant dans qu’elle pays elle va se réveiller. En avion, elle demande combien de temps nous allons encore rouler? Dans combien de jours on revient à la maison… en parlant de la roulotte et parfois même d’un hôtel que nous sommes restés deux jours! Disons qu’elle vit très peu de routine et de stabilité… C’est notre grande championne!

Kaïlane: « Je n’ai pas aimé que c’était sale et que le monde me touchait toujours. C’était bizarre que le monde se lave dans l’eau très sale du Gange. J’ai aimé nourir les singes mais j’ai pleuré quand il y en a un qui m’a tapé. Les robes des madames sont chics et plein de brillants. C’est spécial les picots dans le front des madames pour dire qu’elles ont embrassé quelqu’un… »

Loïkim a vécu un grand défi dans les nombreux transports en commun. Elle qui a besoin de gigoter, elle devait être patiente et attendre de longues heures. Heureusement qu’il y avait sa petite sœur pour écouter toute ses histoires fantastiques. Même pendant le cours de yoga, elle trouvait le temps long et s’inventait de nouvelles postures plus farfelues pour nous faire rire. Ce qui a capté son attention, c’est évidemment les beautés des temples et les détails artistiques. Elle a aussi été fascinée par les vêtements très colorés des femmes. Elle restera marquée par les couleurs, les saveurs et les odeurs de l’Inde. Notre Loïkim rigolote qui s’émerveille devant tout nous permet de vivre l’Inde à travers des yeux d’enfants et de l’apprécier encore davantage.

Loïkim: Je n’ai pas aimé : Les klaxons dans la rue, les personnes qui nous tripottaient, être malade, avoir la gastro et la nouriture moyenne. J’ai aimé: magasiner, les hôtels, les saris des femmes, les animaux dont les singes, les vaches, les chiens, les chameaux et les éléphants. J’aime écrire…!

Maëlie a évidemment dû affronter les hôpitaux indiens. C’est un grand défi stressant pour elle autant que pour nous. Elle est très courageuse de garder une belle attitude même lorsqu’elle doit passer la moitié de sa journée sur la toilette ou se changer plusieurs fois dans la nuit à cause de son système digestif… en plus des douleurs à endurer. Elle garde le sourire et continue à voyager sans trop se plaindre. J’espère de tout mon cœur lui transmettre à travers cette expérience qu’aucune limite ne pourra l’empêcher de réaliser ses rêves à cause de sa condition médicale. Lorsque je suis épuisée et découragée de préparer l’irrigation sur un bout de chaise dans un aéroport avec Martin qui court filtrer de l’eau pendant que tout le monde chigne, je pense à Maëlie. Ça me redonne des forces de lui démontrer qu’avec un peu de courage et de la volonté, on peut arriver à tout faire… peu importe ce qu’elle voudra vivre! Nous avons plusieurs fois adapté le chemin pour réaliser notre objectif en tenant compte de sa condition mais nous n’avons jamais abandonné notre projet. J’espère qu’elle pourra garder cette détermination en elle autant qu’elle est courageuse présentement.

Maëlie: En Inde, je n’ai pas aimé toute la pollution, tous les gens lancent leurs déchets partout par terre. Tous les gens crachent et font leur besoin dans la rue. Puis, on rasait de se faire frapper à chaque 3 secondes sur la route, soit notre chauffeur était trop fatigué, soit il était dans la lune. Mais il y a des choses que j’aime de l’Inde. Il y a des animaux partout (des singes, des vaches, des chèvres et des chevaux). Aussi, ce que j’aime, c’est qu’il y a plein de monuments spéciaux dont le Taj Mahal et le Fort Rouge…!

Médrick, c’est notre grand de la famille. Il a souvent le défi d’aider davantage, de superviser, de transporter, de négocier… Il a plus de responsabilités que les autres. Il trouve parfois son rôle exigeant. De plus, il doit souvent être patient pour attendre ses trois sœurs qui ont un rythme plus lent. Il doit faire des concessions. Par contre, il est sûrement celui qui absorbe le plus les expériences que nous vivons car il les comprend mieux et peut questionner pour en découvrir toujours plus. Il est conscient de la géographie, de la politique, de la nature, des langues, des devises étrangères, etc… Son raisonnement nuancé et son désir de toujours apprendre rend cette aventure enrichissante pour lui et pour nous tous!

Médrick: Les déchets et la pollution dans l’air sont vraiment dégueulasses. L’Inde est le pays le plus pollué que je n’ai jamais visité. Il y a un avantage à cela. Il y a beaucoup d’animaux comme les vaches, les chèvres, les poules et sourtout, les cochons. Les rues sont ensevelies par les monticules de déchets . Chaque monticule comporte quelques cochons.

J’ai bien aimé les singes un peu partout sur le bord de la route qui nous quêtent de la nourriture. Le tour de chameaux et celui d’éléphants étaitent bien amusants mais le plus impressionnant ce sont les gros monuments ornés de motifs gravés dan la roche et les pierres précieuses comme: Le Taj Mahal, le Fort rouge et la tour.

Je ne recommande à personne d’aller en Inde à part ceux qui aiment avoir des maladies et des hauts-le-coeur à cause des odeurs et de la nourriture. Je crois que moi non plus je n’y retournerai pas. J’ai eu un gros choc culturel…

Donc maman devra se trouver quelqu’un d’autre pour y retourner…!

2012-École Quatre Saisons-Réponses pour la Chine

Questions pour Loïkim de ta classe :

Nous avons été très heureux et heureuses de recevoir ton message!
Voici quelques questions qui nous trottent dans la tête suite à ce que tu nous as écrit.

– Est-ce que tu vas donner des cacahuètes aux éléphants?  Rose

En Inde, nous avons fait un tour d’éléphant mais nous ne lui avons pas donnée de cacahuètes.


