Le retour à la réalité

 

Après une dernière belle journée de planche en famille, il faut vraiment accepter la réalité. L’heure du retour est sonnée. Nous embarquons une dernière fois tous nos équipements dans la roulotte, disons nos derniers aux revoir et amorçons notre 50 heures de route en direction de notre maison…! Est-ce que nous prenons conscience que c’est la fin? Sûrement pas! Par contre, nous sommes tous déterminés à rouler le maximum d’heures par jour pour éviter de prolonger la longue transition du retour. Pour la première fois en un an, j’assouplis mes exigences éducatives. J’accepte que l’écran occupe la totalité du temps de route, enfin presque! Les enfants accueillent cette nouvelle avec grand plaisir. Après le visionnement d’une quinzaine de films en cinq jours consécutifs, nous sentons l’air québécois nous souhaiter la bienvenue. L’excitation est à son maximum! Nous arrivons en début de soirée… Les voisins ont sûrement cru à un attentat en entendant tout le vacarme des enfants qui se débattaient pour avoir l’honneur d’être les premiers à remettre le pied dans notre maison. J’étire la tension en exigeant que nous fassions d’abord le tour de l’extérieur de la maison… pour me donner le temps de retrouver nos clés…! En arrivant finalement à l’intérieur, c’est du délire. Chacun retrouvent sa chambre, ses objets, son espace. Je trouve la maison terriblement grande et propre. Merci aux français qui ont préservé notre demeure dans un état impeccable. Ils sont d’ailleurs les premiers à qui je consacre quelques secondes pour les remercier par courriel.

 

J’étais loin de me douter que ce petit geste de remerciement allait me faire vivre mon premier choc culturel à mon retour. Moins de 48 heures plus tard, après la visite de ma belle-mère le matin et la présence bienvenue de ma mère pour le souper, c’est la visite de nos français qui nous surprend. Une surprise qui s’invite pour le souper et la veillée. Nous en sommes estomaqués… Des gens très gentils mais définitivement plus envahissant qu’un asiatique.

 

Après à peine trois jours pour retrouver notre équilibre, je suis déjà de retour au travail. Martin qui s’attendait à plus de temps pour organiser la maison est aussi attendu la semaine suivante. Nous avons l’impression de participer à un marathon sans avoir pris le temps de s’entraîner. En fait un triathlon serait plus exact considérant que nous devons performer autant au travail, dans l’organisation de la rentrée scolaire ainsi que l’aménagement de notre quotidien à la maison.

 

Heureusement que nous sommes tous les deux dans nos mêmes emplois. Ce qui facilité le défi et l’intégration. Par contre, nous devons rattraper notre année d’absence et faire nos preuves sur nos compétences.

 

De mon côté, j’ai une énorme pression au niveau scolaire. Je suis insécurisée sur le niveau académique transmis aux enfants bien que je sois consciente d’avoir maintenu un niveau de rigueur jusqu’à la fin. De plus, je dois voir aux nombreuses inscriptions des parascolaires, des rendez-vous médicaux, des effets scolaires et la liste est longue pour s’assurer que mes 4 trésors vivront un retour en douceur… Dans un élan d’inconscience, j’ai aussi proposé à ma belle-mère de recevoir toute sa grande famille du Témiscamingue pour la longue fin de semaine suivante. Moi qui apprécie normalement recevoir, je me sens en peu débordée par l’organisation de la réception, des jeux, des dodos et de la bouffe pour tout le week-end. Je suis contente du résultat mais épuisée par la quantité de responsabilités que je dois assumer depuis notre retour.

 

Pour Martin, c’est la gestion des caisses de papiers qui se sont accumulés durant la dernière année. Beaucoup de décisions à prendre pour nos finances ainsi que celle de son père. De plus, l’homme de la maison prend soin du nid familiale et doit voir à l’entretien qui doit se faire après un an d’absence. À cela s’ajoute le projet d’offrir à nos deux grands une chambre personnelle au sous-sol. Nous avons donc beaucoup de réorganisation à faire, un grenier à construire, un atelier à diviser et des plans à gérer.

 

Pour les enfants, les défis sont aussi nombreux. Médrick doit découvrir et s’adapter à la vie du secondaire. Maëlie doit se retrouver une place dans sa gang de filles et passer ses fins de semaine en examen pour choisir son école secondaire. Loïkim doit se faire confiance dans un enseignement en grand groupe et vaincre les monstres et les cauchemars qui sont beaucoup plus grands dans une grande maison. Kaïlane doit se séparer de sa mère et affronter le monde de la maternelle.

 

Pendant cette tornade de responsabilités, nous essayons de prendre du temps pour voir ceux qui nous ont manqués. Malheureusement, nous sommes aussi confrontés à des changements qui nous affectent directement dans notre environnement. Certains couples proches et moins proches semblent affronter des défis et veulent redéfinir leur choix de vie et de couple. Nous sommes inévitablement éclaboussés par ces réflexions lourdes de conséquences et d’émotions.

 

OUFF!!! C’est un mois de septembre intense où nous n’avons même pas le temps de réaliser que notre aventure est terminée. Je panique et je me cherche des points de repères dans cet océan agité que représente notre retour. J’investis du temps pour exposer nos souvenirs de vacances en espérant que leurs présences seront apaisantes dans la maison. Heureusement que les enfants grandissent. Un dimanche soir pluvieux, Martin et moi prenons une décision importante de s’imposer un arrêt. Quelques heures au restaurant pour repartir dans le même train du quotidien et s’assurer qu’on prend la même direction. Les enfants nous font le merveilleux cadeau de passer une belle soirée et de prendre soin les uns des autres.

 

 

Nous sommes la veille de l’Halloween. Déjà deux mois que nous cherchons un équilibre et un sens à notre retour. Nous commençons à récolter et surtout prendre conscience de certains impacts de notre projet.

 

Médrick semble vraiment heureux au secondaire. Il est ouvert et motivé par ses apprentissages. Il est responsable et autonome pour ses travaux. On le sens en confiance de partir en voyage trois jours avec sa classe. Il s’investit dans son piano, son soccer, la musique et même son bénévolat. Il semble avoir développé le plaisir de l’effort et le goût de rendre service.

 

Maëlie est épanouit dans son corps. Elle rayonne et devient une belle jeune fille. Elle prend une belle place dans son groupe d’amies et semble mature dans ses décisions. En classe, elle démontre de l’ouverture et une motivation plus large. Elle a développé la passion de la lecture, du sport et de la natation. Elle est surprise de ses bons résultats pour ses examens du secondaire et elle prend conscience de tout son potentiel. Elle développe ses responsabilités à la maison et travail son rôle de grande sœur.

 

Loïkim explose au niveau de sa créativité. Elle possède une richesse colorée dans sa tête qui s’exprime en classe par son implication et son investissement. Les projets sont une source de dynamisme dans son quotidien. Elle prend de plus en plus confiance dans ses capacités et reconnaît ses forces et ses différences. Elle prend une belle place dans la famille et illumine notre aventure familiale.

 

Kaïlane est notre petit minou exceptionnel. Elle a relevé le grand défi de la maternelle comme une championne. Elle prend sa place avec les amies et elle s’implique dans les apprentissages. De plus, elle s’est démarqué par sa confiance et sa volonté à se présenter au conseil étudiant. Elle réalise un discours devant toute l’école avec assurance. Son charme et sa détermination l’amène à remporter ses élections.

 

Pour Martin, il poursuit son rôle d’homme en s’assurant que le nid familial est bien douillet et que chacun aie son espace pour évoluer. Comme c’est un être passionné, les rénovations occupent tout son temps et toutes ses pensées. Même la planche à voile semble passer en deuxième. Par contre, son autre rôle d’homme pourvoyeur de la famille vient déstabiliser ses projets. Il devra passer une partie de l’automne en Suisse pour relever un défi professionnel important. Après une année de symbiose, deux mois de tempête d’adaptation, nous sommes à l’étape d’apprendre à former une équipe complice sur deux continents différents.

 

De mon côté, je garde mon rôle du maintient de l’équilibre affectif dans la famille. Je réfléchis beaucoup et je m’assure que chacun des membres de la famille progresse et s’accomplisse. Il me reste donc un gros morceau à gérer et c’est moi-même la bonne femme de quarante ans.

 

Tout le monde me demande si le retour est difficile. J’arrive maintenant à réaliser que ce n’est pas le retour dans notre quotidien qui est un défi puisque nous retournons dans ce que nous étions heureux… C’est la fin trop abrupte de notre projet familiale qui est un deuil. J’ai le désir de communiquer notre expérience pour le rendre vivant. Par contre, je ne ressens pas le besoin de raconter notre voyage, j’ai le désir de partager notre expérience vécue. J’ai déjà relaté dans notre blogue les aventures de notre quotidien. Maintenant, je souhaiterais exprimer les défis, les obstacles, les découvertes, les rapprochements, les déchirements qu’une telle aventure procure aux membres d’une famille. J’aimerais que notre expérience puisse être utile pour faire réfléchir ou donner le goût à d’autres projets de naître chez d’autres personnes. Je pense que notre aventure fut intense à différents niveaux autant pour notre couple, comme parents, au niveau médical, culturellement ou même affectif.

 

Je ne suis pas une bonne vendeuse de moi-même mais je fais un effort pour semer des graines en espérant que quelques unes pourront émerger. Autant à Ste-Justine, qu’à l’école ou dans les médias, je rêve d’une suite à notre projet familial…!

Hood River, Oregon

Notre dernière aventure se termine par deux semaines et demi de planche à voile. Nous sommes dans la région de Hood River sur la rivière Columbia qui sépare l’état de Washington et l’Oregon.

Nous retrouvons notre agréable camping en bordure du chemin de fer. Avec un peu d’imagination, on arrive à croire que c’est une berceuse qui nous fait vibrer à toutes les demi-heures pendant la nuit… Heureusement que nous revenons de l’Asie pour mettre en pratique nos habiletés de détente et aborder le vacarme tout en restant ZEN…!

À Hood River, le désavantage pour la planche c’est que nous ne dormons pas sur les lieux même pour faire ce sport. Par contre, à chaque matin, nous avons le choix entre plusieurs sites de planche selon le sens du vent et son intensité. Parfois les prédictions sont bonnes et parfois on doit changer de place pendant la journée pour bien profiter des caprices d’Éole!

Les enfants ont leur préférence mais semblent s’amuser peu importe le lieu. Pour Martin, le Hatchery est comme le rêve de tout planchiste. C’est l’endroit des pro pour le vent fort et les belles vagues pour les jumps et le surf. C’est donc avec un mélange de stress et d’excitation qu’il part à la découverte de ce lieu si mystique. Évidemment, il est le seul de calibre dans notre famille pour affronter ces conditions. Nous allons tout de même admirer les pro pour se rappeler tout ce qu’il nous reste à pratiquer… Quel sport technique et complexe…!

L’autre lieu plus accessible pour Médrick et moi se trouve à Bob’s beach près de Stevenson. Il offre pour les filles un beau terrain gazonné, de nombreux chiens à flatter, des cachettes à explorer et évidemment de l’eau pour se rafraîchir. Pour les planchistes, nous devons surtout être prudents car parfois de grosses barges de marchandises descendent la rivière. J’ai d’ailleurs, bien malgré moi, procuré une grande frousse à ma gang. Martin évalue qui j’ai passé devant une barge à quelques dizaines de mètres à peine. J’étais tellement concentrée à gérer l’intensité du vent que je n’ai jamais vu le danger me frôler. J’ai réalisé seulement l’ampleur du risque en voyant les yeux exorbités de mon homme et son teint verdâtre arrivé à la berge. Je suis maintenant plus craintive et je regarde à plusieurs reprises avant de traverser la rivière… Comme on enseigne aux enfants : il faut regarder de chaque côté avant de traverser!

Il y a heureusement des sites beaucoup moins stressants comme le crochet. C’est un endroit pour les débutants où nous avons passé beaucoup de temps l’été passé pour travailler nos water start et nos virages. Cette année, nous avons fait une seule visite. Notre plus grande motivation dans ce lieu est la présence de quelques lézards. Au grand désespoir de Martin, la chasse aux reptiles me procure un réel plaisir. Mon fils et moi devenons de redoutables chasseurs lorsque nous travaillons en équipe. De toute façon, toutes nos bestioles étaient décédées alors il nous fallait bien un peu de compagnie pour agrémenter notre retour à la maison.

Notre site le plus populaire est Event Site. L’accès est facile, les conditions sont bonnes, les gens sont sympathiques et surtout les chiens sont nombreux. Les enfants adorent aller au terrain de jeu à côté ainsi que grimper le gros poteau pour faire des sauts périlleux dans la rivière. Médrick et moi passons beaucoup de temps à pratiquer nos jibes, nos tacks et toutes nos manœuvres nécessaires pour s’amuser en planche. Comme les enfants grandissent, il nous arrive de plus en plus d’être plusieurs sur l’eau en même temps. Médrick se débrouille bien seul sur sa planche et les filles s’occupent bien sous la supervision de Maëlie. En conséquence, nous avons souvent beaucoup d’équipements de planche à voile répandus sur le gazon. Pour préparer les voiles avant et après l’activité, il faut compter presqu’une heure si Martin doit tout faire seul… Ce qui était toujours le cas puisque je m’occupais des enfants pendant ce temps…! Maintenant que la marmaille grandit, nous tentons de mettre tout le monde à contribution. Quelle motivation d’entendre un homme dire à sa femme de regarder nos enfants pour admirer leur travail d’entraide. Je lui ai dis qu’il y a des années d’entrainement avant d’arriver à ce résultat… et qu’il faut aussi tomber sur la bonne journée… Lui qui avait deux jumeaux de 2 ans qui courraient partout!

Dans notre dernière semaine, nous avons découvert un dernier beau site pour plancher qui est assurément le plus près de notre camping (Viento)… En fait, il se situe de l’autre côté du chemin de fer. On peut s’y rendre en vélo. C’est un look magnifique de pédaler avec un wet suite et une veste de sauvetage… Mais c’est génial de ne pas préparer de lunch pour la journée!

Depuis que nous restons davantage à notre camping, nous avons fait l’agréable connaissance de Katie et Joey. Un couple génial qui partage nos passions, nos plaisirs et s’amuse à gâter nos enfants aux bonbons. Nous partageons les repas et nos aventures sur l’eau. On réalise que nous sommes en manque de complicité sociale et leur présence est d’autant plus agréable.

Les enfants aussi ont fait des rencontres agréables. Une petite fille pour partager un week-end de châteaux de boue et de craie dans la rue. Sans oublier les nombreux propriétaires de chiens qui apprécient, j’espère, les deux petites québécoises qui passent chaque soir pour flatter leur espèce canine. Michèle est tombée en amour avec nos puces et était prête à les adopter! Les filles auraient bien accepté un échange avec Cody, le chien et Celler, le chat… Elles ont même conservé un échantillon de poils en souvenir! Leur ami le plus étrange restera le petit cochon qui se promenait en laisse… Quoique dans la catégorie étrange, mes filles elles-mêmes remportent le concours en s’occupant du hamster comme d’un chien. Je ne sais pas s’il apprécie se promener en laisse, prendre son bain et faire de la gymnastique. Je ne crois pas qu’il va un jour comprendre les commandes : « sit, stay, sleep… » mais il ne peut certainement pas se plaindre de solitude dans sa cage…!

Au camping, nous apprécions tous se gaver des mûres excellentes qui se retrouvent partout sur le terrain. Dans les croustades, avec les céréales, sur la crème glacée, on ne s’en lasse pas! Les enfants apprécient aussi notre dynamique Ranger qui offre des sessions intéressantes de fabrication de papier ou de recherche d’or!

Pour changer le mal de place, nous sommes aussi retournés quelques fois à Post Canyon pour faire de la descente en vélo. C’est maintenant confirmé, la moitié de mes enfants m’ont dépassé en vitesse et en courage pour descendre les montagnes. Heureusement qu’ils sont patients et acceptent encore de m’attendre entre chaque jump! D’ailleurs, Maëlie s’est vraiment surpassée en tentant de jumper une rampe qui avait son atterrissage 5 pieds plus loin. Pendant que Médrick lui criait d’accélérer, moi j’espérais seulement qu’elle freine pour éviter l’épreuve… Il faut se rendre à l’évidence, l’influence de son frère est plus grande… Quoique je ne sais pas qui se sentait le plus coupable en observant son magnifique plongeon dans la terre et les broussailles? Médrick de l’avoir encouragé ou moi de l’avoir laissé faire? Tant qu’à Maëlie, elle revient remplie autant de fierté que d’éraflures…! Pendant ce temps, les deux petites flattent et nourrissent les chevaux… C’est ce que nous croyions… Elles s’amusent aussi à recevoir des chocs sur la clôture électrique…! À chacun ses sports extrêmes dans la famille!

C’est déjà la fin, nous quittons les gens que nous avons croisés sur notre chemin. Nous partirons demain et eux la semaine prochaine mais nous arriverons en même temps au Québec. Eux après 5 heures d’avion, nous après 50 heures de pick up… Il est vraiment grand notre continent…! Martin repart avec son bon vin et moi avec ma bonne crème glacée Rocky Road… J’espère qu’il n’y a pas de limites de quantités aux douanes.

Dans le dernier mois, les enfants exprimaient souvent leur hâte de revenir à la maison… Depuis que nous sommes dans les dernières journées, ils semblent réaliser la fin de notre aventure et ne veulent plus partir. C’est évidemment le déchirement entre la tristesse de la fin et l’excitation de retrouver notre chez soi!

Quand j’étais jeune, je rêvais de trouver l’homme de ma vie pour voyager un an… Pendant ce rêve en Amérique du Sud, Martin et moi avons souhaité le revivre avec notre marmaille… Maintenant que la fin approche, nous avons déjà des projets excitants que nous mettrons en place dès notre retour…! Pendant toute l’année, nous avons évidemment vécu des moments difficiles, des épreuves à surmonter et des ajustements à vivre… À quelques heures du retour, il me semble que j’en conserve que les bons souvenirs…!

En un seul coup d’œil, notre aventure dans l’ouest pour 2013 :

Chaque enfant conservera ses souvenirs :

Squamish

Après l’escalade de Red Rock, l’apprentissage de la planche au Lac Isabella, la planche à son meilleur à Rio Vista, la découverte des sentiers de Free Ride à Bend… Comment espérer trouver mieux dans l’ouest? Passer deux semaines à Squamish! Elle offre un terrain de jeu de rêve pour des amoureux de la nature qui recherche planche, vélo et escalade en même temps…! Une destination sur mesure pour notre famille.

D’abord, petit arrêt à Vancouver au Children hospital avec les spécialistes en urologie. Ils nous confirment que le rein de notre Maëlie se dégrade et nécessitera d’autres opérations mais semble vouloir se maintenir pour attendre notre retour à Montréal.

Comme nous sommes à Vancouver, on en profite pour aller saluer mon frère et visiter sa chambre qu’il occupera pour l’été durant son contrat de recherche avec l’université. Nous lui faisons donc perdre son premier lundi après-midi de travail… qui sera précurseur de tous les lundis suivants! Il aura ainsi fait l’école buissonnière pour profiter de notre présence et/ou du terrain de jeu naturel de Squamish!

Depuis plusieurs mois, on se questionne et on réfléchit pour s’assurer que toute notre marmaille est en équilibre dans nos choix d’activités ou de projets. Nous observons donc que les deux grands profitent grandement des journées et même Kaïlane qui se fait dorloter par tout le monde. Tant qu’à Loïkim, elle passe beaucoup de temps à créer et inventer des activités mais nous observons une réelle obsession pour les animaux. Après de nombreux débats, j’arrive à convaincre mon homme que la présence d’un hamster dans la roulotte serait un énorme intérêt pour notre fille versus les désagréments qu’il pourrait occasionner. De plus, la roulotte à déjà fait ses preuves de maison d’accueil de rongeurs! Nous amenons donc Loïkim fêter son anniversaire dans une animalerie. Elle est très émue de repartir avec son nouvel ami qu’elle nommera Kim. La bête est parfaite car elle se laisse agréablement cajoler toute la journée. Elle nous accompagne dans tous les sports. En fait, je pense que nous sommes en train de transformer un animal nocturne en animal diurne…! À l’exception de quelques mouvements la nuit qui réveille mon homme en sursaut. Lorsque les enfants pleurent, Martin peut ronfler tranquille mais le mouvement d’un rongeur éveil son esprit de chasseur… C’est l’appel de la trappe à rat…!

Maintenant que toute la famille est en équilibre affectif, nous passons nos semaines à s’amuser et développer nos talents dans différentes activités :

Martin se gâte à quelque reprise en partant faire de la planche à voile. Nous ne l’accompagnons pas puisque l’eau est trop froide pour nous… De notre côté, nous préférons barboter dans la piscine chauffée du centre communautaire et y passer de nombreuses heures jusqu’à ce que nos mains ratatines. D’ailleurs, la baignade est une activité idéale pour baisser la fièvre de notre Kaïlane qui collectionne les amygdalites depuis cet hiver.

Nous avons passé une belle journée dans le parc de Porto Cove. Dans notre souvenir qui date de 15 ans, nous avions vu un requin en plongée sous marine et des phoques en apnée. Nous espérions avoir la chance de partager cette expérience avec notre marmaille. Je pars d’abord seule avec mon kayak car les enfants ont surtout retenu la partie requin de notre aventure. Lorsque je reviens à la rive en m’excitant d’avoir observé deux phoques, je deviens nettement plus populaire pour ma balade en kayak. À tour de rôle, nous avons passé une belle journée en observant ces gros mammifères marins qui nous regardent avec leurs gros yeux ronds et curieux.

Depuis longtemps, nous avons observé une variante de l’escalade qui se pratique sans corde. Il s’agit d’escalader des blocs de roche de différentes tailles en s’assurant simplement avec un matelas au sol. Nous avons expérimenté une première journée sans tapis pour tester le potentiel. L’expérience fut suffisante pour nous convaincre de louer un livre et un matelas pour s’amuser à basse altitude. Nous avons tous apprécié faire du bouldering. Nous avons moins d’équipement à transporter, la mise en place est vraiment plus rapide et plusieurs personnes peuvent essayer en même temps. Les petites ont adoré la sensation de se lancer et atterir sur le gros coussin. Pour les grands, nous avons réalisé que la peur des hauteurs est autant présente puisque certains blocs sont quand même hauts. De plus, certaines grimpes commencent même assis par terre tout en maintenant l’effort physique jusqu’en haut. C’est donc très technique et exigeant physiquement. Belle découverte!

Ce qui occupera la majorité de notre temps est le vélo de montagne. Des balades incroyables entre les racines et les roches au cœur de la forêt luxuriante. On comprend pourquoi le film Twilight fut tourné dans ce décor enchanteur. Après notre quatrième séjour dans cette ville depuis la dernière année, nous commençons à s’y sentir chez nous. Nous avons maintenant nos préférences pour nos sentiers préférés comme la « Jack » et la « Wonderland » qui porte bien son nom. Ici, on peut débuter chaque journée avec une petite « ride » pour garder la forme et se remplir les poumons d’air frais… Évidemment, il nous faut une navette à quatre roues pour nous apporter au début de notre route mais Martin ne semble pas se plaindre de son nouveau rôle de Shuttle bitch… En échange, il peut admirer mes cuisses et mes fesses qui maintiennent la fermeté bien que je sois déjà rendue une vieille dans la quarantaine. Sa patience est de doute façon récompensée car je lui laisse généralement les sentiers nécessitant davantage de couilles en fin de journée!