– Qu’est-ce que tu mangeras en Chine? Ta meilleure amie Noémy
Nous avons mangé beaucoup de riz. La plupart du temps c’était bon!

– À quoi la Chine ressemble-t-elle? Tristan
Il y a beaucoup de maisons avec des toits qui retroussent. C’est sale dans les grosses villes mais les campagnes sont agréables mais aussi sales.

– Si tu trouves un trésor, pourrais-tu nous le partager? Benjamin
Nous n’avons finalement pas trouvé de trésors dans le désert de l’Inde mais je vais vous rapporter des petits souvenirs.

 -Est-ce que c’est vrai que l’on mange du chat en Chine? Maxim
Je pense que c’est vrai dans le Sud de la Chine mais nous n’en avons pas mangé.

– Est-ce qu’en Chine on mange toujours avec des baguettes? Yanick
Oui, depuis qu’on se pratique on devient meilleur. Mais parfois on triche avec une fourchette.

– Aimes-tu goûter de nouveaux plats? Thomas
Oui, c’est agréable lorsque ce n’est pas trop épicé.

– Est-ce que l’Inde ressemble à la Chine? Antoine David
L’Inde est encore plus sale que la Chine. Les deux il y a beaucoup de monde et plusieurs sont très pauvres.

– Est-ce que les sushis sont aussi populaires en Chine? Antoine David
Non, c’est un repas du Japon. Nous n’en avons pas vu en Chine.

– Aimes-tu voyager? Thomas
Oui beaucoup… Mais parfois c’est difficile les longs transports et beaucoup de changements.

– Aimes-tu ton voyage jusqu’à maintenant? Xavier
J’aime beaucoup mon voyage…

– Y a-t-il des samouraïs en Chine? Louis-Vincent
Nous en avons vu dans un spectacle acrobatique.

– Est-ce que tu voyageras en bateau? Noémy
Pas avec un voilier mais je vais prendre un radeau de bambou en Chine et possiblement visiter des îles près de l’Australie.

– Jusqu’à maintenant, quel a été ton endroit préféré? Jérémy
C’est trop difficile de répondre car j’aime tout.

– Est-ce que les chinois et les chinoises s’habillent différemment de nous? Jeanne
Leur linge ressemble à nous.

– Est-ce qu’en Chine les repas sont très différents? Sandrine
Il y a des choses très bizare comme des nez de cochon ou des pattes de poulet. Nous avons vu des serpents. J’ai aimé les racines de lotus.


Je trouve que ta maison est super! La cour est géniale, surtout la cabane et la forêt! Florentin
Merci c’est gentil… J’ai hâte de te rencontrer!


Alors voilà!
Nous n’avions pas tous des questions, mais peut-être qu’il en viendra d’autres…

On attend de tes nouvelles!
En attendant, ouvre grand tes yeux, car ici on te trouve super chanceuse de vivre ce que tu vis. Alors profites-en au maximum!

Merci pour vos questions intéressantes. Elles aident à réfléchir et mieux observer les pays qu’on visite.

Classe d’Anne-Marie (professeur de Loïkim)

École des Quatre-Saisons

Commission Scolaire Marie-Victorin (St-Hubert)

2012 Septembre – La Chine en 16 jours

Voici notre récit vécu en Chine. Notre site nous était bloqué durant toute notre visite. Big Brother nous épiait. C'est incroyable les parallèles que l'on peut faire entre le livre que je suis en train de lire (1984 de George Orwell) et le contrôle qu'exerce le gouvernement chinois. Cà fait peur!

Le récit est décrit par Jolène et commenté par les enfants.

Les derniers préparatifs avant le départ pour l’Asie.

Lorsque je préparais les bagages pour organiser la roulotte, je n’arrivais pas à croire que toute mon année allait entrer dans un espace aussi petit avec six personnes. Passer d’une maison à une roulotte était un choc énorme… Comment alors décrire la préparation de la prochaine partie du voyage qui consistait à faire entrer dans quelques sacs à dos le nécessaire pour vivre pendant 4 mois. C’est une logistique de « tétris » de niveau avancé. Noter que la veille du départ, mon homme qui s’occupe à temps plein de notre logistique me fait remarquer que la majorité des pays que nous prévoyons visiter ont seulement un trou pour faire nos besoins. Ainsi, nous n’aurons sûrement pas toujours la possibilité d’avoir une toilette disponible pour les traitements de Maëlie. De plus, il faut parfois la partager avec d’autres voyageurs. On ne peut imaginer notre puce 45 à 60 minutes par jour dans ces conditions. Nous avons donc quelques heures pour trouver une solution. Nous arrivons finalement à la conclusion d’acheter une toilette portative qui devra compléter notre sac à dos de médicaments qui est déjà notre sac le plus gros et le plus lourd. Nous répétons souvent aux enfants que dans la famille il n’y a pas de problèmes, il n’y a que des solutions…!

C’est donc le moment de se séparer de la roulotte. Elle est entreposée dans un genre de dépotoir à Squamish sous la supervision d’un itinérant alcoolique Québécois. On se sent en confiance!

Après une bonne dernière nuit à l’hôtel avec les quatre enfants dans le même lit, nous sommes prêts pour affronter les transports en commun. D’abord le taxi jusqu’à Vancouver (avec chauffeur indien), puis l’autobus jusqu’à Seattle (avec chauffeur chinois). Puis le train, jusqu’à l’aéroport… Finalement, une grande nuit dans l’avion. Quatre moyens de transport dans une seule journée. Les enfants sont patients et très aidants pour transporter tous les bagages jusqu’à notre premier hostel chinois (auberge de jeunesse) le jeudi 20 septembre vers minuit pour la Chine mais les petites heures du matin dans notre corps.