Les enfants ont aussi expérimenté une nouvelle facette du vélo. Derrière notre terrain de camping, il y a un parc de planche à roulette ainsi qu’un parcours de BMX. Les enfants s’amusent dessus presque tous les soirs. Pour augmenter leur défi, nous les avons inscrits à une pratique officielle sur le parcours de BMX mais avec leur vélo de montagne. Ils devaient courser avec d’autres jeunes et surtout se tenir en équilibre sur la ligne de départ jusqu’au moment où la barrière s’ouvrait. Nous avons été surpris de leur persévérance qui s’est maintenu tout au long de la soirée. De mon côté, j’avoue ne pas vraiment apprécier le spectacle qui me donne trop d’émotions et de cheveux blancs. Allant de Médrick qui saute les jumps entre les autres jeunes à Kaïlane qui dévale la pente sans nécessairement être en contrôle, mon cœur de mère arrête!

Entre nos semaines bien remplies, il y a les longues fins de semaine de trois jours qui débordent d’activités en compagnie de mon frère qui ne peut plus se passer de notre présence… et nous de la sienne!

D’abord une petite randonnée pour monter le Chief (montagne symbolisant Squamish). Pour des bons marcheurs, il faut prévoir environ 2-3 heures… Mon frère expérimente l’agréable sensation de profiter deux fois plus de la montagne grâce à la présence de nos enfants qui ralentissent le rythme. Il apprend les précieux trucs essentiels pour motiver des jeunes à persévérer à monter : Chanter, se transformer en animaux imaginaires et manger…! De notre côté, nous apprécions observer les paysages à travers tous les commentaires d’un géologue passionné de la montagne. Un bon pique-nique au sommet est une belle récompense devant un paysage qui valait vraiment tous les efforts.

Pas le temps de niaiser, il faut aussi profiter du reste de l’après-midi pour découvrir de nouveaux sentiers de vélo de montagne. Les pistes sont souvent trop expertes pour mon niveau technique et pas assez intense pour mon frère… Juste parfaite pour Médrick! Il peut ainsi se pratiquer à « popper » du stock avec sa nouvelle acquisition : Des clips pour ses pédales. C’est toujours agréable de tomber dans la roche, les deux pieds attaché sur le vélo. Il semble pourtant aimer la possibilité de jumper plus haut ainsi solidaire à son bolide. Pour moi, je dois souvent marcher pour suivre mes hommes, j’apprécie la balade en forêt. Mes hommes sont patients et semblent apprécier d’avoir une photographe à leur disponibilité.

Le lendemain, journée avec cinq navettes dans différentes pistes pour combler l’ensemble de notre équipage. D’abord une agréable balade pour tous où même les deux plus jeunes arrivent à s’amuser et rouler sur les racines. Ensuite, légère descente pour les deux autres girls, Maëlie et moi. Puis, l’aventure se poursuit avec mon frère et mon fils où j’arrive à suivre sur mon vélo la moitié du temps… considérant qu’ils doivent m’attendre souvent. Finalement, j’envoie mon chum avec les deux autres mâles pour libérer une bonne dose de testostérone… Mon fils revient avec une augmentation significative de son nombre d’éraflures mais tous les membres aux bons endroits. Mon homme revient avec les yeux brillants et une nouvelle passion qui semble à l’aube de vouloir naître. Tandis que mon frère s’est bien amusé mais il espère une dernière vraie descente pour satisfaire son adrénaline. Je m’occupe donc de déposer une dernière fois les deux crinqués qui vont s’en payer une dernière…! Pendant que la femme en moi va retourner à sa vraie nature et préparer un bon repas pour sa tribu.

Pas assez de deux jours avec nous, mon frère décide de vivre une nouvelle aventure en tête à tête avec Martin. Les deux hommes partent tôt pour affronter encore une fois le Chief mais cette fois en escalade. Il s’agit de monter 8 longueurs de corde une à la suite de l’autre pour arriver au sommet. C’est un bon défi technique pour placer tous les ancrages de protection, un défi de vertige à cause de la hauteur ainsi qu’un défi de confiance pour faire équipe avec son partenaire. Martin réalise que ca fait déjà 20 ans la dernière dois qu’il a fait cette ascension avec sa sœur Nathalie! Il se rappelle qu’il y avait beaucoup de passage sans protection et qu’une chute ne pouvait être envisagée…

Finalement, il avait encore assez de testostérone pour surmonter ce défi. Dès leur retour de l’ascension en coopération, la compétition reprend le relais sur la balance. Les deux hommes adorent comparer leur tour de taille et leur poids depuis des années. La compétition est féroce! Généralement, mon frère domine avec quelques livres d’avance. Dernièrement, notre rythme de vie avait permis à mon homme de se rattraper. Ce qui est certain, c’est que le vice du bon vin pour l’un et le vice du chocolat pour l’autre est plus important que de gagner le concours de monsieur univers!

Le week-end suivant, à force de patience, de détermination et d’excitation, mon frère a fini par nous transmettre sa passion de la descente en vélo. Nous sommes tellement motivés que nous décidons d’aller à Whistler pour affronter la vraie montagne. Nous partageons la journée entre Martin et moi qui alternons un billet ainsi que Médrick et Maëlie. Les deux petites n’ont pas le temps de s’ennuyer dans tous les parcours de BMX et de « skate park ». Il reste mon frère qui est inépuisable même s’il descend deux fois plus que nous et qu’il doit manger dans les remontés mécaniques pour ne pas perdre de temps. Le héros de la montagne impressionne mes hommes qui tentent de le suivre à toute allure et jumper toutes les « drops » qu’ils croisent. Il y a même ma grande fille qui arrive à me dépasser. Je me console en me disant que je suis surement la plus lente de la montagne mais aussi la plus vieille et la plus heureuse à suivre sa gang. Je me console en sachant qu’il y a seulement une fille pour 20 gars qui pratiquent la descente.

Le dimanche, on tente de prendre la journée plus relaxe mais nous ne sommes pas très compétents dans ce domaine. Un peu de mécanique pour remettre les vélos en état et c’est reparti pour d’autres aventures dans les sentiers de Squamish…

Lundi…Nous sommes maintenant contaminés par la passion de la descente de mon frère, nous l’informons donc que nous irons encore à Whistler…! Il tente de résister à la tentation mais… se laisse séduire par notre proposition « in descente »! Nous repartons tous affronter les « burm and turn », les « drops », les « step on », les « table top », les « brake bump », les « gaps » et surtout les VRAAATTT dans le magnifique univers de la descente. Je ne suis pas encore certaine si je dois remercier mon frère pour nous avoir convertis à sa passion. Mon homme est maintenant convaincu qu’il lui faut un nouveau vélo vraiment dispendieux et mon fils rêve juste de sauter du stock plus haut, plus vite et plus loin… Je tente de voir le bon côté des choses… Nous avons partagé des journées incroyables et inoubliables avec mon frère. C’est une occasion unique que nous avons eu la chance de coordonner pour passer près de 5 semaines ensembles.

Les enfants ont élargi leurs vocabulaires très instructifs avec la belle présence de leur oncle. Les pets sauces n’ont plus de secret pour eux. Ils ont appris que la nudité est un état naturel même en plein milieu d’un stationnement. Médrick sait maintenant comment se battre et a appris à parler aux femmes. Martin devra rectifier un peu les apprentissages un peu drus de mon frère. Évidemment, la montagne est maintenant leur amie mais surtout… ils ont découvert et apprécié la tri polarité de mon frère. Selon mon analyse, mon frère possède trois caractéristiques qui sont généralement exclusives les unes des autres. D’abord, mon frère est un être sportif qui a besoin d’adrénaline et de sensation forte. Ensuite, c’est aussi un « party animal » qui est capable de faire la fiesta solide. Finalement, et non le moindre, c’est un intellectuel qui performe dans son domaine scientifique. Donc un nerd, sportif sur le party…! Pas étonnant qu’il soit encore à la recherche de la femme idéale qui saura combler tous ses extrêmes… Surtout qu’il les aime beaucoup les femmes!

De notre côté, nous sentons clairement le début de la fin de notre aventure. Comme dirait mon frère, notre retour à la réalité va sûrement être un choc. Nous sommes déjà en train de planifier les projets pour notre retour. Évidemment, beaucoup de jardinage m’attend pour remettre le terrain à mon goût. Martin prévoit profiter que nous habitions dans la roulotte quelques semaines supplémentaires pour faire des travaux dans la maison comme sabler les planchers, repeindre les murs et refaire les moulures. Les enfants rêvent d’avoir chacun leur chambre personnelle après un an à partager le même petit espace ensemble. Sans oublier, les examens scolaires à reprendre à la fin août, les inscriptions pour les loisirs d’automne, les examens pour le secondaire de Maëlie, le début de la maternelle pour Kaïlane et le secondaire pour Médrick, les entrevues pour une nouvelle job à Martin et Lolo qui ne rêve que d’héberger tous les animaux de la planète…! Comme nous prévoyons arriver la veille de ma première journée de travail, nous aurons un horaire plus que chargé dès notre retour… À l’image de nous-mêmes qui cherchons toujours à tout maximiser.

En fait, un des plus grands défis de notre année sabbatique était la gestion de la liberté, principalement celle de notre temps. Avant le départ, nous pensions bénéficier davantage de temps libre. Dans les faits, notre urgence de profiter de chaque journée pour se remplir de souvenirs en famille et surtout à cause de notre personnalité hyperactive, nous amène à constater que notre année fut une explosion de découvertes mais loin d’être relaxante. La différence avec notre vie à St-Hubert, c’est qu’à la maison, le travail, l’école et les obligations remplissent la majorité de nos semaines. Pendant notre année, nous étions les seuls responsables de notre horaire. C’est une grande liberté qui comporte son lot de défis pour plaire à six individus ayant des personnalités différentes, des goûts, des âges, des talents, des désirs personnels… Aménager chaque journée est une tâche complexe et exigeante qui finalement nécessite des habiletés d’adaptation, de flexibilité et de compromis pour tous. À chaque jour, on doit se questionner sur l’activité mais aussi sur l’itinéraire, le pays ou la région, l’endroit pour manger et dormir… Tout est à redéfinir à tous les jours…! Sans négliger la grande responsabilité de scolariser trois enfants dans différents niveaux académiques.

Réaliser notre rêve d’une aventure familiale comportait évidemment plusieurs épreuves à surmonter. C’est un dépassement de soi mais aussi de couple et de parents. Nos olympiques familiales approchent la fin d’une grande étape. Dans sa globalité, nous ressentons un grand sentiment d’accomplissement. Je souhaiterais parfois pouvoir observer le futur et découvrir ce que les enfants en garderont comme héritage et souvenir. Présentement, Médrick devient un grand garçon responsable. Il a développé son entraide familiale, sa témérité sportive et son plaisir de taquiner ses sœurs. Maëlie devient une grande fille mature. Elle a développé son rôle de grande sœur, son endurance physique et son obsession pour la lecture. Loïkim devient une belle jeune fille rayonnante. Elle a développé une meilleure connaissance sur elle-même, un équilibre avec ses grandes qualités ainsi que ses habiletés sociales et sa place dans la famille. Kaïlane devient une grande fille mais elle reste notre bébé. Elle a développé de suivre la vitesse de la famille avec ses cuisses de béton, sa détermination et son enthousiasme. On ne pourrait se passer de la présence de notre petite colleuse!

Il nous reste uniquement deux semaines de planche à voile à Hood River pour s’assurer de ramener Martin rassasié pour quelque temps ainsi qu’une semaine de route vers le Québec. J’aimerais prolonger le temps pour faire durer notre merveilleuse aventure mais comme j’explique aux enfants, il faut que les rêves se terminent pour laisser la place aux suivants. C’est aussi parce qu’ils se terminent que nous pouvons autant les apprécier. Dans notre année de bohème, toujours sur la route à profiter de chaque minute, il y a deux choses profondes que j’ai hâte de retrouver : ma douche et mes assiettes qui n’ont pas un goût de plastique et de savon mal rincé. Évidemment, tout ceux que j’aime et qui nous ont accompagnés à distance…! Merci.

Squamish

Après l’escalade de Red Rock, l’apprentissage de la planche au Lac Isabella, la planche à son meilleur à Rio Vista, la découverte des sentiers de Free Ride à Bend… Comment espérer trouver mieux dans l’ouest? Passer deux semaines à Squamish! Elle offre un terrain de jeu de rêve pour des amoureux de la nature qui recherche planche, vélo et escalade en même temps…! Une destination sur mesure pour notre famille.