Le récit de la Chine en 16 jours

Vendredi 21 septembre (jour 1, Beijing)

Notre première impression en sortant de l’aéroport c’est que tout ressemble à chez nous… Le défi commence seulement lorsque nous souhaitons négocier le prix du taxi et expliquer le nom de notre hostel… Y-a-t-il quelqu’un qui parle anglais, français ou espagnol dans cette ville? Peut-être seulement lire le nom de notre hostel… Enfin on se fait avoir sur le prix mais on espère arriver à destination… Les routes sont belles et tout va bien jusqu’à notre minuscule ruelle. Comment peuvent-ils appeler cet endroit une rue? Mais surtout comment ils arrivent à rouler dans tous les sens entre les piétons, les vélos, les motos, les véhicules et… les ordures? Ouf, nous sommes arrivés. Un petit espace avec 3 lits superposés (à plus tard les rendez-vous d’amoureux!). Par contre, un sympathique petit salon avec salle à manger extérieure communautaire. On arrive à convaincre les enfants à 2 heures du matin que nous devons refaire une deuxième nuit pour s’adapter plus rapidement au décalage horaire de 15 heures (donc 12 heures avec Montréal). À 4 heures du matin, l’effervescence est à son maximum dans la chambre. Tout le monde est excité d’être en Chine et veut découvrir les environs. C’est du temps précieux pour communiquer avec les employées de l’hostel qui adorent les enfants et passent plusieurs heures à déjà nous enseigner les rudiments de la langue chinoise ainsi que ses symboles. C’est l’euphorie totale!

Après notre déjeuner de nouilles, nous partons déjà à la découverte de la ville. Autobus, métro… Tous des labyrinthes indéchiffrables! Après plus de 3 heures d’aventures dans les transports en commun, nous arrivons finalement sur la place Tian'enman. Premier constat, les trous-toilettes sont absolument dégoutantes dans les endroits publics. Également, les reniflements et les crachats des passants nous lèvent le cœur. On n’arrive absolument pas à se faire comprendre mais… nous sommes heureux quand même! Je ne pourrais pas vous donner cette définition du bonheur mais c’était le moment présent. Sûrement un mélange de rêve, d’ambiance humaine et surtout les grands yeux ouverts de nos mousses sur tout ce qui les entoure. Après quelques photos… par moi et surtout par les locaux. Pourquoi autant de photos? Les chinois ne peuvent avoir plus d’un enfant, dans le cas contraire, ils doivent payer une amande au gouvernement. Alors se promener avec 4 beaux blonds est l’attraction pour eux. Nous nous dirigeons ensuite vers La Cité Interdite. Les temples sont grandioses et les enfants aiment se faire raconter les histoires de cette époque par Martin.

Retour éprouvant à notre hostel. C’est comme une chasse aux trésors où l’objectif est d’atteindre notre hostel dans un délai raisonnable sinon… rien… sauf que nous serons encore plus épuisés! Lorsqu’on reconnait enfin notre hostel, la fatigue disparaît et nous rentrons tous heureux. Pour souper, il y a la préparation et la dégustation communautaire de dumplings. C’est un beau moment pour échanger avec les autres touristes.

Médrick : La Cité interdite

Elle est grosse comme notre quartier. Il y avait un empereur avec 700 serviteurs et une centaine femmes pour lui tout seul! Pour être certain que les hommes ne fassent pas de bébés avec ses femmes, il leur coupait les testicules. Il était alors sûr que tous les enfants de la cité venaient de lui. Il était comme le roi, il décidait tout. Il choisissait même parmi les femmes avec qui il voulait coucher chaque soir et faire des bébés. Quand l’empereur mourait, c’est son fils aîné qui devenait le nouvel empereur.

La cité Interdite est géante. Les couleurs sont vives et il y a beaucoup d’or. Dans leurs croyances, ils pensaient que pour vivre longtemps, il fallait avoir une tortue à tête de lion (en bronze) parce que les tortues vivent longtemps. Il y avait aussi deux lions en bronze, un avec une boule en bronze, l’autre avec un bébé lion sous sa patte. C’était comme pour protéger le château. De plus, des gros chaudrons encore en bronze étaient installés entre deux des chambres de l’empereur. C’était fait pour les cérémonies spéciales. Ils faisaient un feu à l’intérieur.

 

Maëlie: La fabrication de dumplings:

  1. Pétrir la pâte pour former un gros verre de terre.
  2. Couper en petite rondelle et écraser légèrement avec la farine.
  3. Rouler chaque morceau très, très mince.
  4. Nous prenons une pâte et nous mettons un mélange vert dedans.
  5. Nous refermons tous les côtés serrés.
  6. Nous le mettons dans un gros plat rectangle.
  7. Nous les faisons chauffer dans la vapeur.
  8. Nous attendons qu’il chauffe avec impatience.
  9. Nous les dégustons avec de la sauce soya.


Samedi 22 septembre (jour 2, Beijing)

Nous avons déjà l’impression d’être parti depuis longtemps. Martin a découvert qu’il y avait un tour organisé sur le thème de la ferme sur internet. Nous partons donc à la course avec deux taxis… Nous tournons dans la ville sans jamais trouver le point de départ. Nous choisissons donc de profiter du moment pour faire quelques achats de manteaux qui nous manquaient ainsi que la visite d’un parc magnifique avec un lac rempli de poissons rouges.

Médrick :

Aujourd’hui, nous sommes allés magasiner. Tout le monde nous suppliait d’acheter leurs choses. Je me suis acheté un dragon qui était 60 yuans et j’ai négocié pour 10 yuans. Nous obtenons 6 Yuan avec 1 dollar canadien.