D’abord, petit arrêt à Vancouver au Children hospital avec les spécialistes en urologie. Ils nous confirment que le rein de notre Maëlie se dégrade et nécessitera d’autres opérations mais semble vouloir se maintenir pour attendre notre retour à Montréal.

Comme nous sommes à Vancouver, on en profite pour aller saluer mon frère et visiter sa chambre qu’il occupera pour l’été durant son contrat de recherche avec l’université. Nous lui faisons donc perdre son premier lundi après-midi de travail… qui sera précurseur de tous les lundis suivants! Il aura ainsi fait l’école buissonnière pour profiter de notre présence et/ou du terrain de jeu naturel de Squamish!

Depuis plusieurs mois, on se questionne et on réfléchit pour s’assurer que toute notre marmaille est en équilibre dans nos choix d’activités ou de projets. Nous observons donc que les deux grands profitent grandement des journées et même Kaïlane qui se fait dorloter par tout le monde. Tant qu’à Loïkim, elle passe beaucoup de temps à créer et inventer des activités mais nous observons une réelle obsession pour les animaux. Après de nombreux débats, j’arrive à convaincre mon homme que la présence d’un hamster dans la roulotte serait un énorme intérêt pour notre fille versus les désagréments qu’il pourrait occasionner. De plus, la roulotte à déjà fait ses preuves de maison d’accueil de rongeurs! Nous amenons donc Loïkim fêter son anniversaire dans une animalerie. Elle est très émue de repartir avec son nouvel ami qu’elle nommera Kim. La bête est parfaite car elle se laisse agréablement cajoler toute la journée. Elle nous accompagne dans tous les sports. En fait, je pense que nous sommes en train de transformer un animal nocturne en animal diurne…! À l’exception de quelques mouvements la nuit qui réveille mon homme en sursaut. Lorsque les enfants pleurent, Martin peut ronfler tranquille mais le mouvement d’un rongeur éveil son esprit de chasseur… C’est l’appel de la trappe à rat…!

Maintenant que toute la famille est en équilibre affectif, nous passons nos semaines à s’amuser et développer nos talents dans différentes activités :

Martin se gâte à quelque reprise en partant faire de la planche à voile. Nous ne l’accompagnons pas puisque l’eau est trop froide pour nous… De notre côté, nous préférons barboter dans la piscine chauffée du centre communautaire et y passer de nombreuses heures jusqu’à ce que nos mains ratatines. D’ailleurs, la baignade est une activité idéale pour baisser la fièvre de notre Kaïlane qui collectionne les amygdalites depuis cet hiver.

Nous avons passé une belle journée dans le parc de Porto Cove. Dans notre souvenir qui date de 15 ans, nous avions vu un requin en plongée sous marine et des phoques en apnée. Nous espérions avoir la chance de partager cette expérience avec notre marmaille. Je pars d’abord seule avec mon kayak car les enfants ont surtout retenu la partie requin de notre aventure. Lorsque je reviens à la rive en m’excitant d’avoir observé deux phoques, je deviens nettement plus populaire pour ma balade en kayak. À tour de rôle, nous avons passé une belle journée en observant ces gros mammifères marins qui nous regardent avec leurs gros yeux ronds et curieux.

Depuis longtemps, nous avons observé une variante de l’escalade qui se pratique sans corde. Il s’agit d’escalader des blocs de roche de différentes tailles en s’assurant simplement avec un matelas au sol. Nous avons expérimenté une première journée sans tapis pour tester le potentiel. L’expérience fut suffisante pour nous convaincre de louer un livre et un matelas pour s’amuser à basse altitude. Nous avons tous apprécié faire du bouldering. Nous avons moins d’équipement à transporter, la mise en place est vraiment plus rapide et plusieurs personnes peuvent essayer en même temps. Les petites ont adoré la sensation de se lancer et atterir sur le gros coussin. Pour les grands, nous avons réalisé que la peur des hauteurs est autant présente puisque certains blocs sont quand même hauts. De plus, certaines grimpes commencent même assis par terre tout en maintenant l’effort physique jusqu’en haut. C’est donc très technique et exigeant physiquement. Belle découverte!

Ce qui occupera la majorité de notre temps est le vélo de montagne. Des balades incroyables entre les racines et les roches au cœur de la forêt luxuriante. On comprend pourquoi le film Twilight fut tourné dans ce décor enchanteur. Après notre quatrième séjour dans cette ville depuis la dernière année, nous commençons à s’y sentir chez nous. Nous avons maintenant nos préférences pour nos sentiers préférés comme la « Jack » et la « Wonderland » qui porte bien son nom. Ici, on peut débuter chaque journée avec une petite « ride » pour garder la forme et se remplir les poumons d’air frais… Évidemment, il nous faut une navette à quatre roues pour nous apporter au début de notre route mais Martin ne semble pas se plaindre de son nouveau rôle de Shuttle bitch… En échange, il peut admirer mes cuisses et mes fesses qui maintiennent la fermeté bien que je sois déjà rendue une vieille dans la quarantaine. Sa patience est de doute façon récompensée car je lui laisse généralement les sentiers nécessitant davantage de couilles en fin de journée!

Les enfants ont aussi expérimenté une nouvelle facette du vélo. Derrière notre terrain de camping, il y a un parc de planche à roulette ainsi qu’un parcours de BMX. Les enfants s’amusent dessus presque tous les soirs. Pour augmenter leur défi, nous les avons inscrits à une pratique officielle sur le parcours de BMX mais avec leur vélo de montagne. Ils devaient courser avec d’autres jeunes et surtout se tenir en équilibre sur la ligne de départ jusqu’au moment où la barrière s’ouvrait. Nous avons été surpris de leur persévérance qui s’est maintenu tout au long de la soirée. De mon côté, j’avoue ne pas vraiment apprécier le spectacle qui me donne trop d’émotions et de cheveux blancs. Allant de Médrick qui saute les jumps entre les autres jeunes à Kaïlane qui dévale la pente sans nécessairement être en contrôle, mon cœur de mère arrête!

Entre nos semaines bien remplies, il y a les longues fins de semaine de trois jours qui débordent d’activités en compagnie de mon frère qui ne peut plus se passer de notre présence… et nous de la sienne!

D’abord une petite randonnée pour monter le Chief (montagne symbolisant Squamish). Pour des bons marcheurs, il faut prévoir environ 2-3 heures… Mon frère expérimente l’agréable sensation de profiter deux fois plus de la montagne grâce à la présence de nos enfants qui ralentissent le rythme. Il apprend les précieux trucs essentiels pour motiver des jeunes à persévérer à monter : Chanter, se transformer en animaux imaginaires et manger…! De notre côté, nous apprécions observer les paysages à travers tous les commentaires d’un géologue passionné de la montagne. Un bon pique-nique au sommet est une belle récompense devant un paysage qui valait vraiment tous les efforts.

Pas le temps de niaiser, il faut aussi profiter du reste de l’après-midi pour découvrir de nouveaux sentiers de vélo de montagne. Les pistes sont souvent trop expertes pour mon niveau technique et pas assez intense pour mon frère… Juste parfaite pour Médrick! Il peut ainsi se pratiquer à « popper » du stock avec sa nouvelle acquisition : Des clips pour ses pédales. C’est toujours agréable de tomber dans la roche, les deux pieds attaché sur le vélo. Il semble pourtant aimer la possibilité de jumper plus haut ainsi solidaire à son bolide. Pour moi, je dois souvent marcher pour suivre mes hommes, j’apprécie la balade en forêt. Mes hommes sont patients et semblent apprécier d’avoir une photographe à leur disponibilité.

Le lendemain, journée avec cinq navettes dans différentes pistes pour combler l’ensemble de notre équipage. D’abord une agréable balade pour tous où même les deux plus jeunes arrivent à s’amuser et rouler sur les racines. Ensuite, légère descente pour les deux autres girls, Maëlie et moi. Puis, l’aventure se poursuit avec mon frère et mon fils où j’arrive à suivre sur mon vélo la moitié du temps… considérant qu’ils doivent m’attendre souvent. Finalement, j’envoie mon chum avec les deux autres mâles pour libérer une bonne dose de testostérone… Mon fils revient avec une augmentation significative de son nombre d’éraflures mais tous les membres aux bons endroits. Mon homme revient avec les yeux brillants et une nouvelle passion qui semble à l’aube de vouloir naître. Tandis que mon frère s’est bien amusé mais il espère une dernière vraie descente pour satisfaire son adrénaline. Je m’occupe donc de déposer une dernière fois les deux crinqués qui vont s’en payer une dernière…! Pendant que la femme en moi va retourner à sa vraie nature et préparer un bon repas pour sa tribu.

Pas assez de deux jours avec nous, mon frère décide de vivre une nouvelle aventure en tête à tête avec Martin. Les deux hommes partent tôt pour affronter encore une fois le Chief mais cette fois en escalade. Il s’agit de monter 8 longueurs de corde une à la suite de l’autre pour arriver au sommet. C’est un bon défi technique pour placer tous les ancrages de protection, un défi de vertige à cause de la hauteur ainsi qu’un défi de confiance pour faire équipe avec son partenaire. Martin réalise que ca fait déjà 20 ans la dernière dois qu’il a fait cette ascension avec sa sœur Nathalie! Il se rappelle qu’il y avait beaucoup de passage sans protection et qu’une chute ne pouvait être envisagée…

Finalement, il avait encore assez de testostérone pour surmonter ce défi. Dès leur retour de l’ascension en coopération, la compétition reprend le relais sur la balance. Les deux hommes adorent comparer leur tour de taille et leur poids depuis des années. La compétition est féroce! Généralement, mon frère domine avec quelques livres d’avance. Dernièrement, notre rythme de vie avait permis à mon homme de se rattraper. Ce qui est certain, c’est que le vice du bon vin pour l’un et le vice du chocolat pour l’autre est plus important que de gagner le concours de monsieur univers!

Le week-end suivant, à force de patience, de détermination et d’excitation, mon frère a fini par nous transmettre sa passion de la descente en vélo. Nous sommes tellement motivés que nous décidons d’aller à Whistler pour affronter la vraie montagne. Nous partageons la journée entre Martin et moi qui alternons un billet ainsi que Médrick et Maëlie. Les deux petites n’ont pas le temps de s’ennuyer dans tous les parcours de BMX et de « skate park ». Il reste mon frère qui est inépuisable même s’il descend deux fois plus que nous et qu’il doit manger dans les remontés mécaniques pour ne pas perdre de temps. Le héros de la montagne impressionne mes hommes qui tentent de le suivre à toute allure et jumper toutes les « drops » qu’ils croisent. Il y a même ma grande fille qui arrive à me dépasser. Je me console en me disant que je suis surement la plus lente de la montagne mais aussi la plus vieille et la plus heureuse à suivre sa gang. Je me console en sachant qu’il y a seulement une fille pour 20 gars qui pratiquent la descente.

Le dimanche, on tente de prendre la journée plus relaxe mais nous ne sommes pas très compétents dans ce domaine. Un peu de mécanique pour remettre les vélos en état et c’est reparti pour d’autres aventures dans les sentiers de Squamish…

Lundi…Nous sommes maintenant contaminés par la passion de la descente de mon frère, nous l’informons donc que nous irons encore à Whistler…! Il tente de résister à la tentation mais… se laisse séduire par notre proposition « in descente »! Nous repartons tous affronter les « burm and turn », les « drops », les « step on », les « table top », les « brake bump », les « gaps » et surtout les VRAAATTT dans le magnifique univers de la descente. Je ne suis pas encore certaine si je dois remercier mon frère pour nous avoir convertis à sa passion. Mon homme est maintenant convaincu qu’il lui faut un nouveau vélo vraiment dispendieux et mon fils rêve juste de sauter du stock plus haut, plus vite et plus loin… Je tente de voir le bon côté des choses… Nous avons partagé des journées incroyables et inoubliables avec mon frère. C’est une occasion unique que nous avons eu la chance de coordonner pour passer près de 5 semaines ensembles.