Maëlie et Médrick :

Ensuite, nous avons pris un Rickshaw pour nous rendre dans un parc. Il y avait de la pêche aux poissons rouges dans un étang « crado ».

Maëlie :

Nous avons pris un vrai dîner chinois. Il y avait plein de choses à choisir et ils nous les faisaient bouillir dans l’eau. Donc quand nous faisions bouillir des pains, ils devenaient tout mous.

Dimanche 23 septembre (jour 3, Beijing)

Kaïlane ne parvient pas à s’adapter au décalage horaire. Elle se lève encore à tous les matins à 4-5 heures! Nous organisons une journée avec une autre famille qui voyage aussi pendant un an avec leurs deux garçons. Ils viennent d’Australie. D’abord, visite de deux tours : Les tambours géants et la cloche géante. Ensuite, nous partons visiter le temple du Lama. C’est fascinant d’observer tous les gens qui brûlent de l’encens. Les enfants imitent les mouvements mais ne veulent pas faire bruler tout le paquet car ils veulent les rapporter pour en faire cadeau à leurs amis. Comme si les bagages n’étaient pas assez pleins! Vers 2 heures pm, Médrick nous rappelle qu’on doit quitter pour commencer notre chasse aux trésors en transport en commun pour arriver à notre hostel. Surtout que nous repartons en soirée pour un spectacle d’acrobaties chinoise avec nos amis Australiens. Une autre belle journée et soirée chinoise!

Médrick :

Nous sommes allés voir un spectacle de tambours géants. Pour pouvoir les regarder, il fallait monter une centaine de marches. Ensuite, nous sommes allés voir la plus grosse cloche de la Chine. Quand on cogne dessus, des personnes peuvent l’entendre jusqu’à 50 km.

Au temple du Lama, c’était très spécial. Il fallait mettre des bâtons d’encens partout. Il y avait le Buddha du présent, du passé et du futur. Le plus gros Buddha du monde y était aussi. Il faisait 18 mètres de haut et était sculpté à partir d’un arbre.

Maëlie :

Pour visiter les tambours, nous devions monter 200 grosses marches.

Au temple du Lama, c’était étrange de voir tous les chinois prier partout.

Loïkim :

Je vais vous parler de la cloche géante. Avant, dans le temps, en Chine, il y avait un empereur. Il a dit à ses travailleurs : « Je veux que vous fassiez une cloche géante qui va servir à savoir on est quel jour. » Mais les travailleurs n’étaient pas capables de la faire alors… Il avait un travailleur qui a dit à la fille de l’empereur roi de venir. La fille a dit à son père que les esprits empêchaient de la faire. Mais l’empereur a dit : « Si vous n’être pas capable, je vous tranche tous la tête. » Alors, la fille s’est lancée dans le chaudron bouillant et la cloche a été fabriquée avec son corps dedans. Nous avons donc vu cette cloche.

 

Nous avons aussi monter 300 marches pour aller voir un spectacle de tambours géants.

 

 

Lundi 24 septembre (jour 4, Beijing)

Nous avons de grosses journées et soirées bien remplies pour bien profiter de notre aventure chinoise. Le problème, c’est que nous n’avons pas de temps pour organiser la suite. Nous avions prévu quitter Beijing pour 5-6 jours pour visiter la campagne. Nous avons un simple problème, c’est que c’est la semaine nationale de congé pour toute la Chine. Il faut calculer le nombre de personnes qui vont envahir les trains et les hotels. C’est impossible de se trouver un endroit où aller. Martin passe la journée à trouver une solution à notre beau problème pendant que les enfants font de l’école et socialisent avec les gens! Finalement, nous irons visiter la campagne Chinoise en avion! Tout est finalement réservé… Merci à mon super organisateur efficace!

Mardi 25 septembre (jour 5, Beijing)

C’est LA GRANDE JOURNÉE tant attendu par les enfants. Après 3 heures ou plus d’autobus, nous arrivons finalement à la Grande Muraille de Chine. Les enfants sont extra énervés. On doit prendre un télésiège pour monter au sommet et les enfants sont trop impatients d’arriver. Ils courent pour être les premiers à marcher dessus. Martin et moi on se regarde en pensant que dans quelques minutes et quelques marchent ardues à grimper la motivation devrait vite redescendre. Eh bien, après 1229 marches pour aller et 1229 marches pour revenir (compter par eux-même), la motivation était toujours aussi présente… Même avec la pluie et la brume! Loïkim explique à Kaïlane que les Chinois ont construit une muraille pour arrêter la chicane avec les Mongoles. C’est simpliste un peu mais plus sympatique comme version de l’histoire. De plus, Loïkim était très fière d’être tombée en montant car elle aurait ainsi un bobo sur son genou en souvenir de la muraille…

 

Mercredi 26 septembre (jour 6, Chengdu)

On se lève tôt pour aller prendre l’avion. L’heure habituelle de Kaïlane, vers 5 heures. Pour passer les bagages, c’est toujours aussi long et compliqué. Le gros sac de médicaments est toujours à moitié ouvert lorsque nous le récupérons. De plus, dans notre sac pour l’avion, on doit toujours expliquer le contenu de la poudre laxative. Le pire, c’est la fois où un échantillon de la poudre indiquait une alerte rouge sur leur ordinateur… Je ne comprenais pas la panique générale et je tentais d’expliquer la situation en signe et en démontrant sur Maëlie. J’ai fini par comprendre qu’ils pensaient que c’était un explosif lorsqu’ils ont tenté de mettre le feu sur une petite quantité pour tester le produit. Heureusement, nous finissons toujours par passer mais on doit prévoir quelques heures supplémentaires surtout si nous partons en soirée et devons irriguer à l’aéroport. Dans l’avion, Médrick est très heureux car nous avons l’occasion d’écouter le film Hunger Game sous titré en chinois.

On arrive finalement à Chengdu, une belle ville aussi peuplé que Beijing! Nous prenons une après-midi plus relaxe pour se promener dans les rue, observer les marchands de rue. Un peu d’école et du plaisir en famille!

 


Jeudi 27 septembre (jour7, Chengdu)

Nous prévoyons aller visiter un système d’irrigation deux fois millénaire. C’est çà voyager avec un ingénieur. Après une autre aventure dans le métro complexe, une heure d’attente pour acheter les billets pour le train et espérer d’être dans le bon autobus pour se rendre … Nous arrivons à destination! Heureusement que les enfants considèrent ces moments pénibles d’incertitude comme de l’aventure amusante… Ils ont confiance en nous…c’est utile la naïveté des enfants… Ça aide à rester Zen!

Nous arrivons finalement sur un site magnifique au centre de la nature Chinoise. Évidemment nourrir les gros poissons chinois fut un attrait beaucoup plus exceptionnel que le système d’irrigation ou les beaux jardins de Bonzaï. Il y avait donc des intérêts pour tous les goûts.

Le retour est le même parcours à obstacle mais dans le sens inverse. Pour se récompenser, on se paye un super resto chique typique de la région Sichuan. Nous commandons au hasard quelques plats qui pourraient sembler intéressants à goûter. Heureusement que le tout était accompagné de riz car nous avons quitté en laissant malheureusement la totalité des plats sur la table. Le repas était possiblement savoureux mais tellement épicé que personne n‘est parvenu à manger. Même Martin qui n’a pas peur du fort! Les enfants ont bien ri de notre tentative de les impressionner et ils ont tout de même goûté à tout. On termine le tout avec une bonne crème glacée pour se refroidir les papilles.

Médrick :

Dans plusieurs parcs de Chine, il y a des poissons. Les plus gros atteignent à peu près 60 centimètres et les plus petits ne dépassent pas un demi-décimètre. Leurs couleurs varient entre le blanc, l’orange, le rouge et le noir. La plupart sont deux couleurs. Nous pouvons les nourrir. Un sac de nourriture coûte 1 yuan (équivalent à 15 cents). Quand on leur donne, ils se montent dessus les uns, les autres. Il y a aussi des cygnes. Eux, ils montent sur les poissons pour manger leur nourriture. Moi, je donnais de la nourriture aux cygnes parce que j’aimais quand ils me croquaient la main pour manger.



Vendredi 28 septembre (jour 8, Chengdu)

Deuxième journée tant attendu par les enfants. La visite d’un centre de préservation des Pandas. La routine se poursuit avec les aventures du matin pour arriver à destination. Maintenant que nous sommes habiles pour trouver le bon autobus, nous sommes pris dans un embouteillage monstrueux. Après 15 minutes immobilisés, nous devons débarquer du bus et même le trajet à pied est pénible car toutes les autos, vélos, scooters, rickshaws et tracteurs sont coincés dans tous les sens de la rue! Après 30 minutes de marches, nous trouvons finalement un taxi qui accepte de nous embarquer les 6 et nous amener voir nos pandas avec quelques heures de retard.

Dans le centre, on se sent vraiment en harmonie avec la nature. Il y a de nombreux pandas dans de grands espaces. Nous sommes chanceux de les voir réveillé et en action. Certains mangent, d’autres jouent et même une mère qui allaite son bébé aussi gros qu’elle. Nous avons aussi l’occasion de visiter la pouponnière où les bébés sont nourris à la main. Nous en observons des aussi petits qu’une main et un autre gros comme un chat. Les enfants adorent leur expérience. Le centre héberge aussi des petits pandas rouges. C’est un plaisir de les voir se chamailler.

Après la visite, on doit se dépêcher car nous devons prendre notre avion en soirée. Toujours aussi long et compliqué mais on y arrive. Notre patience s’améliore!

Médrick :

Nous avons visité un élevage de pandas géants. En Chine, c’est le seul endroit au monde où il y a des pandas parce qu’ils mangent du bambou et c’est en Chine qu’il y en a.

Ils ne mangent pas seulement du bambou en captivité mais c’est 95% de sa nourriture. L’autre 5%, ce sont des pommes et des feuilles de bambou.

Avant, il restait dans le monde environ juste 5 pandas dans le monde. Les écologistes ne savaient plus quoi faire. Ils avaient peur qu’il ne reste plus de pandas. Ces derniers ont beaucoup de difficulté à se reproduire en captivité. Alors, ils ont fait un enclos dans la forêt à l’abri du danger. La population des pandas a ainsi augmenté et maintenant, ils ne sont plus en voie d’extinction.

Les pandas mangent très spécialement. Ils s’accotent à un arbre et commencent à gruger leur bambou. Le bambou est fait par étage. A chaque trois bouchés dans le bambou, ils arrachent l’écorce de l’étage et continue de manger.

À l’élevage de pandas, il y avait deux sortes, les pandas géants noirs et blancs et les pandas rouges. En fait, ces derniers ne sont pas vraiment des pandas, ils sont dans la famille des ratons laveurs et sont roux. Ils sont beaucoup plus petits que les pandas et grimpent dans les arbres.

Samedi 29 septembre (jour 9, Xing Ping)


Nous avons une petite nuit dans un dortoir de Guilin. Martin nous organise un super tour sur la rivière Li avec un radeau de Bambou. Pour la première fois, on vient nous chercher à la porte de l’hôtel. C’est le grand luxe. La promenade en famille sur le radeau est comme une visite paradisiaque. Nous serpentons la rivière entouré des montagnes surnommées les dents de dragon. C’est tellement génial que nous décidons de poursuivre le tour en pm. Après un dîner dans un mini village avec les poules sous la table, nous poursuivons la balade en rivière sur un petit radeau de bambou sans moteur. Nous avons le plaisir d’observer le pêcheur de cormoran, nourrir les gros bœufs, observer une rizière et descendre une chute. C’est tout un programme qui se termine assez tard!