Les enfants ont élargi leurs vocabulaires très instructifs avec la belle présence de leur oncle. Les pets sauces n’ont plus de secret pour eux. Ils ont appris que la nudité est un état naturel même en plein milieu d’un stationnement. Médrick sait maintenant comment se battre et a appris à parler aux femmes. Martin devra rectifier un peu les apprentissages un peu drus de mon frère. Évidemment, la montagne est maintenant leur amie mais surtout… ils ont découvert et apprécié la tri polarité de mon frère. Selon mon analyse, mon frère possède trois caractéristiques qui sont généralement exclusives les unes des autres. D’abord, mon frère est un être sportif qui a besoin d’adrénaline et de sensation forte. Ensuite, c’est aussi un « party animal » qui est capable de faire la fiesta solide. Finalement, et non le moindre, c’est un intellectuel qui performe dans son domaine scientifique. Donc un nerd, sportif sur le party…! Pas étonnant qu’il soit encore à la recherche de la femme idéale qui saura combler tous ses extrêmes… Surtout qu’il les aime beaucoup les femmes!

De notre côté, nous sentons clairement le début de la fin de notre aventure. Comme dirait mon frère, notre retour à la réalité va sûrement être un choc. Nous sommes déjà en train de planifier les projets pour notre retour. Évidemment, beaucoup de jardinage m’attend pour remettre le terrain à mon goût. Martin prévoit profiter que nous habitions dans la roulotte quelques semaines supplémentaires pour faire des travaux dans la maison comme sabler les planchers, repeindre les murs et refaire les moulures. Les enfants rêvent d’avoir chacun leur chambre personnelle après un an à partager le même petit espace ensemble. Sans oublier, les examens scolaires à reprendre à la fin août, les inscriptions pour les loisirs d’automne, les examens pour le secondaire de Maëlie, le début de la maternelle pour Kaïlane et le secondaire pour Médrick, les entrevues pour une nouvelle job à Martin et Lolo qui ne rêve que d’héberger tous les animaux de la planète…! Comme nous prévoyons arriver la veille de ma première journée de travail, nous aurons un horaire plus que chargé dès notre retour… À l’image de nous-mêmes qui cherchons toujours à tout maximiser.

En fait, un des plus grands défis de notre année sabbatique était la gestion de la liberté, principalement celle de notre temps. Avant le départ, nous pensions bénéficier davantage de temps libre. Dans les faits, notre urgence de profiter de chaque journée pour se remplir de souvenirs en famille et surtout à cause de notre personnalité hyperactive, nous amène à constater que notre année fut une explosion de découvertes mais loin d’être relaxante. La différence avec notre vie à St-Hubert, c’est qu’à la maison, le travail, l’école et les obligations remplissent la majorité de nos semaines. Pendant notre année, nous étions les seuls responsables de notre horaire. C’est une grande liberté qui comporte son lot de défis pour plaire à six individus ayant des personnalités différentes, des goûts, des âges, des talents, des désirs personnels… Aménager chaque journée est une tâche complexe et exigeante qui finalement nécessite des habiletés d’adaptation, de flexibilité et de compromis pour tous. À chaque jour, on doit se questionner sur l’activité mais aussi sur l’itinéraire, le pays ou la région, l’endroit pour manger et dormir… Tout est à redéfinir à tous les jours…! Sans négliger la grande responsabilité de scolariser trois enfants dans différents niveaux académiques.

Réaliser notre rêve d’une aventure familiale comportait évidemment plusieurs épreuves à surmonter. C’est un dépassement de soi mais aussi de couple et de parents. Nos olympiques familiales approchent la fin d’une grande étape. Dans sa globalité, nous ressentons un grand sentiment d’accomplissement. Je souhaiterais parfois pouvoir observer le futur et découvrir ce que les enfants en garderont comme héritage et souvenir. Présentement, Médrick devient un grand garçon responsable. Il a développé son entraide familiale, sa témérité sportive et son plaisir de taquiner ses sœurs. Maëlie devient une grande fille mature. Elle a développé son rôle de grande sœur, son endurance physique et son obsession pour la lecture. Loïkim devient une belle jeune fille rayonnante. Elle a développé une meilleure connaissance sur elle-même, un équilibre avec ses grandes qualités ainsi que ses habiletés sociales et sa place dans la famille. Kaïlane devient une grande fille mais elle reste notre bébé. Elle a développé de suivre la vitesse de la famille avec ses cuisses de béton, sa détermination et son enthousiasme. On ne pourrait se passer de la présence de notre petite colleuse!

Il nous reste uniquement deux semaines de planche à voile à Hood River pour s’assurer de ramener Martin rassasié pour quelque temps ainsi qu’une semaine de route vers le Québec. J’aimerais prolonger le temps pour faire durer notre merveilleuse aventure mais comme j’explique aux enfants, il faut que les rêves se terminent pour laisser la place aux suivants. C’est aussi parce qu’ils se terminent que nous pouvons autant les apprécier. Dans notre année de bohème, toujours sur la route à profiter de chaque minute, il y a deux choses profondes que j’ai hâte de retrouver : ma douche et mes assiettes qui n’ont pas un goût de plastique et de savon mal rincé. Évidemment, tout ceux que j’aime et qui nous ont accompagnés à distance…! Merci.

Rio Vista… Région de San Francisco

Après plus de trois belles semaines parfaites de planche à voile (24 journées) sur le bord du lac Isabella… quoi rêver de mieux? Trois autres semaines encore plus parfaites (25 journées) de planche à voile à Sherman Island près de San Francisco! Pourquoi c’est encore plus génial? Le site offre beaucoup de diversités autant pour les activités aquatiques que les activités terrestres.

À notre grande surprise, l’eau était agréablement chaude pour la baignade. Le niveau de compétence en planche de chacun s’étant amélioré, nous étions plus habiles pour gérer les marées, le courant, les vagues et évidemment le vent! Nous avons tout particulièrement apprécié la petite plage de bambou qui nous protégeait du vent tout en profitant du spectacle des planchistes avancés.

En planche à voile, Martin reste évidemment le King de la famille! Tant qu’à Médrick et moi, nous alimentons la rivalité qui stimule nos apprentissages. Ma maturité me permet de garder une avance dans certaines habiletés comme les water start et l’utilisation du harnais. J’ai même sortie une journée de presque tempête avec une petite voile 3.3. J’ai vécu plus d’émotions que mon cœur ne peut supporter. Par contre, sa jeunesse et sa témérité lui permet de pratiquer des figures trop intrépides pour moi comme les clews-first. Il a une bonne endurance et adore la vitesse. Médrick pratique presque tous les jours et cumule parfois près de 6 heures sur l’eau dans sa journée. Tant qu’aux filles, elles préfèrent encore la baignade mais acceptent de pratiquer quelques allers-retours. Maëlie performe lorsqu’il y a des spectateurs pour l’encourager. Loïkim est stimulée lorsque Martin l’accompagne en faisant des singeries pour la faire rire. Tant qu’à Kaïlane, elle accepte le défi en retour d’une récompense sucrée… À chacun sa motivation!

Pour faire différent et tenter l’aventure, Médrick et moi avons fait une descente de rivière en planche à voile une après-midi que le courant était dans la même direction que le vent. Nous avons descendu quelques km pour se faire repêcher par Martin qui nous suivait en pickup. Le stress était d’abord très élevé de se retrouver au centre de la rivière près des barges et des cargos. Après quelques virages, nous avons été en mesure d’apprécier le se laisser planer en descendant le vent à toute allure!

Lors de la journée de la fête des pères, nous avons inscrits les enfants à un cours de planche à l’occasion d’un festival pour les enfants. Cadeau idéal pour mon homme! Toute sa marmaille sur l’eau autour de lui pour célébrer le vent et les papas heureux de la Californie… Les mamans ne se plaignaient pas en observant le beau et célèbre Jason Voss qui partageait sa passion aux jeunes.

Chaque instant des journées est bien occupé. Martin, se lève tôt pour profiter des fortes brises du matin. À son retour, déjeuner et étude pour les enfants. En après-midi, plaisir de planche et de plage pour revenir parfois tard… Mais jamais trop pour permettre à mon homme de retourner se gâter en soirée sur un splendide couché de soleil. Toujours le premier sur l’eau le matin et le dernier à sortir… C’est ça l’urgence de profiter du moment présent!

Finalement, 25 journées presque consécutives de planche… Pas de pause à cause du vent sauf une seule journée… où il était déchainé! Tellement intense que nous avons passé notre journée à secourir une famille qui avait fait naufrage la nuit précédente lors de la tempête. Pour une fois que ce n’est pas nous les téméraires dans le trouble… En fait, la veille, nous avons vu un voilier s’ancrer près de la berge pour profiter d’un après-midi ensoleillé. La petite famille semblait paisible jusqu’en soirée où le vent s’est mis à souffler de façon exceptionnelle. Les prévisions météo annonçaient des vents de 60-80 km/heure. Vers 11 heures du soir, Martin était inquiet pour le voiler mais ne voulait pas trop se mêler des affaires des autres. Malheureusement, le lendemain matin, nous avons appris que le voilier s’était échoué. En offrant notre aide aux équipiers du naufrage sur la plage, nous avons su que les propriétaires du voilier étaient une famille avec un enfant de 3 ans, Jakob. Le père est allemand (Timo) et la mère marocaine (Najlae) enceinte de 7 mois. Avec leur ami Gaël, un montréalais et leur ami Louis, un tunisien, nous collaborions à vider tous les effets personnels du voilier. Nous avons appris que les occupants ont été secourus en pleine nuit. De plus, ils venaient de perdre leur maison puisqu’ils vivaient à bord. La situation étant tellement triste que nous avons décidé rapidement de s’impliquer activement pour les aider. La mère et l’enfant ont passé la journée dans la roulotte pendant que les hommes s’occupaient des travaux sur le voilier. Najlae m’a impressionné par son calme et son positivisme. Mes enfants ont été essoufflés par les besoins moteurs d’un petit garçon de trois ans. Mais nous avons tous été émus de partager les repas de la journée en compagnie de différentes cultures avec des gens chaleureux et très agréables. Nous avons eu le plaisir de les revoir quelques jours plus tard et qu’ils ont des solutions devant eux.

Leur famille est saine et sauve mais la tempête à aussi fait d’autres naufrages que nous n’avons pas été en mesure d’aider. Parmi nos huit petits lézards chassés fièrement au Lac Isabella, nous avons dû faire le malheureux constat que plus de la moitié avaient disparus pendant la nuit de la tempête. Bien que nous offrions beaucoup de nourriture et d’attention à nos colocataires, nous avons aussi fait la triste découverte que les chats du parc se faisaient un plaisir de sauter dans le bac en soirée pour s’amuser avec nos précieux reptiles. En conséquence, il ne nous reste qu’un seul petit spécimen ainsi qu’un gros…! Nous sommes maintenant très vigilants et espérons assurer la survie de nos amis du désert. Les enfants continuent la chasse aux mouches et aux araignées dans les toilettes. Notre dernier espoir c’est que les trois œufs que nous avons eu le plaisir d’observer lors de la ponte pourront éclore en captivité. Nous avons d’ailleurs tous été fascinés par ce spectacle d’accouchement pendant que Martin ne pouvait pas croire qu’on observe avec autant d’intérêt un œuf sortir d’un lézard pendant qu’un vent parfait nous attendait à la plage…

Évidemment, la planche à voile occupe une grande place dans notre horaire mais il reste plusieurs autres plaisir surtout pour les enfants. Le site est très grand alors ils partent tous les jours à l’exploration en construisant de nouveaux sentiers ou de nouvelles cabanes. Ils font des sauts à la perche avec les bambous ou se font des combats d’épées. Ils sautent à la corde à danser, font de la trottinette, du vélo et du patin à roue alignée. Martin installe aussi la slackline sur le terrain. Toutes les activités se passent à l’extérieur…!