Arrivé enfin à Xing Ping, nous apprenons qu’il n’y a pas de banque dans ce petit village. Nous aurons tout juste assez d’argent pour payer la nuit, le déjeuner et le bus pour revenir à Yangshuo. Nous dormons deux par lit dans notre minuscule chambre et nous rappelons notre dicton important qu’il n’y a pas de problèmes mais seulement des solutions.

Maëlie :

Voici ma promenade en bateau de bambou. En premier, on s’est arrêté. Je me demandais pourquoi? C’était pour voir des pêcheurs sans cane à pêche mais avec un cormoran. Qu’est-ce qu’un cormoran? C’est une sorte d’oiseau qui mange du poisson. Qu’est-ce qu’un pêcheur de cormoran? C’est un pêcheur qui utilise le cormoran pour pêcher. Il met une corde autour du cou du cormoran pour ne pas qu’il puisse avaler le poisson. Le cormoran cherche un poisson dans la rivière, quand il en a un, il le met dans sa bouche suivi de sa petite gorge mais le fil bloque de l’avaler. Il va donc voir son maître qui ressort le poisson de sa bouche en pesant de bas en haut. C’est ainsi que le cormoran fait la job du pêcheur! Ca prend trois ans pour entraîner un cormoran à bien pêcher.

Après avoir vu l’exemple de ça, nous sommes repartis avec le bateau pour aller voir des bœufs sur le bord de l’eau. Rendu aux bœufs, le guide nous donnait de la nourriture pour les bœufs et nous les avons flattés.

Ensuite, nous sommes retournés sur la rivière pour aller descendre une mini chute. Pendant le trajet, Kaïlane et moi nous avons pris des fusils à eau et avons arrosé mon père avec Médrick et Loïkim qui nous ont arrosées en retour. Nous avons eu du plaisir à descendre la chute.

Kaïlane :

Lorsque nous avons annoncé à Kaïlane que nous partions faire une promenade sur la rivière avec un bateau de bamboo… Elle nous a demandé très inquiète si les pandas allaient venir avec nous car ils auraient mangés notre radeau…!

 

 

Dimanche 30 septembre (jour 10, Xing Ping)

Nous profitons tout de même de notre journée dans cette petite ville de campagne éloignée des touristes et de la foule. Les enfants jouent dans la rivière, ils observent une poule se faire égorger et vider dans la rivière avec les entrailles qui passent entre leurs jambes. On fait une balade sur le pont, dans les bambous. On déguste un gros fruit local et on mange un dîner entre la rue, les klaxons et le calme de la rivière. Les enfants ont adoré les racines de lotus. Retour en bus vers Yangshuo.

 

 

 

Lundi 1 octobre (jour 11, Yangshuo)

Nous partons dans moins d’une semaine pour l’Inde. C’est un réel défi. Nous avons déjà coupé en deux la portion Inde, de 10 semaines à 5 semaines, pour limiter les risques pour Maëlie. Plus Martin lit sur l’Inde, plus il est inquiet. Une personne sur deux est malade en Inde à cause des conditions sanitaires qui cause la gastro. C’est désagréable pour tout le monde mais pour notre puce c’est l’hospitalisation obligatoire. Depuis le début, cette aventure est guidée par le défi de voyager avec une enfant ayant une condition médicale très risquée. Nous prenons donc la décision d’encore rétrécir cette portion risquée du voyage. Nous investirons sur des restaurants de meilleurs qualités et seront très exigeants envers les enfants. La Chine est déjà une bonne pratique pour eux. Nous avons donc 3 ou 4 semaines à combler avant de revenir en Asie pour le Vietnam et la Thaïlande. Nous penchons présentement pour l’Australie. Version 52 de notre itinéraire…!!!

En après-midi, pendant que Martin se creuse la tête, je pars à l’aventure avec les enfants dans les ruelles. Ils ont chacun 25 yuans pour s’acheter un souvenir (on doit diviser par 6,2 donc environ 3-4 $). Ils devront choisir un objet, demander le prix et le négocier tout seul. Les deux petites se choisissent rapidement une sacoche et la porte déjà fièrement. Le grand défi c’est Médrick qui veut absolument une statuette de 180 yuans. Tant qu’à Maëlie, elle ne sait tout simplement pas quoi choisir. C’est un beau spectacle de les observer négocier et discuter avec les marchands. Pas question que je les aide. Ils travaillent leur autonomie… en chinois. Médrick commence à prendre goût à la négociation. Ils choisissent un cadeau pour tous (des baquettes chinoise). Maëlie revient avec un très beau collier et Médrick revient avec sa statuette pour 30 yuans. Je ne sais pas comment il a réussit ce défi car personne ne voulait descendre sous 100 yuans. Ils reviennent à l’hôtel pour montrer leur trésor à leur père tous remplis de fierté. Quel beau moment d’apprentissage à regarder pour une mère!


Mardi 2 octobre (jour 12, Yangshuo)

Journée incroyable. Évidemment débutant par l’aventure des moyens de transport du matin. Il y a tellement de trafic. On se demande si nous allons réellement vers le bon endroit et si nous allons y arriver un jour.

Enfin à destination… ou presque! Il reste seulement le mini bus qui devrait maintenant nous conduire à l’entrée de la caverne. Est-ce normal qu’il n’y a pas de règle sur le sens que doivent rouler les voitures sur la route? Est-ce normal d’embarquer 15 dans un véhicule pour 7 passagers alors que tous les taxis refusent de tous nous prendre dans un seul véhicule et nous obligent à en payer deux pour nous déplacer?

Enfin la caverne. On doit tous se mettre en maillot de bain. L’aventure débute dans un bateau qui nous conduit à l’intérieur. Ensuite, c’est une promenade vraiment à couper le souffle jusqu’à une flaque de bout géante. Nous sommes les bienvenues pour se baigner dedans. Évidemment que nous avons plongé avec plaisir. Quel sensation de se rouler dans la bouette comme des cochons. Ensuite, la récompense est une baignade dans un bain thermique dans un décor… incroyable de caverne. Évidemment rempli de chinois mais ça fait parti de l’aventure!

Évidemment un retour pénible de plusieurs heures dans le trafic à contempler les paysages et surtout le mode de vie des chinois. C’est toujours une occasion d’enrichissement avec les enfants qui m’impressionne par leur patience. Ils dépassent vraiment mes attentes. Sans ordi, sans jeux, sans rien… Ils arrivent à s’occuper plusieurs heures par jour dans les transports en commun souvent assis les uns par-dessus les autres. Les yeux grands ouverts sur leur environnement. Je pense que c’est leur 12ième plus belle journée en Chine comme ils nous répètent à chaque soir!

Maëlie :

Je vais vous parler de la grotte que nous avons visitée. Nous avons dû prendre deux taxis dans le gros trafique. Rendu là-bas, nous nous sommes mis des casques et des costumes de bains. Nous avons pris un bateau pour se rendre dans la grotte. Rendu dedans, nous avons marché un bon bout de temps mais c’était magnifique. Au bout, il y avait une mare de boue avec une glissade. Médrick et moi, nous nous sommes tout de suite lancer dedans. Ensuite, ce fut très agréable de se laver dans l’eau chaude de la grotte.

 

 

 

 

Mercredi 3 octobre (jour 13, Yangshuo)

Aujourd’hui, nous tentons la plus grande expérience possible de vivre en Chine. Nous décidons de louer des vélos pour se promener en ville et se rendre en campagne. Nous avons 3 vélos de villes et un vélo à 3 passagers (deux qui pédalent ainsi qu’un genre de banc de bambou attaché avec des tie-rap pour Kaïlane). Si on pensait que les meilleurs sentiers de cross country était à Squamish, et bien on se trompait. Des roches et des racines, c’est rien comparativement aux obstacles qu’on doit éviter dans les rues de Chine. Heureusement que les enfants ont eu plusieurs mois d’entraînement intensif pour relever ce défi. C’est comme de rouler en pleine jungle où tout peu surgir à tout instant. Tous nos sens sont constamment en alerte. C’est de l’aventure à sa forme la plus extrême. J’ai adoré l’expérience! Je pense que Martin, de son côté, a davantage apprécié lorsque nous avons emprunté la jolie route de compagne. La vue entre les montagnes, les rizières, les étangs vaseux et les plantations de coton était paisible et ressourçante. Wow! Nous avons même réussit à retrouver notre hôtel dans un temps record.

En fin d’après-midi un peu d’école et d’organisation… Parfois il nous arrive de rêver d’être en vacance pour se reposer…!

Médrick :

En Chine, les vélos sont vraiment différents des notres. Ils ont de toutes petites roues et une longue barre en métal relie le banc au guidon. Il y a aussi des vélos doubles où l’on peut installer un banc en bambou à l’arrière. Les freins vont vraiment mal et n’arrêtent pas de grincer.

Nous sommes partis faire une promenade avec ces vélos de ville. Nous avons vus des fleurs à coton, un lac avec des cacas bruns qui remontaient à la surface. Dans un autre petit lac, des poissons sautaient hors de l’eau pour manger les insectes.

En ville, nous ne pouvons presque pas pédaler. Il y a tellement de monde que nous devons faire du slalom et du surplace…


Jeudi 4 octobre (jour 14, Yangshuo)

Petite journée plus tranquille pour organiser la suite. À l’hôtel, les enfants font de l’école le matin et en pm, ils font du social avec les employés. Ils pratiquent leur anglais et leur chinois. Les gens sont vraiment très agréables avec eux.

De notre côté, nous avons de grandes décisions à prendre. Nous pensons annuler l’inde… Ensuite nous envisageons tout visiter en une semaine en voyageant toujours de nuit dans les trains… Finalement, la dernière décision prise (avec les précieux conseils de ma tante Monique qui est une adepte de l’Inde) nous prévoyons partir une semaine en étant très sécuritaire pour la nourriture mais resterons près de Delhi pour les hôpitaux et les avions. On se croise les doigts pour ne pas regretter notre décision.

En fin de soirée, nous repartons en taxi pour prendre l’avion en direction de Beijing. C’est mon premier découragement important. D’abord, il n’y a pas de place pour que nous soyons tous dans la même chambre. Nous refusons de se séparer en trois groupes. Je prévois dormir avec Kaïlane dans le lit. En montant dans nos chambres, tous les lits des deux chambres sont défaits ou déjà occupés car il est 1 heure du matin. On doit négocier et trouver d’autres lits pour finir dans des dortoirs avec des inconnus. Lorsque j’arrive pour aller à la toilette, il y a plein de vomi partout. C’est comme la panique intérieure. Martin et moi on se sépare dans nos chambres pour une petite nuit. Ouf, c’est trop dégueux… Normalement il m’en faut beaucoup pour que je ressente du dégoût mais là j’ai atteint ma limite… Ouach!