Ce qui est différent sur ce site, c’est la proximité entre les roulottes qui entraine un phénomène de communauté et de socialisation. Nous avons créé des liens quotidiens avec de nombreux planchistes. Bob et sa femme sont des hôtes travaillants et accueillants. Évidemment, nos nouveaux amis sont tous des retraités mais comme nous leur disions souvent, nous sommes en pratique de notre retraite… Les enfants aussi les apprécient car ils ont presque tous un chien aussi vieux qu’eux-mêmes donc très calmes. Ces chiens ont tous des rhumatismes, sont lents ou aveugles. Ce ne sont pas des bêtes impressionnantes. Les enfants pratiquent leur anglais en faisant chaque jour leur tournée de « Can I pet your dog ? ». Les fins de semaine, une clientèle de jeunes familles envahit la plage. Les enfants socialisent et se donne des rendez-vous pour la fin de semaine suivante. Les samedis soirs, c’est presque le party dans l’unique rue du terrain de camping!

À quelques jours de notre départ pour rejoindre mon frère en Oregon, nous n’étions pas encore rassasiés de nos aventures sur le site. Grâce à la flexibilité et l’ouverture de mon frère, nous l’avons convaincu de venir nous rejoindre pour quelques jours…

Francis, le héro de la montagne, le sportif intrépide qui n’a peur de rien avait toujours promis de nous épater en quelques heures sur une planche…! L’heure était enfin arrivée de faire ses preuves et d’affronter le vent.

Le premier matin, un petit vent doux accueille mon frère pour lui permettre de découvrir l’humilité, la persévérance et l’autodérision. C’est toujours agréable de voir les premières étapes frustrantes de la planche qui nous amène à faire des culbutes et des vols planés peu glorieux. Mon frère ne manque pas de prof pour lui prodiguer des conseils. Tout à son honneur, il ne manque pas de détermination pour enchainer les débarques. Malgré les faibles résultats sur l’eau, Francis garde le moral et y retourne en après-midi. Alimenté par une confiance de débutant, il part affronter la rivière en sous estimant l’effet du courant. Plus il tente de revenir à la plage, plus il s’en éloigne. Pendant que nous préparons notre équipement pour l’aider, nous envoyons Médrick l’encourager. Après quelques minutes d’observation incrédule, je constate que mon fils ramène glorieusement son parrain accroché derrière sa planche pour lui éviter la marche de la honte…! Comment passer de héro à zéro…? Après quelques journées de pratique, mon frère doit admettre que c’est un sport très technique et difficile. Malheureusement, il n’a pas encore atteint le minimum pour ressentir de l’adrénaline… De mon côté, je dois admettre qu’il a été très déterminé dans ses pratiques et que j’ai eu beaucoup de plaisir à photographier ses pirouettes.

Profitant de la présence de mon frère, nous avons décidé de tenter une aventure de kayak tel que recommandée par des fidèles adeptes de la place. Ce dernier nous prête même l’équipement nécessaire pour partir découvrir les merveilles de l’autre côté de la rivière. Médrick et Maëlie décident de nous accompagner. Nous devons donc affronter le contre-courant, le vent et les vagues pendant près de deux heures avant d’arriver au petit cocotier. Les inventions de kayak sont inefficaces et le paddling (SUP) vraiment impossible à pratiquer. C’est avec les mélodieuses paroles d’encouragement : « Chess… Bras…! » que nous arrivons finalement à destination. La balade de 15 minutes fut jolie mais pas nécessairement à couper la souffle tel que recommandé par notre ami Chuck. Disons que Martin était à quelques minutes de contacter la garde côtière pour organiser un sauvetage après notre quatre heures de ramage qui devait en prendre seulement deux…! Vive l’aventure!

Notre dernière activité dans la région de San Francisco fut la visite de la prison d’Alcatraz avec mon frère et mon fils. Pendant ce temps, Martin découvrait le musée des sciences avec les trois filles. La croisière pour se rendre sur l’île ainsi que la visite de la prison a été stimulante et intéressante. En fait, la description en français dans les écouteurs rend la visite réelle et concrète. Petite soirée agréable dans la ville!

L’étape de planche à voile se termine à Sherman Island mais l’aventure en gang avec mon frère se poursuit dans la région de Bend, OR. C’est pratique d’avoir un éclaireur qui part avant nous pour vérifier le terrain et nous indiquer un camping nature au cœur de la forêt et surtout au centre de multiples sentiers de vélo de montagne. Après avoir installé notre grosse roulotte dans la forêt, il restait à expliquer aux enfants comment utiliser une pelle pour ainsi faire nos besoins de façon hygiénique dans la vraie nature. À notre grande surprise, les deux jeunes avaient mal compris les explications… Elles sont donc revenues avec le tas dans un sac… Selon leur logique, la pelle devait servir à ramasser la crotte après son expulsion pour la ramener au campement… comme les chiens…!

La première soirée commence bien puisque c’est la fête de la St-Jean-Baptiste… Un gros feu, des guimauves et de la musique québécoise… un peu de danse et c’est le party après quelques rigodons…!

Le lendemain, c’est la fête de Maëlie! On fête en grande en parcourant de nombreux sentiers de vélo de montagne. En fait, nous sommes sur un terrain de jeux pour grands enfants sur deux roues. C’est le festival des jumps, des rampes, des bascules et des pump tracks. En soirée, on déguste un bon repas sur le feu de camp et on fait un ravage au gâteau de fête. Une belle fête originale!

Ensuite, on passe quelques journées à explorer la forêt en vélo :

Premier constat, Kaïlane est très motivée à devenir une sportive à part entière. Elle ne veut plus se faire tirer par la girafe. Elle nous impressionne par ses habiletés à gérer les roches, les racines et les virages en tête d’épingle. Ses cuisses de béton l’aide à gravir plusieurs côtes.

Deuxième constat, nous apprenons une nouvelle variante du vélo de montagne. Après le cross-country, souvent très physique et cardio, et la descente trop extrême et coûteuse pour les remontées mécaniques… Il y a le Free Ride, un compromis entre les deux premiers : le plaisir de descendre la montagne sans les efforts pour la monter! Le même plaisir de sauter des rampes sans vider son portefeuille pour acheter des billets. Un seul inconvénient, il faut deux voitures ou le sacrifice d’une personne qui fait la navette pour déposer les sportifs en haut de la montagne et les reprendre en bas…! Avec mon frère, nous avons tous adoré cette nouvelle alternative qui permet aux filles de physiquement suivre et les plus intrépides de « pupper du stock » plus extrêmes.

 

 

 

 

Ensuite, on continue de partager nos sports en compagnie de mon frère. Il faut croire que notre compagnie est endurable et que mes repas sont mangeables… De notre côté, on commence à apprécier son odeur de café le matin et son odeur de sueur en fin de journée. Nous allons donc passer une journée dans la mecque de l’escalade à Smith Rock. Il fait extrêmement chaud mais nous avons la chance que la grimpe la plus fabuleuse du site est libre pour nous, la « five gallon bucket ». Mon frère monte en premier de cordée une difficile 5.9. C’est toujours pratique d’avoir un téméraire-orgueilleux dans notre groupe. Malgré sa première vraie chute, il parvient à installer nos ancrages au sommet pour nous permettre de tous profiter de son audace ou son manque de jugement. Après autant de sueur, la rivière fraîche nous invite à une petite saucette… en bobette!

Nous poursuivons la route pour notre dernier arrêt en gang dans la région du Gorge, le paradis de la planche à voile. C’est le festival du vent pour le week-end alors nous profitons de cours ainsi que d’équipement en démonstration. Tant qu’aux enfants, ils s’amusent dans l’eau et sur des structures qui permettent de faire des sauts périlleux. Ils se font des amis et apprécient leur journée…

Par contre, mon frère risque de devenir fou… Nous campons sur le même site que l’été dernier où nous avions appris à cohabiter avec humour sur le son mélodieux du train qui sifflait aux… 20 minutes, même la nuit! Après deux nuits de désespoir, mon frère part les yeux cernés pour nous dénicher un autre terrain de camping, gratuit au cœur de la nature. Le chemin est intrépide avec la roulotte mais l’emplacement en vaut le déplacement. Du même coup, nous profitons de notre nouveau dada du free ride en montagne. Deux autres belles journées de descentes en vélo en s’alternant le rôle de « shuttle bitch » (la personne qui doit se sacrifier).

En bonus, il y a même un réservoir en haut pour se rafraîchir et se baigner… entre les tritons. Les enfants ne se plaignent pas et adorent leur nouvelle chasse aux invertébrés mous, lents et gluants. D’ailleurs, depuis que nous explorons les plaisirs de camper dans la forêt, les enfants ont développé une nouvelle stratégie pour chasser les insectes servant à nourrir nos lézards. Ils ont commencé à faire leur besoin au même endroit mais ne prennent pas la peine de recouvrir leur matière. De cette façon, ils reviennent quelques heures plus tard avec un filet rempli de mouches… Sauf Loïkim qui est moins habile et revient avec les sandales beurrées… Vive les plaisirs de la nature.

Deux semaines efficaces avec les deux meilleurs sites de planche, de vélo et d’escalade et une agréable compagnie!

Nous poursuivons ensuite quelques journées de planche et une journée de fiesta et de feu d’artifice pour la fête des Américains.

Nous allons aussi visiter et apprendre sur le spectaculaire Mont St-Helen. Ce fut une journée instructive et très agréable avant de revenir au Canada pour s’assurer de la stabilité du rein de Maëlie. Les nouvelles sont bonnes puisque son rein reste stable malgré sa dégradation. Les médecins sont confiants qu’une opération pourra sûrement attendre notre retour à Montréal.

Le lac Isabella en Californie

Plus de trois belles semaines viennent déjà de s’écouler en bordure du lac Isabella dans le sud est de la Californie. Un beau mois de mai qui se termine. Pourquoi aussi longtemps dans le même endroit? C’est simple, pourquoi changer une recette gagnante quand tout le monde est heureux. Du vent presque tous les jours pour la planche à voile avec un camping gratuit à quelques pas du lac… C’est donc la première fois que les dépenses hebdomadaires sont moins élevées que les revenus!!! Ho yeah! Du bon temps en famille et pas de lunch à préparer avant de partir en activité pour la journée puisque l’aventure est à notre porte à chaque matin!

Pour la planche, c’est l’endroit idéal pour les débutants. Puisque c’est un lac, il n’y a pas de courant, pas de marée, pas de grosses vagues, pas de paquebots, pas de méduses et pas de requins. Nous pouvons donc pratiquer en toute sécurité. Pour motiver les enfants, nous avons participé à un concours de vitesse, organisé sur le site, pendant une semaine. Il s’agit de plancher avec un GPS qui enregistre nos records de vitesse et espérer s’améliorer à chaque jour. Évidemment que la testostérone, créée par la compétition, a gonflé mes hommes à bloc. Médrick a battu des records de vitesse et des records de temps de pratique sur l’eau. C’est comme une boucle, puisque plus tu t’améliores et plus tu as du plaisir… Enfin, Martin s’est trouvé un partenaire motivé dans la famille. Les filles aussi nous avons participé mais l’eau froide à quelque peu modéré nos ardeurs. Le tout, s’est terminé autour d’un feu de camp en compagnie principalement de tous les retraités de la région ainsi que le dixième champion du monde en vitesse qui nous partageait ses conseils. Médrick est revenu avec un prix pour la relève s’étant le plus démarqué et les autres avec de nombreux prix de présence. Nous avons donc observé de nombreux progrès pour tout le monde autant en vitesse qu’en technique!

Martin a surement plusieurs sessions inoubliables et des progrès majeurs notés précieusement dans son cahier de planchiste. Il a été sur l’eau au moins 18 journées et souvent plusieurs heures par jour. Du côté de Médrick, les sessions sont de plus en plus longues, fréquentes, au sec, rapides et même avec de grandes distances. Il revient maintenant avec des étoiles dans les yeux et souvent les jambes molles à cause de la vitesse qu’il atteint. Pour les filles, les progrès sont intéressants car elles arrivent maintenant à revenir à leur point de départ mais la température les ont souvent démotivées à affronter les défis de ce sport si exigeant. Pour ma part, j’ai dépassé ce que je croyais possible de surmonter comme défi. J’arrive maintenant à planner en contrôle avec mon harnais et les pieds dans les footstraps. Je réussis tous mes beach start et la majorité de mes tacks pour tourner. Il m’arrive même de faire des water-start et je débute la pratique de mes jibes… Ouff!

Ce qui restera dans les meilleurs souvenirs, sera mon après-midi en compagnie de mon fils à se croiser sur l’eau pendant que Martin fier de ses élèves capture les sourires en image. Sans oublier notre longue après-midi qui s’est terminée en fin de soirée pour Martin en moi sur l’eau. Ce fut une première de plancher avec mon homme avec le soleil rougissant pour imprégner le moment d’une lumière unique. Le plus spectaculaire, c’est que Médrick s’est occupé de garder les filles avec succès pendant que Maëlie nous préparait le souper. Quel bel avant goût de la retraite.

Pendant que nous sommes un ou deux sur l’eau en fonction du vent, de la température, des motivations et des astres… Nous avons utilisé toute notre imagination pour occuper la marmaille jour après jour!

D’abord, l’école à chaque matin. Pour nous, c’est du 7 jours sur 7 pour ne pas perdre la routine. De toute façon, nous ne savons jamais quelle journée de la semaine nous sommes. Nous sentons définitivement les progrès et les objectifs de l’année qui avancent. Les plus belles réussites se remarquent en français lecture et écriture.

En lecture, nous venons de réaliser que Médrick a déjà dévoré plus de 80 romans en 10 mois tandis que Maëlie plus d’une quarantaine. Tant qu’à Loïkim, elle a développé le plaisir de lire et passe de nombreuses heures à lire des histoires à Kaïlane. Nous avons été d’abord inquiets de ce constat en se questionnant sur raison que nos enfants puissent avoir autant de temps pour la lecture. Nous avons finalement réalisé que c’est leur unique passe-temps individuel considérant qu’ils n’ont pas accès à la télévision ni à des consoles de jeux.

En écriture, je peux remarquer la différence lorsque je compare avec les premiers textes écrits l’été dernier. Le texte est mieux structuré, les phrases sont plus riches et l’orthographe a progressé. Le plus significatif, c’est que les enfants ne rouspètent plus pendant deux jours pour se mettre à la tâche de rédaction. Ils commencent même à exprimer leur plaisir à écrire. Il reste encore plusieurs étapes à franchir mais le sentiment de progresser est satisfaisant.

Une des astuces mis en place pour les motiver, c’est de lire leur composition à la famille et d’offrir des commentaires. Cette simple reconnaissance de leurs efforts fut fort appréciée et stimulante! Le défi pour moi, c’est de trouver toujours des sujets pour les structurer dans leurs écritures. D’abord beaucoup de textes informatifs sur tout ce que nous visitions. Ensuite, des textes d’opinions et d’argumentations, des poèmes, des lettres, des invitations, des bandes dessinées, un sondage et des récits d’aventures… Je manque parfois de sujets. Dernièrement, les enfants avaient le défi de piger trois mots au hasard dans un pot de vocabulaire pour les dictées… L’objectif semblait ambitieux mais je vous partage le résultat de leur travail :

Loïkim, écrire un texte comportant les mots : fantôme, fleur et fromage

La légende de la forêt

Il était une fois un garçon et une fille qui s’appelaient Lilas et Cheez. Ils se promenaient dans la forêt pour cueillir des petits fruits. Sa mère lui avait toujours dit que dans la forêt, il existait un fantôme qui s’appelait Flame.

Lilas et Cheez entendent hooouuu! Ils lâchent tout de suite les plats de fruits et se cachent derrière un arbre.

Derrière l’arbre, ils se serrent la main très, très fort. Ils remarquent que Lilas lance des fleurs et Cheez lance du fromage.

Ensuite, ils entendent encore hooouuu! Ils se retournent rapidement et Flame est là devant eux. Cheez lui lance du fromage gluant. Flame est maintenant pris. Pendant ce temps, Lilas lui lance des fleurs. Comme il est allergique, il s’étouffe et gonfle… Flame explose!

Lorsque Flame explose, Lilas et Cheez découvre qu’il était rempli de bons petits fruits. Ils remplissent leur panier. Ils retournent voir leur parent et ils sont contents.

 

Maëlie, écrire un texte comportant les mots : danse, macaron et liqueur

Le spectacle

Aujourd’hui est le grand jour. Je vais aller danser en public avec mon groupe de danse. Tout est prêt. Je mets ma robe et « hop » parti pour le spectacle.

Rendu là-bas, oh non, j’ai oublié mon macaron à la maison, pas le temps de retourner, ça commence dans 20 minutes. Toutes les filles ont leur macaron pour s’identifier. Puisque je ne l’ai pas, je ne pourrai pas rentrer pour le spectacle.

Ah oui, bien sûre, je vais entrer par la porte arrière comme ça personne ne pourra me voir. Rendu à l’autre porte, je vois un gros chier qui bloque l’accès avec ses gros crocs et sa bave. Je ne pourrai pas passer. Tout à coup, quand je m’en allais retourner à l’avant de la bâtisse, le gros chien me déchiqueta un bout de ma robe.

Rendu à l’avant, puisqu’il ne me reste que 10 minutes, je me dis que je pourrais passer par la fenêtre. En essayant de pénétrer, je me suis assommée sur le bord de l’œil avec un objet qui dépassait de la fenêtre. Malgré la douleur de mon œil au beurre noir, je réussis à rejoindre ma troupe de danse.

Tout de suite quand les autres m’ont vue, elles se sont déchirées un bout de robe et mis plein de bleu sur un œil pour imiter mon linge et mon visage. Puisque je suis la chef de la bande, elles ont cru que mon habillement et mon maquillage étaient prévus. Puis, très nerveuses, nous sommes allées sur scène. De gros cris se firent entendre dans la foule de spectateurs. « Vive cette nouvelle mode! »… Notre nouveau nom de groupe est maintenant les « blue eyes »!

Finalement, le soir venu, mon groupe et moi sommes allées célébrer notre nouvelle mode en sirotant une liqueur. Je leur ai aussi raconté toutes mes mésaventures…!

 

Médrick, écrire un texte comportant les mots : quatorze, pont et verre

Les quatorze symphonies du dimanche

Aujourd’hui c’est dimanche, le jour des quatorze symphonies. Dans les rues, tout le monde est excité à l’idée d’entendre de nouvelles musiques.

Ma mère, Marlène, m’a habillé pour que je sois présentable. Arrivé à la cathédrale, tous les instruments étaient déjà prêts et les musiciens étaient vêtus de noir et de blanc. Après cinq symphonies, un léger tremblement vint secouer la cathédrale. Malgré cela, les musiciens continuèrent à jouer. Lorsque la sixième prit fin, un nouveau tremblement de terre vint secouer la bâtisse mais beaucoup plus fort que le premier cette fois. Tous les instruments tombèrent à terre et se brisèrent. Tout était gâché. Dieu allait entrer en colère contre eux, ils avaient échoué. Quelqu’un demanda s’il pouvait jouer sur le pont. Un dernier espoir apparu!

Du pont, la vue était magnifique, la rivière regorgeait de poissons et on pouvait voir toute la ville. Jérôme avait eu une merveilleuse idée, le vent s’occuperait de la musique avec la rivière. Ils leur restaient juste à chanter. Ils devaient se dépêcher car à l’aurore, vers dix heures, le vent allait s’arrêter et tout serait gâché. C’est exactement ce qui arriva, le vent arrêta. Ils leur manquaient seulement quatre symphonies. Ils ne savaient plus quoi faire et à minuit, le temps serait écoulé et la colère de Dieu se déclencherait.

Pour essayer de trouver de nouveaux instruments, ils se séparèrent en deux groupes qui allèrent dans la ville. Un peu découragés, ils s’arrêtèrent sur le bord de la rue prendre un verre d’eau. En signe de découragement, ils mirent leurs doigts sur le rebord du verre et remarquèrent que ça faisait de la musique. Ayant un nouvel espoir, ils coururent chez eux chercher des verres et retournèrent au pont avec leur nouvelle idée. Il était 11 h59 lorsque les quatorze symphonies furent achevées. Tout le monde sauta de joie et organisèrent une grande fête.

Maintenant, à chaque dimanche, au lieu de se faire dans la cathédrale, les quatorze symphonies se font sur le pont, avec des verres…!

Après l’école, à l’extérieur, nous avons finalement découvert l’utilité du gros contenant de sports divers que nous transportons depuis un an sans vraiment en faire usage. Les enfants ont joué au ballon, au trackball, au baseball, à la corde à sauter… Le plus grand « HIT » est sans équivoque la fameuse après-midi de football avec danse et folie rythmées par l’agréable « Compagnie Créole » et même la « danse des canards ». Il faut bien transmettre la culture à la relève! À ces sports s’ajoutent aussi les balades en kayak, la natation et la pêche… sans aucune histoire de poissons à raconter car nous revenons encore bredouille. Il y a aussi le cerf-volant où Médrick devait tenir ses sœurs pour éviter qu’elles partent dans le vent! Puis les châteaux de sable et les différents parcours et chasses aux trésors organisés par chacun ainsi que la populaire planche « skimboard ».

Parfois, les enfants préféraient se cacher à l’intérieur de la roulotte pour éviter le vent omniprésent. C’est pratique car personne ne se doute qu’il peut y avoir d’autres causes que le vent pour « shaker » la roulotte! Il y avait aussi dans la roulotte, un rangement qui renfermait de nombreuses activités pour occuper les enfants pendant de nombreuses heures. Plusieurs jeux de société, des cartes, des bricolages, de la peinture, des constructions, de l’origami… ont su divertir chacun. Les filles ont passé de nombreuses heures à se maquiller, se coiffer, se manucurer et à se changer de vêtement plusieurs fois par jour. Imaginez leur plaisir ressenti lorsque je leur ai permis de me vernir les ongles d’orteils et des doigts. Loïkim m’a fait la remarque que j’étais comme une enfant… (comme c’était la première fois qu’il me voyait ainsi, leur référence c’est que le maquillage c’est un jeu d’enfants?!). Le summum pour les filles fut lorsque je leur ai permis de me couper les cheveux à leur goût… Que du bon temps entre greluches sous le regard amusé de nos hommes.

D’ailleurs, Martin a voulu aussi participé à nos après-midi de transformation extrême de nénette en me demandant de lui faire une épilation intégrale de tout le corps… Nous avons eu beaucoup de plaisir à entendre mon homme hurler de douleur pendant que je procédais à une épilation par étape artistique pour créer des fantaisies sur son torse velu… Les enfants se roulaient de rire pendant qu’ils prenaient des photos des différentes étapes. Tant qu’à Martin, plus les verres de vin s’engloutissaient et moins l’épreuve semblait le torturer…

Selon la personnalité de chacun, nous avons tenté d’alimenter chacun dans leur passion. Pour Médrick, l’activité de planche à voile comportait de nombreux défis pour alimenter et stimuler son besoin de bouger et de se dépasser. Pour Maëlie, je lui ai donné une place importante dans la préparation des repas. Elle développe ses compétences et se sent très motivée par ses nouvelles responsabilités. Pour Loïkim, nous lui permettons d’exprimer son besoin créatif dans l’espace qu’elle nomme sa chambre. C’est fascinant comment elle arrive à aménager à peine quinze pieds carrés avec autant d’esthétisme et de fonctionnalité. Tant qu’à Kaïlane, elle est encore un beau mélange de tous ces intérêts. Elle suit évidemment beaucoup ses sœurs mais reste mon bébé très colleuse qui adore se faire raconter des histoires et qui manifeste de plus en plus un intérêt pour le dessin, l’écriture et la motricité fine. De mon côté, je passe beaucoup de temps à préparer nos livres de voyage. J’aime ce moment de créativité en pensant au souvenir que je construis aux enfants. Tant qu’à Martin, il manque toujours de temps pour lire sur le vent, les techniques et l’équipement de planche à voile… Une réelle passion lorsque je ne le monopolise pas trop pour m’offrir un soutien informatique dans mes projets.