Vendredi 5 octobre (jour 15, Beijing)

Première chose à faire, se trouver une autre chambre d’hôtel. Martin lit les commentaires sur le blogue pour comprendre que nous sommes au cœur du party et des jeunes voyageurs. Les enfants semblent tout de même heureux de jouer au pool et courir avec les chiens. Heureusement, les employés comprennent la situation et nous trouve une chambre plus retirée avec notre toilette pour notre famille… Merci!

Journée pour finaliser l’Inde et balade dans les rues de Beijing…

Samedi 6 octobre (jour 16, Beijing)

Aujourd’hui, je me sens comme une petite fille le jour de son mariage… C’est comme le grand départ pour mon pays fétiche. Je ne sais pas à quoi m’attendre mais j’ai très hâte. Plusieurs personnes nous disent qu’ils sont resté enfermés quelques jours dans l’hôtel avant de digérer le choque culturel pour affronter l’extérieur… Nous partons donc prendre notre quatrième avion de la semaine…vers l’inde en soirée!

Pour nous changer les idées en attendant, nous décidons de visiter le zoo et l’aquarium de Beijing. Dernier beau moment agréable en Chine. Pour couronner la journée, nous partons avec deux taxis vers l’aéroport quand Martin réalise qu’il a oublié son ordinateur dans le coffre de l’hôtel. On se sépare donc pour que je débute le traitement de Maëlie pendant que Martin retourne à l’hôtel. C’est encore la course pour arriver les derniers dans l’avion… Tout est bien qui conclue bien cette étape!

 

La Chine à travers les yeux d’enfants

La langue

Médrick :

En Chine, les personnes écrivent avec des symboles. C’est très compliqué à comprendre. Les symboles c’est comme des dessins qui sont écrits de bas en haut et de droite à gauche.

Les chinois ne parlent même pas anglais. Alors pour retourner à notre hôtel quand nous avons fini notre journée ca nous prend en moyenne trois heures pour nous retrouver en utilisant plein de moyen de transports.

Les transports

Médrick :

En Chine, il y a quasiment juste des vélos. Ils nous klaxonnent tout le temps. Puis les autos qui passent klaxonnent aussi mais eux, si tu ne te tasses pas de leur chemin, ils t’écrasent.

Dans les rues de Chine, il y a beaucoup de monde. Donc la plupart du monde est en vélo ou en moto. Mais, il y a aussi plein de monde à pied. Les autos qui sont sur la route n’arrêtent pas de klaxonner. Nous avons utilisé presque tous les moyens de transports : taxi, autobus, train, métro, rickshaw, et avion. Parfois plusieurs dans la même journée.

La nourriture

Maëlie :

En Chine, presque tout ce que nous mangeons est très fort. Même mon père trouve la nourriture trop épicée. Ce n’est pas du tout comme chez nous. Il y a partout des petits kiosques dans les rues et nous pouvons manger… comme des nez de cochons. Il y a du riz ou des nouilles à tous les repas.


La politique

Il y a tellement de monde en Chine qu’ils ont droit seulement à un enfant par famille. Ils doivent payer une amende au gouvernement s’ils ont un autre enfant. Par conséquent, comme nous sommes quatre enfants aux cheveux blonds, tout le monde veut nous prendre en photo et nous toucher.

Nous avons dû acheter un foulard pour mettre sur la tête des filles. L’envahissement était devenu moins agréable, surtout pour Kaïlane qui se faisait régulièrement embrasser lorsque nous ne la surveillions pas de très près.

Par contre, leur amour pour les enfants, les rendent très serviable dans les transports en commun où j’ai toujours priorité pour m’asseoir avec mon bébé sur moi.

Les hôtels que je nomme hostel pour auberge de jeunesse

Médrick :

Quand je suis arrivé en Chine, ça avait l’air normal, mais par la suite, les maisons devenaient de plus en plus vieilles. Dans notre hôtel, un bout de plafond est enlevé donc nous voyons le ciel. Lorsqu’il pleut tout devient mouillé.

Maëlie :

Les hôtels sont très différents car nous dormons dans des auberges de jeunesse. Ce qui veut dire que nous dormons chacun dans notre chambre (chaque famille) mais il y a une place communautaire où il y a plein de sofas avec une table au milieu. À notre premier hostel, il n’y avait pas de toit donc tout était mouillé quand il a plu. Nous partageons aussi les toilettes ou les trous pour faire nos besoins.

 

 

 

Conclusion :

Merci à la Chine de nous avoir partagé toutes ces belles richesses… Merci à mon homme pour toutes ces heures d’organisation à planifier et lire pour nous amener aux bons endroits. Merci aux enfants de leur patience et de leur incroyable collaboration dans cette grande aventure.

Chaque journée est comme un mystère à découvrir. Il n’y a aucune routine, seulement une multitude de décisions à prendre à chaque instant… Le grand défi de cette aventure est de garder l’équilibre entre les trois sphères importantes de notre vie… les enfants, le couple et la santé. On doit vivre dans une grande proximité les uns les autres et intégrer les enfants dans tout ce que nous faisons. Développer notre patience est un atout essentiel lors des longs moments de transition, d’attente et d’incertitude. Principalement lorsque nous voyageons de soir. Le couple doit se trouver une place à travers les enfants et tout le quotidien à organiser. Finalement, tel que prévu, la condition médicale est une préoccupation constante et un défi supplémentaire à gérer autant pour le rein fragile que pour les traitements d’une heure par soir à planifier dans notre horaire.

La liberté totale de chaque instant est un grand bonheur qui comporte ses nombreuses exigences.

Moi qui adore les défis humains, je baigne dans le plaisir… Tant qu’à Martin qui aime débroussailler des nouvelles situations, il nage dans les incertitudes… Pour les enfants qui sont des éponges aux nouvelles découvertes, ils sont dans un océan d’émerveillement.