Une dernière activité, et non la moindre, elle occupe la plus grande partie des temps libres… Pour les enfants et moi… C’est la chasse aux lézards. C’est une activité presque quotidienne qui demande des habiletés de coopération, de stratégie et de patience. Il ne faut pas sous estimer leur rapidité et leur capacité à se faufiler dans les espaces étroits entre les rochers. Malgré la taille du défi, nous avons assurément une meilleure moyenne qu’à la pêche. Nous en sommes à notre huitième petite créature. Nous avons aussi capturé un spécimen beaucoup plus gros qui occupe un deuxième gros bac à lui seul. Le plaisir avec les lézards c’est que l’activité ne s’arrête pas seulement à les attraper. Le défi doit se poursuivre à chaque jour pour aussi chasser de la nourriture vivante. Ils doivent ingurgiter quelques mouches, papillons, araignée ou insectes chacun à tous les jours… Alors, c’est une responsabilité communautaire de veiller à les alimenter. C’est toujours fascinant de les voir attaquer une proie… Martin est très heureux d’avoir de nouveaux passagers pour partager le reste de l’aventure…! Heureusement, que la chasse aux crapauds n’a durée que quelques jours… La vie animale prend de la place dans les aventures.

Une journée racontée par Médrick :

Nous avons quitté notre havre de paix une seule fois pour aller explorer les environs… C’était pour aller faire de la trail dans les montagnes. Papa capotait parce que maman allait trop vite et manquait de culbuter (tapette!). Il y avait même des pentes à plus de 25 degrés. Nous avons même aperçu 2 chevreuils qui se promenaient sur le sur le bord de la route. Après un bon dîner sur le bord de la rivière Kern, nous avons tenté de trouver des pépites d’or dans la rivière mais nous nous sommes vite rendus compte que ramasser des canettes de bière vide étaient plus payant.


Nous garderons tous quelques petits bobos en souvenir de nos aventures au lac Isabella. Celle qui gagne le trophée est Kaïlane avec son bout d’orteil arraché sur le bord de la plage. Heureusement qu’elle est entourée d’une famille aux multiples compétences. Maman qui coupe la peau pendante avec précision, papa qui désinfecte avec acharnement, Maëlie qui procure des mots d’encouragement pendant que Loïkim raconte des histoires pour lui changer les idées… Il reste Médrick qui sert de chaise confortable pour réconforter sa sœur avec ses yeux fermés pour éviter de tomber dans les pommes. Ensuite, il y a les bonnes éraflures du fils en souvenir de la planche rugueuse ainsi que les deux orteils mauves des parents pattes gauches dans le vent. Il reste les boutons d’humidité des filles… Sans oublier la nuit blanche de Maëlie et inévitablement des parents pour la soutenir sur la toilette suite à l’échec de son traitement d’irrigation. Toutes ces émotions nous rappellent la chance d’avoir eu notre année sans problème médicaux inquiétants.

Pour ce qui est du site de camping… C’est vraiment la perfection au niveau de sa proximité au lac. Nous sommes tellement près que nous avons dû changer trois fois de place pour éviter de se réveiller avec les pieds dans l’eau avec le niveau qui augmente. Nous avons passé le maximum de temps possible sur notre énorme presqu’île qui est devenue « rikiki » au fil des jours. Nous avons déménagé suite à la frousse de Martin de rester enlisés dans le sable mou. Avec le vent, la roulotte était tombée de ses appuis. Il a eu chaud à minuit en arrivant à faire un sauvetage de justesse et réinstallant la roulotte sur le pick up. Bravo mon « gningnégneur »!

Je ne sais pas ce qui a le plus bouleversé mon homme… le sauvetage de la roulotte ou… les visiteurs qui se promènent encore dans notre demeure. Ce qui est certain, c’est qu’avec nos trois pièges à rats-souris, ces petits rongeurs n’ont pas le temps de visiter les lieux très longtemps avant de voir la fin de leur vie se terminer d’un seul coup.

Le lac Isabella est aussi un lieu de rencontre très populaire pour les locaux qui sont en moyenne peu favorisés. En conséquence, la notion de respect de l’environnement laisse à désirer. Il y a de nombreux déchets partout et les toilettes ainsi que les douches sont vraiment horribles. On pourrait facilement se croire en Inde! Le vent ne vient pas améliorer la situation. Les ordures tout comme de nombreux objets virevoltent au gré du Dieu Éole! Nous avons eu l’audace de rester même pendant la longue fin de semaine du Memorial Day bien que tous les planchistes de la région nous recommandaient de fuir la grande Fiesta. Nous n’avons pas manqué d’observation de comportements humains pendant deux jours. Nous aurions même pu faire un concours de « Qui perd gagne avec nos voisins ». Disons que leur tente ne risquait pas de partir au vent pendant la nuit. Ouff… C’est presque triste de voir les effets de la malnutrition de si près. Ça aide à conscientiser les enfants! Suite à ce week-end, nous avons rebaptisé le lac « Cochonnella »! Le plus drôle à observer, c’est un groupe de chinois qui essayent d’installer une tente dans le vent et de faire un feu pour le souper… Ils ne semblaient pas informés que le lac était reconnu pour son vent. Après plusieurs heures d’essais, ils sont repartis vers minuit, découragés.

De grandes frustrations pour certains mais de grandes satisfactions pour nous autres. Évidemment, au mois de mai, la température de l’air et de l’eau était à quelques degrés de la perfection mais nous avons amplement atteint notre objectif de profiter du moment présent avec les enfants.

Red Rock Canyon… et ses plaisirs…!

Après Las Vegas la ville, nous partons à la découverte de la facette moins lumineuse de Las Vegas mais encore plus attrayant! Red Canyon est un parc national tout près mais tellement différent! Au cœur d’un désert, des formations rocheuses qui offrent un terrain de jeu infini aux amateurs d’escalade.

D’abord un camping qui, à première vue, semble particulièrement banal. Évidemment, un désert offre un paysage assez uniforme. Seuls quelques roches ou cactus viennent briser la monotonie entre chaque campeur. Pourtant, après quelques jours prévus sur le site qui se transforment en une semaine, on peut en reconnaître tous les avantages et les plaisirs. D’abord, le critère préféré des enfants est atteint, nous pouvons y observer de nombreuses espèces animales. Les enfants chassent les lézards et se fabriquent un vivarium qui occupe une grande partie de leur temps libre. De plus, ils doivent chasser des insectes pour nourrir leur nouveau compagnon de route. Il y a aussi de nombreux lièvres à longues oreilles et même des tortues désertiques.

Ensuite, le site offre un emplacement pour nos feux de fin de soirée avec guimauves grillées ainsi qu’un espace couvert pour le BBQ ou les devoirs… Quoi demander de mieux? Martin a même installé une « slackline » . Elle est encore un attrait pour mes acrobates qui ne manquent pas d’imagination pour se donner des défis et se casser la marboulette… Il faut imager mon fils avec le vélo de sa petite sœur sur la sangle tendue… imaginez aussi les conséquences… Dans la catégorie passe-temps à réfléchir aux conséquences, il y a aussi fiston qui adore se pratiquer à lancer des roches avec son slingshot thaï…

Tout est parfait et adapté pour vivre autonome dans le désert. Évidemment, le site n’offre aucun service mais mon homme est toujours aussi fier de nous préparer nos douches-natures avec l’énergie solaire. Il passe aussi de nombreuses heures à modifier son système de panneau solaire pour utiliser cette énergie pour notre frigo plutôt que de polluer avec notre propane. C’est « hot » que le soleil travaille à refroidir notre frigo… Ce qui est moins « cool » c’est que le système n’est pas encore au point et que le soir on doit vivre à la chandelle puisqu’il ne nous reste plus d’énergie…

On profite de tout ce beau temps pour avancer les travaux scolaires le matin. On sent vraiment la progression et la fin qui approche… On en profite aussi pour revoir nos objectifs de voyage avec les enfants et ajuster les derniers mois qui nous restent en famille. Dans l’ensemble, on garde le même cap mais on doit se rappeler de profiter du moment présent. Nous voulons maximiser notre aventure et remplir nos journées d’activités pour tout voir et tout faire. Mais en même temps, nous voulons aussi prendre le temps de simplement être tous ensemble et à l’écoute de chacun. C’est un équilibre fragile à atteindre même avec toutes nos journées qui paraissent libres…!

Alors, pour bien remplir nos journées, nous avons exploré de nombreuses parois d’escalade. Au moins 5 journées différentes et stimulantes. Nous en avons eu de toutes les hauteurs, de toutes les formes, de toutes les difficultés et même de toutes les couleurs. Les enfants commencent généralement par faire les grimpes puis ensuite Martin et moi on peut s’offrir une compétition stimulante. La compétition n’est pas toujours juste puisque… c’est le seul sport où je peux me vanter de légèrement dépasser mon homme! Il m’est par contre encore indispensable car je suis définitivement rendu trop peureuse pour installer les ancrages au sommet.

Je dois rendre un petit hommage aux enfants qui nous ont impressionnés à chaque journée d’escalade. Ils doivent passer au moins la moitié de l’après-midi à patienter pendant que nous grimpons ou installons les équipements. On pourrait s’attendre à des conflits ou de l’ennuie pendant ces moments… surtout depuis que nous interdisons aux grands d’apporter leur livre de lecture pour profiter pleinement du moment en famille. Chaque temps d’attente s’est transformé en agréable moment entre fratrie avec leur imagination adapté à l’environnement. Ils ont d’abord découvert et exploré une grotte une journée. Ils se sont ensuite fait des cours d’éducation physique avec des niveaux de difficulté pour sauter entre les petits rochers. Puis, ce fut l’après-midi de chasse aux lézards en coopération pour ramener des amis dans le vivarium. Une autre fois, ils ont utilisé la roche pour dessiner des pétroglyphes sur les parois rocheuses. Enfin, le passe-temps le plus utile, ils ont collectionné et trié les bouts d’éclats de verre par couleur… Bravo les enfants!

Nous avons aussi fait une balade mémorable en vélo dans le désert à travers les cactus. C’est un peu chaud mais tellement exotique. Je pense avoir rempli une carte mémoire sur ma caméra. La photographe passionnée en moi a perdu le contrôle et le sens du raisonnable! Il y a seulement Loïkim qui souhaite faire des balades en vélo qui ne font que descendre. La motivation n’est pas toujours facile… Tout comme Kaïlane qui avait aussi hâte au retour mais pour des raisons différentes. Il fait encore plus chaud lorsqu’on fait de la fièvre dans le désert!

D’ailleurs, dans notre semaine à Red Rock, nous avons dû retourner à Las Vegas pour notre journée visite du système hospitalier. Kaïlane qui nous informe après 3 jours de fièvre qu’elle a aussi mal à la gorge. Pauvre enfant qui se couche en boule sur la roche pendant qu’on grimpe en attendant que sa Tylenole fasse effet. Sa troisième amygdalite en trois mois! Il va peut être falloir gérer ça à notre retour. Ensuite, il y a Loïkim avec son quatrième plombage sur la même dent. Nous pourrons vérifier si celui américain est plus solide que celui canadien, vietnamien ou indien… Ce qui est certain, c’est qu’il est plus dispendieux! Finalement, la prise de sang de Maëlie nous rassure sur la stabilité de son rein… Ouf, toutes nos petites machines vont bien… Évidemment, Médrick détient les records d’ecchymoses et des grafignes sur le corps mais rien de grave.

Alors, toute bonne chose à une fin…! L’électricité et l’eau sont des ressources disponibles. Par contre, il n’y a pas de station sanitaire dans le désert. Lorsque la roulotte est pleine, il est temps de passer à une autre étape si on veut éviter les odeurs ou les dégâts désagréables. Nous avons choisi de faire un petit détour vers Los Angeles pour vider notre roulotte.

Les enfants ont évidemment accepté de rouler quelques heures supplémentaires pour passer une journée à Disneyland. Tout le monde était à un âge idéal pour apprécier les manèges à sensation forte autant que la magie des parades, des spectacles et des personnages. Belle longue journée épuisante!